ACTE PREMIER
La scène se passe à Vérone , en 573. Le Théâtre représente un souterrain du palais des rois Lombards. Un autel est préparé. Un buste voilé et plusieurs objets propres^ aui évocations magiques sont sur la scène. Un tombeau apparaît au fond.
Scène première, ^ amiDb, noarrice et confidente de Rose* monde, plusieurs femmes de la suite de la reine. — Amide dit que Rosemonde prépare encore quelque céré* monie mystérieuse et terrible. Elle s*eo épouvante et craint qu'elle n'attire la foudre sur ce palais. Elle ajoute que cette reine ne redoute ni le del ni Tenfer. Elle considère avec curiosité le buste voilé, mais, saisie de terreur, elle n*ose ni le découvrir ni même rapprocher.
Le tombeau que Ton aperçoit est celui de Cunimond, père de Rosemonde , mis à mort par Alboin. Celui-ci croit que ce crime est demeuré secret. Il ignore surtout que Rosemonde en est instruite.
Scène 2. — rosemonde , la pythonïsse , suite. — Après plusieurs évocatioDS magiques, Rosemonde rend des honneurs au cercueil de son père; elle proocnce des imprécations contre le buste voilé, le dévoue & la mort et le frappe d'un poignard. Amide sMnquiète et demande contre quel ennemi tnnt de fureurs sont dirigées? Les spectateurs l'ignorent encore. La Pythonisse dit que le charme a réussi , que la victime va mourir. Le voile s'embrase, on reconnaît Alboin, l'époux de Rosemonde. Etonnement général. Rosemonde ordonne le silence.
Scène 3. — rosemonde, amidb, — Rosemonde fait conoattre le sujet de la haine qu'elle porte au roi son époux. Elle avait été destinée par son père à Almachis; elle l'aimait, elle en était aimée , et Alboin l'a contrainte à accepter sa propre main. Toutefois , elle avait presque pardonné . car il l'avait fait reine, mais elle a découvert que s'il avait agi ainsi, c'était pour couvrir un crime et s'emparer de son patrimoine, elle sait enfin que ce même Alboin est le meurtrier de son père. Elle a juré de le venger. Chaque nuit son père lui apparaît pour la presser de remplir sa promesse. C'est lui, c'est cette ombre vengeresse qui lui a appris que la coupe d'Alboin , selon l'usage des féroces Lombards, n'est autre que le crâne de sa victime.