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COLORATION DES GRES ET QUARTZITES

Influence de la structure des grès sur leur coloration.

Dans tous les grès lustrés soumis à l'analyse micrographique, il existe une différence de coloration, toujours sensible et souvent très prononcée, entre les parties douées d'un éclat lustré et celles qui en sont dépourvues. Le « grès » lustré de Mortefontaine, par exemple, offre une couleur noirâtre (p. 56) dans toute la masse lustrée et une couleur gris pâle sur le bord non lustré. Or on peut s'assurer au microscope que les deux parties de couleur très différente ont rigoureusement la même composition minérale, que les matériaux détritiques et le ciment figurent de part et d'autre avec le même degré de fréquence. Seule la structure de la roche varie. Partout où la coloration est foncée la majorité des grains de quartz présentent l'accroissement très irrégulier que j'ai analysé plus haut: partout où la roche est très claire, les grains

de sable non auréolés remportent sur les minéraux développés par accroissement secondaire. Au fond la couleur se modifie quand la cassure change. La teinte noirâtre est liée à ime cassure plane très régulière et, en dernière analyse, à la structure particulière de la roche dont la cassure lustrée est la conséquence directe.

Un second exemple met en évidence d*une autre manière Tinfluence de la structure sur la coideur des « grès ». Etant donnés un quartzite à ciment de quartz très fin et un quartzite ^ique — tous deux d'égale pureté et de composition minérale identique — la coloration des deux roches est toujours différente. Le ciment de la première est constitué par une fine mosaïque de quartz très pur que Tœil est impuissant à résoudre en ses éléments constituants. La gangue d'apparence homogène est teintée en gris mat, bien que ses éléments, considérés isolément, soient tout à fait incolores. Lœil attribue cette teinte à Tensemble de la roche et tous les quartzites de cette catégorie sont gris. Quant au quartzite du second type, il ne possède jamais cette même couleur grise, et il est toujours moins coloré que la variété pourvue d'un ciment. Ce nest plus dans lespèce la cassure qui est en jeu, mais le ciment. Il y a lieu de souligner cette particularité que, dans le cas envisagé à dessein, le ciment exclusivement composé de très petits grains de quartz très pur ne peut intervenir pour modifier la couleur de la roche que par la finesse de ses éléments.

Ce problème de l'influence de la structiu*e des « grès » sur leur coloration mérite d'être traité d'une manière approfondie; je me borne à le soulever en passant avec l'espoir que l'étude en sera reprise à brève échéance.

La porosité des grès et qpiartsites, et ses causes multiples.

Tous les grès et quartzites du Tertiaire parisien sont plus ou moins poreux. Les grès lustrés seuls font exception à la règ^e.

La porosité des grès et quartzites est tantôt originelle, tantôt acquise et ^econdaire.

Elle est probablement originelle dans certains grès à ciment calcaire dont les vides ne semblent pas dus à un phénomène de dissolution partielle du ciment. Il se peut qu'elle soit également oiiginelle dans les « grès » à minéraux

contigas et qu'elle résulte de la juxtaposition incomplète des éléments constituants. Les vides seraient l'équivalent des vides des sables actuels. Les roches de ce type sont des exceptions, par rapport à la masse totale des t grès ■ du Tertiaire parisien. Il convient d'ajouter que la continuité des éléments n'implique nullement l'absence d'un ciment primordial. L'existence de la porosité originelle n'est rigoureusement démontrée pour aucun des échantillons analysés.

La porosité est certainement secondaire dans la grande majorité des roches considérées. E31e résulte de la dissolution tardive des vestiges du ciment originel qui séparent des minéraux, pourvus ou non d'un accroissement secondaire (voir décalcification des quartzites).

Les grès stampiens, poreux et perméables, désignés par les ouvriers carriers sous le nom de grès imparfaits, se rangent, à mon avis, dans la catégorie des roches dont la perméabilité est acquise. Tous ceux que j'ai étudiés sont caractérisés par la non-juxtaposition de leurs éléments; ils procèdent donc d'anciens dépôts à ciment primordial calcaire. M. L. Janet en a signalé qui sont composés par des grains de quartz juxtaposés P) et dont les vides pourraient être originels à la rigueiu*.

La porosité de quelques spécimens est due en partie à la destruction d'organismes calcaires dont la place est marquée par de petites cavités.

Les grès lustrés sont dépourvus de vides et imperméables. Ce sont les roches les plus riches en silice secondaire de toute la série étudiée. Leur imperméabilité est liée à une évolution plus complexe que celle des grès et quartzites typiques.

Les quartzites typiques du Tertiaire parisien, c'est-à-dire les quartzites composés de grains moulés les uns sur les autres et dépourvus de ciment, se distinguent des quartzites anciens par la présence constante de vides.

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