Voy. Gharcot, loc. cit., p
âgées. Elle semble consister en faisceaux et en cellules. Les faisceaux forment des anses isolées dont la convexité est tournée vers la surface du cerveau. Les fibres qui composent ces faisceaux ont d'abord 2,6 à 6,7 p de largeur, mais elles finissent dans la partie la plus externe par être extrêmement fiues, 0,0 à 1,8 (a de largeur (Koiliker).
Quelques auteurs ont vu ces faisceaux se ramifier et se diviser, à la partie tout à fait interne de l'écorce cérébrale, entre la substance blanche et la substance grise1, mais cela paraît encore assez douteux.
Les cellules sont aussi importantes à étudier. Leur forme est assez caractéristique pour que M. Bevan Lewis appelle couche ganglionnaire cette partie interne de l'écorce grise. Elles sont tantôt étoilées, tantôt pyramidales, tantôt fusiformes (cellules volumineuses de la volition de M. Robin). Les cellules fusiformes abondent surtout à la partie profonde de la cinquième couche, ce qui permet de faire une sixième couche distincte des autres zones plus superficielles. (Meynert.) En général, ces cellules présentent un cylindre axe (prolongement de Deiters, prolongement basai de Meynert) tourné du côté de la substance blanche cérébrale. Meynert pense qu'on n'a pas le droit de les appeler bipolaires, et qu'elles donnent probablement naissance à d'autres prolongements latéraux qui se voient plus difficilement.
Les dimensions de ces cellules fusiformes ou pyramidales sont quelquefois énormes, comme Betz l'a noté. D'après Lewis, les plus larges auraient clans leur plus grand diamètre jusqu'à 126 pi. D'ailleurs les dimen-
1. Hessling et Schaffner, cités par Kôlliker, loc. cil., p. 402.
sions varient beaucoup suivant les régions, ainsi que nous le verrons un peu plus loin.
Cette cinquième couche est très-épaisse, à peu près autant que la troisième. D'une manière générale, si on suppose l'écorce corticale épaisse de 3 millimètres, la couche interne aura 1 millimètre, la troisième couche 1 millimètre, les première, deuxième et quatrième, ensemble, 1 millimètre. — Naturellement cette donnée n'est qu'approximative, mais elle traduit assez fidèlement ce que j'ai constaté sur diverses préparations, et ce qu'on voit dans les planches dressées par les auteurs.
Pour le nom à donner à cette dernière couche, comme Meynert la compare à l'avant-mur, et comme Vicqd'Azyr, qui a le premier bien étudié l'avant-mur, appelait cotte dernière formation claustrum, je proposerais d'appeler la dernière couche corticale, couche claustrale, terme qui a l'avantage de rappeler la découverte de Vicq d'Azyr, et de ne rien préjuger quant à sa fonction.
En résumé, pour donner une dénomination et une classification de ces diverses couches, nous avons les cinq couches suivantes :
1° Couche limitante externe:
2° Couche pyramidale compacte;
3° Couche ammonique;
4° Couche granuleuse ;
5° Couches claustrales superficielle et profonde '.
L'ensemble des couches grises de l'écorce du cerveau présente une certaine épaisseur que les médecins alié-
1. Il no faut pas que ces dénominations spéciales fassent supposer que les couches nerveuses de l'écorce grise sont limitées avec une pareille netteté. — La limitation des couches est assez artificielle, et varie quelque peu à la volonté de l'observateur, comme aussi d'après le procédé suivi pour faire la préparation. (Luys.)
nistes ont souvent étudiée, cherchant à trouver ud rapport entre ses dimensions et l'état mental de leurs malades. Ils ne sont arrivés qu'à des résultats insuffisants. On suppose cependant que la grande épaisseur de la couche grise se rencontre plus spécialement sur les cerveaux d'hommes intelligents. H. Major, à l'aide d'un instrument assez ingénieux (Téphrylomètrc), a constaté : 1°, que l'épaisseur de la substance grise dans le même cerveau variait considérablement selon les circonvolutions ; 2° que ces variations d'épaisseur n'étaient pas homologues dans les différents cerveaux. Malheureusement ses recherches portent surtout sur des cerveaux d'aliénés et ne peuvent guère servir à élucider cette question bien intéressante d'anatomie normale1.
Ce sont ces dénominations que nous emploierons dorénavant; elles ont l'avantage d'éviter les répétitions fatigantes et de faciliter la description.
§ 5. Structure de quelques circonvolutions en particulier.
Nous étudierons d'abord les diverses zones, motrices ou sensitives, de l'écorce cérébrale, et en second lieu les circonvolutions spéciales (lobule de i'iusula, de l'hippocampe, bulbe olfactif, etc.). La différence entre la structure anatomique des zones motrices et sensitives avait échappé à Meynert, et ce n'est que postérieurement, guidés par la physiologie et la pathologie, que les anatomistes ont pu trouver des dissemblances entre ces deux régions.
Un point important, bien mis en lumière par Lewis,
1. II. Major, .4 ncw method of determining the grey matter nfconvolutions. Lunatic asylum Reports, 1872, j„ 07.
c'est qu'il n'y a pas de différence abrupte entre les formes des unes et des autres, c'est-à-dire que de la zone motrice à la zone sensitive, le passage se fait graduellement, et qu'il y a en quelque sorte une zone de transition intermédiaire aux deux autres.
Étudions d'abord le type du lobule paracentral, tel qu'il a été étudié par Betz. Ainsi que l'indique d'ailleurs la morphologie, au point de vue fonctionnel, on peut assimiler le lobule paracentral aux deux circonvolutions marginales de la scissure de Rolaudo.
Le lobule paracentral et les deux circonvolutions rolandiques sont caractérisées par la présence des cellules pyramidales gigantesques de Betz. Ces cellules, décrites plus haut1, se retrouvent dans toutes les parties considérées comme centres moteurs. Ainsi que le fait remarquer M. Charcot', le fait est d'autant plus intéressant que c'est dans tous les points de l'écorce cérébrale motrice qu'on les trouve, quelles que soient les différences morphologiques des circonvolutions. Chez, le chien elles sont autour du sillon crucial.
Or on sait depuis longtemps que dans la moelle les cellules motrices sont très-volumineuses, tandis que dans les régions sensitives les cellules sont petites ou moyennes. Il y a donc un rapport, indiqué par l'anatomie comme par la physiologie, entre la dimension des cellules et leur fonction. Là où il y a des centres moteurs, il y a de grandes cellules, aussi bien dans l'écorce grise du cerveau que dans le névraxe médullaire.
A ces données, M. Pierret 1 a ajouté ce fait intéressant que la dimension des cellules nerveuses n'est pas seule-