‹ Supplément à l'exposé des travaux scientifiquesChapitre 1 sur 1 · Supplément à l'exposé des travaux scientifiques · texte numérisé non relu

Supplément à l'exposé des travaux scientifiques

Voilà plus de trois siècles que la trompe d’Eustache a été découverte et il existe ccpendantde nos jours des interprétations variables: 1° Sur sonrôle physiologique; 2° sur le mécanisme de son fonctionnement. Ce sont ces deux points qui vont être le sujet de notre

1" Rôle physiologique de la trompe tfEustache. —En considérant

permette d’en placer une troisième, qui nous paraît essentiellement neuve et que nous formulons ainsi qu’il suit :

La communication aérienne entre le pharynx nasal et la cavité du tympan est établie d'une manière permanente par le moyen de la trompe ; mais comme il est impossible que l'air circule facilement dans un canal étroit et ouvert seulement à un de ses bouts, des puissances musculaires insérées sur le parcours de la trompe favorisent et provoquent la. progres-

Gette opinion, comme on le voit, diffère des deux autres : d’en ce qu’elle fait intervenir une sorte de respiration à la faveur de laquelle l’air est poussé dans la cavité du tympan ; 2° en ce que les muscles qui s’insèrent sur la trompe, au lieu d’être des dilatateurs comme beaucoup le prétendent, sont au contraire des constricteurs et des obturateurs.

Des assertions aussi opposées aux idées généralement reçues demandent des preuves rigoureuses. Nous les emprunterons à l’anatomie, à la physiologie et à l’expérimentation physiologique.

A. Preuves anatomiques et physiologiques. — Sauf quelques particularités que nous signalerons bientôt,nous n'avons rien à ajouter à ce que l’on sait depuis Eustache et Yalsalva touchant les faits anatomiques de la région de la trompe d’Eustache, Cependant notre démonstration exige que nous rappelions en peu de mots la constitution particulière de ce conduit.

La trompe est en grande partie constituée par un cartilage triangulaire dont la base forme le pavillon et dont lç sommet s’insère au

l’image d’un bâton recourbé à l’une de ses extrémités. Le cartilage est fixé, par la partie moyenne de cette paroi recourbée, au bord de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde et sur la gouttière qui précède le canal osseux; mais le bord inférieur de cette môine paroi reste libre de toute adhérence aux os du crâne.

sur le cadavre. (1) Cependant Rudinger (2) a démontré qu’au niveau du bord supérieur, sous le crochet cartilagineux, il existe toujours

taté la présence de cet espace libre à l’extrémité de la ligne en forme de croissant qui, sur le cadavre, dessine la lumière du conduit (3).

La description anatomique que nous venons de tracer, loin d’ôtre superflue, nous permet d’entrevoir déjà le véritable mécanisme fonctionnel de la trompe. En effet, un tuyau applati d’avant en arrière,

fond avec le faisceau principal. L’action de ce muscle est évidente sur le cadavre; elle l’est aussi sur le vivant quand on rapproche les piliers postérieurs de la ligne médiane et qu’avec le miroir laryngien on regarde ce qui se passe du côté du pavillon de la trompe ; cette action consiste dans le rapprochement des parois du pavillon (1).

2° Puis nous trouvons un muscle dont la fonction principale, l 'élévation du voile du palais , a toujours été bien appréciée, mais dont l’action sur la trompe a été ou méconnue ou mal interprétée. Nous voulons parler du péristaphylin interne , dont les faisceaux,

s'élèvent le long du bord externe de la trompe, tantôt s’implantant

■ son cartilage, comme nous en offrons ici un exemple, tantôt

et obturateurs et que, par conséquent, les trompes sont toujours

quand on vient à les fermer. Mais cette opinion se trouvant en contradiction formelle avec la manière de voir généralement adoptée,

B. Preuves expérimentales.

Dans une première série d’expériences, nous avons eu l'idée de

Une des poches ayant été remplie avec un demi-litre d’eau colorée en noir, jusqu'au niveau du pavillon de la trompe, nous avons appliqué un des réophores de l’appareil Trouvé sur le voile du palais, et l'autrenous l’avons appliqué successivement Sur le pharyngostaphylin, sur les péristaphylins, sur le ptérygo-pharyngien et sur le

plérygo-pharyngien, a eu pour résultat de faire sortir le liquide hors du pavillon de la trompç, par conséquent nous sommes resté con-

ces musculaires qui s’insèrent sur la partie membraneuse de la

et que dans cette même séance nous ne pouvions pas reproduire convenablement les effets obtenus, nous nous sommes de nouveau réunis à l’abattoir, M. Villaiii et moi, et cette fois encore, peut-être mieux que la première fois, nous avons constaté la sortie du liquide sous l'influence de la contraction musculaire. Nous avons en outre été frappés de l’action énergique du ptérygo-pharygien qui ferme la trompe, immédiatement après le pavillon, à la façon d’un

Il est bonde remarquer quelesauteurs vétérinaires, reproduisant en cela les assertions qu’on trouve dans les livres de physiologie et d'anatomie humaines, considèrent la plupart de ces muscles

Les expériences que nous venons de rapporter, corroborant la signification des faits anatomiques et physiologiques déjà exposés,

1° Il n’y a pas de muscles dilatateurs de la trompe ;

2" La trompe reste ouverte d’un bout à l’autre de son parcours d’une manière permanente et quand elle se ferme sous l’influence de la contraction musculaire, elle s’ouvre de nouveau sous l’influence seule de l’élasticité de ses parois ;

3“ Les muscles péristaphylins interne 1 et externe et le faisceau externe du pharyngo-staphylin sont, sous réserve, do leurs autres fonctions, des constricteurs et des obturateurs de la trompe échelonnés le long de son parcours.

D’après ces conclusions, il est facile de s’expliquer comment le cirmlus de l’air peut s’établir entre la cavité du tympan et la région pharyngienne. En effet, il suffit que l’occlusion de la trompe carti-

Les bourdonnements et quelquefois le sentiment de pression douloureuse se produisent, en elfet, dans les conditions ci-dessus énon-

expliquer la formation de ce vide dans un tube ouvert seulement h un de ses bouls.sinon par le procédé de la ventouse?Or,rien qui ressemble à cela dans le fonctionnement de la trompe et en admettaut d’ailleurs que pareil phénomène se produisît, il ne faut pas oublier que pour Trœltsch et Toynbee les mouvements de déglutition ont pour effet d’ouvrir la trompe, ce qui rend illogique toute idée de

Voici, selon nous, l'interprétation qu’on doit donner des faits observés. Si on pratique quelques mouvements de déglutition, le nez et la bouche étant fermés, it chaque coup de piston, représenté par la contraction des obturateurs, l’air est refoulé dans la caisse du tympan jusqu’au moment où la contraction devient impuissante. C’est à la surabondance de l’air contenu dans la caisse et non à la raréfaction qu'il faut attribuer les bourdonnements et le

La preuve la plus formelle qu’on puisse donner de l'action obturatrice des muscles de la trompe, chacun peut la trouver en soi. Malheureusement tout le monde ne sait pas contracter volontairement les obturateurs; mais à ceux des physiologistes qui sont parvenus, par l’exercice, à ce résultat, nous leur recommandons le procédé suivant.

de la déglutition,se développependantlaconlractiondes obturateurs, — ce qu’on constate facilement, en ce qui concerne le péristaphylin externe, par la formation des deux fossettes palatales — et il est engendré, selon nous, pas le rapprochement brusque des parois humides de la trompe sous l’influence de la contraction musculaire. On reproduit exactement 'ce phénomène avec l’appareil que nous avons décrit plus haut, en pressant brusquement sur le tube de caoutchouc après en avoir humecté l’intérieur avec un peu d’eau. Eh bien, dès que ce bruit est produit, qu'on maintienne permanente la contraction des muscles, qu’on ne respire pas, et alors on entendra le même susurras, le môme murmure qui se produit

Page 1