LE CRIEUR
» A condamné Frédéric Struensée, comte d'Aalborg, » ministre d'État, à la peine capitale...
I^ reioe, voyant écrire le roi, accompagne nerveusement les paroles du crieur public d'une mimique qui semble dire joyeusement : « ce n'est pas vrai ! non I non ! non ! voici la grftce », mimique qui s'accentue après le mot du roi : Je pardonne.
LE ROI, lisant ce qu'il écrit.
Je pardonne A Struensée et lui fais grâce.
LE CRIEUR, continuant.
a Et ordonne que ledit seigneur déchu de ses titres, biens » honneurs et dignités, sera exécuté sur la place d'armes, » par la main du bourreau.
» Christian ».
LE ROI, signant ce qu'il écrit.
Christian.
Nouveau roulement de tambour.
Voi Si je t'aime.
LA REINE
Ah 1 je vous bénis.
LE ROI, IttI prenant la main.
Non, aime-moi.
LA REINE
Je vous aime.
Elle se lève et passe devant le roi.
LE ROI
Où vas-tu
LA REINE y crainlive.
Porter...
LE KOI.
Quoi?... Qu'est-ce encore?
LA REINE, continuant.
...Cette grâce... Songez...
LE ROI
Je songe que j'adore Tes yeux, ta voix, ta bouche et qu'à ton pauvre roi Tu peux bien accorder une heure, un instant. Quoi? Que dis-tu ? Cette grâce ? Eh bien ! qu'on la lui porte. Appelle un page.
LA REINE
Un page est-il sûr ? Il importe Que la haine...
LE ROI, avec colère.
De qui?
LA REINE, d'une voix étranglée par l' émotion.
Mais de Juhe...
LE ROI, éclatant.
Assez!
La haine qui sur moi plane, va, je le sais, C'est la tienne. Et j'en meurs. Et tu l'aimes, cet homme. Tu l'aimes, j'en suis sûr ; eh bien, soit ! qu'on vous nomme Les adultères !... Soit !... Et tombe encor plus bas : A la femme coupable on ne pardonne pas.