‹ Strophes et chansons politiquesChapitre 35 sur 56 · SU VERS ET GCUTRE TOUS LES DÉTRACTEURS · texte numérisé non relu

SU VERS ET GCUTRE TOUS LES DÉTRACTEURS

De la loi de Régence. '

Dupin de Clamecy, surnommé le Sauveur, A lu sur la régence, avec son ton agreste, Un long rapport qui brille assez par la ferveur, Mais qui n'a point paru fort brillant pour le reste, Je m'en vais démontrer, en un style fort clair, Tout en brodant aussi mon rapport sur ce thème, Que Dupin n'est qu'un cuislre auprès d'un duc et pair; S'il est franc, le Sauveur en conviendra lui-même.

Messieurs, pour peu qu'on aille à Gap ou Saint-Tropez On rencontre des gens qui pensent qu'un catarrhe, Un toit qui sur le front tombe sans dire gare, Un rien peut envoyer le monarque ad paires; C'est une erreur, l'erreur d'une cervelle ignare.

\ Un journal s'otant avisé de dire, que le rapport de M. de Uroglie n'avait ni rime ni raison, l'auteur, dans un i lan de zèle monarchique, s'esl empressé de le traduire en vers, afin qu'il ail au moins de la rime Note de l'éditeur.

- fttt —

Un épicier trépasse, un goujat ferme l'œil,

ttien de mieux ! mais le roi no meurt pas, au contraire!

Braquez votre lorgnon sur un royal cercueil;

Retournez, secouez en tous sens le suaire,

Vous ne trouverez rien ; le roi, comme un flambeau,

S'éclipse, et nul ne sail quel sort Dieu lui réserve;

Peut-être devient-il nuage, sylphe, oiseau;

Mais mourir, lui, le roi ! que le ciel l'en préserve !

Quant au fils du monarque, une secousse, un heurt

Peut le laisser sanglant et brisé contre terre,

Si le roi ne meurt pas, le prince royal meurt ,

Il ne servirait pas que j'en fisse un mystère.

Or il faul un régent, le prince royal mort;

Ce régent avons-nous le pouvoir de le faire?

Armand Bertin dit : Oui ; Marrast dit le contraire.

Il est clair que Marrast, messieurs, est dans son tort.

a La Chambre, assure-t-il, de son mandat s'écarte ;

Du droit constituant le peuple est seul chargé ;

C'est usurper ce droit que d'élargir la Charte. »

— C'est là tout simplement un grossier préjugé.

Certes, constituer est l'affaire des masses;

Mais le peuple, il me semble, a, sans empêchement,

Constitué le roi, nos titres et nos places;

Vouloir plus ce serait trop exiger, vraiment!

Si la loi de régence, aux électeurs soumise,

Renversait un projet par la cour adopté,

Si par l'élection (cette crainte est permise)

Le peuple prétendait briser l'hérédité,

Quel serait notre sort et celui de la France?

La France, à la rigueur, pourrait se consoler;

Mais nous serions exclus, chassés sans espérance.

Le droit constituant ne peut donc nous aller.

Ce point est convenu, mais le cas est complexe. Est-il séant, messieurs, dans notre beau pays De confier le sceptre aux mains faibles du sexe? Vous répondez tous : Non ! Je suis du même avis.

Nobles pairs, le Français sous sa douce parole,

Ses exquises façons et son ton avenant,

Le Français tant vanté n'est, au fond, qu'un manant,

Un cuistre, un malappris, je dirai même un drôle;

Exposer une femme à sa brutalité,

En vérité, messieurs, ce serait barbarie.

Le corps des pairs t-st vieux, il est fort édenté ;

Mais si cassé qu'il soit, l'homme de qualité

Sait rester à cheval sur la galanterie.

Écoutez : la régence est un métier scabreux.

Jadis, c'était le temps des aimables folies;

Le prince dans les bras des bourgeoises jolies,

Le peuple verre en main, savaient se rendre heureux.

Un prisme lumineux environnant le trône,

Le front du jeune roi, sous une faible main,

Pouvait s'accoutumer au poids d'une couronne.

Mais la France, depuis, a fait bien du chemin

Le peuple est devenu rageur, impitoyable!

Proposez donc aux gens, dans ce siècle maudit,

De manger, boire frais, puis de se mettre au lit;

Les gens vous répondront : « Monsieur, allez au diable ! »

Il leur faut aujourd'hui jurer, faire du train ;

Et puis, de temps en temps, quand le feu les emporte.

Sous prétexte qu'ils ont le pouvoir souverain,

Bousculer le monarque et le mettre à la porte.

C'est leur opinion ; que répondre à cela?

Faut-il, les écrasant sous un regard superbe,

Crier comme Bignon, dans défunt Quinola :

« Vous êtes des crétins bons à manger de l'herbe ! »

On touche peu le peuple avec ces moyens là.

Nobles pairs, ce qu'il faut, c'est une âme virile

Qui dompte les mutins sans leur permettre un mot ;

C'est la langue de ïhiers, et le front deGuizot... .

Avons-nous remarqué cet heureux assemblage

Dans la princesse? Non ! et c'est vraiment dommage !

Je résume en deux mots ce lumineux rapport: Les rois vivent toujours, leur mort est un symbole; Le droit constituant n'est qu'une l';iriliole; Le prince royal meurt ; Marrast est dans son tort ; La nalion française est une ignoble engeance, Et le sexe ne peut exercer la régence.

Maintenant, qu'on décide entre Dupin et moi : Les divers résultats du vote sont notoires, Mon scrutin a fourni quatorze boules noires; El près de cent là-bas ont rejeté la loi.

2 septembre 1843.

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DS L& TRES &L3SISUSE TXCTCÂIA

Aib : Je commence à m'aperçevoir.

Allons, unissez vos concerts, Canons, bourgeois et presse !

Jetez votre allégresse Comme un ouragan dans les airs !

Qu'à perdre haleine Chacun, morguienne !

Chan'e God save et la Parisienne !

Bien ! cachez sous de joyeux fronts La trace rouge des affronts; Hurlez de joie, et nous vous répondrons; — La femme douce, accorte, Que le respect l'e-corte!

La Majesté {bis), que le diable l'emporte !

Prenez la plume, ô courtisans!

Et du pied des monarques Notez toutes les marques En dithyrambes amusans!

Que notre armée (hante charmée :

" Viv.il' vivat Victoire bien aimée I i

Puis sur nos antiques douleurs, Doux tableau! montrez-nous les fleurs Qui vont tombant avec d'augustes pleurs. . . — La femme douce, accorle, Que le respect l'escorte !

La Majesté {bis), que le diable l'emporte !

Déjà le ciel plus pur nous luit ; Chaque sombre visage Sur le royal passage Comme un bouquet s'épanouit.

Tout cœur s'apaise; En pleurant d'aise La France embrasse une bottine anglaise. Le Louvre sourit à Windsor ; Et peuple rouge et tricolor En même temps redressent lo camp d'or... — La femme douce, accorte, Que le respect l'escorte 1 La Majesté [bis), que le diable l'emporte !

Ombre à ce glorieux tableau, llélas I pourquoi la France Subit-elle l'absence Du fier vainqueur de Waterloo !

A ce grand bomme Comme un fantôme On eût caché la colonne Vendôme !

Au milieu des plus joyeux cris, Sa Grâce eût entendu Paris Chanter le chef des alliés chéris!...

— La femme douce, accorte, Que le respect l'escorte !

La Majesté (6t*), que le diable remporte

A votre aise, valets de cour, Sur nos vives souffrances Jetez des espérances, Feux qui mourront avec le jour.

Sous sa besace La France lasse, Dans votre joie indifférente passe ; Le Peuple à la fin moins niais Sait qu'il n'entre que pour les frais Dans les plaisirs fastueux des palais... — La femme douce, accorte, Que le respect l'escorte !

Ka Majesté {bis), que le diable l'emporte !

Dans nos champs fleuris et nos bois Errez en paix, madame !

En France, toute femme Trouve des cbevaliers courtois.

Quant à la reine, La souveraine Du peuple objet d'une implacable haine, Arrière!... Entre grands potentats Vous vous tendez en vain les bras :

Baisers de rois sont baisers de Judas!... — La femme douce, accorte, Que le respect l'escorte 1 La Majesté [bis), que le diable l'emporte

8 septembre I8'i3.

&& a®a aa &&<aasï@s,

Ain : Il est un petit homnn

Peuple, bonne espérance!

Sur ton sort vis en paix ;

Désormais Le vaisseau de la France Voguera, voile au vent,

Comme avant.

— Tra de ri de ra, Qui vivra verra.

En atlendant cela, Sous le Pont-Neuf (bis) bien de l'eau coulera.

Vienne une beure cruelle.. .

Cbacun sans dire mot,

Aussitôt, Apportera son zèle, Ainsi que son argent,

Au régent.

— Tra de ri dera, Qui vivra verra ;

En attendant cela, Sous le Pont-Neuf (bis) bien de l'eau coulera.

Le peuple sous sa chaîne N'a pas l'esprit mal fait,

On le sait ; Un régent peut sans peine

Le conduire au licou, N'imporle où.

— Ira de ridera, Qui vivra verra ;

En attendant cela, Sous le Pont-Neuf {bis) bien de l'eau coulera.

Quand viendra la régence, Rassurés sur leur sort,

Tout d'abord Et Paris et la France, Nuit et jour danseront,

Cbanteront.

— Tra de ri de ra, Qui vivra verra;

En attendant cela, Sous le Pont -Neuf [bis) bien de l'eau coulera.

Au nom de la patrie, Le petit foutriquet

Sera fait Duc et ministre à vie, Avec dotation

D'un million.

— Tra de ridera, Qui vivra verra ;

En attendant cela, Sous le Pont-Neuf [bis) bien do l'eau coulera.

D'après conseil de Rome — Comme l'abbé Dubois

Autrefois — H se pourra qu'on nomme Le petit Provençal

Cardinal

— Tra de ride ra, Qui vivra verra ;

Kn attendant cela, Sous le Pont-Neuf (pis) bien de l'eau coulera.

Quand la Chambre, dissoute, Ira prendre l'avis

Du pays, Chacun dira sans doute :

a Messieurs, votre projet

Est parfait. »

— Tra de ri de ra, Qui vivra verra;

En attendant cela, Sous le Pont-Neuf [bis) bien de l'eau coulera.

Un des princes trépasse !

L'autre, c'est rassurant,

Prend son rang ; La race entière y passe , On crie au droit divin,

Mais en vain.

— Tra de ri dera, Qui vivra verra ;

En attendant cela, Sous le Pont-Neuf [bis) bien de l'eau coulera.

25 août 184-2.

CONSEILS AU PEUPLE PRIîSSIES.

Air de la Catacoua.

Dignes Prussiens, votre monarque

Vous a concédé quelques droits;

« De son bon cœur, c'est une marque, »

Vous diront des esprits étroits.

Les princes n'en sont pas plus maigres

Pour feindre un peu d'humanité.

En vérité,

Sa Majesté Vous berne avec son présent si vanté!

Les Guizot nous traitent en nègres, Hélas ! depuis la liberté !

Avec un système à l'anglaise, Vous vous figurez, n'est-ce pas, Que le cœur se déploie à l'aise, Qu'aucun frein n'arrête le bras?

Hélas ! sous ce régime on baisse Le front avec humilité.

En vérité,

Sa Majesté Vous berne avec son présent si vanté!

D'affronts le Système s'engraisse Chez nous, depuis la liberté.

\ La presse s'occupait alors de quelques intention! libérales manifestées par le roi de Prusse.

Les gens vous feront maint beau conte Sur le droit de voter l'impôt:

a Qui règle lui-même son compte » Doit, dit-on, payer moins d'écot ; » Sous ce régime, un fisc avide » Dans son caprice est arrêté. »

En vérité,

Sa Majesté Vous berne avec son projet si vanté !

On a toujours la bourse vide Chez nous, depuis la liberté.

Si la loi chez vous est acerbe, Au moins pour le dernier vilain, S'il faut en croire le proverbe, 11 est des juges à Berlin ; Ces juges jamais sous leur robe N'ont leur jugement tout dicté.

En vérité,'

Sa Majesté Vous berne avec son présent si vanté ! On a le jury libre et probe Chez nous, depuis la liberté.

Frapper et d'estoc et de taille Avec la plume est séduisant ; Mais le revers de la médaille Vous paraîtra moins amusant.

En France un propos débonnaire Pour crime énorme est réputé.

En vérité, Sa Majesté Vous berne avec son présent si vanté!

La Presse a le droit de se taire Chez nous depuis la liberté.

En France, dit on, l'art s'étale

Sur le vandalisme elïaeé ;

Et notre fière capitale

Brave la rouille du passé.

Plus de donjons, de hautes grilles

Froissant le regard attristé!

En vérité,

Sa Majesté Vous berne avec son présent si vanté ! Le pied ne heurte que bastilles Chez nous, depuis la liberté.

« Toutes vos lois ne sont pas bonnes, » Direz-vous ; mais pour le pouvoir s Le respect sacré des personnes » Chez vous est le premier devoir. »

— Que Martin (du Nord) vous confonde Avec votre légalité!

En vérité, Sa Majesté Vous berne avec son projet tant vanté!

Le geôlier connaît tout le monde Chez nous, depuis la liberté.

16 septembre m2.

.^CAISE DE BOULOGNE

A ses bons Administrés, '■'■

hm : Je veux, mes enfans, que le diable m'emporte.

Bons Boulonnais, sur mon honneur, Je vous porte tous dans mon cœur ; Certes! je ne suis point féroce, J'aime assez qu'on fasse la noce ; Mais le décorum par momens L'emporte sur mes sentimens :

Oui, Boulonnais, de bon ton je me pique ; L'Anglais dansera, vous paîrez la musique, Vous pairez la musique.

Mon père vendait au comptoir Et porte deux bas en sautoir ;

(4) Au sujet de l'inauguration de la statue de l'empereur sur la eolonne de Boulogne, un grand bal fut donné par les autorités boulonnaises, et pour n'y pasgèner MM. les Anglais on en ferma la porte aux gardes nationaux.

Moi sur mon écu je placarde Un jeune prince qu'on canarde (I).

Avec un tel blason, je croi Qu'il faut tenir son quant-à-soi :

Bons Boulonnais, mon rôle est tyrannique L'Anglais dansera, vous paîrez la musique, Vous paîrez la musique.

Nous allons fêter bravement L'homme que, malgré maint serment, Nous avons trahi sans vergogne.

La fête aura lieu dans Boulogne, Mais les étrangers avant tout :

Us y tiendront donc le haut bout; Bons Boulonnais, telle est ma politique. L'Anglais dansera, vous pairez la musique. Vous pairez la musique.

Plus d'un garde national Désire assister à mon bal ; Je ne le puis, sur ma parole, Ils y joùraient trop pauvre rôle; Et messieurs les lords, compromis, Cesseraient d'être mes amis. Bons Boulonnais, malgré votre supplique, L'Anglais dansera, vous paîrez la musique, Vous paîrez la musique.

a Mais nous fêtons notre empereur, »

Me direz-vous. — C'est une erreur, Mon but, s'il faut que je le dise, Est d'écouler ma marchandise ; La ville a fait d'immenses frais, J'en toucherai les intérêts.

i Le prince Napoléon l.nm-

lions Boulonnais, je sais l'arithmétique; L'Anglais dansera, vous pairez la musique, Vous pairez la musique

Sans l'empereur, je lésais bien, Aujourd'hui je ne serais rien ; L'empereur était un grand homme, Je ne dis pas non, mais en somme, 11 est mort et les morts pour moi Sont bien peu de chose, ma foi.

lions Boulonnais, je ris de la critique, L'Anglais dansera, vouspaîrez la musique, Vous pairez la musique.

Oui, vous pairez, ou ventrebleu!

Avec moi vous verrez beau jeu ; Depuis que j'ai vaincu le prince Dans un combat qui n'est pas mince, Je ne suis plus maire et banquier.

Je suis un farouche guerrier.

Bons Boulonnais, qui s'y frotte s'y pique ; L'Anglais dansera, vous paîrez la musique, Vous paîrez la musique.

Sous votre nez nous allons donc, Messieurs, danser maint rigodon; Nous n'entendons pas vous contraindre, Mais tous ceux qui voudront se plaindre Iront, ce ne sera pas long, Danser l'anglaise au violon.

Bons Boulonnais, chut! et pas de réplique, L'Anglais dansera, vous paîrez la musique, Vous paîrez la musique.

24 août 4R41.

LE JOGffiL DES DÉBATS

SSPUÇffAUT £/. NOUVELLE OPI»X©H

Sur O'Oonnell. '

Air. : Un jour le bon Dieu s'éveillanl.

Soyons justes : messieurs les lords Avaient envers nous quelques torts ; Ils nous tenaient sous leur férule, INous bernaient sans aucun scrupule; Si bien que Guizot, à la fin, Cria : « L'Irlande meurt de faim ! »

Mais, Robert Peel ayant changé de rôle, Je le dis tout net : O'Connell n'est qu'un drôle, Le grand O'Connell n'est qu'un drôle.

Nous brouiller avec le pacha !...

C'était vil; Guizot s'en fâcha;

(l; Les Débats, qui avaient long-tem] ; applaudi aux

efforts du tribun Irlandais, changèrent mt-à-coup <1<

Ion .-i L'annonce du voyage en France i la reine Vie

iria

Mais sa colère fut discrète.

Jl fila doux, baissa la léte; Seulement je dis en son nom : « Ma loi ! les meetings ont du bon. » Certes! c'était pousser loin l'hyperbole. Pourmoi maintenantO'Connelln'estqii'nn drôl Le grand O'Connell n'est qu'un drôle.

Le droit de visite intervint; Et sans façon Peel nous prévint Que toujours devant l'Angleterre Notre intérêt devait se taire.

Je répondis résolument :

« L'Irlande aura son parlement. »

Ah ! mes amis, qu'un tel mot me désole ! Car, chacun le sait:0'Connell n'est qu'un drôle, Le grand O'Connell n'est qu'un drôle.

Nos marchands, las de vos exploits, Contre nous élevaient la voix; Guizot se plaignit; mais Sa Grâce Dit : « Que voulez-vous que j'y fasse? Alors, pour vexer Albion, Je criais : « A bas l'Union ! « Mais une reine, ô faveur ! nous console, Et je le déclare : O'Connell n'est qu'un drôle, Le grand O'Connell n'est qu'un drôle.

Bientôt ce furent d'autres cris :

Vos marins, un jour, étant gris Avaient, en véritables sbires, Osé mitrailler nos navires...

Certes ! l'affront était mortel !

Je criais : a Vive le Rappel ! »

Mais, puisqu' Albert'dans nos champscaracole Tranchons tousle mot: O'Connell n'cstqu'umlrôl Le grand O'Connell n'est qu'un drôle.

Depuis, nous avons, grâce à vous, Reçu maints soufflets, maints bons coups; Le ministère avec courage Soutirait chaque nouvel outrage ; Moi, furieux, je demandais L'Irlande pour les Irlandais.

Mais une main royale nous cajole, Et dès ce moment, O'Connell n'est qu'un drôk\ Le grand O'Connell n'est qu'un drôle.

Les discours du tribun, corbleu !

.Me mettaient la cervelle en feu ; Au nez de Peel vert de colère Je vantais le chef populaire ; Saint-Marc à chaque trait nouveau S'écriait : « Bien touché ! bravo! »

Mais votre reine à nos yeux batifole... Je n'en doute plus: O'Connell n'est qu'un drôle. Le grand O'Connell n'est qu'un drôle.

Oui, dans mon zèle sans égal Ma foi ! je montais à cheval ; De ma vie à la noble Irlande Je faisais bravement l'offrande ; Je partais d'un pas solennel, Criant : « La reine et le rappel. »

Mais j'ai baisé la main de votre idole... Oh! décidément, O'Connell n'est qu'un drô'e, Le grand O'Connell n'est qu'un drôle 50 octobre 1843.

2,& 5>&Sa(3>SLS 2tf &3 UPaa»

A L'XSL&VDS.

Lorsqu'après sept cents ans de douleur infinie L'Irlande, un jour enfin, sur son lit d'agonie

Pâle se soulevant, Tourna ses yeux vers Dieu, muette, solitaire, Et pareille à la Vierge embrassant le Calvaire,

Pria d'un cœur fervent ;

Nous priâmes aussi. Quand la triste victime Au tableau déchirant de sa misère, abîme

Toujours s' élargissant, Le front dans ses deux mains, morne, désespérée, Et les cheveux épars sur sa face navrée,

Versa des pleurs de sang ;

Chacun de nous pleura. Lorsqu'à la plainte sourde, A la douleur ployant sous sa charge trop lourde

Succédèrent enfin — Tonnerre menaçant, éclairs dans le ciel sombre, — Ces clameurs, ces regards qui, la nuit, percent l'ombre

Où se blottit la faim;

Quand le Libérateur, drapant sa large épaule, Puissant comme au milieu des vagues un vieux mule,

Le front et le cou nus, A l'Irlande attelée au joug de la conquête Cria : « Debout! debout! enfans, levez la têtel

Les momens sont venus ; »

Chacun battit des mains; et le cœur de la France Resplendit au soleil de votre délivra'. ;e,

îsobles enfans des mers !

Et notre œil souriant évoqua sur vos grèves M ille lutins chantant et dans l'or de leurs rêves

Berçant vos jours amers.

Le cbef avait parlé du baut de la falaise, Tranquille, mais du doigt montrant la côte anglaise ;

Et tous nous avions dit :

a Gloire au Cid pacifique! au pays qui se lève, Et chasse, sans fureurs, la justice pour glaive,

Son oppresseur maudit!

Aux peuples égarés toujours le ciel envoie La colonne de feu qui leur montre la voie;

Toujours Dieu juste et grand Tient en mains deux fers nus : une épée équitable Pour soutenir le faible, une hache implacable

Pour frapper le tyran ! »

Oui, nous disions : a Victoire au peuple de l'Irlande ! 11 veutpar son droit seul,— quelle gloire plus grande !—

Voir ses bras déliés.

Quel courage plus grand '. quand son cœur bout de rage Comme un puissant athlète il maintient son courage

Immobile à ses pieds !

Mais nos illusions à la fin sont passées :

lrlando, nous avons pour toi Aux lèvres d'autres mots, au cœur d'autres pensées;

Maintenant nous tremblons d'effroi.

Le léopard, toujours avide de discordes,

Te guettait d'un œil attentif; Et la lyre déjà dont il brise les cordes

Rend un son funèbre et plaintif.

Noble sœur, à tes bras pendent encor les chaînes;

L'Anglais, pendant que l'univers Sublime éebo! répond à l'écho de tes peines,

A rivé sourdement tes fers.

Irlandais, il est temps d'élargir votre rôle !

A votre mer pas de reflux !

L'escarmouche pour arme accepte la parole,

La victoire demande plus.

Qu'attendez-vous, enfans! justice de la haine?

Espoir sur le vent appuyé 1 Le daim, lorsqu'il se tord sous l'ongle d'une biène,

Espère-t-il quelque pitié ?...

Regardez tout autour de l'île aux rives vertes

Ce mur de cavaliers géans ; Regardez vos cités cl vos plaines couvertes

De canons aux gosiers béans!

Tout cela c'est le bras pesant de l'Angleterre

Qui vient refouler votre élan; C'est un cercle de fer qui toujours se resserre

Prêt à déchirer votre flanc.

C'est votre liberté mourant sous la risée;

Ce sont vos fils qui pleureront ; C'est votre Irlande enfin qui retombe brisée

Pour ne plus relever le front!...

O Daniel O'Connel ! déjà, vain météore, Ton astre étineelant fuit et se décolore;

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Ta prudence aux abois Tente dans la défaite, un effort inutile; Le monde émerveillé n'entend plus dans ton Ile

Gronder ta grande voix.

Le despotisme un jour au bon droit fera place, Dis-tu. — Non, Daniel, non ; la victime se lasse,

Mais non pas le bourreau.

Tes droits! les lords font bien de venir le les prendre Si tu laisses ainsi, quand il faut les défendre.

Ton épée au fourreau !

Sans armes tout éeboue. Il faut le pic au chêne, Au ciment les marteaux, et le soc à la plaine ;

Daniel, il faut surtout Aux nations luttant à forces inégales, Il faut de bons fusils, le ventre plein de balles,

Avec du fer au bout I

18 novembre 1843.

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