QUATRIÈME PARTIE
Discussion et comparaison des résultats.
On reconnait que, contrairement à l’opinion généralement admise, la valeur de 4 varie continüment avec la concentration. Tantôt elle augmente avec la quantité de sel dissoute : c’est le cas des chlorures de potassium et de sodium, de l’azotate et du sulfate de potasse. Tantôt, au contraire, elle diminue : c’est le cas du nitrate et du sulfate de soude. Enfin, c’est aux environs du point de saturation que la variation est le plus accusée.
Pour trouver la formule relative à une dissolution déterminée à l’aide de nos Tables, voici la règle que nous indiquons :
Soient & et les constantes relatives à une solution contenant un poids & de sel (‘), a et b, a’ et b’ les coefficients de deux solutions consécutives contenant des poids P<< > et P'>& d’un même sel, inserites dans nos Tables.
Si l’on pose
on aura, avec une approximation suffisante, les valeurs de x et 8 en résolvant les équations
cie (RQ EE 2 B=b+(b—b) he
Cette règle empirique doit être tempérée par les restrictions sui-
{‘) Nous rapportons toujours le poids de sel à la quantité invariable de 100 parties d'eau.
vantes : la solution d’azotate de soude ne devra pas contenir plus de 55 parties de sel pour 100 parties d’eau; la solution de chlorure de sodium, plus de 25 parties de sel; celle d’azotate de potasse, 12 parties au plus seulement; celle de chlorure de potassium, 22 parties; enfin les solutions de sulfate de potasse et de sulfate de soude, 7 et 18 parties.
Nous avons trouvé dans les expériences de M. Person une justification indirecte de cette variation, en apparence paradoxale, de la valeur de d avec le degré de concentration.
Voici cette vérification.
Reprenons la formule de M. Kirchhoff, préparée pour être traduite en nombres et relative à la dilution:
æ —100{a + b®) sd
Q F ee 1oo(a+b®D)
Supposons un sel dans lequel les deux coefficients a et à ne varient pas avec le degré de concentration, et construisons la courbe suivante :
Sur l'axe Ox portons des longueurs proportionnelles au nombre de parties d’eau dans lesquelles on dissout successivement un même poids 1 de sel, et par les points de division élevons des ordonnées proportionnelles aux quantités de chaleur Q correspondantes.
Quand la solution est très diluée, nous savons que, pour un sel quelconque, l'addition de liquide ne produit plus de variation thermique.
La courbe À que nous venons de construire partira donc de l’origine
en prenant sensiblement la forme d’une logarithmique et à une certaine distance, au point P par exemple, se confondra avec une parallèle à l'axe des +.
Examinons maintenant un autre sel, tel que le chlorure de sodium, pour lequel les coefficients a et b décroissent quand la concentration augmente, et construisons la courbe représentative des variations thermiques dues à sa dilution. En déplaçant l'axe desx parallèlement à luimême d’une quantité convenable, on aimènera cette courbe à passer par le point P et à s’y confondre en ce point avec la courbe A. Mais au delà, comme il est facile de s’en rendre compte par l'inspection de la formule de M. Kirchhoff, les valeurs de Q seront constamment plus grandes que pour la courbe À, et nous obtiendrons le contour PB.
Supposons enfin, comme troisième cas, un sel dans lequel & et b croissent avec le degré de concentration, et répétons la même opération que pour la courbe B. Les valeurs de Q seront constamment plus pelites que’ pour la courbe À, et nous obtiendrons le contour PC.
Si maintenant, à l’aide des données fournies par M. Person, nous construisons des courbes semblables avec le chlorure de sodium et l’azotate de soude, qui représentent précisément les cas considérés, nous trouvons pour le premier une courbe concave vers les x, à peine infléchie, semblable à la ligne PB et presque assimilable à une ligne droite.
L’azotate de soude, au contraire, nous fournit une courbe fortement infléchie et qui a à peu près la forme d’un quadrant elliptique.
Jl y a donc au moins, pour la marche générale du phénomène, concordance entre les indications des mesures calorimétriques et des mesures barométriques.