Ils feraient tout aussi bien de dormir
— car on peut dire qu'ils révent — ceux qui lisent sans avoir pour but d'augmenter leur moralité ou d'améliorer leur conduite.
152. Après la santé et la vertu, rien de plus désirable dans la vie que le savoir. — Rien non plus de moins difficile et de moins cher k acquérir; — la peine a prendre consiste a rester assis; la dépense a faire, c'est le temps que nous ne pouvons épargner.
153. — Si le temps pouvait se garder comme Targent quand on ne l'emploie pas, la paresse de la moitié du monde trouverait peut-être une excuse,
— mais incomplète. — Une économie pareille ressemblerait a celle qui consiste a vivre sur un capital sans lui faire rapporter intérêt.
154. — Il existe trois modes d'employer son temps : — le perdre, le dépenser, le mettre a profit.
Âmpliat aetatis spatium sibi^ vir bonus — hoc est Vivere bis, vita posse priore frui. —
155. — Un des Pères de TÉglise compare la contemplation et Taction a Rachel et a Lia. — La première était plus belle, la seconde plus féconde.
Vesjnit de cette comparaison me fait craindre pour V orthodoxie de ce digne homme.
156. — Je voudrais, a l'instar des inventions ingénieuses des anciens pour torturer l'esprit, — telles que les poésies coupées en forme de cœurs, d'autels, d'ailes, etc., — doter notre littérature d'une mienne fantaisie, — qui, si elle était acceptée, — sa futilité ne permet pas d'en douter, — pourrait porter le nom de double bout-rimé, — attendu que le dernier mot de chaque vers y rime avec le premier.
— On supprimerait ainsi la gêne des rimes dou-