SCENE n
Les Mêmes, STRUENSÉE.
Struensée parait à la porto de gauche, au fond. Il va enlr'ouvrir la porte do droite.
STRUENSÉE, après avoir refermé la porte.
Eatendcz ces cris, monsieur le comte!
Et la reine... Elle est là près du lit qui les compte. Sans rien pouvoir! .Mais moi, qui peux les arrêter. La porte m'est fermée; ordre de m'écarter; On ne sait qui je suis et de quoi je me mêle, La cure ne pouvant être qu'officielle.
MARK ES, à Rautzau.
N'ayant à demander ni compte ni raison, Monseigneur, à monsieur le chef de la maison Delà reine, au sujet de .son insigne oftice, Permettez-moi d'aller reprendre mon service Près de Sa Majesté.
RA NTZAE.
Bien ! je vous y rejoins.
M.irkus s'iiK-line et sort.
STRUENSIÎE.
C'est donc trop demander vraiment? ne puis-je au moins Essayer, seulement essayer, pour une heure, De ma manière à moi, peut-être un peu meilleure, De soigner, de calmer, ces atroces douleurs?
RANTZAU
Vous avez vos moyens, les maîtres ont les leurs. Vous n'êtes pas au roi.
3Iais je suis à la reine.
Elle souffre, elle aussi, la douce souveraine... La reine, elle ! souffrir ! ah ! ciel ! et moi le voir ! Je brave tout, hormis cela!... C'est mon devoir.
UA> TZA r.
Oh ! pour un serviteur, quel admirable zèle ! La reine en doit avoir peu de pareils chez elle !
STR UENSÉE.
Je ne comprends pas bien, monsieur, vos airs railleurs. Vous vivez à la cour ; la reine plane ailleurs. Sa Majesté parfois demande qu'on la mène Visiter les souffrants qui sont dans son domaine, Malades, orphelins, veuves, vieillards perclus, Et c'est au milieu d'eux que je la vois le plus. Simple et douce à toucher le cœur le plus rebelle, Et si bonne qu'on sait ;i peine qu'elle est belle. Est-ce une femme? Tous croient avoir sous les yeux Quelque chose de doux et pur qui vient des cieux. (Comment donc voulez-vous qu'on puisse avoir pour elle, Pour sa chaste beauté, comme surnaturelle,