ACTE TROISIÈME, De jeter bas cet homme et son œuvre avec lui
Hypocritement, en regardant Rantzau de côté.
Le Roi n'est pas en cause. Elle sait aujourd'hui Que c'est contre le gré de son... féal ministre Que Christian rapporta le décret de ce cuistre.
Avec une légère ironie.
Elle aime donc son Roi,
Durement.
Mais elle hait très fort Le valet dont l'audace avait rêvé sa mort.
Il a voulu la perdre, elle veut qu*il succombe.
MARIE-JULIE
Et si, trop faible encor, Christian résiste ?
KOLLER, ënergiquement, en regardant Rantxau.
Il tombe.
Le loyalisme doit, s*il n'est point frelaté.
Même aux dépens d'un Roi, sauver la Royauté.
L'heure de Christian Sept n'est pas encor sonnée.
Kotler Mwrit.
N'en riez point, KoUer, je sais sa destinée :
L'orgueil de Struensée aura son châtiment.
Mais le Roi finira ses jours paisiblement,
(Mes cartes, croyez-moi, ne m'ont jamais trompée.)
Et j'en bénis le Ciel qui me sait occupée
A défendre moi-même, avec un soin jaloux,
Les droits sacrés du fils de mon défunt époux.
KOLLER
Si les cartes n'ont point menacé sa personne, Ëst-il sûr qu'il en soit ainsi de sa couronne ?
60 STRLEN8ÉE.
UARiE-JULIE.
Vous le déijoseriez ?
KOLLER
Ce Roi faible et l^er Semble inellre à plaisir son royaume en danger. Voyez comme au bas peuple il le donne en pâture ; Jouet d'un insolent chevalier d'aventure, Il sape tout le vieil édifice royal, Crée un schisme et nous mène au chaos social. S'il ne s'arrête point sur ce chemin funeste, C'est fait de lui. Dès lors, nous saurons qu'il nous reste Un jeune prince en qui nous pouvons espéi*er Et dont le ferme esprit saura tout réparer.
TOUS LES CONJURÉS, moini RANTZAU
Oui, Fi-édéricî...
MARIE-JULIE, hypocritement.
Mon fils ? Il est bien jeune encore.
GULDBERG.
Madame, il a votre âme ; et sa raison n'ignore Rien des devoirs du trône. l\ sait le droit, la loi.
Avec un sourire plein de sous-entendus.
L'histoire... Ce n'est plus un enfant, c'est un Roi. Il n'est personne qui mieux que moi le connaisse. Far votre ordre royal j'ai formé sa jeunesse Et, s il a les conseils de Votre Majesté, Je promets au pays un maître... respecté.