‹ Superstitions politiques et phénomènes sociauxChapitre 9 sur 56 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

vation externe parce qu'elle est simple, loyale, vérifiable et féconde en aperçus

On remarquera, sans doute, que je n'apporte ni programme politique, ni recette sociale. Outre que cela me paraît trop facile, j'estime qu'il y a assez de bons citoyens chargés de ce soin.

D'autre part, et contrairement à ceux qui sont tourmentés par des inquiétudes métaphysiques d'un ordre transcendantal, je me suis gardé d établir une morale ou de prêcher un Évangile. Je vois trop de bonnes âmes liguées contre les vices ; et si je considère que la plupart de ces vices sont utiles à ceux qui les condamnent et rêvent de les extirper, je suis ému de tant d'altruisme. Si cela continue, en effet, le peuple mourra de se bien conduire. Ne voyons-nous pas, déjà, qu'il est assez faible et assez pauvre pour leur obéir?

Quant à cet Évangile chrétien qui ressuscite dans les livres d'un homme admirable pour son talent et son caractère, nous nous abstiendrons de le propager, ne voulant manquer de probité ni envers nous> ni envers les autres. La réflexion, l'étude, l'expérience et une certaine connaissance des faits sociaux les plus importants et les moins approfondis de ce siècle, nous ont démontré que la religion de V amour est une folle entreprise. Le christianisme pur est un lent et pieux suicide. Du reste l'amour n'a pas besoin

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