Physiol. du syst. nerveux, p
démontré ce fait, à savoir que l'hémianesthésie survient, toutes les fois qu'il y a lésion de la partie postérieure de la capsule interne, c'est à-dire de cette bande de substance blanche qui sépare la couche optique du noyau lenticulaire du corps strié.
L'hémianesthésie est due à une lésion de la capsule interne : par conséquent les faisceaux sensitifs allant conduire les impressions de la périphérie au sensorium commune passent par la capsule interne.
Si on place le sensorium commune dans la couche corticale du cerveau, on expliquera très-bien les phénomènes par l'interruption simple de la conduction. Mais si l'on place le sensorium dans la protubérance, il faut admettre que les fibres sensitives allant aux lobes occipitaux s'y réfléchissent, et reviennent par la même voie dans la protubérance. En effet, chez l'homme, on ne peut pas admettre que le retour se fasse par la zone motrice, attendu que les lésions des parties moyennes ou antérieures de la couronne rayonnante n'atteignent ni la vision, ni l'ouïe, ni la sensibilité. Peut-être aussi pourrait-on penser que le sensorium commune n'existe pas, et que, si la sensibilité générale siège dans les centres cérébraux ganglionnaires, la sensibilité visuelle siège dans les lobes occipitaux. Peut-être enfin pourrait-on supposer que dans le cerveau du chien, si différent du cerveau de l'homme, la voie des impressions sensitives n'est pas la même.
On comprendra que je n'insiste pas sur ces hypothèses, mm plus que sur les phénomènes si intéressants des hémianesthésies sensorielles1.
1. Voy. les leçons de M. Charcot, f,eç. su*' les localisations, 1876, p. 80 suiv.
§ 3. Fonctions Intellectuelles «les circonvolutions.
Je ne crois pas que l'on puisse aujourd'hui traiter convenablement cette question : la solution en est probablement réservée au siècle qui nous suivra, et qui, profitant des recherches du siècle précédent, saura y ajouter les siennes pour établir sur des bases solides les lois de la psycho-physiologie.
Cependant, en mettant à profit les données de l'embryologie, de l'anatomie comparée, de la pathologie, et de la physiologie expérimentale, on peut jusqu'à un certain point établir un rapport eutre les phénomènes intellectuels et les circonvolutions.
L'anatomie comparée nous montre que l'activité intellectuelle des mammifères est d'autant plus grande que leurs circonvolutions sont plus développées.
Ainsi l'homme a les circonvolutions très-nombreuses et très-riches.
Après lui, et à une très- grande distance, viennent d'abord les singes anthropoïdes, puis les autres singes, puis l'éléphant ', puis les cétacés, les carnassiers, etc.
Les Rongeurs, dont l'iiitelligence est très-médiocre, n'ont pas de circonvolutions : elles sont à peine indiquées.
M. Dareste a supposé que les circonvolutions n'existent que chez les animaux de grande taille2: cela n'est vrai qu'en partie : le castor, par exemple, n'a pas de circonvolutions, tandis que le ouistiti en a beaucoup ; mais aussi quelle différence entre l'intelligence de l'un et l'instinct de l'autre?