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CHAPITRE IV

GRÈS YPRÉSIENS.

Les grès yprésiens sont très peu répandus dans ie Bassin de Paris. Us forment des rognons, des bancs très irréguliers de peu d'étendue et, par exception, des niasses assez développées pour être l'objet d'une exploitation. Les échantillons étudiés au microscope se rapportent à trois types.

Grès calcaire à glaucome de Mouchy-le-Ghâtel (Oise).

(Coll. Mines.)

Caractères lithologiques. — Roche formant des rognons jaune brunâtre, assez grossière et renfermant une notable proportion de grains de g^auconie visibles à l'œil nu. Cassiure irrégulière. Quartz en grains brisés ou non par la cassure. Ciment très apparent, de la même couleur que la roche, mat à l'œil nu, avec un aspect finement cristallin ou amorphe à la loupe.

Elude micrographique. — Grains de quartz de toutes dimensions arrondis ou anguleux; quelques cristaux de feldspath et notamment de microcline; rares débris de magnétite; un seul élément de pyrite.

La glaucome est fréquente. Ses conditions de gisement ne laissent aucun doute sur sa genèse in situ. Elle se présente en grains rarement homogènes, presque toujours à l'état de masses mamelonnées qui se décomposent en nombreux granules séparés par de la calcite. C'est le groupement de ces petits éléments isolés, et parfois largement séparés, qui donne à l'œil nu l'impression de grains simples. En réédité , presque tous les grains sont composés.

Cette glauconie offre un très bel exemple de décomposition qui débute simultanément en de nombreux points à l'intérieur du minéral. Les grains verts renferment des taches ferrugineuses isolées, ou un véritable réseau de lignes ferrugineuses , susceptible de dtevenir très dense et d'envahir la plus grande partie du minéral.

Aucune trace d'organismes n'est visible.

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Le ciment est calcaire; il est formé de carbonate de chaux ancien enveloppé de calcite dominante. Le calcaire ancien se décompose le plus souvent en petits grains arrondis, isolés, enclavés dans un grand élément de calcite et doués d'une orientation quelconque; ils représentent des témoins dun ciment primordial calcaire , en partie transformé en calcite. Le ciment est teinté par un peu d'oxyde de fer et d'aspect nuageux et sale ; il occupe à peu près autant de place à lui seul que tous les minéraux clastiques et secondaires réunis. La roche est un grès calcaire passant au calcaire quartzeax.

Grès calcaire à Nummulites planulata. Mont de Magny, près Gisors (Eure).

(Coll. Mines.)

Caractères lithologiques. — Roche jaunâtre, pétrie de Nummulites, faiblement piquetée de glauconie. Les Nummulites mises en saillie à la surface par Térosion font corps avec la roche à l'intérieur. La cassure est régulière, à peu près unie et traverse toutes les Nummidites. A la loupe, les grains de quartz paraissent entiers dans un ciment finement cristallin et brillant.

Etude micrographique. — Les débris de Nummulites sont tellement nombreux que la roche doit être classée dans les calcaires, si on les fait entrer en ligne de compte; leur fréquence étant très supérieure à la moyenne dans l'échantillon, on peut les négliger et la ranger dans la catégorie des grès.

Le quartz forme à peu près les deux tiers du dépôt, débarrassé de Nummulites. n figure à l'état de grains non calibrés, généralement anguleux; quelques individus sont pourvus d'une auréole secondaire et, parmi eux, il en est qui fournissent des sections hexagonales imparfaites. Le quartz existe également sous forme de rares agrégats. On rencontre encore comme minéraux clastiques des feldspaths relativement abondants, et notamment Yorthose, le microcline et des plagiocla^es.

Glauconie assez firéquente, en petits grains massifs, homogènes; quelquesuns sont composés et se résolvent en nombreux granules. La glauconie incruste les clivages de quelques feldspaths; on la rencontre souvent en voie d'altération.

Les sections renferment, outre les Nummuhtes, quelques petits Foraminiftres.

Le ciment est composé de cakite greaue; c'est le ciment primordial transformé. La roche est un grés calcaire.

Grès dolomitique («tète de chat»), prte Mouchy-le-Caifttel (Oiae).

(Coll. Mines.) [Planche II, fig. 4.)

Caractères liihologiqnes. — Rognons jaunes mamelonnés, incrustés de grains de sable , mis en saillie par Térosion. La cassure montre de grandes surfaces miroitantes comme le < grès cristallisé » de Fontainebleau* Ces surfaces réfléchissent la lumière de telle façon qu elles trahissent la courbiu*e des clivages. A la loupe, les grains de quartz se détachent nettement avec un édat gras; tous sont brisés; des grains de glaaconie et quelques paillettes de moscovite sont visibles.

Étmde micrographique. — Quartz en éléments le plus souvent anguleux et de diamètre variaUe; Tim d eux renferme deux prismes de tourmaliMe; ziram^ mM09vite, feldspath assez fréquents et notanauient arthose, microcUne et plagiaclases, fragments de prismes de tourmaline.

La glauconie est exceptionnelle en grains homogènes. Elle forme de petits granules et des masses nuageuses qui teintent souvent le ciment en vert jaunâtre; malgré son abondance^ elle est à peine perceptiUe k IVsil nu.

Les minéraux représentent à eux seuls la plus grande partie de la roche. Le ciment est dolomitîque et se décompose en ua très petit nombre d'él.> menls de grande taille. L'isolemecit des minéraux perm^ de conclure à Texistence d un ciment originel; la constitution actuelle des rognons ne permet pas de s'assurer si ie prunier ciment était dDlomitîifue ou non. Dans son état actuel, la roche est un girè$ dBkautifme.

Ovartsite ù laidspath de Bèllea (Otee).

(Musée Lille, 7371.)

Cette poclie a été eipUfeée à Beileu., près de Soissons, et a s^rvi 4 paver une partie de ia TÎtte. Lea recherches de IL Gosseiet^^) ont montré qu'elle n'est pas contemporaine des nombreux grès landéniens exploités depuis loog-

<*) J. GossBLET, ObserviiÛDitt sur la poôfioii da grès de BeBeci, da grée de MdaKhnt, etc. (Ann. Soc. G. Nord, t. XIX, 1891, p. loa).

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temps dans le Nord de la France , et qu'elle occupe tout à fait la partie supérieure de TYprésien. Elle se fiace donc au niveau du Panisélien.

J'ai décrit la structure du grès de Belleu en 1 891 ('); je vais en rappeler les trasts essentidb.

Caractères litkologiqnes. — Roche dure^ grossière, 1res cristalline, montrant à l'œH nu de nombreux grains Uancs feldspathiques, des fragments de silex noir et des traces de débris Totaux. Cassure luîliant dun édat très gras, traversant tous les minéraux. Quelques vides.

Étude microgncphiqwe. — Eléments de quartz mesurant de o'^S à 1 millimètre, revêtus dune couronne secondaire, quelquefois aussi épaisse que le minéral qu'elle enveloppe. La formation en deux temps des grains de quartz est remarquablement nette. Beaucoup d'individus sont bourrés d'inclusions liquides ou solides; les premières comportent généralement une bulle de gaz mobile; une baguette de tourmaline figure parmi les secondes. Des impuretés entourent souvent le noyau primitif d'un liséré très apparent; le quartz de l'auréole est complètement dépourvu d'inclusions. B s'éteint en même temps que le grain centrd et prend en même temps que lui l'éclairement maximum. De nombreux individus ont une extinction très onduleuse qui intéresse également l'auréole secondaire.

La série des minéraux clastiques est complétée par quelques agrégats de quartz, des feldspaths orlhose et microcUne en voie d'altération; l'une des orthoses est lardée de coins de quartz et reproduit la structiu*e caractéristique de la micropegmatite. Tous les éléments feldspathiques sont dépourvus de revêtement siliceux secondaire.

La glauconie figure à raison d'un ou deux grains par section.

Les grains de quartz du « grès » de Belleu ont subi un accroissement.secondaire très marqué; ils étaient primitivement arrondis, non contigus pour la plupart. Ds sont aujourd'hui anguleux, irréguliers et ils s'ajustent de façon à ne laisser qu'un très petit nombre de vides. L'intervention d'un ciment primitif est nécessaire. Le c grès » de Belleu est un quartzite à feldspath dont les minéraux clastiques ont une double origine. Les uns dérivent d'une roche éruptive, les autres d'une roche cristallophyllienne.

L. Gatbux, Stractnre du grés de Beileu {Ann. Soc. G. Nord, t. XIX, 1891, p. 1 1 1).

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

Les « grès » yprésiens appartiennent à deux types, profondément différents par leur structure et par leur composition, et que rien ne rapproche hormis la fréquence des feldspaihs détritiques. Cet unique trait conmiun constitue une excellente caractéristique minéralogique des « grès » yprésiens. L'un de ces types correspond à un grès à ciment très abondant de carbonate tantôt calcaire, tantôt dolomitique et toujours très glauconieux; 1 autre est un quartzite à gros éléments riche en menus débris de silex et presque complètement dépourvu de glauconie. En faisant la part des transformations subies par ces dépôts, on peut dire qu'ils procèdent de sédiments accumulés dans des conditions différentes et qui ne semblent pas rigoureusement contemporains.

Je classe les échantillons étudiés de la façon suivante :

Grès calcaire; Grès dolomitique; Quartzite.

Le ciment des grès calcaires correspond au ciment primordial partialement ou entièrement recristallisé.

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