‹ Supplément à la traduction française de la cinquième édition du Système de chimieChapitre 51 sur 131 · BASES SALIFIABLES · texte numérisé non relu

BASES SALIFIABLES

moyen des analyses de M. Robiquet, et de MM. Pelletier et Caventou est de 57,08; mais 17,28 X 29 — 55,456, ‘nombre qui se rapproche de celui 37,08 ; d’où il suit, que Si nous considérons le sel de M. Choulans comme un “bisulfate de morphine, le nombre équivalent dérivant de ces trois analyses, sera 36,938,

Pour se mettre en état d'apprécier la valeur relative de ces analyses, M. Thomson fit chauffer 65 milligrammes de morphine dans un tube de cuivre avec une quantité suffisante de peroxide de ce métal, il obtint ‘49 centimètres cubes de gaz acide carbonique , et une quantité d’eau indiquant environ 43 centimètres cubes d’hydrogène ; d’où il suit, que le carbone et l’hydrogène présens dans 65 milligrammes de morphine , pèsent environ 35 milligrammes. Il considère le manquant de 32 millisrammes comme étant de l’oxigène , et ce poids d’oxigène équivaut à environ 24 centimètres cubes; or le nombre le plus petit d'atomes , correspondant à ces proportions , est de Ra |

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18 atomes hydrogène

2/4 atomes carbone : = 18,00 . , . . 44,72 20 alomes oxigène = 20,00 » + 4 0)00 40,25 : 100,00

D’après cette analyse , qui doit se rapprocher de trèsprès de la vérité, la morphine ne se composerait pas de moins de 62 atomes, et le poids d’une moléculeintégrante de cet alcali, serait 40,25. Ce nombre diffère si peu de celui que donne l'analyse du sulfate de morphine , par MM. Pelletier et Caventou, que M. Thomson est porté à considérer le résultat de cette analyse comme se rapprochant beaucoup de la réalité." |

De la Strychnine.

Cette nouvelle substance alcaline fut découverte en 1818, par MM. Pelletier et Caventou, dans le fruit de

1 6e édition de Thomson, vol. IT, pag. 573 Annales de chimie et. de physique, tome V, pag. 275, et Journal de pharmacie, tome V, page 558. Ç Ha A TT

STRYCHNINEs: 549.

trois espèces différentes de strychnos , savoir le sérychnos, nu vomicæ, noix vomique, le strychnos ignatia ; fève de Saint-Ignace, et le strychnos colubrina, bois de couleuvre. Ces trois arbres sont natifs des Indes. On a fait, à l’occasion, usage en médecine de la noïx vomique , comme remède , dans la manie , l’épilepsie, etc. , et particulièrement dans les cas de fièvres intermittentes , te-

naces. Mais en Angleterre , au moins , les médecins mo-

dernes font à peine jamais emploide cette substance.. La noix vomique est une. semence ronde ,; comprimée , très-dure , et pouvant à'peine être réduite en poudre par triluration dans un mortier. MM. Pelletier et Caventou, ayant mis, dela râpure de cette semence en digestion dans de l’alcool , et fait évaporer à siccité la dissolution alcoolique qui avait acquis une couleur foncée, le résidu fut dissous dans l’eau. En versant alors dans la dissolution aqueuse du sous-acétate de plomb jusqu’à cessation de précipité, l'acide avec lequel la strychnine est combinée, la matière grasse et la plus grande partie de la matière colorante dans le liquide, se précipitèrent , et la strychnine rejeta en dissolution , combinée avec l'acide , du sel de plomb employé. Après avoir alors filtré la liqueur , on y fit passer un courant de gaz hydrogène sulfuré pour en enlever tout excès de plomb ; et après l’avoir séparé par le filtre, on ajouta de la magnésie à la liqueur filtrée , et on fit bouillir le mélange. Le précipité ayant été lavé à l'eau froide , fut dissous dans l'alcool , afin d'en séparer tout excès de magnésie. En évaporant ensuite la dissolution alcoolique , ils obtinrent la strychnine isolée. Si, par ce procédé , elle n’est pas amenée à l’état de pureté convenable, on peut la faire de nouveau dissoudre dans les acides acétique ou hydro - chlorique, précipiter par la magnésie , et redissoudre dans l'alcool. On finit parse la procurer ainsi complétement pure. are

La strychnine ainsi obtenue est une substance blan- ”

che, grenue, ou en très-pelits prismes tétraèdres , terminés par des pyramides à quatre faces surbaissées. Elle n’a pas d’odeur ; mais sa saveur est d’une amertume insupportable, laissant dans la bouche une sorte d’impression métalliqie. Elle n’éprouve aucun changement à l'air. Elle n'est ni fusible , ni volatile , au-dessous de la tempé-

* Préparation,

Proprictes,

Solubilité,

. Action de l'a- Cide mitrique.

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rature d'environ 315 degrés centigrades, qui paraît être. celle à laquelle elle se décompose ; car , lorsqu'elle est exposée à la témpérature de l’huilé d'olive bouillante , elle est réduité en charbon. Chauffée fortement , elle se boursoufle , nôiréit, donne un peu d’huilé empyreumatique , de l’eau , de l'acide acétique , de l’hydrogène , du saz acide carbonique , et il reste un charbon très-voluinineux. Lorsqu'on la chauffe avec du péroxide de cuivre, elle se convertit totalemént en acide carbonique et en eau. D’où il suit, qu’elle est composée de carbone , d’hydrogène et d’oxigèné , danS dés proportions qui n’ont point encore été déterminées:

La strychnine est très-peu soluble dans l’ean'; ce liquide , à la température de 10 degrés centigrades , n’en dissout que la 6667° partie de son poids, et lorsqu'il est bouüillant, 2500 parties en dissolvent une de strychnine. Lorsqué la dissolution de cetté substance dans l’eau froide est mêlée avec 100 fois son poids dé ce liquide , Ja liqueur est encore très-sensiblément amère. La strychnine est au contraire exCéessivément soluble dans l'alcool. Cette substance alcaline rétablit la couleur bleué du papier de tournèsol rougi par un'acide ; elle ne fait pas passer au rouge lé papiér de curcuma ; mais elle se combine avec les différens acides, qu’elle neutralise complétemment, formant des sels qui , pour la plupart, sont susceptibles de cristalliser. |

Lorsqu'on verse de l’acide nitrique concentré sur la strychnine , surtoût si c’est avec application de la chaleur , la couleur de cetie substance se-change en un rouge de sang intense ; ‘ét, par l’action continuée de l'acide , la couleur passé au jaune ; il paraîtrait probable, d’après les expériences dont MM: Pelletier et Caventou rendent compte, que ces. chiangemens de couleur sont dus à la combinaison: d’uné portion d’oxigène avec la strychnine. Lorsqu'on ajoute de la potasse au liquide rouge , produit par l’action de l’acide nitrique sur la strychnine , il°se forme, si la liqueur a été un peu concen-

tirée, un ee orangé; ce précipité est dé la strychnine un peu altétée dans ses propriétés. Elle agit encore comme alcali ; an: moins d'énergie que la strychniné qui n’a point éprouvé d’altération, Lorsqt'on traite

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