AM1CI ET DISCIPVU
Mais si les rois n'ont rien fait pour perpétuer la mémoire de ce grand nomme, il s'est érigé à lui* même, dans ses ouvrages, un monument immortel ; le peuple a conservé son souvenir avec reconnaissance. Point de Suédois à Upsal qui ne vous dise , le •sourire de l'orgueil national sur les lèvres , et l'œil étineelant d'enthousiasme : Voici la maison qu'il habitait; là sont le jardin et le berceau où il -étudiait; c est dans cette prairie qu'il avait coutume d'accourir avec ses disciples au lever de l'aurore , pour explorer les beautés de la végétation, et dévoiler, avec la sagacité d'une seconde Providence, les secrets de la nature : là , si , dans le cours de leurs studieuses investigations , l'un d'entre eux découvrait une plante curieuse ou un nouvel insecte, les sons du cor réunissaient la troupe dispersée, qui s'assemblait autour de son chef pour entendre et recueillir ce qui allait sortir de la bouche de cet oracle. La fille de Linné , le dernier membre de cette famille célèbre, existait encore il y a deux ans , entourée de la vénération publique.
Nous ne pouvons quitter Upsal sans parler de son château fondé par Gustave Wasa et situé sur une hauteur.
A une demi-lieue d'Upsal se trouve le petit village de Gamla Upsala (l'ancien Upsal), qui fut jadis le siège du culte d'Odin. Là s'élevait un temple magnifique entouré d'un bois sacré qui n'existe plus. Non loin de là on
voit ces restes célèbre* araeM (hauteurs), qu'on regarde comme la tombeaux d'anciens rois Scandinaves:
L'un d'eux, qui se termine par «ne
E" e-forme, porte le nom de Tmçs- ( hauteur de la justice). Cétat ctivement du haut de ce tertre que les anciens rois jugeaient leurs sujets. C'est aussi près d'Upsal qu'est la célèbre Morastena, ou pierre de Mora, sur laquelle les rois de Suède étaient autrefois couronnés (*).
Après Upsal, la principale ville de gouvernement est Cantique Sigtnna, Citons encore parmi les lieux remarquables, Lœfsta, vaste établissement appartenant au comte de Geer, et dont les forges livrent annuellement as commerce vingt mille quintaux de fer en barres ; Elfkarleby , où se tient tous les ans une foire considérable de chevaux et de bestiaux, et dont la cataracte est célèbre. Sœderfors, l'une des forges les plus importantes do royaume ; enfin Danemora , village qoi compte, sur son territoire, soixante et dix mines de fer, dont une vingtaine sont en exploitation.
a La mine de fer de Danemora, dit M.
Ampère, ne ressemble à aucune autre.
Là t point de puits ténébreux , de galeries souterraines, mais un large gouffre à ciel ouvert; des seaux, que tait monter une machine mise en mouvement par des chevaux , apportent le minerai a la surface du sol. C'est dans un de ces seaux qu'on se place pour descendre au fond de la mine. Le moment où il se détache du bord , où la roue commence à tourner , la machine à crier, et où l'on se sent flotter au-dessus de l'abîme, a quelque chose d'effrayant pour l'imagination. On se voit bientôt entouré de rochers en désordre , jetés les uns sur les autres; et l'on descend comme par enchantement à travers ce chaos pittoresque. Deux ou trois mineurs a cheval ou à genoux sur le bord du seau , se tenant à la corde et aux chaînes par lesquelles il est attaché, l'empêchent de se heurter contre les
(*) Le dernier souverain qui ait été couronné sur celte pierre le fut en sSti.
SUÈDE
satitfes de rochers qu'il rencontre sor son chemin* Bientôt on commence à distinguer les hommes qui travaillent au fond de la mine , à entendre le brait du marteau et le chant plaintif des mineurs. On continue à s'abaisser d'un mouvement assez rapide , mais égal et sans secousse. La eorde énorme qui vous porte , flotte au-dessus de votre tête , comme un ruban agité par un vent léger. En la suivant des yeux, on la voit s'amincir et presque disparaître.
Il semble que rien ne vous soutienne sur cette effroyable profondeur. Enfin le seau touche le fond , on le détache, et , à sa place , on en accroche un autre que la machine enlève à son tour. On ne peut se défendre d'une sorte de frayeur qui n'est pas sans charme , en voyant ce seau , plein de minerai , faire le chemin qu'on vient de faire soimême, s'amoindrir en s'élevant, de •manière à n'être presque plus qu'un point quand il arrive au bord. C'est une impression assez étrange, que celle qu'on éprouve en se disant : « Voilà comme je suis venu , voilà comme je irfen irai. »
« Quand vous êtes ainsi arrivé en bas , Je spectacle qui s'offre à vous est des plus extraordinaires. Les parois de la mine semblent de grands murs de fer. En tout temps , le fond est pavé de glace. En contemplant ces grands murs noirs , je pensais à l'enfer du Dante , quand , levant les jeux, je vis le bleu doux et pâle du ciel , la lumière d'un beau jour, et quelques légers nuages qui glissaient au-dessus de ma tête -, alors ce ne fut plus à l'enfer que je songeai : je me souvins de ce ravissant purgatoire, où le poëte entrevoit la couleur si douce du saphir oriental se fondre dans un air serein.
« Les sensations du voyage que j'avais fait à travers l'espace , m'avaient plu tellement, que je les voulus renouveler. Je montai et je redescendis.
Par bonheur midi approchait , et l'on allait faire jouer la mine. J'entrai avec les mineurs dans la cabane garantie
Kr un rocher, où ils se mettent à bri de l'explosion. Jamais je n'ai
entendu un fracas pltfs magnifique. Ce fut tout à. coup comme un océan de bruit qui se répandit à travers l'abtmt, et sembla le remplir. Je remontai surle-champ à travers la fumée et la poussière soulevées par l'explosion, qui roulaient en nuages sous mes pieds , autour de moi , au - dessus de ma tête , et augmentaient l'effet pittoresque des rochers à travers lesquels ie m'élevais. Par moment j'étais enveloppé dans ces tourbillons ; le ciel disparaissait; le haut de la corde m'était entièrement caché , et je demeurais comme sans point d'appui, suspendu entre le ciel et l'abîme. Enfin je sortis du nuage, je me trouvai avec délices sur la terre , et j'éprouvai les impressions les plus douces , quand , au bout de quelques moments , ma petite charrette m'emporta rapidement le lonç d'un charmant lac, à travers un joli bois de chênes et de bouleaux , éclairé par le soleil (*). »
Cette province, qui forme aujourd'hui le gouvernement de Westeros, est une des plus belles et des mieux oultivées de la Suède; il est vrai que le roc s'y montre souvent à nu et que les bois y dominent; cependant on y voit aussi de grandes cultures, et toute espèce de grain y vient parfaitement.
On trouve dans cette province Arbora, qui est l'entrepôt du fer et du cuivre exploités dans le pays. On y fabrique aussi des tissus de laine et dés objets de sellerie. Dans les environs, l'on montre un ancien bois sacré des Scandinaves, et des tertres qui sont probablement autant de tombeaux. Près de Kôping on montre aussi le tombeau d'un héros Scandinave. 'Westeros, le chef-lieudecegouvernement,estlesiége d'un évêché; sa cathédrale renferme un tombeau élevé par Gustave III à Éric XIV. C'est dans cette ville que la couronne de Suède, jusque-là élective, fut déclarée, en 1544, héréditaire, en faveur de tous les descendants mâles
(*) Ampère , Esquilles du Nord
L'UNIVERS
de Gustave Wasa. La petite ville de Sala est bâtie avec régularité. A un quart de lieue de ses murs se trouve, sur une petite montagne, une mine d'argent, fort riche' autrefois, mais dont les produits couvrent à peine aujourd'hui les frais d'exploitation. Il a'y a pointdegrande excavation comme à Fafun et à Danemora; l'ouverture est un trou de dix. pieds de diamètre percé à la surface du sol; on descend, par le moyen d'échelles, à soixante pieds de profondeur, jusqu'à une première galerie, d'où Ton descend, au moyen de seaux, dans les galeries inférieures. Ouverte dès la un du douzième siècle, cette mine rendait, au Quatorzième, vingt-quatre mille marcs 'argent par année. Korberg, autre ville de la même province, possède une riche mine de fer (*).
Cette province, qui , avec une partie de la Westmanie, forme le gouvernement d'OErebro , est située à l'ouest des deux précédentes, dans la Suède australe; elle se compose de plaines ondulées que couvrent maintenant les plus belles moissons. Les procédés d'une agriculture savante y sont pratiqués; l'usage des assolements, des prairies artificielles, y est connu, et une assez grande quantité de troupeaux fournissent de bons engrais pour fertiliser les terres. OErebro, situé près de l'extrémité occidentale du Hielmarn, compte quatre mille habitants, ce qui est un nombre assez élevé pour une ville suédoise. Les maisons, comme la plupart de celles des autres cités, sont en bois et recouvertes en gazon , afin de diminuer les dangers du feu. Ces jardins ' suspendus, fauchés avec soin et décorés parfois de quelques plates-bandes de fleurs, donnent aux habitations un aspect singulier. A la campagne, les maisons des paysans sont recouvertes de mousse au lieu de gazon ; le chaume serait trop cher et trop combustible.
(*) La pi, 36 représente la mine de fer de Hôgbora en Westmanie,
Avant de placer le gazon ou la 1 on étend sur la charpente du toit dé grands carrés d'écorce de bouleau pour empêcher la pluie d'y pénétrer. En 1 786, il n'y avait à OErebro qu'une seule maison couverte en tuiles; cependant la ville a quelques belles rues larges et pavées en granit. On y voit un vieux château bâti en pierres de taille, entouré de fossés et- de jolies promenades , une belle place pour le marché, une petite maison qu'habita Gustave Wasa durant la . tenue, d'une diète, une manufacture d'armes, etc. La petite rivière oui longe la ville forme, a quelques toises du pont qui la traverse, une chute agréable.
OErebro, qui reçoit tout le fer de la province, communique avec Stockholm par le Hielmarn, le Mâlarn et le canal d'Arboga. Cette facilité de faire parvenir rapidement et à peu de frais ses produits à la capitale, donne beaucoup d'activité à son commerce. Les autres villes de ce gouvernement sont Askersund, qui fait le commerce de fer, et la jolie ville de Nora.
WJKMLAVD.
Le Waermland forme aujourd'hui le
Souvernement de Carlstad, à l'ouest u précédent , et d'une étendue beaucoup plus considérable. Son sol, léger et sablonneux, est moins fertile que celui de la Néricie; cependant on y récolte assez de froment, de seigle et d'avoine, pour suffire aux besoins des habitants , qui trouvent d'ailleurs dans la culture de la pomme de terre une ressource assurée contre la disette.
Cette province, voisine de la Dalécarlie, est riche en raines de fer; elle en produit annuellement trois cent mille .quintaux. Ses principales villes sont Pnilipstad, dans une vallée délicieuseetau milieu des mines (*), et Carlstad, le chef-lieu, près du lac Wenern.
Cette ville, fondée en 1684 par le duc de Sudermanie, depuis roi, sous le nom de Charles IX, est construite avec ré-
(*) La pL a 8 offre une vue de la de fer de Non-mark près de Philipstad*
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srisfHé. Il s> tient tdus les ans trois «rires considérables; Il faat nommer encore Christinehamn,qni ffijttm grand commerce de fer, de mercure et d'ol* jets d'arts mécaniques, Oskarstad et Ombergsheden , où se tient , à la Saint* Michel, une foire fréquentée, dit-on, par vingt à trente mille personnes.
DALKCAEUt.
Au nord de la précédente; c'est aujourd'hui le gouvernement de StoraiLopparberg, pays montagneux, et riche en mines de cuivre et de fer. Cette province est séparée, par le Daletf , en deux parties : la Dalécarlie orientale et la Dalécariiè occidentale; la première est composée de vastes plaines, où Poo trouve lesteaux lacs de Siljan et d'Orsa; la seconde, voisine des montagnes de la Norvège, est soumise à un climat plus rude, et sa population vive et enjouée semble être d une origine différente de celle des Dalécarliens orientaux, plus lourds et plus sérieux. La plupart des paysans de cette contrée sont propriétaires du champ qu'ils cultivent, et, quelque petite que soit cette propriété, elle leur inspire cependant des sentimentsde fierté et d'indépendance; aussi le Daléçarlien tutoie tout le monde, malgré son respect pour l'âge et l'autorité légale. Mais comme son petit bien se partage à sa mort entre ses enfants , il faut <jue ceux-ci , pour compenser l'exiguïté de l'héritage paternel , joignent à leur ferme une industrie. Tous les paysans d'un village sont à la fois laboureurs, cordonniers, forgerons ; c'est, en un mot, un peuple qui a su remédier aux inconvénients de son sol aride par une activité et une industrie remarquables. Dans les années dedétresse, ils ajoutent aux grains dont ils font leur pain, des écorces d'arbres, et, pour soulager le pays encombré d'unepopuiation surabondante, émigrent au printemps, pour aller travailler dans tes autres provinces de la Suède.
Le Daléçarlien observe encore l'antique hospitalité du Nord, et partage de bon cœur ses pauvres ressources
31* Iivratovn. (Suide.)
avec l'étranger, sans le fut Mrë payer par une curiosité fatigante.
Le vêtement des Dalécarliens est ftit d'un drap grossier, noir on blanc, suivant le canton auquel ils appartiennent; car on les distingue en Dalécar* liens noirs et Dalécarliens blancs. Les vêtements des femmes, fort chers d'ailleurs, sont dans certains cantons d'une grâce et d'une élégance extrême.
Les jeunes filles laissent flotter sur leurs épaules les belles tresses de leurs cheveux blonds ; mais cette parure cesse dès qu'elles se marient. Cet usage, d'après le témoignage de Walter Scott se retrouve aussi en Ecosse. Du reste on retrouve dans les deux pays beaucoup de traits de moeurs semblables.
Les principales villes de la Dalécarlie sont Falun, Hedemora, Avesta, Mora , Husby, Elfvedal. Falun , le cheflieu du gouvernement, renferme beaucoup de fabriques, et une école des mines qui jouit d'une grande réputation. C'est dans les environs que se trouvent les mines de cuivre les plus considérables du royaume. Elles fournissent les trois quarts de la production totale, et sont d'une qualité supérieure au cuivre de W esteras, d'Œstersund,d'OErebro et deLinkôping.
«Cette ancienne mine de cuivre, dit M. Forsell (*), est célèbre, mais ses veines, si riches autrefois, sont sur le point d'être épuisées. Sous le règne de Gustave-Adolphe, son produit annuel était d'environ 2,732,000 kiiog. ; sous Charles XI, de 1,866,000 à 2,186,000 kiiog.; aujourd'hui, elle ne rend que $94,000 kiiog.
«[L'entrée principale est une grande fosse appelée Stoten : elle a quarante toises de profondeur sur cent de large; elle a été formée par un éboulement épouvantable qui eut iieu en 1687.
Depuis quelque temps, l'inspecteur des mines prévoyait, d'après des in* dices connus des mineurs expérimentés, qu'il y aurait un éboulement. Il ordonna d'interrompre les travaux et d'abandonner la mine; mais plusieurs
(*) Um anné* en Suède p. aa.
L'BKIVERS.
jouit •'«Mut éosulta mm accident, le* ouvriers, privés des travaux fui faisaient vivre leurs familles, éclatèrent en murmures, et une révolte ouverte ae manifesta parmi eux. Décides à re* prendre les travaux, ils se rassemblèrent sur les lieux avec leurs instruments , et se disposaient à descendre dans la mine, lorsque tout à coup elle s'écroula sous eux ; quelques-uns péri* tent, le plus jçrand nombre fut sauvé, . « L'extraction du métal , dans l'intérieur de la mine de Falun , s'exécute à S lus de deux cents toises de profoneur; mais les travaux ayant été mal dirigés dans les commencements, ont formé à l'entrée des éboulements qui inspirent un effroi involontaire. On y descend d'un côté par des souterrains Obliques t dans lesquels sont installés des escaliers de bois, assez commodes jusqu'aux trente dernières toises; mais là, A ne se trouve plus que des escaliers en pente rapide. Les ouvriers font or-* dinairement leur descente dans un tonneau, dont les douves ont plus de quatre pouces d'épaisseur, et sont encore cerclées et recouvertes en fer de toutes parts. Ils sont souvent obliges
Î 'éloigner ce tonneau , pour l'empêcher e s'accrocher aux parois saillantes du roc. Il n'est pas rare de voir leurs femmes debout sur les bords de ce même tonneau, les bras passés autour de la corde, tricoter tranquillement en descendant dans ce gouffre effroyable. Vers le milieu de la descente, on a pratiqué deux grandes pièces, appelées l'ancienne et la nouvelle salle de conseil. Gustave III, en visitant la première de ces salles, traça de sa main, sur le rocher, avec de fa craie , ces mots : « Gustave , 20 septembre 1788. » Ils ont été fidèlement sculptés sur la pierre tels qu'on les voit aujourd'hui.
. « Il est impossible de dépeindre les impressions qu'on éprouve en parcourant ce monde souterrain. Le profond silence qui rèjme sons ces voûtes ténébreuses est interrompu par le bruit des machines qui servent à élever l'eau eu le minerai, ou par le bruissement des torrents souterrains qui se précipitent dans, l'abîme, ou par les chants
des ouvriers, ddnt on îftpapita»
les torches, qui, dans ces lieux., ntemhlent à des feux follets dans « nuit obscure. Quelquefois lefaratcss* par une mine roule lentement dans es galeries, et lorsqu'elle éclate à es assez grande distance pour n'être par.
entendue, un tremblement seosâx parcourt les voûtes qui se croisent astour du voyageur. D'autres fois, il eatend un craquement sinistre, cwb si un morceau de rocher se détaess* de son emboîtement éternel. Tout e* fin, dans ce gouffre sans fond, no»
fait sentir qu'un espace immense m»
sépare des rézions éclairées par le soleil, et semble nous avertir que non approchons du centre de la terre, * ce lien où jamais le silence des osât ne fut troublé, tandis qu'à la surnoe.
les empires, les républiques s'éeralent, et les générations disparais»:
comme une goutte d'eau dans le va* Océan.
«On fit, en 1719, dans cette sue une découverte fort extraordinaire. Ei ouvrant une galerie entre deux sots et mines, dans un endroit que, de »
moire d'homme, on n'avait janw visité, quelques mineurs troovérect, à une profondeur de quatre-vingts tases, le cadavre d'un jeune homme; l'eau vitriolique et les alcalis l'avaiest pétrifié, sans lui faire perdre aucune des formes de la jeunesse. On le porn à l'air; tout le monde se rassembla pour voir cette singulière momie.
Tout à coup une femme parait; eik s'avance d'un pas chancelant, et fond en larmes en reconnaissant les traits de son fiancé, qui avait disparu, il t avait cinquante ans, sans qu'on eé jamais su ce qu'il était devenu. Probablement qu'étant descendu seul daas la mine, il s'y noya, et qu'un éboulement boucha plus tard l'endroit où i se trouvait. Les années avaient sillooix le visage de cette femme des rides de la vieillesse, tandis que son amaot, sorti du tombeau, s'offrait à sa vue parfaitement conservé et sous les traits de la jeunesse. On laissa encore ce corps quelques jours près de la mine, et enfin on l'enterra avec de grandes
SWËB1M
êérànftftits , tbdi le* ouvriers mlnears assistant au convoi. »
Ijes travaux de la mine de Faîun ont été suspendus pendant quelque temps par suite d'un nouvel éboulement arrivé au mois de février 1888. Les parois de l'ouverture se sont tout à coup affaissées avec un fracas épouvantable qui a retenti à plusieurs lieues à la ronde. Les dégâts, comme on peut le croire.* ont été considérables; mais on n'a eu à regretter la mort de personne. A moitié chemin de Falun à Sâter, on rencontre, dans le village d'Ornâs, la maison où Gustave Wasa trouva un asile, après avoir été trahi par Pehrson. Cette maison, qui alors servait d'église, est en bois et domine toutes les autres. La structure en est bizarre : l'escalier est en dehors. On a consacré dans cette maison la mémoire de l'événement auquel elle doit sa célébrité, par une représentation du héros qui y obtint un refuge. Dans une grande salle au second étage, on a élevé une espèce de trône, au-dessus duquel est un dais de soie bleue à fleurs de lis d'or. Sous ce dais est placée la figure de Gustave, de grandeur naturelle, armée de pied en cap, et couverte des mêmes arjnes dont il était revêtu lors de son arrivée à Ornas. La figure du domestique qui l'accompagna se trouve à côté de lui, aussi armée de pied en cap. Le voyageur aime à retrouver dans ce lieu le portrait de la libératrice de Gustaveetlastatuedu fidèle Engelbrect de Mora. À la porte sont placés les deux fidèlesDalécarliensblancs qui lui avaient servi de guides. Us sont liabillés à la mode du pays, avec de longues barbes ; armés de sabres, ils tiennent a la main une arbalète, et portent sur Je côté un carquois rempli de flèches. Tous les murs de la chambre sont ornés de différentes armes antiques dont Gustave se servit en. différentes occasions , et dont il fit présent au curé qui l'avait accueilli. On y voit aussi plusieurs petits ustensiles qui lui ont appartenu , entre autres sa montre, dont tout le travail est d'un cuivre grossier; un fusil à roue marqué G. S. G. R. , desf gantelets , des armes et des vases dont
on se servait bOur boîte. 8m flbtrté,1 tout ^ensemble de ce spectacle ressemble en peu à ces salons de figures* en cire qu'on montre dans les foires) mais on ne peut se défendre d'un certain respect, lorsqu'on pense au grand homme dont il rappelle la mémoire (*).
Mora est située dans Tune des ptaî belles contrées de la Suède; les plaines gui Pentourent, bornées au nord pu* une rivière impétueuse, au sud par fe lac Siljan, sont fermées à Fhorizon| par les cimes bleuâtres des montagnes.' Sept mille soixante-dix habitants composent la paroisse de Mora ; mais deux mille sont forcés , chaque année , d'aller, au loin gagner, pendant l'été, quelques ressources pour l'hiver. Comme les pâtres de la Suisse , ils passent la saison des fourrages, non pas sur les montagnes , mais dans leurs immenses forêts* où ils se construisent des demeures en bois assez semblables aux chalets suisses.
Ëlfdal se trouve à quatre . milles de Mora, au milieu de hautes montagnes, dont la froide température ne laisse guère mûrir les maigres récoltes des habitants; aussi sont-ils obligés de se nourrir presque toutes les années, pendarit un certain temps, de pain dans la fabrication duquel il entre une certaine quantité d'écorce d'arbre.
Heureusement une carrière de porphyre, découverte en 1715. et exploitée depuis 1788 , occupe maintenant et fait vivre plusieurs centaines de fa* milles.
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Ces deux provinces forment aujourd'hui le gouvernement de Gefleborg; ce sont presque partout d'immenses forêts de sapins, et des lacs qui communiquent entre eux par une foule de canaux naturels. Le chef»Iieu, Gefle, est une des villes les mieux situées de la Suède pour le commerce. Elle se trouve sur le golfe de Bothnie, à cinquante lieues de Stockholm , et fait uri
(*) Voyez le Voyage d'un officier hol* landais en Suède, p. 1 66.
LUNIVEES.
commerce considérable par aas exportations de bois de charpente , de cuivre, de toiles , de goudron, etc. Les Anglais surtout fréquentent son port.
Cette ville renferme une population de 10,000 âmes, deux chantiers de construction, des manufactures, plusieurs écoles, un gymnase renommé, une bibliothèque, une imprimerie, et un journal qui parait deux fois la semaine.
X's Gefle, on trouve encore dans préfecture les villes de Scederhamn^et Huddiksvsll.
1IORRLAKD.
La troisième grande division de la Suède comprend quatre gouvernements : le Jaemtland qui contient l'ancienne province de ce nom et lUerjedalie ; le Wester-Norrland qui correspond au Medelpad et à l'Aogermanie; le Westerbotten et le Norrbotten formés l'un et l'autre d'une partie de la /VYestrobothnie et du Lappmark.
JJKMTLAHD ET HEEJEDAXXE.
Ces deux provinces sont hérissées de montagnes couvertes de neiges éternelles et couvertes de forêts magnifiques.
Le chef «lieu est la bourgade d'OEstersund , qui ne compte pas plus de 200 habitants. A Linsnedal se trouve encore une forge qui livre annuellement 1600 quintaux de fer au commerce. Le caractère du climat dans ces hautes régions, c'est qu'il n'y a pointde transition entre l'été et l'hiver ; dans le Norrland , deux jours ne se sont pas écoulés depuis la fonte des neiges , que déjà l'herbe a atteint la hauteur crun pouce. Entre les semailles et la récolte , il s'écoule souvent à peine neuf semaines ; et , dans cet espace de temps, le foin est coupé deux fois.
AVOSEMAVIE ET MEDELPAA.
Suivant le voyageur Schubert, l'ancienne province d*Angermanie est remarquante par une foule de sites pitto-. resques. C'est une des parties les mieux cultivées de la Suède , quoiqu'il n'y ait jamais assez de grains pour toute la population. Hernoesand, le chef -lieu de ce gouvernement , est une cité asse*
considérable: elle art le site <Tm évéché, renferme plusieurs nbriqss d'eau-de-vie de grains, d'huile, à toile, et possède un ooltége, un jarst botanique , et une imprimerie qui esblie des ouvrages eu langue lapon* (Test à Sundswall, petite ville de M« habitants , que l'on façonne en poutre.
mâts, chevrons , etc. , les bois quint destinés à être exportés de Gese.
WEirmOBOTBinE et LAfnun.
Ce pays est couvert de forêts, surtout dans les cantons du littoral. Le principales villes sont : Uméo, P& et Luléo. Uméo, chef-lieu du gourenementde Westerbotten, compte quatorze cents habitants, et entretient a* école et une société d'agriculture, qa beaucoup à faire pour remplir sb but; Uméo ne date au reste que de 1620. Les autres bourgs sont GEse* et Sorsell.
Pitéo, chef-lieu du gouvernent de Norrbotten , sur une langue de ten qui s'avance dans le golfe de Bl4nie. Luléo a 1500 habitants, et tu quelque commerce avec les Lapas.
Gellivara, plus au nord, a dans sa territoire de riches mines de fer.
Ces deux provinces sont habfre par des Lapons, des Finnois et des Suédois. Les premiers se divisent et quatre classes : ceux des montagnes, qui errent dans les montagnes avec leurs troupeaux de rennes et vivent ée leur produit; ceux des forêts, livrés à la vie sédentaire et à la culture de h terre; les pécheurs, qui laissent leurs troupeaux à la garde des femmes et des enfants pour aller pécher dans les lacs; les derniers enfin, les pauvres, vnetï d'aumônes, ou se mettent au seirice des autres habitants de la province.