‹ Sujets dramatiquesChapitre 265 sur 394 · ACTE PHEMIEK · texte numérisé non relu

ACTE PHEMIEK

8A15T-LAIIIJUIT.

Daignei lui pardonner.

AUBON.

An Ikit, elle est prudente.

L*oa ment dans ce logis avec tant de candeur, Qu'on peut s'y méfier du prochain , sauf erreur ; Et je ne sais pas trop pour me lire dans l'ame, Si vous n'ourdissez pas tous les deux quelque trame. Bref, sommes-nous d^accord? Combinons nos projets.

SAINT-LAUBBNT.

Ah ! Vous avez , mon cher , comblé tous mes souhaits.

Je vais enfin revoir mon aimable Louise,

Dès longtemps par sa tante elle me filt promise.

Aa fond d'une province, élevés tous les deux,

Tout semblait nous prédire un avenir heureux.

Monsieur Dorville alors entrait dans la carrière,

Elle-même ignorait les succès de son père.

Et moi, bornant ma vie i m'énivrer d'amour,

J*oubliais qu'on pouvait me l'enlever un jour.

Héhis! Ce jour-là vint. Une lettre cruelle.

Ici, près du baron, un matin la rappelle.

Six mois sont écoulés. Ah! Depuis cet instant.

Que de pleurs j'ai versés, que de maux! El pourtant

Des devoirs m'eûchainaient à ma terre natale!

Combien je languissais loin de la capitale.

Vous m*avez entendu. Votre amitié pour mot

M'a près du directeur foit avoir un emploi.

Mais depuis huit grands jours qu'en ces lieux je soupire,

Je n'ai pas pu la voir , je n*ai pu le lui dire ,

Je ne puis arriver même jusqu'au baron.

Un Suisse sans pitié me ferme sa maison :

m LE GUMND JBOMMC CJIEZ LUI.

Monsieur est an conseil, c^est jour de conférence « Il ne recevra pas, dMuatidèc-atéfence.

Voilà depuis huit jours comme Ton «iléponduU; Je ne sais si quelqu*UQ secrètement me nuit.

Non, c'est le train du lieu.

SAINT- LAURBNT.

Votre aotlve obligeauoe ËQ ma faveur enfin a fait tourner la chance. Je reçois ce billet. Ton nf invite à dîner.

HOlfORI^jE*

Au faît^ un tei honneur a droit de v'étonaer.

Des comnûs au salon, c'est ce qu^on ne ^oit guère.

AUBON.

Pardonuez-moi.

HONORINJB.

Qui donc?

ALIBOK.

liais eeax do ^minislèfe.

n n'importe. : au basard ide vxius voir «ffacer , Sur la lwt^, mon cher, je nrous ai fait placer, La chose a réuwi. Vous tvmtéz TOtre beHe.

Je m*en vais lui doi^uer qeile bonne nouvelle.

4ic?'K Bfi^m- m

SCW X.

Croyez-tnoi, cachez bien vos projets, votre, amour. (Test d*abord au baron qu'il faut faire la cour^ A la dame surtout qui dana oea lieux domine.

Il est remarié.

ÀUBOll.

Non, c^est une cf usine.

Pour certaine créaince, arrivée à Pifris, Et depuis dix*huit mois installée Itt logis. Cependant la chronique y trouvant quelque prise, Elle allait nous quitter, quand on manda Louise, Et mère ad intérim^ elle est, en attendante - De notre général le premier adjudant.

La dame à manœuvrer est experte, est habile, Elle connaît son .monde , et la cour et la ville. Tandis que le patron ealcole ses eiéts, ' Elle, en terme» de Tart, trav^aille ses succès: Elle écrit aux iournaux, intrigue au ministère, Prend du livre nouveau Tédition entière, Le prône à tous, partout, et se tourne à tous vents Pour faire le plus grand des grandf hommes vivants.

SAINT-LÀUBENT.

Mais elle y réussit, il n*est une gaaeUe Où le nom de Dorviile ici ne se répète.

Dans les départements chacan parle de lui , Et tous , jusqu'au préfet , réclament son appui.

ÀLIBON.

Aussi, grâce aux bons soins de celle qui fencense, II se croit dans TEtat 4*nne telle importance. Qu'un clou qu'il met chez lui, qu'un simple arrangement Intéresse à ses yeux peuple et gouvernement. Et sans exagérer, quand par hasard il tousse, 11 pense que TEurope éprouve une secousse.

SAINT-LAUEEVT.

Ceci pour mon amour ne me dit rien de bon.

ALIBON.

Il n'est pas insensible à la beauté du nom. Peut-être cherche-t-ii, en mariant sa fille. L'honneur de relever quelque grande famille» Surtout s'il a l'espoir de trouver un appui. Baron, mais brè^ récent, il sent bien qu^aujourd'hui Il doit se rattaobiir à la noUesse ancienne. Un duc du boa vieux temps à sa mte ie traiae Et le soutient, dit-on, près de certain parti. Dans le fond, je ne sais s'il est bien son ami; Mais enfin, il le dit: et monsieur, pour lui plaire. Pourrait à nos projets se montrer moins contraire. Un bruit qui se répand, et qui parait certain. Peut encor nous aidw et frayer le cbemin.

SAINT-LAURENT

Je m'abandonne à vous; c'est depuis mon enfance Que d'un hymen si doux j'ai conçu l'espérance. Lorsque j'aimais Louise, elle n'attendait rien, Et moi j'étais alors bécitier d'un grand bien. Aujourd'hui je silis pauvre et je puis toujours l'être.

, ACTE PMMIER; M^

▲UBON.

Ce ii*€8t pas là vraiment ce qu'il faut dire au mattre , Et quand vous n'auriez pas un assez bel espoir, H faudrait bien encor le laisser entrevoir.

SAINT* LÀCUBIfT.

Je ne désire rien que le cœur de Louise.

ALIBOlf.

Doucement, nallez pas faire quelque sottitje. Je ne désiré rien, voilà bien les amants. Vous pourriez fort jeûner ave& ces sentiments. Songez donc au patron, il va bientôt paraître. C'est ici le moment de vous faire connaître: Vous savez qu'on ne pefut lui parler tous les jours Et qu'il ne. s'agit pas de chanter vos amours. ProQtez donc du temps , afin que demain même Je puisse lui gliser Tannonce du problème. Le cas est favorable, et voici le journal Qui pourra préparer le lien conjugal.

J'entends nos invités.

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