DE TOUTES PARTS
Oii ! non! Pas la mort! — Non!
LE VIEi;\ MILITAIRE.
Je n'ai pas l'âme tendre, Mais le poignard serait de trop; il faut attendre.
La mort, dis-je. Il avait un grand rêve, il avait
Par conséquent un grand devoir. Il recevait,
Par surcroît, le secours d'une chance inouïe.
La Fortune, riant à son âme éblouie.
Le prenait par la main, le plaçait au sommet.
A quelles fins? Crois-tu, malheureux, qu'on te met
La pour faire le beau sui" la royale estrade.
Pour ton plaisir, pour ton orgueil, pour la parade!
Non, fusses-tu monté pour tomber de plus haut,
Dût, pour toi, se changer l'estrade en échafaud.
Sache que ton destin t'élevait à ce faîte.
Non pour ta gloriole ou pour mener la fête,
-Mais pour lancer avec plus de solennité
Et plus loin les grands cris : justice et liberté!
l' ÉTUDIANT.
Jusqu'ici l'a-t-il pu? Songez que d'existences A déranger; comptez les chocs, les résistances, Les dangers effrayants, mortels môme, à courir!
STRUEXSEE.
Eh bien, c'était facile, il n'avait qu'à mourir. * Car, s'il est trop d'obstacle à l'œuvre que l'on crée, Pour la rendre possible, et, qui plus est, sacrée, On a pour toute peine et pour unique effort D'y faire habilement collaljorer sa mort.