Stḫ m-ḥ3t w#;i3 n R' [in Hieratic script] ou Set dans la barque du soleil
Il y a quelque temps qu'a paru une notice soussignée — h au sujet de mon travail sur quelques monuments relatifs au Dieu Set. Elle était insérée dans te Litteraliches Central-blatt de 1865, p. 242 à 244. J'hésite à chercher l'auteur parmi les égyptologues dont les noms me sont connus. Mais cela ne regarde pas la chose que je me propose de traiter. Je veux répondre aux remarques qu'on a faites dans cette notice et aux autres qui me sont parvenues d'autre part.
Ce livre n'est pas le premier que j'ai écrit sur cette question, un plus grand a paru en 1862 sous le titre de ^Religion des Pré-Israélites, recherches sur le dieu Seth." Plus d'une remarque ne m'aurait pas été faite, ce me semble, si Ion avait connu ce travail. Je vais le démontrer. D'abord je lis : „ Der Verfasser bat sich znr aufgabe gestellt, die Geschichte des Gottes Set in Chro nologische Ordnung zu behandlen." Ce n'a pas
été là mon but. J'ai voulu „ communiquer mes
pensées sur quelques monuments concernant le dieu Set." Ces monuments je les ai rangés „dans leur ordre historique " 0. Plusieurs détails sont traites dans ma Religion des Pré-Israélites et spécialement les monuments des Hyksliôs et ceux de 1a XVIII e et XIX e dynastie. C'est là que j'ai parlé de Set comme du dieu bon (des pasteurs) et comme du dieu malin. Le présent travail est la suite du premier; je suis sfir que si on avait lu ce premier travail, on n'aurait pas écrit „Auch die Denkmakler der Hykslioszeit besonders die von Avaris-Tanis sowie die Huldigung agyptiseher Pharaonen der XYIII und XIX dyn. hatten mehr bertteksicht werden sollen. Die Gleichung Sutex-Baalft und die zusammen-Geliorigkeit diezes vorzugsweise auslandischen Gottes mit der Astarte zu enveisen und fiir die Religions Gescliichte zu benutzen, batte zu einem bessern Erfolge gefiilirt, al* du* ermlidende Wiederholung identischer Legcndcn oder die immer zweifelhafte Etymologien."
Que j'aurais pu tirer beaucoup de choses des monuments de Leide dont je n'ai pas profité, me semble être refuté par le même livre oîi j'ai employé le papyrus gnostique et d'autres documents, mais on se rappellera que seulement le premier volume des Mélanges de
1 » lettre p. 5,
Mr. Chabas avait vu le jour et que plusieurs livres intéressants comme p. e. „ la notice sommaire sur les papyrus de Leide," n'étaient pas encore publiés. C'est pourquoi j'ai dit dans ma Lettre •) „ Ailleurs j'ai déjà parlé de Set dans ses rapports avec les peuples de l'Orient ou du Nord, ici je veux rappeler encore la notice de Mr. Chabas sur les Papyrus 343 et 345 du musée de Leide et le papyrus magique du British muséum que M. Birch a traduit dans la Revue archéologique."
On 8eraconvaincuqueces différents travaux m'étaient bien connus et que je me serais étendu davantage sur cette question qu'en 1862, si j'avais voulu la traiter encore une fois.
Quant à la remarque „ Set war, uni es kurz zu sagen, der polare Gegner des Horus." Je veux faire observer (j'y reviendrai encore) que je sais bien que dès le premier temps de l'histoire d'Egypte une telle croyance (comparez le rituel) existait à côté du culte de Set comme dieu bon, et que dans ma lettre j'ai expliqué ce fait *).
Que j'eusse appelé l'animal symbolique du dieu Set un oryx, cela n'est pas juste. Je me suis exprimé d'une tout autre manière à ce sujet. Je dis dans ma lettre ') „ Provisoirement nous pouvons donc admettre que la tête symbolique du dieu Set est composée de l'oryx ou
1) Pag. 43.
2) Pag. 59.
3) Pag. 53.
de l'âne arec les deux plumes de Set-Nehes." Il se pourrait que ranimai dût être explique d'une autre manière, mais je ne tiens pa> ht représentation ordinaire pour celle de l'oryx, quoique l'oryx se trouve employé à la place de l'animal symbolique. Sur la dénomination de Sutceh on dit: «geLt EL Pleytestillseïnveigenlhinwcg, der Aufsatz des Hem Chabas in seine Mélangea Il wird iliin jet/t belchrt haben," etc. Saas amoindrir la valeur de l'étude de Mr. Chabas, p. 183 Mal. II, y, citerai p. 173 de la Religion des Pré-Israélites : „En effet nous ne trouvons aucune différence entre le culte (de Sutech et Set), reste donc à examiner comment ce nom (de Sutech) doit être expliqué. M. Osburn prétend qu'il faut lire le nom sans la lettre eh, et que cet hiéroglyphe n'est qu'une dégénération du signe ordinaire de la pierre. Ce serait donc une pierre ronde, dont on se servait au lieu d'une pierre carrée. Si cela est ainsi, le nom doit être lu toujours Set et non Sutech etc." C'est ce que j'ai écrit en 1862 et en 1863 dans ma Lettre h M. Devéria, je l'ai répété en écrivant *): „Je veux rappeler ec que j'ai dit au sujet du nom de Sutech, qu'on leurrait lire Sut, quand on observe que la consonne ch pourrait être un signe déterminatif, p. e. une pierre ronde etc." On voit donc que j'ai fait presque 1rs mêmes observations à ce sujet que Mr. Chabas. Suit maintenant la remarque la plus importante regar-
1) Pag. 64.
dant l'identification de Set avec Ra le soleil. Le monument que j'ai rendu en son entier dans la Religion des Pré-Israélites et copié & moitié dans la Lettre, représente Noubti perçant le serpent d'un dard; on trouve dessons la légende, dont on rectifie la traduction. Mr. Devéria m'avait déjà montré la faute. Dans une lettre au sujet de mon travail, il me proposait de traduire „ Acte d'adoration à Ra, prosternation à Noub par Taukiana" Voilà donc la nouvelle traduction delà phrase que j'ai mal traduite, parce que je l'avais mal lue; je suis, on le comprend, parfaitement d'accord avec la meilleure lecture. Toutefois ma thèse, Set est un dieu Soleil on plutôt un dieu solaire, n'est pas moins prouvée. Je tâcherai de démontrer cela par d'autres exemples.
1«. Set est nommé N°. 67 et 146 de la Lettre l'aimé de Ea (Ka-meri).
2«. Plntarque dit que Typhon était selon quelquesuns „ le disque du soleil " —
3c. Sur le monument du Louvre Lettre pi. ni, 13, il figure coiffé du Pschent, tenant d'une main le serpent avec un couteau à la gorge, et de l'autre une arme.
4«. Sur le stèle de Leide Lettre N°. 149 Noubti tue le serpent, l'ennemi du soleil. Ces deux dernières représentations rappelent le Horus de la barque du soleil, l'ennemi du serpent Apophis. — Noubti reçoit ainsi une place dans la barque de Ka.
5 e Puisque Set avait une place dans la barque du
soleil, Ramses II nommait son fils Set-m-uaa, Set dans la barque, comparez Lettre N°. 44, nom analogue à celui de Mau-t-m-wa, Maut dans la barque et d'autres encore. —
6 e . Le texte cité sur la Ile pi. de ma Lettre renferme une dédicace à Set dans la barque de Ra, je l'ai traduit: „ Royale offrande à Sutech (ou Sut) le grand vaillant sur la proue de la royale barque de Ra." On prétend que la groupe m-ha-t-uaa ou ro-Aa-t/oa, que je traduis par „$ur la proue de la barque ," devait être traduit par en avant de h barque de lia, et ce serait alors une - allusion à Apopbis le serpent, l'ennemi du soleil.
C'est là ce que je ne crois pas. U serait bien étrange que l'adorateur eût dédié un monument à Apophis l'ennemi toujours rejeté du soleil, au contraire, c'est le vaillant guerrier qu'il glorifie. ~» Je rappelle l'inscription de la statuette de Set de Leide, voyez ma Religion des Pré-Israélites pi 3 t 5, où le dieu est nommé grand vaillant, grand dieu, roi du oiel, seigneur de la victoire. Si on admet cela, on peut comprendre aussi le sens du curieux passage du papyrus de Leide 348 revers p, 13 1. 4, L'influence de la bière spiritueuse le Hak est décrite de la manière suivante. Quand on le boit,
Set s'éloigne pas
„Set ne s'éloigne pas''
le courage domptant le coeur il fait
„(la boisson) rend le coeur courageux. ''
bak de celui son nom dans
dompter pour le coeur qui entraine
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l'ennemi de le courage „Pour cela il est nommé Hak qui entraîne le coeur pour dompter le courage de l'ennemi." L'influence du bfeuvagc spiritueux est qu'il rend courageux, c'est pourquoi il en est dit que Set ne s'éloigne pas lorsqu'on en a bu.
Mr. Devéria traduit le passage de la même manière, et il se pourrait, dit-il, que cette légende se retrouve dans une représentation très rare d'un cercueil de momie de la Bibliothèque impériale de Paris. Il m'a envoyé une copie de cette intéressante figure; je prends la liberté de la communiquer, voyez, PL fig. 1. On voit la barque du soleil traînée sur la surface liquide du ciel, par les Acbemu-seku sous les formes de deux chacals et de deux animaux symboliques du dieu Set ; au-dessous de la barque se courbe le serpent Apap ou Apophis mort. Dans la barque se
trouvent Ilarmachis dan* un naos, Tôt seigneur] de la vérité sous la forme d'un cynocéphale, ayant la lune sur la tête et l'oeil symbolique à la main, sur la proue se trouve Ma, déesse de la vérité. Une légende de quatre lignes à droite se lit: „Harmachis, Tum, Chepra, dans la barque, le grand dieu qui vit en vérité." Les animaux de Set parmi les Aehemu sont une nouvelle preuve pour ma thèse, car ceux-ci sont les ouvriers ou manoeuvriers de Ra, des dieux-serviteurs du soleil.
Mais cette représentation ne réfute point du tout ma traduction, je le prouverai par plusieurs exemples.
Dans le chapitre 15 1. 5 du rituel on lit: (j'ai suivi le texte du rituel XVI de Leide)
sur la proue stable (au) gloires
détruire pour de la barque
tout ennemi pour vous
„ Gloires à celui qui se tient ferme sur la proue de la barque, pour détruire tout ennemi pour vous (Ra)." Et dans le chapitre 164 1. 3 du même rituel, où il est dit d'une déesse:
4*V fô +ïb\ e
de la barque sur la proue debout elle est.
W£l Jt «If Af
faire tomber pour de son père / f \ d'autres / 4*9|
/J4J4 lisent f)Z\ Apophis le malin.
„EUe est debout sur la proue de la barque de son père pour faire tomber le malin." —
Si ces exemples ne suffisent pas pour expliquer le groupe m-ha-t, j'espère que le dessin ci-joint le fera. PI. fig. 2. Il est tiré du rituel N°. III de Leide. C'est la vignette du chapitre correspondant au lOO^e du Todtb.
Quatre Divinités se trouvent dans une barque tendant les mains lune à l'autre; la légende au-dessus les nomme: „Ma dans la barque de lia ou sur la proue etc. Tôt Seigneur des divines paroles, Osiris Tauiher la défunte, Tum dans la barque de lia, et Horus dans la barque de lia:" on ne peut, ce me semble, traduire autrement le groupe m-ha-l que par sur la proue, ou simplement par d-aas.
Un passage analogue se trouve pap. Leide 348 recto p. XI 1. 9. Dans la notice sommaire Mr. Chabas dit: „La dernière section de cette page 1. 8 est une allocution aux dieux qui se tiennent a Pavant de la barque du soleil." Le texte se lit: . *
ttm. àyjM trrr m
sont qui dieux
soleil du la barque f/a/#.v
Ailleurs Mr. Chabas traduit m-ha-t par cw wvm/ ou par à la tète île où je propose de traduire cette préposition par dans , en, parmi, p. e. au papyrus I de Berlin 1. 78. le roi nomme Sineh chef de ses jeunes guerriers, je voudrais traduire „ // me nommait parmi ses enfants, il me maria à sa fille aime. — Pap Harris p. 6 1. 7, on peut traduire n lié dans la barque et 1. 12, „ placé dans la main d'un individu dans la cabine," etc. Cette interprétation explique parfaitement le pasjsage, Papyrus de Leide 346 p. II 1. 11. C'est une prière au jour de la naissance de Set au troisième épagomène, il y est dit:
Xmmmmtf i
5fr'^t«M&#î
dans de la vie seigneur Set
soleil du la barque
Enfin il faut que je m'occupe encore de la légende <lu stèle de Tan 400 récemment publié qui semble réfuter mon interprétation. Je l'ai copiée Tlanche iig. 3. On y lit:
Afhr k Set se nt aa phti m-uaa
Salut à toi Set, fils de Nut, grand vaillant dans la barque
n-hh-u rnpu chr chft n m-hai
des multitudes d'années, qui renverse l'ennemi, étant dans
uau n ra aa hmhm-t-u
la barque de Ra, grands (sont les) mugissements.
Mr. Mariette *) traduit ce passage par „ toi qui renverse l'ennemi à la proue de la barque du soleil."
Selon cette traduction c'est l'ennemi qui est m~ha -t de la barque. Mais je tiens à ma traduction qui met un point de repos derrière ennemi. Je lis dans cette légende quatre surnoms ou attributs de Set.
On peut donc admettre que m-ha-t comme préposition de place avait la signification de dans. Les prépositions chr-ha-t et r-ha-t en avaient d'autres. M-ha-t, comme adv. de temps, avait la signification de antérieur f p. e. dans le Papyrus Prisse et ailleurs. De là on trouve le substantif Pap. funéraire de Leide II 1. 110.
Ami-ha-t-u, déterminé par lç signe Y\ signifiant*
qui ont été auparavant. Comparez encore sur ce point Chabas, Iféh II p. 149. —
7«. Le N°. 61 de ma Lettre représente les têtes de Horus et de Set coiffées tous les deux du disque du soleil.
8 C . Le parallélisme du stèle de Leide „ Adoration
: ceux
1) Revue Archéol. 1865 p. 72.
à Ra et prosternation à Noubfci" envisage le soleil et Set de la même manière.
£k Set occupe une place parmi les dieux les plus anciens et les plus vénérés de l'Egypte. Tout cela réuni me fait persister dans ce que j'ai dit p. 58 et 59 de ma Lettre: „Set étant, quant à son origine, le dieu soleil du Sud, lorsque les deux parties de l'Egypte furent réunies, il fut adopté par le peuple entier. La guerre qui fût suivie de la réunion aura donné à Set son caractère belliqueux, et de là aussi la légende que Set fut vaincu par les adhérents d'Osiris."
Quant à l'expression ^A? /fvU > k vaf îante de )V {\Aj , je crois que la traduction de la pierre de
Rosette en donne le sens exact. Mais ceci prouve en même temps que mon opinion est J&~^ X
. . TT , / uccOt
juste. Une expression analogue est i^ i^ que je lis ta-res le sud et ta-cheb la (terre) basse; ce qui a rapport à la division de l'Egypte en deux parties , le Nord et le Sud. Voilà pourquoi je lis le vautour Neben et que je traduis la groupe par seigneurie de Nebcn, déesse du midi, et que je lis l'Uraeus Ot'i en traduisant le groupe par seigneurie de Ot'i, déesse du nord. Ainsi je lis le premier groupe nb-set 9 Seigneurie de Set, dieu du midi, voyez ma Lettre, et le second nb-Hr Seigneurie de Horus , dieu du nord. Toutes ces expressions ont la même sig-
nification, ce sont des titres des rois d'Egypte qui tenaient les deux parties de l'Egypte réunies sous leur sceptre.
Je ne veux terminer cette notice sans rétracter ce que j'ai dit encore an sujet du stèle de Leide, Lettre N°. 149. Les intéressantes remarques de Mr. Lepsius dans le Zeitschrift au sujet de n rechtswui links. 1 ' m'ont fait voir mon erreur. Le soleil et la lune au-dessus de la représentation sont une variante des deux yeux symboliques qu'on rencontre ordinairement au sommet des stèles funéraires,
W. PLEYTE.
Leide 26 Avril 1865,
Ch ex les mêmes éditeurs:
W. PLEVTE, La Religion des Pré-Isracll tes , recherches sur le Dieu Set, avec X planches d'après les monuments f 3.00
„ „ Lettre à Mr. Théodule Devéïïa, sur
quelques monuments relatifs au Dieu Set, avec 7 planches d'après les monuments f 2.75