‹ Structure et origine des grès du tertiaire parisienChapitre 32 sur 56 · SdbfoUne · texte numérisé non relu

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3* i3 Beac de gria.

S- 70 5dile.

Cette notion doit s'étendre également aux grès bartoniens, landéniens, etc. 11 y a, notamment dans les sables de Beauchamp, des blocs de forme botryoidale des plus remarquables qui occupent le sommet de l'assise. (Ex. sablière de ia butte Saint-Christophe à Fleurines, p. 5 1, fig. 9). La silice de leur ciment n'a pu être empruntée aux calcaires et marnes de Saint-Ouen qui les surmontent.

La conception de la formation des grès que je viens de développer laisse subsister la di£Eiculté de ia localisation singulière des bancs de grès à la partie supérieure de l'assise de Fontainebleau. Suivant M. DouviÂé, les sables

offraient, à Torigine, une surface ondulée avec des ondulations à peu près parallèles et alignées E.-O. Or « les grès se sont formés exclusivement sur les parties saillantes de la surface supérieure des saUes » et les dépressions sont restées saUeuses. La genèse exclusive des grès sur les lignes culminantes de l'assise reste une énigme indéchi£Brable.

3. PAUTIGULARITéS DB L'ÉVOLUTION DES GRES ET QUABTZITES DU TERTIAIRE PARISIEN.

Nous avons vu que l'histoire de la plupart des grès et quartzites du Tertiaire parisien se résume en une silicification d'un sable primitivement calcarifère. Cette histoire se complique dans un nombre variable de grès, où elle comporte notamment :

Un phénomène de corrosion des grains de quartz;

La fusion des bords des galets de silex avec le ciment des t grès »;

Et un phénomène de décalcification des quartzites.

Corrosion du quartz élastique.

(Planche IX, fig. 17 et 18.)

La forme très irrégulière des grains de quartz s'explique presque toujours, ainsi que je Tai démontré, par un accroissement secondaire très inégal. Elle se réclame d'une autre cause dans plusieurs grès landéniens et lutétiens. J ai noté l'existence de grains profondément échancrés, dans lesquels le ciment pénètre sous forme de golfes susceptibles d'atteindre le centre des éléments les plus volumineux. On observe des grains qui présentent des étranglements teb que la moindre agitation des eaux aurait dû les morceler si les découpures étaient originelles. L'étude d'un grès landénien fournit d'ailleurs un témoignage absolument décisif en faveur d'une corrosion in situ. De gros éléments se décomposent en plusieurs petits grains à contours irréguiiers, Gom{dètement isolés dans le ciment, et tous pourvus de la même orientation optique. Ces exemples prouvent que le phénomène de corrosion a paribis déterminé la frag^ mentation des éléments. U est acquis que Vhistoire de quelques^ ^rès » comporte une phase de dissolution des grains de quartz élastique.

Ce phénomène est d'autant plus inattendu qu'il s'observe exclusivement dans des roches caractérisées par de la silice secondaire exceptionndlwaent

abondante qui a déterminé un accroissement irrégulier des grains de quartz et la silicification d'un ciment calcaire. En résumé, le même échantillon de grès a été le siège de deux phénomènes diamétralement opposés :

1^ Dissolution partielle de grains de quartz clastiques;

3^ Précipitation de silice introduite dans le sable par des eaux météoriques.

Je n ai relevé aucun indice qui permette de dater la corrosion des grains de sable par rapport à la silicification de l'ensemble du dépôt.

Modifications subies par les silex inclus dans les grès.

J'ai montré que les galets de silex et de phtanites incorporés dans les grès y déterminent d'importantes modifications à leur contact, et qu'ils se transformait sous l'influence des grès (p. 27, 33 et pL X, fig. 2 1 ). On voit, par exemjde Ja limite des silex s'efiacer complètem^it et le ciment passer au silex par degrés insensibles; ailleurs, c'est la composition du silex qui se modifie au contact du grès. Les changements de composition et de structure subis par les galets siliceux ne peuvent s'expliquer que par la dissolution et la reprëcipitation sur place d'une partie de la silice des silex et phtanites. Le phénomène se produit en certains points seulement de la périphérie des galets et à une petite échelle; la remise en mouvement d'une certaine quantité de silice n'en est pas moins évidente. Cette transformation superficielle des galets date de la formation du ciment actuel.

Développement du ciment aux dépens du quartz élastique.

Dans les rares échantillons où j'ai noté la présence du quartz rongé , la gangue pénètre dans toutes les découpures des minéraux. La corrosion s'étant toujours opérée in situ, on est amené à supposer, comme je l'ai fait remarquer pour la roche de Marlemont (p. 25 ), que le ciment s'est développé aux dépens des matériaux clastiques. Il n'est jamais possible d'établir dans quelle mesure il a empiété sur les minéraux. Il est de règle que le ciment qui remplit les anfractuosités des minéraux rongés ne diffère, du reste, de la gangue ni par sa composition, ni par sa structure. Dans le quartzite de Marlemont, en particulier, le phénomène aurait déterminé un accroissement de ciment très notable.

Décalcification des quartzites.

J'ai mentionné la présence, dans de nombreux quartzites> de très petits vides, tantôt clairsemés, tantôt relativement fréquents. Or ces quartzites procèdent d'anciens sables, pourvus d'un ciment calcaire originel assez abondant pour isoler les grains. Le nourrissage des éléments de quartz qui a transformé les sables en quartzites poreux s'est arrêté trop tôt pour que les minéraux puissent se mouler les uns sur les autres, sans laisser de vides. Quand les grains de quartz ont été frappés d'arrêt de développement, les parties non envahies par la silice étaient calcaires et les petits coins qui séparent aujourd'hui les minéraux représentaient des vestiges du ciment de carbonate de chaux.

Les quartzites poreux sont des quartzites inachevés, restés légèrement calcaires grâce à une silicification imparfaite, et soumis à une décalcification tardive.

En essayant d'établir cpie les sables destinés à former des grès et quartzites étaient marqués, dès le principe, par une composition spéciale, j'ai rejeté l'hypothèse d'une décalcification en masse des sables auxquels les grès sont subordonnés. La dissolution des témoins du ciment calcaire primordial étant forcément postérieure à la genèse de ces roches," si le même phénomène s'était étendu aux sables — supposés très calcaires à l'origine, — je répète que le mode de gisement des « grès » et des terrains (jui les surmontent en serait profondément aiSecté. La décalcification des «grès», opérée à une échelle extrêmement réduite, n'enlève rien à la force de cet argument.

Les sables calcarifères transformés en quartzites poreux ont été dépouillés de leur carbonate de chaux en deux temps :

Le premier temps se confond avec la silicification presque totale du calcaire qui intervient activement dans la métamorphose (p. 1 15);

Le second temps correspond à la dissolution des petits îlots cdcaires épargnés par la silicification.

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