DANS LA SURDITÉ HYSTÉRIQUE
Action physiologique et thérapeutique des métaux,— La métallo-thérapie n’est qu’un chapitre de Véleqtro-thêrapie. (Charcot et Regnard.) — Du transfert d'un côté û l’autre de la sensibilité , ou esthèsiotropie, dans V hémianesthésie hystérique. (B* délié.
C'est l’épidémie de choléra de 1849 qui a fait connaître le docteur Burcq au corps médical. Personne n’a oublié qu’il vint attester l’action préservatrice du cuivre, et donna comme preuve évidente l’immunité préservatrice, suivant lui, dont jouissent les ouvriers qui travaillent le cuivre, Le docteur Burcq recommanda à cette époque, comme aujourd’hui, l’usage interne et extérieur du métal; à l’extérieur il entoure le patient de plaques métalliques; il veut que ces plaques préservatrices soient portées pendant toute la durée de l’épidémie.
Disons, tout de suite, que l’effet de ces applications dans les crampes parut le phénomène thérapeutique le plus incontestable entre ceux annoncés par le novateur.
En 1859, il adresse à l’Académie des sciences un mémoire sous ce titre: Note pour servir à l’histoire des effets physiologiques et thérapeutiques des armatures métalliques ; ou de l'influence de certains métaux sur la paralysie de la sensibilité.
M. Burcq signale aussi les effets curatifs des sels de cuivre et des applications de plaques du même métal dans la chlorose.
Ces travaux ont l’allure des oeuvres de science: l’auteur étudie les actions physiologiques, les analyse, les commente, en constate le développement synergique, et indique plus tard l’effet thérapeutique et son explication.
Chaque métal a ses affinités: tel organisme est sensible au cuivre, tel autre à l'or, etc. Malgré un chiffre très sérieux d’observations probantes, malgré l’énergique conviction de l’auteur, il planait un trop grand air de mystère sur l’action étrange de ces métaux, pour qu’une prudente réserve, chez les uns, et une amère critique chez les autres ne prissent naissance.
Ces résultats métallo-thérapeutiques avaient la saveur d’un autre âge : c’était du renouveau à la Paracelse. Burcq fut traité d’illuminé. Le pauvre chercheur a mis 30 ans à conquérir l’honneur d’être scientifiquement discuté.
Il faut arriver à notre époque, à cette année même, pour mieux dire, pour saisir la métallo-thérapie au moment où elle fait son entrée définitive dans la science ; où, grâce à l’énergique constance, à l’honneteté et à la persévérance des efforts de son auteur, grâce aussi à la vérité de ses affirmations, la discussion s’est emparée des faits et de la doctrine. La critique scientifique des œuvres de M. Burcq est à l’ordre du jour.
Un observateur de haute autorité, un médecin de grande valeur, un maître, a fourni à M. Burcq les moyens de démonstration qu'il pouvait désirer. C’est sous les yeux et dans le service du professeur Charcot que l’étude publique de la valeur de la métallo-thérapie a été faite.
La Société de biologie avait nommé une commission de trois membres pour surveiller les expériences, avec mission de dresser un rapport. C’est au cours des séances do cette commission, que j’ai pu constater ce qui va être exposé tout à l’heure.
Le docteur Burcq a suivi toutes les phases de
l’action physiologique développée au contact de ses armatures métalliques avec l’organisme.
Une analyse patiente lui a appris qu’il existe un ensemble de phénomènes spéciaux provoqués successivement par les métaux mis au contact de la peau. Ce sont ces effets qu’il a cherché à produire dans un but thérapeutique, et dont il démontre l'existence au moyen des divers procédés de la science. En effet, il ne marche jamais sans thermomètre, sans .esthésiomètre, ni sans dynamomètre.
Dès 1852, Burcq écrit que, sous l’influence des métaux, la circulation, la calorification, la sensibilité générale et spéciale, ainsi que l’énergie musculaire sont profondément modifiées et évidemment accrues : c’est sur des malades hystériques atteintes pour la plupart d’anesthésie générale ou partielle, et, quelques-unes d’hémianesthésie habituelle, que les expériences furent méthodiquement instituées dans le service de M. Charcot et sous ses yeux. C’était une besogne particulièrement ingrate que d’essayer sur ces incurables l’effet d’une médication quelconque.
Dans une première étude les effets ont été constatés; leur intensité, leur rapidité, leur évolution, leur disparitition ont été exactement notées ; puis, dans une 2e série, l’explication des phénomènes fut recherchée Disons, dès l’abord, que les observations du D*‘ Burcq furent trouvées justes, exactes ; leur interprétation seule et l’explication du fait furent cherchées et trouvées ailleurs.
Voici comment procède le Dr Burcq: une malade hystérique, déjà connue et étudiée à fond, offre une hémianesthésie très nette ; il applique sur les parties insensibles une et le plus souvent
plusieurs plaques métalliques, ou bien des colliers faits de pièces d’or de 20 franos, plus mi moins Ion?» suivant lo merpbro à entourer. Cos plaques d'or monnayé sont laissées au contaot de la poau pondant une temps variable, rarement plus d’une heure.
Suivant l’état de la malade, la durée et les effets de l’application varient; l’approche des attaques, ou des époques menstruelles les modifie sensiblement.
Quoi qu’il en soit, après un certain temps, la partie qui supporte les plaques augmente de température. Si c’est l’avant-bras, la main tient la boule d’un thermomètre très sensible, et l’on voit le mercure monter graduellement.
En même temps la coloration de la peau change ; elle devient animée, rosée, et peut devenir violette, rouge-foncé.
La malade accuse de la lourdeur du membre; et des envies insurmontables de dormir, si c’est la tête qui est entourée par les plaques.
Cette tendance au sommeil dure quelquefois tout le