ACTE V, SCÈNE VII
CHRISTEL
Un ordre, et votre nom au bas.
LA REINE
Un ordre... Bien!...
Elle essaie d'écrire. Un tremblement nerveux l'en empêche.
Ma main!... ma main!...
Jetant la plume avec ilésespoir.
Je ne peux pas '
CHRISTEL
Alors, il est perdu !
LA REINE, se dressant.
Perdu!...
CHRISTEL, douloureusement.
Par vous, madame !
Moi, je ne peux qu'aimer, reine.
LA REINE
Taisez-vous, femme!
Montrant à Christel la plume tombée à terre.
La plume...
CHRISTEL la ramasse et la lui présentant:
Ohl Majesté, j"ai parlé mal, pardon!
LA REINE, tout en écrivant.
Appelez, pour gagner du temps... Appelez donc!
Christel frappe sur un timbre. Un huissier entre à gauclie.
Le major Kraft est là? Qu'il vienne. Tout de suite.
Entre Kraft. La reine se lève et lui lemet l'ordre.
Tenez, major, allez. C'est sa vie ! Allez vite !
Kraft, avec une exclamation de joie, s'élance dehors.
LA REINE, Iriomiihnnlc.
Sauvé ! Je l'ai sauvé !
A Christel qui, dans un silence anxieux, regarde la porte.
Pourquoi cette stupeur ?
Le danger est passé. Que craignez-vous?
Son cœur !
Son grand généreux cœur, qui se refuse à vivre Si sa vie est stérile et si sa mort délivre.
LA REINE
Dieu ! que dites-vous là?.. L'angoisse me reprend. Il résisterait donc?... Vous trouvez cela grand ! Et vous dites savoir aimer! C'est un blasphème ! Ah ! quand on aime, on veut vivre pour ce qu'on aime Et pour ce qui vous aime ! Il veut mourir pour tous!...
CHRISTEL
Ah! madame, il disait qu'il meurt aussi pour vous !
LA REINE
... Moi, qu'est-ce que me fait votre stupide foule? Les autres ne sont pas ! S'il meurt, le monde croule !
CHRISTEL, prêtant l'oreille.
On vient!
Elle court vers la porte de gauche, et la reine avec elle. LA REINE.
On passe !
CHRISTEL
Oh! Dieu!... Quel supplice !...