SCÈNE V
Les Mêmes, «.oins SIR ROBERT.
Le roi, Brandt, Detler, les dames d'honneur, les pages demeurent dans Tattitude
de l'attente inquiète, les yeux tournés Ters la (cnêtre.
Struensée, brisî par sa défaite morale, semble indifférent à tout ce qui se passer
La reine le regarde arec inquiétude. Madame de Reez les otnerre.
LE ROI, à Detler qui regarde à la fenêtre.
Efface- toi, Detler, ils vont Tarquebuser.
Detler se retire de la fenêtre. A la reine.
Vous avez eu grand*peur, madame, tout à l'heure?
LA REIIiC.
C'est la première fois qu*uoe balle m'effleure, Sire ; j'ai salué, mais je n'ai pas trembla,
LE ROI, lui balnnt U main.
Ma noble reine !..•
A Straoosèe.
Et toi, te voici désolé, Mon Straensée?,.. Hélas ! considère où nous sommes ; Pouvais-tu, toi tout seul, repousser huit cents hommes ?
8TRUEN8ÉE, sombrt.
Je pouvais mourir, Sire.
LE ROI
Et nous perdre avec toi?
Moi mort, Sire, la garde eût acclamé son roi.
Les daneiin derieimenl de plus en plus menaçantes. LE ROI.
Cest quelquefois très long un instant qui s'écoule. Sir Robert...
DETLER, qui s'est ripprocbô de la fenêtre.
Le voici... qui harangue la foule.
Us ramauFt l'^paiient.
LE ROI, ayec saUitection.
Ah!
ITRUSNSÉE, avetf tBMrtamê.
La foule avec eux!...
BRÀNDT, ramassant à terre une balle de pUmb et la prAiVUat
à Struepsèe.
Tenez.
STBUENSÉE.
Peuple dément, Ce plomb va retarder too affranchissement De cinquante ans.
LA FOULE, au dehors.
Hurrah ! vive Christian !
LE ROI, à U fenêtre, •'adremnt à Strueniée.
Regarde Ce délire. Après tout c'est son droit à ma garde De vouloir me garder... même contre mon gré ; Plutôt que de me perdre elle m'eût massacré.
Maintenant qu'elle voit le cas que je fais d'elle, Elle m'acclame * ;
Un chant de loldaU m fait entendre.
Tiens, vois comme elle est fidèle.
Tous les personnages présents écoutent en silence le chant de la garde norvégienne. CHOEUR DES NORVÉGIENS, dana là eoalisu.
Victoire et tremblez devant les preux du Roi. Ils vont partout semant Teffroi ;
Place aux preux de Norvège!
Ils sont vainqueurs en tous combats Les fiers soldats.
Dieu même les protège Et soumet le monde à leur loi.
Victoire et tremblez devant les preux du Roi.
LE ROI, aprèi que le chant a cessé.
Eh bien î voilà ce qui s'appelle aimer ses rois.
A Stmenaée en riant.
Quoi ! tu n'es pas ému ? Mon cher, une autre lois Fais venir Norweskiold d'abord : et qu'il ne tarde ! Quand on a les canons, on cause avec la ganle.
♦ Voir la note n» 4 .
Voyons, puisqu'elle m'aime, ami, jiasse la moi
Et je te signerai, je t'en donne ma loi,
Trois décrets pour celui qu'aujourd'hui je rapporte.
Tu sais bien qu'avec moi ton éloquence est forte
De ce besoin que j'ai de ne pas t'écouter ;
Si" r de convaincre un sourd, tu peux lout décréter.
A la reine.
Et je confesserai, madame, ma faiblesse :
Peu m'importe que mon ministre me délaisse, Son idéal est fou ; mais son régime est sain, Et je tiens à garder en lui mon médecin.
A Struensëe.
Entends- tu, malfaiteur ?
Lui mettant le bras autour du cou, avec un soupir mélancolique.
Allons, mon Struensée, Fais-moi vivre,
Secouant sa tristesse.
Et gaîment ; plus de noire pensée :
Nous donnons une fête à nos ambassadeurs, Tu pourras en bons mots dépenser tes ardeurs.
Sérieux.
Ménage le Cosaque et l'Anglais,
Férocement.
Mais tourmente Le Suédois.
S'arrétant devant la reine, très galamment.
Couronnez cette tête charmante, Madame, qui fit dire, à sir Robert, je crois. Que Georges, votre frère, envoyait aux Danois La plus belle et la plus adorable Danoise Qui lût et qui pût être ;... Et nul ne chercha noise A Robert Keith si sûr du présent de son roi, Et tous dirent : « C'est juste », à commencer par moi.
LA REINE, aprèi avoir remercié )e roi d'an sourire. A madame de Reez.
Le diadème.
Madame de Reez sort.
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