LES PRÉCÉDENTS, CRISPUS, LACTANCE
GRISPUS.
Madame, un bruit sinistre a consterné Byzancé, On dit... mon cœur encor conserve Fespérance; Mais aux mortels tourments dont il est déchiré, Je sens de quels soucis le yôtre est dévoré. Vous aimiez- un épout, de plus vous êtes mère! • Je n^aggraverai pas votre douleur amère; Quels que soient les affronts ' que de vous je reçus , Madame, vous souffrez, je ne m'en souviens plus. Si Tempire a perdu le prince qu'il révère. Si nous devons pleurer votre époux et mon père. Je ne vois plus en vous, quand le sceptre est à moi. Qu'un dépôt que le ciel a remis à ma foi. Oui, je veux par mes soins adoucir tant de peine Et vous faire oublier jusque? à votre haine. Mon cœur, je le sais trop, est prompt à s'initQr. , A des excès peut-être on Fa vu se porter; Mais aux sages conseils il sait aussi se rendre. Et le retour d'un fils va bientôt vous l'apprendre. Parmi mes compagnons il n'a plus d'ennemis. Entre les mains d'Eumène il vient d'être remis.
FÀUSTA.
Je dois vous ^voir gré de tant de bienveiilanjoe. A vos autres vertos vous joignez la prudence : Quand J'étais sans secours , insensible à mes pleurs , Contre moi , contre un fils éclataient vos fureurs^
42 CW^àKTJH.
Un défenseur vient-il, un monarque qui m'aime, A l'instant, généreux et maître de yous-même. Vous m'offrez votre ap()ui. Pmnce, tant de grandear Ne peut que tous servir auprès >le Tempereur.
CRISPU8.
L'empereur? Avez-vous reçu quelque nouvelle? Faites cesser, madame, une attente mortelle, Confirmez jwon espcir, mon pèise?.^.»
FÀUSTA.
U est wtM' Pourquoi cette suçfu'ise et c/^ transport ^i grand? Vous le saviez.
liAGTA^KGE.
Ociel! i
GKIBPOS. \
Mon Dieu, je te rends ^râce. I
FAq»TÀ.
Oui mon époux respire, îl vient punir Taudace. Il triomphe, il approche et dindignes sujets Vont me renflne aujourd'hui compte de leurs projetis. Oui des larmes de sang vont expier mes larmes.
Mon père est triomphant! la gloire de nos armes N'est pas ternie encor, Lactance. Constantin Est toujoBTs le soutien, Torglneil du nom romain. Ah! je n'ai fBS perdu le fmit >de la victoire. Puisque j'« pu «srvir, j5 moai père, à ta glwe. Tes msseaax rameaés; xeux de nos «nnenùs.
I>a Bosphore à TEuxin dispersés on ^sounûa; Le Gaalois et le Franc proclamant U puissance; Les Germains repousses loin des murs de Byzance; Ces succès te diront que ton fik, que Crispus, N'a pas dégénéré de tes nobles vertus.
L'insulte prodiguée à Tépouse d^un P^»
Un enfant arraché par la force à sa m^.
Cette mère livrée aux soldats furieux.
Sont encor des hauts faits, 4les exploits glorieux,
Dont vous poiu'rez, 3e||;neur, denunder le salaire.
CRISFUS.
Si Tempereur devait montrer un front sévère.
Je ne sais qui de nous pourrait craindre aujourd'hui.
Ce fils sans son aveu coiir^mné loin de lui, ,
En d'étranges soupçons pourrait jeter jBon ame.
Mais comptez sur ma foi; je vous Tai dit, madame,
Si l'amour maternel égara wtre cœur,
Texcuse la faiblesse et pardonne à l'erreur^
Et de ces vahis débats, que ma raison déplore.
Je ne me souviens plus.
le m'en conviens encore.
Par <îe Miche détour croyez-vous m'abuser Et conjurer le coup prêt à vous écraser? Grispus est généreux <et f austa doit le croire. Vous ignoiPiez..... Lisez.
< ElU fcii pfiétMittt Sa IsUre <l« CoBttamio.)
CRispcs, lisant.
«Ha champ de la victoire, » Au nom de l'Etemel, à Constance, 'à mum fils,
44 CONSTANTIN
D Je confirme le don que pour vous je lui fis; » Que le nouveau César, près de celle que j^aime, » Paraisse dans ce jour orné du diadème. i>
(Crispa» reste immobOe et paraît antenti.)
LACTANCB, à part.
0 malheureux Crispus ! (Haut) Madame, dans vos mains Est le sort d*un héros, de Tespoir des Romains, De votre fil$.
Mon fils, le fils de Minervine!
Celui de qui la rage attendait 91a ruine ! L'exécrable apostat que réprouve le ciel! Non, non, il n*est pour moi qu'un ennemi mortel.
làCTAnGl.
Âh! si vous Taccusez, c*en est fait de sa vie.
CRISPQ8.
Cessez donc d*implorer cette marâtre impie.
FÀUSTA.
Oui , suivez son conseil , laissez-le m'outrager , J'en aurai plus de joie à pouvoir me venger. Malheur à toi, Crispus! la haine pour la haine 1 Tu n*auras pas en vain bravé ta souveraine. Oui je t'accuserai, traître, oui, Tempereur Saura tous les forfaits qu'a conçus ta fureur. Oui 9 je veux à grands cris implorer sa justice. Et repaître mes yeux de ton juste supphce.
LACTANGB.
0 jour affireux!