‹ Struensée; drameChapitre 58 sur 91 · DE TOUTES PARTS · texte numérisé non relu

DE TOUTES PARTS

Oii ! non! Pas la mort! — Non!

LE VIEi;\ MILITAIRE.

Je n'ai pas l'âme tendre, Mais le poignard serait de trop; il faut attendre.

La mort, dis-je. Il avait un grand rêve, il avait

Par conséquent un grand devoir. Il recevait,

Par surcroît, le secours d'une chance inouïe.

La Fortune, riant à son âme éblouie.

Le prenait par la main, le plaçait au sommet.

A quelles fins? Crois-tu, malheureux, qu'on te met

La pour faire le beau sui" la royale estrade.

Pour ton plaisir, pour ton orgueil, pour la parade!

Non, fusses-tu monté pour tomber de plus haut,

Dût, pour toi, se changer l'estrade en échafaud.

Sache que ton destin t'élevait à ce faîte.

Non pour ta gloriole ou pour mener la fête,

-Mais pour lancer avec plus de solennité

Et plus loin les grands cris : justice et liberté!

l' ÉTUDIANT.

Jusqu'ici l'a-t-il pu? Songez que d'existences A déranger; comptez les chocs, les résistances, Les dangers effrayants, mortels môme, à courir!

STRUEXSEE.

Eh bien, c'était facile, il n'avait qu'à mourir. * Car, s'il est trop d'obstacle à l'œuvre que l'on crée, Pour la rendre possible, et, qui plus est, sacrée, On a pour toute peine et pour unique effort D'y faire habilement collaljorer sa mort.

Page 1