ACTE QUATRIÈME
LAODIGB*
Ces hommes y qui sont-ils?
PBRSBE.
Ces hommes ne sont plus.
LAODICE
De leurs noms à mes yeux pourquoi faire un mystère?
PERSES
Et quel droit avez-vous sur leur noble poussièr^^? Paix sur eux ! Hs sont morts en défendant leur roi.
LAODICE
Vous voulez prendre un nom...
PERSÉB.
Je le veux , je le doi.
LAODICE
Ainsi celui qui règne est un fourbe , est un traître , n usurpe le rang où Ton vous a vu nattre. Vous avez contre lui votre sang et nos lois.
PBR6ÉE.
Je vous fai dit» madame.
LAODICE
Il se peut, je le crois; Je veux bien appuyer vos droits à la couronne. Biais avant que ma main vous place sur le trône. Jurez de vous soumettre aux arrêts du sénat, Jurez de me venger d'un infâme attentat.
140 PËBSéÉ DE MÂCÉDOUHE.
PJBliSfiB*
A ces conditions si je pouvais souscrire, Madame , je serais indigae de l'empire ; Je refuse un appui qui n^est pas généreux, ratiendrai tout du temps , de ma cause et des Dieux.
LAODKX^ à part.
Tant d'orgudil! . .(Haut.) Vous osez, lorsque je ^cmis propose. >. Savez-vous bien à quoi ce refus vous expose? Quel destin vous réserve un despote ombrageux? Le supplice s'apprête , un supplice honteux.
PERSÉE
La honte est dans le crime et. non dans le supplice.
LAODICE
Eh quoi I quand je m^abaisse à devenir complice.
PBRSÉB.
Complice! Quel forfait se trame donc ici?
LAODICE
Pourquoi vous tourmenter d'un semblable souci? Vengez-moi, la couronne est votre récompense.
PERSËB.
Le sort ne m'a laissé que ma seule innocence; C'est mon seul bien, madame, et mon persécuteur N'a jamais à ce point abusé da malheur.
tAODiGE , à part.
Juste ciel! Poursuivons.
(Haut.)
Vous ignorez peut-être Qui je suis? Que je puis ce que j'ose promettre?
AGT£ QUATRIÈME. 141
Qa'à mes ordres enfin c'est à vous d'obéir Ou reprendre des fers? Hàtez-voas de choistr.
PEBSÉE.
Sbldats, enchaînez-moi.
LAODICE
^ Ce noble caractère,
Cette voix... ce regard... Oui, vous êtes mon frère. C'est le fils de Philippe et j'atteste ses droits.
PERSÉE
Laodice! ma sœur!.. Est-ce vous que je vois?
LAODICE
Oui, venez dans mes bras, venez, venez, mon frère. Âh! ce sont là tes traits, ô Philippe! ô mon père! Le trouble, la douleur, les cachaient à mes yeux, Mais je leà reconnais et je bénis les Dieux.
PERSES
Ah! sor la terre eneor il est quelqu'un qui m*aime.
LAODICE
Par vous nous retrouvons la puissance suprême. Fils des rois, paraissez, paraissez menaçant, Malheur à Timposteur! Je demande son sang) Je le demande au nom de TAchaïe entière. Au nom de tous les rois , au nom de votre père , C'est le premier bienfait que j'exige de vous; Vengez le diadème et vengez mon époux.
PERSÉB.
Tout entier an bonheur de la reconnaissance. Mon ccBur n'éprouve pas cette soif de vengeance;
Je suis encore esolave et ne peux rien donner; Mais je sens qu'on doit être heureux de pardonner.
làodice.
Le pardon trop souvent encourage le crime. La haine ici mon frère est juste, légitime. Que dis-je! en l'épargnant, en frappant à demi. Vous êtes criminel.
PBRSÉX.
Il était mon ami.
. LAODIGB.
Et c'est ce qui le rend encore plus coupable.
PEBSfiB.
J*ai conservé ses jours. »
LAODIGB.
Et ce monstre exécrable De vos propres bienfaits s'armera contre vous. Notre père peut-être est tombé sous ses coups.
PERSÉE
Non, Déoclès n'a pu commettre un parricide.
LAODICE
Etes- vous donc ici Tappui de ce perfide? Sont-ce là les vertus dignes de vos aïeux?
PERSÉE
Ah! pour savoir haïr je fus trop malheureux.