A.U PEUPLE FRANÇAIS
Français !
On vous trahit ! Vos intérêts politiques, vos intérêts commerciaux, votre honneur, votre gloire sont vendus à l'étranger !
Et par qui ? — Par les hommes qui ont profité de votre belle révolution et qui en renient tous les principe?. Est-ce donc pour avoir un gouveruemeùt sans parole, sans honneur, sans générosité, des institutions sans force, des lois sans liberté, une pais sans prospérité et sans calm;, enfin un présent sans avenir que nous avons combattu depuis quarante ans?
En 1830, on imposa à la France un gouvernement sans consulter ni le peuple de Paris, ni le peuple des provinces, ni l'armée française : tout ce qui a été fait sans vous est illégitime !
Un congrès national, élu par tous les citoyens, peut seul avoir le droit de choisir ce qui convient le mieux à la France.
Fier de mon origine populaire, fort de quatre millions de votes qui me destinaient au troue, je m'avance devant vous comme représentant de la souveraineté du peuple.
Il est temps qu'au milieu du chaos des partis, une voix nationale se fasse entendre ; il est temps qu'aux cris de la
liberté trahie vous renversiez le joug honteux qui pèse suinotre belle France ; ne voyez-vous pas que les hommes qui règlent nos destinées sont encore }es traîtres de 1814 et de 1815, les bourreaux du maréchal Ney 1
Pouvez-vous avoir conliance en eux?
Ils font tout pour complaire à la Sainte-Alliance : pour lui obéir, ils ont abandonné les peuples, nos alliés ; pour se soutenir ils ont armé le frère contre le frère ; ils ont ensanglanté nos villes, ils ont foulé aux pieds nos sympathies, nos volontés, nos droits.
Les ingrats! Ils ne se souviennent des barricades que pour préparer les forts dctachés; méconnaissant le grande nation, ils rampent devant les forts et insultent les faibles. Notre vieux drapeau tricolore s'mdigne d'être plus longtemps entre leurs mains! Français! quo le souvenir du grand homme qui fit tant pour la gloire et la prospérité de la patrie vous ranime ! Confiant dans la sainteté de ma cause, je me présente à vous, le testament de l'Empereur d'une main, son épée d'Austerlitz de l'autre. Lorsqu'à Rome, le peuple vit les dépouilles ensanglantées de César, il renversa ses hypocrites oppresseurs. Français, Napoléon est plus grand que César! li est l'emblème de la civilisation du dix-neuvième siècle.
Fidèle aux maximes de l'Empereur, je ne connais d'intérêts que les vôires, d'autre gloire que celle d'èîre utile à la France et à 1 humanité. Sans haine, sans rancune, exempt de l'esprit de parti, j'appelle sous l'aigle de l'Empire tous ceux qui sentent un cœur français battre dans leur poitrine.
J'ai voué mon *^,xistence à raccomplissement d'une grande mission. Du r( cher de Sainte-Hélène, un rayon de soleil mourant a passé dans mon âme. Je saurai garder ce feu sacré, je saurai vaincre et mourir pour la cause du peuple.
Hommes de 1789, hommes du 20 mars 1815, homme de 1830, levez-vous! Voyez qui vous gouverne, voyez l'aigle emblème de gloire, symbole de liberté, et choisissez 1 Vive la France 1 Vive la liberté !
Signé : Napoléon.