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\ Itfem plus dura .
LO
i Qrés à gros grains
i Idem,
IQréB don.
ILÛ
!• ESSAI. — Le trou était horizontal ; la manivelle avait été appliquée directement sur la vis motrice et la poussière du rocher s'écoulait complètement.
2* ESSAI. — Le fleuret, placé dans les mêmes conditions lû'au premier essai, a dû traverser un lit ou barre de fer carbonate lihoide de 0'"05 d'épaisseur. Dans aucun de ces »sais , réchauffement de la tarière n'a été sensible ; mais run des coins du taillant a été légèrement écorné, probablement au passage du fer carbonate.
3* ESSAI. — Le mouvement a été imprimé, non plus à faide de la manivelle , qui ne pouvait fonctionner , mais Ao levier à rochet appliqué directement sur la vis.
4* ESSAI. — Les expérimentateurs ont observé que rhamidité des roches est fort nuisible au progrès du
8$ CBAPITRE n — II* SECTION.
pereeiorat; la poussière, transformée ea pâte, vient m loger entre. lea spires du fleurer, au lieu de s'ëcoultr comme les débris des roches sèches, et le tranchant cesso de mordre (i). Il ne faut donc pas injecter de Teaa dans les fourneaux eu percement et , lorsqu'ils renferment^ nato^ rellement, quelque humidité à laquelle il soit impossibli de se soustraire, on doit nettoyer la tarière ou la changer.
S"" ESSAI. — Ce grès dur, appelé vulgairement gressia» de querelle a été attaqué au moyen du levier à rochet La Commission s*étant assurée de la solidité de Fappard déclare qu*il n*est pas plus exposé aux ruptures qu*ua e/nê ordinaire. Deux hommes peuvent le transporter à brai ou le charger sur une petite voiture, que Tun des ouvrir conduit, pendant que Tautre s'occupe du boisage.
II convient ici de dire qu*un seul homme suffit, ait rigueur, pour servir la manivelle ; mais le concours d'oft second ouvrier est nécessaire pour enlever Tinstrument et lui faire prendre diverses positions. Ce poste de deu<^ mineurs leur permet de relayer, chose indispensable dans tout travail continu , particulièrement dans la rude manœuvre qu'exige le forage des roches dures.
Quelques mois après ces expériences , d'autres ont eH lieu à la mine du Fond-Piquette , près de Liège. On y a percé trois fourneaux de mine dans un schiste de moyenne dureté. La somme des profondeurs était de 1"37 ; le percement a coûté 19 minutes de travail à deux ouvriers, qm relayaient. Dans le même temps deux mineurs perçaient, au fleuret et au marteau, un trou de 0"49. Hais comme il faut tenir compte du temps employé aux déplacements de Tappareil, il y a eu, en tout, 28 minutes, pendant
(1) PareUl« remarque a été faite à la miae de Crachet-Picquery et aiUeun-
tt'TiLS rr instucments du mineur. 83
> les ouvriers travaillant à la main auraient percé Itirou de 0^72. La vitesse du travail a donc été, dans le pttàtr cas , double de ce qu'elle était dans le second. ^JLes expériences fbites à la mine d*oligiste de Houssoy , {Hp de Sclaigneaux, rive gauche de la Meuse, ont donné jlB résultats défavorables aux perforateurs. En etfet.dans • expériences qui ont eu lieu sôhs la surveillance de 1^ Jacquet, constructeur de l'appareil, un ouvrier, déjà se avec la manœuvre, n'a foré, en 2 heures minotes, que six trous d'une longueur totale de 2.40 U tandis que les ouvriers opérant par la méthode ire obtenaient 4 mètres ; d'où une infériorité, pour i perforateur, représentée par environ 1/3 du travail total. Cependant cet oligiste possède , à peu près , la même que les schistes de compacité moyenne, entamés rs avec une si grande facilité. On ne peut attribuer, ime le fait M. Jacquet, cet insuccès à la forme du tranot de foret puisque lui-même a reforgé cet outil à eurs reprises.
Id encore, on a remarqué l'influence pernicieuae des lins humides, qui parfois rendaient nulle l'action de la
Bnfin des essais faits sur une grande échelle et t manière continue, à la houillère deCrachet-Picquery, lie Mons,à celles des Artistes et de Cheratte, près de B,et exposés en détail dans le VI? Chapitre, consacré Féconomie , confirment pleiaement les observations jlri-dessus consignées. Le lecteur verra notamment : que I forage au moyen du perforateur Lisbet s'effectue avec rapidité, quand le trou est dirigé de bas en haut, parce p'alors les déblais se dégagent spontanément, tandis que ians les trous horizontaux, le frottement est assez grand x)or en empêcher la sortie ; et dans ce cas le maximum
54 CHAPITRE II. — n* SECTION,
de profondeur auquel puisse arriver le fourneau de mine paraît être de 0"*90. Que, si d'abord le perforateur héliçoide a pu attaquer les grès non quartzeux de la houillère de Gheratte , il n'en a plus été de même lorsque, plus avant dans la galerie , ces stratifications ont dépassé certaines limites de dureté et de compacité ; qu alors il a fallu avoir recours à la méthode ordinaire, par fleurets A marteaux.
À la mine de Crachet , le perforateur a été appliqué, dans un travail à prix fait {marchandage)^ au percement d'une galerie à' travers-bancs ; les ouvriers ont montré de la bonne volonté, aussi l'avancement a été de 8 m. par semaine, tandis que, à la main, le maximum n'avait jamais dépassé 6 m.
Il résulte, de ce qui précède, que l'instrument de M. Lisbet peut être considéré comme éminemment applicable aux schistes houillers, quelle que soit d'ailleurs leur dureté. Et dans les roches tendres de cetle espèce,, le percement s'effectue avec tant de rapidité qu'il est difficile à un ou>Tier de charger, bourrer et mettre à feu les fourneaux que peuvent pratiquer deux hommes bien exercés.
Dans les schistes compactes , l'avancement s'élève en moyenne à 0"18 par minute, pour un ouvrier robuste astreint pendant quelques minutes seulement à tourner la manivelle de la vis motrice.
Cet instrument convient moins aux grès ordinaires ou querelles du Couchant de Mons ; toutefois il peut encore leur être appliqué.
Mais en thèse générale, ce perforateur, bien supérieur, pour les roches tendres, aux outils à percussion, doit céder la place dès qu'il se trouve en présence de roches dures et surtout de certaines variétés de grès compactes des terrains houillers.
On a appliqué le système de M. Lisbet au forage des trous de mine pour l'abattage de massifs de bouille préalablement excavés ; le poids de Tappareil avait été réduit il 30 kilog. environ.
L*auteur a proposé de remployer aussi dans le bavage des coucbest en exécutant une série de trous fort rapprochés les uns des autres ; mais ce projet semble avoir été abandonné.
Nous ignorons sil a été question, jusqu à cette heure, d*utiliser les perforateurs pour creuser les puits. Mais ici, les forages étant dirigés de haut en bas , Thumidité des roches, normale au fonds des puits, constituerait un obstacle plus considérable encore que dans les galeries.
Perforateurs annulaires ou tvhes diamantifères de M. Leschot.
La taille des diamants et d*autres pierres précieuses exige l'emploi de diamants dits de nature\ c'est une espèce particulière de diamant, noir ou brun foncé, trop dur et trop tenace pour servir de bijou ; son prix est fort inférieur à celui des diamants de luxe.
Un horloger genevois , M. Leschot, ancien élève de rÉcole Centrale des arts et manufactures de Paris, a cherché à utiliser cette substance pour entamer les roches fort dures et celles que leur élasticité rend rebelles au percement, parce qu'elles repoussent les fleurets sans presque leur permettre de les entamer.
Un tube creux en fer malléable porte à Tune de ses extrémités une couronne ou bague cylindrique de même métal et de 4 millimètres d'épaisseur , armée d'une sertissure de diamants noirs (PI. IV, fig. 8). La couronne s'adapte à bayonnette au bout du tube et peut être changée
86 CHAPITRE !!• — II* SECTIOM.
à volonté. L'autre extrémité du tube est filetée sur une longueur correspondant à la profondeur des trous de mine.
Le tube diamantifère tourne avec une grande vitesse sous une pression longitudinale très-forte; il découpe ainsi dans la roche un anneau tubulaire qui isole au centre du trou un noyau cylindrique, d environ (H)4 de diamètre, adhérent à la roche par sa base. Si ce noyau ne se détache pas de lui-même, on le brise de temps en temps en exerçant dessus une légère pesée en porte-à* faux, puis on le retire du fourneau de mine afin que Toutil puisse continuer à pénétrer. De Teau qui jaillit continuellement expulse les matières désagrégées, à mesure qu'elles se produisent, et prévient réchauffement de la bague.
L'opération du sertissage consiste à pratiquer,au.burin, dans répaisseur de la bague , des échancrures où Ton introduit des fragments de diamant, fesant saillie de 2 millimètres, les uns sur la surface métallique, les autres en dedans et en dehors , puis à mater le fer de manière & produire un enchâssement complet. La bague, garnie de sept ou huit diamants ressemble à une fraise annulaire dont la denture en acier aurait été remplacée par des diamants.
Les roches les plus dures, contre lesquelles les pointes en acier s*émoussent rapidement, ne résistent pas aux diamants noirs et , si après un forage on examine ceux-ci à la loupe, ils ne présentent aucune trace d'usure et leurs arêtes ne paraissent pas avoir subi de modifications sensibles , en sorte que ropération peut être considérée, sous ce rapport, comme peu coûteuse.
Lorsqu'après un long usage les arêtes viennent enfin & s'altérer, on constate qu'ils n'ont perdu qu'une faible partie de leur poids et, par conséquent, de leur valeur.
Malheureasement le diamant noir devient de jour en jour plus rare et son prix plus élevé ; ainsi le carat qui coûtait six francs il y a cinq ans, en vaut aujourd'hui quatorze. Ce minéral a Taspect du coke compact, appelé carbone dans le commerce. 11 n'a d'autre usage industriel que réduit en poudre pour la taille et le polissage des joyaux. On le retire de la province de Bahia dans le Brésil , où il se trouve dans les mêmes sables d'alluvion que les diamants blancs.
On regarde comme normal que deux hommes travaillant, à la manivelle, dans le granit percent, en une heure, un trou de 0°04 de diamètre et de 0"60 de profondeur. Avec une force motrice de 4 cheval on peut obtenir, dans les mômes roches, un avancement de 1"20 à l^SO par heure.
M. Perdonnet, dans une conférence qu'il a donnée, à l*École de médecine de Paris, a fait fonctionner le perforateur Leschot, au moyen d une machine-à-gaz de Lenoir. Dans cette expérience, il a percé, en moins d'une heure, un trou de 0"80 de profondeur, dans un granit de l'espèce la plus réfractaire.
M. Leschot a foré, en une heure, dans le granit des trottoirs de Paris, pierre très-dure, un trou de l'^âO de longueur sur un diamètre de 0'"047 ; or deux mineurs travaillant à la main ne font en une journée que 0.27 0.70 m., suivant la nature de la roche. De plus, ils usent pour une forte somme d'outils , tandis que les diamants, examinés à la loupe, n'ont pas dénoté la moi tidre altération.
Le roc dans lequel on a creusé le canal de St-Martin d'Estriaux (ligne du Bourbonnais) est composé de porphyre rouge et de granit porphyroïde à gros cristaux de Felspath. Chaque mineur y perçait, en 10 heures, 3 trous de mine; sa journée lui était payée 4.50 fr. On a usé,
58 CnAFITRE II. — II* SECTMEf.
en moTenne, 10 pointes d*acier, à iO centimes pièce, par trou. Le prix de revient se composait donc de :
fr. 1.50 pour main d'œnvre.
» 1.00 pour cassure d*outils.
Total: « 2.50 La machine peut percer 10 trous de mine de 0.50 m. de profondeur, en 10 heures, y compris le temps des déplacements. Si l'on évalue à 4 fr. par jour les frais d*usnre et d'amortissement de Tappareil , dix trous exécutés dans nue journée reviendront à :
2 journées de mineur, fr. 9.00
amortissement, entretien, » 4.00
Total: » 13.00
Soit fr. 1.30 par trou; bénéfice en faveur de la machine: fr. 1.20.
Sur dix trous environ qu'il fallait dans le tunnel de S*-3Iarnn pour abattre un mètre cube de roche, l'économie résultant de l'emploi du perforateur eut été de 12 frs., sans compter l'économie de temps, qui est d'une si grande importance.
Le perforateur annulaire a été introduit dans tous les tunnels du chemin de fer des Pyrénées. On vient aussi de l'appliquer, à Oil-Greck, en Pensilvanie, au fonçage d'un puits destiné à l'extraction de Thuile de pétrole. Un essai préalable avait été fait sur un bloc de 0.46 m. d'épaisseur et le forage entier avait exigé 18 minutes, tandis que par les procédés ordinaires Ton n'eût obtenu que 0.25m. par jour. Le fonçage du puits devait avoir lieu à travers des bancs de roc de même nature que le bloc d'essai, et d'une puissance de 155.50 m. A la main, ce travail eût exigé 2 à 3 mois, il fut terminé en une semaine.
L*avancement de Toutil , à dureté de roches égale , est en raison directe du nombre de tours que le moteur lui fait faire. Lorsque la manivelle est manœuvrée par un homme,la perforation s opère»dans les roches extra-dures, sur le pied de 0.26 à 0.30 m. par heure de travail. Si elle est mue par la vapeur, le percement atteint dans les mêmes roches 1.40. à 1-50 m. par heure.
S'il est reconnu que cet appareil peut rendre de bons services dans les carrières et dans les tunnels , surtout sous un moteur mécanique , il n*en est pas de méihe dans les travaux de mine, où jusqu'ici on ne Ta fait marcher qu'à bras. Ainsi M. Burat ayant voulu sen servir aux mines de Blanzy, a dû y renoncer au bout de quelques jours et reprendre le travail à la main , vu la difficulté d'installer Finstrument dans les excavations et les positions pénibles que les ouvriers devaient prendre pour les manœuvres. L'attirail entier pèse 160 kilog. ; ce poids est évidemment trop lourd pour de petites galeries.
Mécanisme de M. Pihet pour faire tourner et avancer la bague perforatrice.
Voyez aux figures 9 et 10 de la planche IV , un châssis composé de deux barres en fer plat, B, fi, rabottées sur leurs faces intérieures et réunies h leurs extrémités par des entretoises. L'une de celles-ci est garnie de pointes ; l'autre est traversée par une vis de serrage, V, dont elle porte l'écrou. On dresse cette sorte de colonne dans la galerie en interposant une semelle et un chapeau. La torsion de Técrou suffit à assurer le rigidité et l'adhérence nécessaire à la stabilité de l'appareil. Un petit chariot, CC^ glisse le long des surfaces rabottées du châssis.
60 CHAPITRE l**. — II* SECTMMf .
Chaque barre latérale est fendue en une coulisse, garnie d'une crémaillère dans laquelle engrène un pignon. Ce pignon reçoit le mouvement de manivelles, Jlf» ajustées aux extrémités de son axe ; de là partent les mouvements d'ascension et de descente du chariot, maintenu, quand il monte, par des cliquets, X, que Ion dégage, pour effectuer la descente , des dents entre lesquelles ils sont pris.
Un bâti, ft, en fer plat, peut prendre, autour de Taxe iV, Tune quelconque des positions comprises dans Tangle droit dont les côtés forment 45'' avec la colonne B.
Le tube perforateur présente deux parties distinctes : Tune tj est entièrement lisse; l'autre,^', a la forme d'une vis sur une longueur un peu plus grande que la profondeur du trou qu'il s'agit d'obtenir. Ce tube, à la partie antérieure duquel est ajustée la couronne, traverse le chariot C et repose sur des coussinets Ci et c^ qui sont fixés dans le bâti b (et pointillés dans le dessin). Au dessous du tube, parallèlement à sa direction, se trouvent un arbre , a , et deux vis, r , v, terminés en avant par des mordaches qui pressent sur le front d'attaque et contribuent ainsi à la rigidité du système.
Le volant-manivelle, m, reçoit un mouvement de rotation soit de la main de l'homme, soit d'un moteur inorganique. Sur son axe est calée une roue d'angle ai ; cette roue d'angle en commande une autre a2> qui transmet la rotation à l'arbre a et à un pignon à joues, p\ lequel engrène la roue r\ calée sur le tube. La roue r', quand elle avance ou recule, entraîne le pignon p\ le fait glisser dans une raînui e pratiquée sur toute la longueur de l'arbre. Un rochet, i, empêche la rotation à contre sens, qui aurait pour résultat de désembrayer la couronne.
D'un autre côté, le coussinet ci porte un écrou, e^ que traverse la partie filetée du tube. Sur cet écrou une roue,r,
•UTILS ET INSTRUMEiNTS DU MINEUR. 6i
&cile à désembrayer, est commandée par le pigoon p, prolongement de la roue d*angle a».
La rolationde l'écrou, origine du mouvement de progression du tube perforateur, part donc des roues p et r; tandis que les roues p et r' donnent la rotition de ce tube; or un minime écart dans les diamètres respectifs de ces roues engendre un mouvement différentiel suffisant pour déterminer la pénétration lente de l'outil dans la Nroche.
Lorsque le fourneau de mine a atteint la profondeur voulue et que Ion veut retirer l'outil avec promptitude, on désembraye la roue r, Técrou devient immobile et le tube s'y visse en arrière avec la vitesse correspondant à son pas. L'inclinaison du pas de vis doit être telle que le mouvement différentiel fasse avancer Toutil et que la suppression de ce mouvement le fasse reculer, sans qu'on ait besoin de changer le sens de la rotation.
Les roues p et r, destinées à commander la rotation de l'écrou e, sont ajustées de façon qu'on puisse les remplacer par d'autres lorsque le degré de dureté de la roche demande que l'on change la vitesse de progression de l'outil.
Quand on doit déplacer l'appareil, par exemple pour le mettre à l'abri des atteintes de l'explosion de la mine, on retire le volant-mauivelle , on rentre le tube dans le bâti et Ton replie le bâti lui-même entre les deux montants, ainsi qu'une lame de couteau dans son manche. Alors, comme ce châssis poiHe une paire de roues à sa base, et à son sommet une traverse, on peut faire rouler l'appareil à l'instar d'une brouette.
Les avantages de cette machine sont : de pouvoir percer les trous à toute hauteur et aussi près des parois que l'on veut; d'être aisé à transporter, à cause delà symétrie des organes relativement à l'axe longitudinal ; enfin
C2 CHAPITRE II. — ir SECTION.
son poids est réduit au minimum par l'emploi du fer forgé et de la fonte décarburée.
Observations sur le perceinent mécanique des fournaux de mine.
La cause principale de Tinsuccès de quelques appareils proposes dans ces dernières années tient à ce que leurs inventeurs n ont eu en vue que de substituer à Taction directe de Thomme le travail de machines mues par Thomme, en sorte que la force motrice subit un intermédiaire qui lui enlève par ses frottements une partie d'autant plus notable que les organes sont plus compliqués. On a vu que la machine de MM. Gassart et Lepourcq, fort bien combinée d'ailleurs, absorbait une telle quantité de l'effet utile qu'elle retardait le percement au lieu de l'accélérer, il est donc indispensable d'avoir recours à une force motrice plus énergique et moins coûteuse que celle de l'homme, soit l'eau, la vapeur ou l'air comprimé,
La difficulté de conduire la vapeur à son point d'application, les dangers d'incendie et d'explosion du grisou ont engagé les ingénieurs à renoncer à cet agent. Quant aux moteurs hydrauliques ils ont contre eux le frottement de l'eau dans les conduites et son embarras quand elle a fonctionné. Mais l'air comprimé, aussi facile à conduire dans les galeries que facile à créer, n'offi^e aucun danger et contribue à l'assainissement des excavations souterraines. Le lecteur verra , dans le chapitre consacré au transport intérieur, les moyens de produire et de disposer ces diverses forces motrices, ainsi que le détail des avantagés et des inconvénients de chacune d'elles.
On a reproché aux perforateurs mus par l'air comprimé
de ne pas donner d*économie sur le procédé ordinaire.
Ainsi, dit-on, la machine de M. Schumann, à cause dune
plus grande dépense de poudre, des frais occasionnés par
de fréquentes réparations et par le moteur spécial appliqué
& la compression defair, exige, par mètre courant d'avan-
oement, le même prix et parfois même un prix plus élevé
que le travail à la main.... Mais l'économie d*un tiers du
temps que prend le travail à la main ne peut-elle être
oonsidérée comme un large dédommagement, comme un
avantage précieux dans toutes les occasions, si fréquentes,
oit le temps prime la dépense? Le coût élevé du travail
mécanique ne dépend-il pas aussi de Timperfection
actuelle des instruments? Ne pourrait-il pas être racheté
d'ailleurs par Finstallation, au front d'attaque, de plusieurs
appareils agissant simultanément ou , mieux encore , par
la généralisation de l'emploi d'une forcemotrice, également
appliquée au transport et à d'autres services souterrains ,
^n sorte que les frais diminueraient en se répartissant sur
Un plus grand nombre d opérations ?
Un grave inconvénient attaché à l'emploi des machines pBTforatrices se trouve dans la nécessité, sans cesse renouvelée, de les écarter des fronts d'entaillement chaque fois ^'il s'agit de faire sauter la roche ou d'enlever les déblais; pendant cette manœuvre, les ouvriers restent inactifs ou , Vout au moins, ne travaillent pas à l'excavation proprement dite. Pour éviter la perte assez notable qui en résulte , il faut, autant que posssible, choisir des appareils légers, peu volumineux, faciles à transporter et se pliant aisé- Mni à toutes les positions qu'on peut avoir à leur donner, n convient surtout de prendre des mesures efficaces pour 90e les déblais les plus voisins du front d'attaque soient promptement rejetés en arrière et que les perforateurs puissent être remis en place et fonctionner pendant le
84 CKAPITRF. II. — ir SECTI03I.
(li^blai d(irinitif des fragments du rocher. Les machines porti^(!s h bras sont plus commodes pour la retraite que c'ollos qui roposont sur des voitures. Enfin , plus on aura pn^liard do fourneaux pour uno mise à feu simultanée, moins leur bourrade et leur amorçage prendront de tcMups.
Pour eo qui concerne le constructeur , il devra tenir tioio do loliservation suivante : si importante que soit la dinunution du iH>ids et du volume de ces appareils , ils doixoni néanmoins otlrir assez de solidité pour éviter les doioriorutions trop tW'quentes> et a'-sez de simplicité pour qu\m tiM^^'rvMi de mine puisse faire les réparations néceasdiiros et {HMir que do simples terrassiers soient en état dojvivr la manivavre,
l x' iYK>u\v:ueni ivmple\e des or^nes propres i la nn uiiiou du tlourei et à la disuihuuoa ce Fair comprimé sV\(Vu:e à U rua.:; ou prvnie:'.; de ^ naciiine elle-même. U e>: d .^..^ile. d2..s .Vui: a::uel des chotses. de décider ^.:;* ;>î ^i"'... .li^ .^fux rrwece? qu: m: I^ mieax: tooi:f:,v$ ,;A.\-r.eix.\* ^*::^- p:.i^ szfiNinrrfc; ç»e quand ce a&,v\^^:x*. ; ;*>: <i:."..,ii:re i* ':a.::if?, li:? :cgi.7e> se déié-
V;s.- i^-i.j^i'^^x i.^ T^fT.vc j:< iMr:«iiLL ccffifflâ dans
•*..-> ,ci..ù >;i.ô;'ï2ieii: i:ii:..5 Sv^- VM ▼:ici« in «ifiemia
^.w^^coi^ ■•.! la/'ucu-^* l'iV e? ':»n<"s ie :d.va^ etifa n:*i. ici-'... • .*^'-^' r.esuo: :i Ta:^ iiicj« :«e reaoiue. •*'..:> ..' ri-t'n.L*- .-j:!^ rj^-riu' iLssa irse .âUiemeu m'oduit
ui.:'i;.e : A . ii.a::i^ nf nmifs^ lans- .« àwamic»»
^0. «^> rAifi' :^^ ^> ^2&nam:ui5 atmniiipMft «pii
Gela posé, vu la complète sécurité que donnent les
bonrroirs en bois, on peut dire qu*ils l'emportent de
beaucoup sur les bourroirs métalliques , dans les stratiii*
cations tendres , oii Ton peut se passer de la masse ;
qa*il8 les valent dans celles de moyenne dureté; etenfin que
dans les terrains extrêmement durs, ob il faut serrer la
bourre fortement, on peut et Ion doit encore en admettre
remploi , sauf à terminer Topération avec un bourroir en
eiivre, tout danger ayant disparu pendant la dernière
période du bourrage.
Bourroirs en zinc.
A la houillère d'Ans, près de Liège, on fabrique un bourroir qui consiste en un lingot de zinc emmanché au bout d'une barre de fer laminé à section circulaire. La Nodore des deux pièces s exécute dans une lingotière en fimte composée dedeux parties symétriques (PI. IV, fig. 11). On a soin debarbelerunpeu la barre de fer pour la rendre adhérente au zinc ; on peut aussi y former, à coups de narteaut un léger champignon qui retient le lingot. On élite la coulure en entourant la barre, au point de contact, foae petite feuille de papier. Enfin on place la barre, son eurémité à quatre ou cinq centimètres du fond, dans la lingotière. La rigole de Tépinglette se fait à, la lime. On emploie pour cette fabrication du vieux zinc allié k environ ^ de plomb. Les bourroirs hors de service sont utilisés pour en &briquer des neufs. La durée de cet instrument est d*environ deux mois.
Êpinglettes en laiton, ou cuivre jaune^et en cuivre rouge avec poignées annulaires en fer.
Le défaut de rigidité des êpinglettes en cuivre rouge et
Ci DUMTRE H, — n* SECTIOÎi.
les retards occasioQDéâ par leur fréquentes rupitirasj retards qui se traduiseat en pertea maiérieUes, ont (4 naître ridée de se servir de fils de laitoa. Des expérienc fort prolongées dans les mines du district de Kainsdci ont démoQtré les avantages de cetl£ subsutution. Uèn avec un diamètre plus faible* les ^pioglettes en laicoD soi) beaucoup plus rigidei que celles ea cuivre rouge. Comi: elles a*ont pas leur rugosité, m:îis préseiitent, aucontrair des surfaces lisses et polies, leur canal d'embrasement ^ de la plus grande régularité, ce qui prévient les rat Leur rupture étant plus difficile, le mineur est astreint moins de précautions et le bourrage est plus rapide. Elle coûtent moins que les épinglettes en cuivre rouge, aia^ que la lecteur le verra dans le chapitre consacré à Véco nomie des houillères. Enfin certaines personnes prétendenl] avoir observé à la suite de leur emploi un accroîsiemeB dans Ténergie des explosions. Ces outils sont en usage] dans les districts d^Ëssen, de Bochum et de Siegen.
Cependant on rencontre encore les épinglettes en cuivra | rouge dans les bassins de la Ruhr et de la haute Silésie, mais avec une modification qui fait disparaître leur pria* eipal défaut : cette modification consiste h employer le fef j dans la construction de leurs poignées annulaires (t). iMÎ poignées sont percées , à la partie infiirieure , d'un trou j conique, formant une espèce de douille, dans laquelle 11 I tige en cuivre, introduite la pointe en avant, est reteiit]e| en place par une goupille. Les épinglettes» ainsi fabriqué par les forgerons de Kônigsgrube^coûtent environ 0-62 fr^ de plus que les épinglettes ordinaires ; mais cet excès * dépense est largement compensé par un excès de dur
(j) Lfîj poignées juinulairei e*u&€iit si prompteiueiit quô, i mtûe de Fnedrlcliigruhe (Haute Sil6sie)^ eHet loot hors de ierrio du bout ûû 40 i0ur$ d& travail , aprài avoir 8«rvl au bourrage âû I ^oiu'neaui seulement.
Tin A LA POIDRE. 69
IIP SECT10!V.
Procédé pour faciliter le curage des trous forés avec des fleurets ordinaires (i).
L'importance qu'il y a de maintenir constamment
pmprefl les trous de mine a fait naître ridée de l'endre
impAxoi le mélange d*eau et de roche triturée qui
s'oppose aux progrès du travail, de manière à en provo*
foer l'adhérence au fleuret et de réduire ainsi la perte de
teps amenée par le curage. Les ouvriers de quelques^
ftines do Hartz supérieur et notamment ceux d'Ernst-
Angost arrivent à ce but par l'emploi de la chaux qui
1, dans ce cas, un effet purement mécanique. Hs se pro-
cmat cette substance à leurs frais, Téteignent dansf
TeiQ, la réduisent à la consistance d une bouillie épaisse
et la renferment, recouverte d*eau, dans u^e boite. Sous
Mte forme, ils la transportent avec eux dans les travaux
lOfltemdns; puis lorsqu'ils veulent en faire usage , ils en
pfenneot un volume, égal à celui d'une noix, qu'ils
déiayeat dans l'eau.
Ce mélange d'eau et debouillie de chaux est efficace dans le percement des roches tendres et surtout des roches
(\) Berg-und Hûttenmœnnische Zeitung. 1862, n* 18.
grenues telles que le grès. La trituration de ces dernières ayant pour résultat un sable dont les éléments n'ont pas plus d'adhérence entre eux qu avec l'outil perforateur, chaque particule se recouvre d'une couche de chaux, se colle avec les voisines et l'ensemble prend une viscosité suffisante pour permettre au mélange de s'attacher aux parois du fleuret» qu'il suffit alors de retirer du trou et de nettoyer chaque fois que l'outil cesse de mordre.
Application de lu chaleur au percement des roches fort dures (i).
M. Daubrée s'est Itvi^é à des essais ayant pour but de s'assurer s'il est possible, à l'imitation du travail par le fea en usage au Rammelsberg (Hartz),de percer, à l'aide de la chaleur, des trous de mines dans des roches trop dures pour que le fleuret le mieux aciéré puisse y fonctionner sans s'émousser fréquemment.
Les premières expériences ont eu pour objet des quarzites des Alpes, de la variété la plus dure, très-rebelles à l'acier. Une chaleur intense, celle d'un chalumeau à gaz hydrogène e^ oxigène, ayant été dirigée sur une partie circonscrite du rocher, l'expérimentateur put creuser en 5 minutes un trou cylindrique de 0-06 m. de profondeur et d'une forme assez régulière pour qu'elle parût dériver de l'action d'un fleuret. Dans cette opération, de nombreuses esquilles se détachaient de la surface piquée par le dard du chalumeau, puis étaient projetées à plusieurs décimètres de distance, avec un pétillement prononcé. Ces esquilles, plates et tranchantes, parfois longues de plusieurs millimètres , provenaient d'une espèce d'exfbliation de la roche.
(1) Annales des Mines, 5« série. Tomt XIX, pagt 23.
Lorsque la combustion est alimentée par l'air atmosihériqae, un effet analogue se produit, mais avec une inensité beaucoup moindre ; car pour être efficace» la temlénture doit être portée brusquement à une hauteur oeessive, afin que la dilatation subite qui en résulte ^uise une prompte décrépitation.
n conviendrait propablement de faire varier le mode (application de la chaleur et de sa transmission au fond k fourneau suivant la nature de la roche et sa tendance ï se désagréger. Beaucoup de granits, rougis au blanc fois refroidis lentement, perdent à tel point leur cohéson, même sans avoir été étonnés, que la pression de la nain suffit pour les pulvériser.
Poudre de mine.
La poudre de mine diSëve de la poudre de guerre en ce ^ chez la première la dose de salpêtre est plus faible et» par suite, la force d'expansion moins active et moins énergique ; car son rôle n est pas de chasser un projectile avec violence, mais simplement de disloquer la roche, dy eré^ des fissures dans lesquelles on puisse introduire les outils, qui divisent la masse en'.blocs faciles à enlever et à taaqporter. Cependant, trop vive et trop brutale encore , la poudre de mine projette au loin des fragments qui comiromettent la vie des ouvriers et, en outre, absorbent en pre perte une partie notable de leffet utile.
Trouver une composition moins violente, quoique assez foergique pour disloquer le rocher , tel est le problème |oe se sont proposé beaucoup de personnes , qui pour rriver à une solution ont suivi avec plus ou moins de onheur les voies ouvertes par la chimie moderne.
Dans ces recherches on devait avoir en vue non seule-
74 CHAPITRE II. — m* SECTION.
qui ne s*élève qu*à fr. 0,90 et, mis en cartouche, à 1 fr. le kilog., au lieu de 1,25 à 1,30 fr.
Des résultats plus favorables encore ont été obtenus récemment dans les carrières de la société Keller et G"*, à Nievelstein, près d* Aix-la-Chapelle , avec le lithofracteur que MM. Kerbs et G** fabriquent à Deutz, et le succès a été tel que dans ces carrières on n'use plus de lancienne poudre que dans des cas exceptionnels.
Dans Farrachement d*un grès de couleur gris-blanc, qui en raison de sa solidité ne peut être utilisé que pour la confection de pavés , le lithofracteur a produit les effets suivants : Tun des fournaux, profond de 0,96 m. avec un diamètre de 0,05 m., contenait une charge librement versée sur une hauteur de 0,26 m. ; il avait été muni d une fusée de sûreté, puis bourré avec des briques pilées. L'effet du coup s'est fait sentir latéralement à une distance de 3,75 m., jusqu'à une profondeur de 0,94 m.
L'action lente de cette poudre , disent les expérimentateurs, tend à détacher et à débiter les roches en gros blocs , mais rend indispensable un bourrage soigné et très-serré. Les résidus de la combustion sont moins considérables et les vapeurs qu elle dégage,moins incommodes qu'avec la poudre ordinaire. Enfin le prix de cette composition' est très-modéré , il ne s'élève qu'à fr. 48,75 par quintal métrique.
M. Rave, de Gourt-St-Étienne, a imaginé de remplacer, dans cette poudre, l'azotate de soude par un mélange d'azotates de soude et de potasse et il a ainsi obtenu un produit moins hygrométrique, possédant les mêmes propriétés que la poudre bien grainée.
Poudre blanche.
La poudre blanche ou sel d'Augendre , ainsi appelé
du nom de son inventeur (i) est un mélange de ferrocya^ nate ou prussiate de potasse , de sucre de canne et de chlorate de potasse en diverses proportions.
Les deux séries de proportions , données ci-dessous » se rapportent, la première à une poudre de rapide explosion, la seconde à une autre poudre mieux appropriée , par sa combustion lente, aux travaux de mines.
Ferrocyanate de potasse 28 parties SO parties
Sucre de canne ou sucre blanc 23 » 40 » Chlorate de potasse 49 » 40 »
Pendant la trituration, il y a plus de danger d'explosion par la voie humide que par la voie sèche , parce que Teau détermine un mélange plus parfait des molécules chimiques ; c'est donc à la voie sèche qu'il faut avoir recours. La force d expansion de ce composé est à celle de la poudre noire comme 5 est à 3, en sorte que 60 parties du premier peuvent en remplacer 100 de la seconde. Il se rapproche beaucoup du fulmi-coton, mais il doit lui être préféré en raison de son prix moins élevé et de la facilité de sa préparation.
Cette nouvelle poudre, moins hygrométrique que l'ancienne, peut être conservée pendant un temps assez long. Elle est moins sujette aux explosions intempestives causées par les pressions et elle redoute moins les chocs, celui du fer contre le fer pouvant seul Tenflammer. Mais elle s*embrase facilement au contact des étincelles électriques et des corps en état d'ignition. Enfin, elle ne laisse d'autre odeur que celle du sucre brûlé.
Poudre jaune.
Elle ressemble par quelques unes de ses propriétés
(1) Comptes-rendus de TAcadémie de Paris. Tome XXX, page 179.
76 CHAPITRE 11. — m* SECTION,
au lithofrâcteur de M. Lannoy. Elle a été Tobjet de divers essais dans les mines de houille de Brandeist, où elle a servi à l'attaque des roches encaissantes dans Texhaussement des galeries.
Cest une substance d'un blanc jaunâtre , ayant la consistance de la farine. Elle se compose de salpêtre, de soufre et de sucre dans les proportions respectives de 16, 2 et 3,1e tout mélangé mécaniquement par voie sèche. Sa nuance jaunâtre est due au soufre ; le sucre lui donne une saveur douce. Elle jouit de la propriété de se transformer lentement en gaz sous Finfluence d'une haute température et de dégager proportionnellement moins de vapeur et de fumée que l'ancienne poudre. Ces produits gazeux, de même couleur que la masse solide, n'ont pas d'odeur pénétrante et ne peuvent , par consé-^ quent, vicier Fair de la mine. Cependant la poudre jaune laisse après la combustion une grande quantité de résidu charbonneux qui répand une odeur de sucre brûler
Autres compositions explosives, proposées pour faire sauter les roches.
M. Davey de Camborn, domicilié à Rouen, associé de HM« Bikford et Smith , si connus par leurs fusées de sûreté, se sert d'une poudre dont il fait varier, suivant les circonstances, les proportions des parties constituantes. Voici les proportions les plus ordinaires dans l'exploitation des mines :
Azotate de potasse 64
Soufre 16
Charbon de bois 12
Farine, son, empois 8
On dissout le salpêtre dans une quantité d*eau suffisante
pour obtenir, par Tadjonction du soufre, du charbon et de
la substance visqueuse , une pâte épaisse, que Ion pétrit
afin de lui donner de Thomogénéité. Cette pâte est ensuite
cylindrée puis comprimée sur un tissu en fil de fer, dont les
mailles correspondent à la grosseur des grains que Ton
veut obtenir. On divise la masse en lanières, qui placées
sur un drap fin, sont transportées dans la chambre de
séchage, pour être passées entre deux cylindres en bois
où elles se granulent. La fabrication n'offre aucun danger
d'explosion.
Cette poudre ressemble à du thé noir; elle est mate et sans brillant. L'économie qu elle procure est de 37 7o de son poids, son poids étant moindre, vu la petite quantité de salpêtre absorbée et la promptitude de la préparation. La déflagration produit moins de fumée , elle offre aussi moins de chances d'explosion (i).
M. Reynaud de Trets, de Marseille , propose, sous le nom de pyronome j une nouvelle poudre de mines, composée d'azotate de soude, de résidu de tan, ou écorces qui ont servi au tannage, et de soufre pulvérisé, dans les proportions respectives de 52.5, 25.7 et 20. La préparation se fait comme suit:
L*azotate de soude , jeté dans une chaudière , avec un volume d'eau suffisant, est dissous à l'aide de la chaleur ; pois on ajoute le tan et, quand le tan est bien imprégné de la solution, le soufre en poudre. Alors on retire le mélange, on le sèche et on l'enferme dans des barils ou dans dQ3 sacs. On peut s'en servir immédiatement.
Le pyronome brûle à l'air libre sans détonation. L'économie résultaut de son emploi est considérable , puisque»
(1) Repertory of pateut inventory, 1861.
80 CHAWTRE II. — m* SECTION.
lés 70 grammes de fil de cotoa-poudre. Les cartouche^» creuses, mises en usage à Vienae, consistaient en cylindres creux, formés d*un papier-carton épais , longs de 0,133 m. avec un diamètre de 9 à 10 millimètres, et enveloppés de 52 grammes de fulmi-coton.
L*espace vide à Tintérieur facilite beaucoup Fembrasement et lui permet de se déclarer également au dedans et au dehors, circonstance d'autant plus importante que Teffet utile de la substance détonnante est singulièrement augmenté par Tinflammation rapide et simultanée de la totalité de la masse. En effet , on a constaté que cinq cylindres creux enveloppés chacun de 52 grammes de coton , soit en tout 260 grammes , valent six cartouches massives de même longueur enveloppées de 420 grammes. Ainsi les premières réalisent sur les secondes une économie de plus de 37 pour cent.
Les fourneaux doivent avoir un diamètre assez grand pour qu'on puisse les charger sans déformer la cartouche, ce qui pourrait entraver la propagation de l'embrasement. Ce diamètre, dans les essais que nous venons de citer, variait de 62 à 66 millimètres.
La profondeur du trou dépend de la cartouche et doit être telle que la bourre soit retenue en place et non projetée au dehors. Il résulte de l'expérience acquise qu'un bourrage soigné, de 0.16 à 0.20 m. , non compris le tampon et le lit de sciures interposé, suffit à des charges de 210 à 940 grammes.
Voici comment on conduit généralement la charge du fourneau : (Pl.IV,Fig. 12) Au bout d'une baguette en bois garnie des fils conducteurs de l'électricité se trouve une capsule ou porte-feu électrique. On dépose cette capsule au fond du trou et la baguette vient s'appliquer contre les parois de Fexcavation et se prolonge au-dessus de
Torifice. On remplit de sciures de bois Fespace s resté libre. Alors après avoir fait passer un bout de fusée en pyroxyle f, un peu plus long que la profondeur du fourneau, à travers la cavité intérieure de la cartouche creuse, c, on descend celle-ci sur la tête du porte-feu ; 'puis on superpose toutes les autres cartouches en ayant soin de les presser au moyen d'un bourroir en bois. L*étoupille, qui a dû les traverser toutes succesivement, est maintenue dans un état de faible tension. On repousse, dans la cavité supérieure du dernier cylindre, le bout qui dépasse, on recouvre la charge d*un tampon d*étoupes ou de papier, et ce tampon, d*un lit de copeaux ou déchets de rabotage de bois ; vient alors une couche de sable d*une faible hauteur, puis une bourre soignée d*argile, de fragments de briques ou de débris du rocher.
Lorsque Télectricité ne doit pas intervenir dans la mise à feu, on écarte la capsule électrique et sa baguette, ainsi que la sciure s; la fusée de pyroxyle, contenue dans un tube en papier ou en toile imperméable, est prolongée à travers la bourre, puis liée au dehors avec un autre bout de fusée, dont la longueur est calculée[de façon & garantir la sécurité du mineur qui doit mettre le feu.
Les expériences de Gommorn ont senri à déterminer la distance qu*il est permis de laisser entre chacun des fourneaux de mine destinés à l'attaque d*un même massif de rocher. Cette distance est égale à li/3 fois celle qui est nécessaire dans le tirage à la poudre ; en sorte que le fulmi-coton permet encore de réduire les frais de forage de 4 à 3, et même moins quand on a affaire à des roches solides, dans lesquelles l'action fissurante s'exerce encore plus loin.
Pendant une période qui a duré depuis le commencement de l'hiver de 1857 jusqu'au 17 août 1858 , la car-
82 •. CHAPITRE !!• — lU* SECTION.
rière de Leozhegye, à Totis , a livré 6840 métrés cubes de pierres à bâtir, arrachées au moyen de 258 kil. de pyroxyle, soit une consommation moyenne de 37 à 38 grammes par mètre cube. Dans Tannée qui avait précédé on avait usé 1674 kilogr. de poudre ordinaire à labattage de 6816 mètres cubes, ou 245 gr. par unité de volume.* Donc six fois plus de poudre que de pyroxyle. Le prix de la première élant de fr. 1-62 , celui du second de fr. 5-90, la dépense de ce chef s'est élevée, d'un côté à fr. 2711-88, de lautre à fr. 1522.20. Ainsi l'emploi du fulmi-coton a permis, en Autriche, de réaliser, sur l'arrachement de 6840 mètres, une économie de fr. 1189.68 oude43à447o(i).
En présence de ces faits, le gouvernement autrichien prescrivit à ses ingénieurs de faire des efforts pour perfectionner la fabrication du fulmi-coton. Les recherches auxquelles on se livra dès lors donnèrent d'excellents résultats. Divers produits sortirent des laboratoires gouvernementaux. Dans Tun de ces produits le fulmi-coton se présente sous la forme d'une corde , d'un diamètre en rapport avec celui du fourneau, et semble avoir réalisé deux conditions essentielles : d*abord et surtout de n'offrir aucun danger pour la vie des ouvriers , ensuite de ne pas s'altérer. La corde est au fulmi-coton ce que sont les grains de la poudre au salpêtre. Le fumicoton (de fumis, corde) dégage peu de fumée et ne détonne pas sous le choc comme le coton poudre ordinaire.
Le bourrage du fourneau se fait sans acccident, pourvu que les ouvriers aient soin d'écarter , dans l'accomplissement de ce travail, toute espèce d'outils en fer et de se conformer aux règles de la prudence. Cependant la déli-
(1) Zeitschiift des Hanovericben Ingenieurs-Verein. Bd. VII, p. SM.
eatesse du procédé, peu en harmonie avec la brusquerie de mouvements de la plupart des mineurs, et la crainte utarelle qu'inspire Texplosibiliié du coton-poudre, se iODt opposés, jusqu'à cette heure, à la vulgarisation de eelte substance et à son introduction dans la^ pratique. Cependant les brillants résultats obtenus en Autriche et en Hongrie devraient engager les ingénieurs a entreprendre, TOC soin et d'une manière suivie de nouveaux essais. Il ftnt espérer que cet agent, si inconsidérément et si brusquement écarté de la pratique sortira, maintenant ^'il est mieux fabriqué, de l'oubli dans lequel il est tombé.
Pmdre de M. Schultze, capitaine d'artillerie en Prusse.
Cette nouvelle composition, appelée vulgairement et assez sottement poudre chimique, est d'une couleur jaunâtre. Sa combustion laisse une légère fumée qui se dissipe promptement et permet au mineur de reprendre son travail MDs perdre de temps. La poudre de M. Schultze est une iorte depyroxyle dans la composition duquel entre du bois de saule, de peuplier, d aulne, de pin etc., soumis à la dislillatioa sèche, c'est-à-dire distillé en vase clos et à . fabri du contact de l'air. Le charbon qui en sort, et qui est aussi pur que possible, est scié en plaques perpendieolaves aux fibres, puis réduit en grains pour être traité iridde azotique à peu près comme le fulmi-coton.
n résulte d'essais faits en France, par ordre du goulemement, que le nouveau produit renferme les prinifCB constitutifs de l'ancienne poudre, à l'exception des jirties nuisibles ou superflues. La fabrication n'offre de
f danger qu'à sa dernière période, période fort courte, pendant laquelle travsôllent seulement un petit nombre
81 CHAPITRB II. — nV^ SECTION.
d'ouvriers. 0 sufiU alors d emmagasiner séparément les divers éléments de la composition , sauf à les mettre ea contact au moment de s'en servir; elle se conserve et m transporte alors sans danger. Elle n'éclate que qaiod elle est renfermée dans un espace bien clos ; exposée i Fair libre, elle brûle avec une belle flamme, mais mi explosion.
M. Scbultze affirme que sa poudre est d'un prix inKrieur à celui de lajpoudre ordinaire. Des personnes fort compétentes soutiennent le contraire.
Des expériences comparatives ont été faites dans plor sieurs mines prussiennes et ont donné des résultats biefl divergents. Dans les salines de Stassfurtb , trois partiel du nouveau composé donnaient autant d'effet que dix de l'ancienne poudre. Et, à Saarbrûcken , la dislocation de rocber par la poudre chimique exigeait des cartouekes de 0.31 m. de longueur, tandis que, pour un massif de même volume , cette longueur pouvait , avec la pondre ordinaire, être réduite à 0.23 m. seulement.
Cependant on s'est accordé dans ces deux localités k reconnaître que les fumées et vapeurs du nouveau prodoit sont moins incommodes et moins abondantes que celles de la poudre au salpêtre. A Stassfurtb les parois de sel étaient beaucoup moins colorées par les acides de la déflagration.
Poudre de mine de MM. Schaœfferet Biidenberfft à Magdebourg.
Ce produit détonnant, simple modification de lapovdre ordinaire , a été essayé dans divers centre» miniers de l'Europe. Les auteurs en proposent deux espèces : Ytm% leiite , pour les roches tendres » compactes et non fifew
réei; l'autre fon vive , pour les roches réfractaires et crevassées, dans lesquelles les gaz ne doivent pas avoir Is temps de s'échapper par les fentes avant d'avoir produit leur effet de dislocation .
Voici les proportions respectives des éléments dans duque espèce :
Poudre lenle Poudre vive
Aiotate de potasse 78 82
Soufre 8 5
Charbon iO 10
Tvtrate de potasse et de soude. 4 3
Oovoitqu elles contiennent 16 à 20 ''/o de salpêtre de plus fw la poudre ordinaire : d*où production d'une plus forte iBiBpérature et, par suite, plus grande expansion des gaz. U chaiton de bois et le soufre étant, au contraire, en iroportion moindre de moitié , il en résulte un plus petit vriome de fumée et de gaz irrespirables. La crème de tartre a pour but d'accélérer la combustion du charbon , dn que celui-ci ne soit pas projeté hors du fourneau mot d'être brûlé , ce qui déterminerait la production de hfafflée.
Des expériences comparatives ont été faites, en 1863, dios les travaux des mines de Nœux , Pas-de-Calais, par MM. de Braquemont, directeur de rétablissement, et (kmce , ingénieur du district. Quatre fourneaux de mine, pircés dans le mur de la couche S^-Gonstant, ont donné, fc l'avis des mineurs présents , « des résultats au moins
> aussi satisfaisants qu ils auraient pu l'être avec la poudre
> ordinaire. La fumée était faible, se dissipait facilement
> et ne répandait qu'une légère odeur. r> Vautres essais, plus favorables, ont eu lieu, en 1864, aux
de fér d*AItenberg, en Styrie, par ordre du ministtn des finances de Vienne. Les galeries de travail étaient
80 CHAPHRE II. — IIl"^ SEGTI05.
percées dans un grauwacke très-compacte, renfermant u filon de ferdeO.lGm.M. Jung, directeur de rétablissemeii qui avait installé des ouvriers de telle façon qu'ils pou valent travailler alternativement avec l'ancienne poudre ( avec la nouvelle , a observé les effets utiles suivants :
Deux mineurs ont abattu, en 21 jours, 5.65 mètn cubes en employant 5.37 kilogr. de la nouvelle poudre ensuite ils ont arraché, en 23 jours 3.77 mètres cuIn avec 8.40 kilogr. de l'ancienne. Ce qui fait, à Tavantai de la nouvelle composition, un travail de 57 pour cent( plus.
M. Jung ajoute comme conclusion que :
Cette poudre, beaucoup plus énergique que l'ancienni n'est pas plus dangereuse à manipuler. L'explosion étai plus lente, le combustion est plus complète, la funu moins volumineuse et non suffocante comme celle de poudre ordinaire, circonstance notable au point devi de la ventilation. Enfin le rocher se détache en plus gn blocs, ce qui est d une grande importance quand il s'^ des couches de houille.
MM. Gille et Boucher, ingénieurs attachés, l'unàradtB nistration gouvernementale de la Belgique , Tautre à société de TAgrappeet Grisœil, ont constaté que la poud de MM, Schaeffer et Budenberg est plus énergique que poudre ordinaire et que sa fumée , moins intense , a u odeur moins suffocante. Les essais des ingénieurs ( porté sur une quantité de 150 kilogr. de la poudre question.
M. Gernaert, actuellement inspecteur général ( mines belges, chargé par M. le Ministre des travî publics d'examiner les propriétés de cette poudre qu à son emploi dans les mines, s'est livré à des expérien dans le tunnel du Hazard (vallée de la Vesdre) et d
les traTaux qai y font suite. Il était accompagné de MM. les ingénieurs Mueseler et Geoffroy. D*abord brûlée à Tair libre , elle « a donné une flamme
> très-intense et brillante, presque pas de fumée, ni 9 d'odeur et la combustion s'est faite en fusant avec un
> peu de bruit et comme progressivement d'un point de
> la masse à Tautre. Aucune projection d*étincelles. » Alors des essais comparatifs eurent lieu au jour et à
fintërieur des travaux.
Au jour , la roche entamée était un calcaire stratifié, de résistance moyenne ; des charges très-faibles produisirent des effets considérables et les roches furent profondément disloquées sans projeter de fragments.
A Imtérieur, les trous de mine avaient été percés sur ks parois de la galerie & environ 600 mètres de son
M. Gemaert résume comme suit les résultats des diverses expériences qu'il a faites. :
« La poudre de MM. SchsBffer et Budenberg donne une » fumée beaucoup moins abondante et moins nuisible » que celle des poudres ordinaires.
» Cette poudre, employée dans les conditions voulues, » eu égard à la solidité de la roche , à la profondeur du » trou et au poids de la charge donne des résultats plus » satisfaisants que ceux qu*on obtient avec les poudres » ordinaires. Les expériences ont été faites avec la » qualité désignée sous le nom de poudre lente ; son » emploi dans les travaux d*exploitation n*exige aucune » précaution particulière ».
Les résultats observés en Styrie semblent exagérés et Ton doit supposer ou qu'il y a eu une erreur d'appréciation ou que des circonstances étrangères à la substance ont influé sur l'effet obtenu.
88 CHAPITRB II. — III* SBCTION.
On ne peut dire que ce composé représente un perfectionnement'sérieuxy si ce n*est sous le rapport de la fumée et de rôdeur. Son prix est plus élevé que celui de la poudre ordinaire, de 13 fr., en moyenne, au quintal métrique.
Nitroglicérine, ptjroglicerine, huile explore, trintrine , trinitroglycérine ou poudre liquide.
La composition de glycérine et d*acide azotique est un liquide explosif auquel on a donné par métonymie le nom de glycérine. Les propriétés de ^ce liquide sont les suivantes : il est jaunâtre, avec Taspect de Fhuile de pétrole non rectifiée ; sa densité est de 1.6 ; il est insoluble ou du moins assez peu soluble pour pouvoir être employé dans Teau. On assure que cette substance se conserve indéfiniment sans altération, et ne peut être décomposée à la température ordinaire , même sous l'influence du phosphore ou du potassium. On peut, sans danger, porter sa température à 100 degrés, Fexplosion n'ayant lieu qu'à 180.
La nitroglycérine placée au contact d'un corps incandescent, tel qu une allumette enflammée , se décompose avec pétillement et flamme, puis s*éteint dès que ce corps est retiré ; il n*y a d'explosion que quand le liquide est placé dans certaines conditions particulières.
L*huile explosive détonne aussi par le choc; une goutte étant jetée sur une enclume et étendue avec le doigt, il suffit du choc d'un marteau pour produire une détonation comparable à celle d'un pistolet , mais seulement au point de contact du marteau , car les parties voisines ne participent pas à la déflagration.
Pendant la détonation il ne se produit ni fumée, ni
flamme, mais seulement une lueur pâle, semblable à celle du phosphore.
La nitroglycérine dénote des propriétés toxiques par de violents maux de tôte qui affectent les ouvriers appelés à la manipuler. Cette souffrance dure plusieurs heures.
Pour obtenir cette substance fulminante, il faut faire un mélange, à volumes égaux, d'acide sulfurique et d'acide azotique concentré et y verser la glycérine goutte à goutte.
Les produits de la combustion sont:
En poids, En volumes, Vapeur d'eau . . 20.00 554
Acide carbonique . 58.00 469
Oxigène. . . . 3.50 39
Nilrogène . . . 18.50 236
Ge^ gaz formant un volume à peu près égal & 1300 fois le volume primitif du liquide , il est permis de conclure que, à la haute température de la déflagration, ils produisent une pression de 10.400 atmosphères.
Il y a déjà longtemps que la glycérine a été découverte par Scheele, le savant chimiste suédois. 11 y a plus de 20 ans que M. Chevreul, en étudiant les corps gras, a découvert la nitroglicérine. D'abord on regarda comme impossible de l'utiliser puisque le contact des corps incandescents ne pouvait déterminer l'explosion et que le choc n'agissait que dune manière locale. D'ailleurs sa préparation, même en quantité minime, pouvait occasionner de graves accidents, ainsi que l'expérience l'avait prouvé. Grâce à H. Nobel , ingénieur suédois, ces obstacles disparurent et la nitroglycérine put être employée comme poudre de mine.
90 CHAPITRE II. «^ m* SECTION.
Le premier perfectionnement consista dans une addition du liquide explosif à la poudre ordinaire qui devint 3 à 5 fois aussi énergique qu à Tétat de pureté. Plus tard, on trouva le moyen d*embraser une charge de glycérine sans aucun mélange, comme on le verra ci-après. Les essais faits à la forteresse de Garlsborg et aux environs de Stockholm ayant prouvé que la nitroglycérine ainsi traitée pouvait être appliquée avec grand succès au tirage des roches, une société se forma (1864) en Suède, pour l'exploitation , en grand, du brevet de M. Nobel. Peu après , de nouveaux essais eurent lieu dans les principales localités minières de FEurope.
Dans son état actuel , le tir des mines par la nitroglycérine est une opération simple et pratique ; il exige l'emploi d*un détonneur et d'une capsule à forte charge. Le détonneur consiste en un tube ou cylindre en bois de 0,09 m. de longueur et d*un diamètre un peu moindre que celui du fourneau de mine ; il est traversé , suivant son axe, d'un trou de 8 millimètres de diamètre qui, à la partie supérieure, se réduit à 5 millimètres. DansTorifice le plus étroit est introduite une mèche de sûreté, assez serrée contre les parois pour qu'elle ne puisse pas se séparer du détonneur pendant les diverses manipulations; le vide restant au-dessous est rempli de poudre vive , maintenue en place par un bouchon de liège.
Les capsules ne diffèrent de celles des armes à feu que par une quantité de fulminate plus considérable.
La charge s'effectue rapidement et les matières de bourrage ne sont antres que du sable ou de l'eau. Quand on emploie le sable, si les roches sont fissurées , on doit glaiser les parois du trou, c'est-à-dire, les revêtir d'une couche d'argile (i) qui empêche l'huile de s'échapper;
(1) Cette opération a été décrite dans le Traité de l'Exploitation des mines de houille. Tome I, §S 120 et 125.
alors on verse celte dernière au fond du trou ; on y descend le détonneur,en le disposant de manière qu'il puisse flotter dans le liquide; puis, afin d'éviter Taccès de Tair, on fait couler, dans le fourneau, du sable sec, dont on le remplit jusqu'à lorifice, (PI. IV, fig. ^3). — r. Roc. — h. Niveau de l'huile. — d. Détonneur. — b. Bouchon de liège. — p. Poudre de guerre renfermée dans le détonneur. — m. Fusée. — s. Bourre de sable sec.
Le bourrage à l'eau s'applique aux roches aquifères. Une capsule est adaptée d*une manière stable et, pour ainsi dire , vissée à la mèche de sûreté , afin d'éviter le contact de Teau, qui rendrait l'explosion impossible. On introduit cette capsule à travers le liquide et on l'installe à une faible profondeur dans Thuile explosive. La charge h l'eau semble produire un moindre effet que la charge au sable ; d'autre part, la combustion de l'huile y étant incomplète , les exhalaisons des gaz nuisibles aux ouvriers ne permettent pas d'employer ce procédé dans les travaux souterrains (fig. 14). — r. Roc. — h. Niveau de l'huile. — e. Idem de leau. — 7n. Fusée. — c. Capsule.
Les trous complètement submergés exigent l'emploi d'un tube en fer blanc dont l'orifice en forme d'entonnoir se montre hors de Veau, et à travers lequel le mineur verse l'huile d'abord, puis introduit la capsule au fond du trou ; cela fait, on retire le tube avec précaution, (fig. 15) — r. Roc. — e. Niveau de l'eau. — f. Trou de mine. — t. Tube pourvu d'un entonnoir. — m. Fusée. — c. Capsule. Dans ces trois cas , la disposition de la mèche exerce une grande influence sur la réussite de l'opération.
Lorsque le fourneau est horizontal ou incliné de telle façon que son orifice soit en bas (fig. 16), la nitroglycérine est renfermée dans un tube de zinc ou de fer blanc d'un diamètre un peu plus faible que celui du trou
de mine; un tube conique en bois, façonné comme un détonneur, sert de bouchon à la cartouche ;. celle-ci est placée au fond du trou, puis chargée de sable sec ou bourrée à l'argile.
A poids égal , la force du produit explosif est 5 à 7 fois plus grande que celle de la poudre de mine ordinaire et à volume égal, 9 fois. II coûte 9 francs le kilogramme.
Son plus grand avantage résulte de Téconomie de la main-d'œuvre dans le forage des trous de mine, dont il est permis de réduire notablement les diamètres , sans réduction d'effet, puisqu'une grande force peut être introduite dans des fourneaux à petite section.
En outre, cette concentration de force sur un même point laisse la faculté d'écarter les trous de mine les uns des autres et, par conséquent, d'en réduire le nombre. Il y a double économie de main-d'œuvre , et cette économie est d'autant plus grande que la roche est plus^dure et plus difficile à entamer. Enfin, la suppression du bourrage diminue la durée de l'opération.
Dans les roches naturellement fissurées, l'instantanéité de l'explosion joue un rôle fort important ; le choc est si rapide que les gaz, n'ayant pas le temps de s'échapper à travers les fentes, doivent agir simultanément. C'est le même motif qui rend efficace la bourre au sable. Et la mine n'est plus sujette à faire cano7i , comme il arrive si souvent avec la poudre ordinaire.
La propriété de la nitroglicérine de ne pouvoir détonner au simple contact du feu en rend le transport, l'emmagasinage et la manipulation sans danger.
On a cru longtemps que la roche n'était pas projetée en éclats et que les parties détachées restaient sur place ; mais il ne semble pas qu'il en soit toujours ainsi. M. Harzéi assistant au tirage d'un coup de mine dans des
grès très-consistants, a constaté que Uexplosion avait provoqué la chute d*une partie du faîte de la galerie dans laquelle l'opération avaitlieu.M. Stœsser, directeur-gérant de Grachet et Picquery, au couchant de Mons, essayant, un jour, rhuile explosive sur un bloc de calcaire de Soignies, a vu des éclats de la roche voler à des distances de 20 à 30 mètres.
L'explosion de la poudre de mine n*enlève que la partie du rocher située au-dessus de la charge ; la nitroglycérine, au contraire, agit suivant les rayons d'une sphère, autour de la cartouche comme centre, c'est-à-dire qu'elle produit des effets en retour ^ disloque la roche en avant , sur les côtés et au delà du fond du fourneau de mine et la broyé dans tous les sens. Ce fait a été fréquemment observé et plus spécialement dans les essais faits aux carrières do Hall et de Lessines par MM. les ingénieurs Amould et Gille; dans l'un de ces essais, leffet en retour a été de 0.80 m. en arrière du trou et le rocher a été fissuré sur toute la hauteur verticale de la paroi.
Cette propriété peut être fort avantageuse dans les travaux de déblai ; mais elle serait plutôt préjudiciable aux excavations souterraines , car il importe de conserver les parois entièrement intactes, dans la solidité primitive de la roche. M. Harzé rapporte , à ce sujet , que dans certaines carrières , où l'on a essayé Thuile explosive , le rendement en pavés a diminué.
Enfin, il ne faut pas oublier que presque tous les ouvriers qui se sont servis de nitroglycérine à l'intérieur des travaux de mine, ont éprouvé de fortes névralgies.
Les nombreuses expériences qui ont eu lieu sur divers points de l'Europe, pour constater la puissance de la nitroglycérine, ont été tout-à-fait concluantes; elles prouvent à l'évidence que l'intervention de cette substance
Si de nouveaux essais viennent confirmer les observations recueillies à Bochum au point de vue sanitaire, le mineur n*aura plus qu*à se mettre en garde contre les dislocations provenant des effets en retour.
Cartouches à enveloppe hydrofuge.
Les mineurs de quelques districts silésiens ont souvent des puits à foncer à travers des stratifications aquifères et des mines à tirer sous Teau, ce qui les expose à voir leurs fourneaux noyés ; dans ces circonstances ils se sont servis avec succès de cartouches rendues hydrofuges par un enduit de poix. Ils ont obtenu par ce procédé , non seulement une amélioration de travail » mais encore une notable économie de poudre.
Ces. cartouches ont été employées conjointement avec des étoupilles de Bikfort pour le fongage de puits appartenant aux mines Ferdinand et Guter Traugott, de la Haute-Silésie.
Dans le district de Zabrze,la cartouche était recouverte de boyaux de bœuf qui se déchiraient au contact des aspérités du rocher et produisaient en brûlant une odeur des plus désagréables. Les mineurs furent conduits à plonger le papier à cartouches dans une dissolution de poix dure, l'enduit ne put être arraché , on eut l'idée de Futiliser définitivement et les inconvénients signalés disparurent.
Dans le creusement du puits d'exhaure de la mine de Vereinige Trappe, district de Bochum, après avoir cherché inutilement à rendre les cartouches étanches, tantôt en les plongeant dans Thuile de ricin, tantôt en les enduisant d*un vernis au copal, on eût recours à une enveloppe en papier de gutta-percha , dans laquelle l'extrémité infé-
rieore de rétoupille pëaëtrait de 4 à ÎS centimètres. Cette cartouche, moins coûteuse que celle de fer blanc, n*est pas, comme celle-ci, sujette à se détériorer par le bourrage et ne possède pas cette inflexibilité qui contrarie Fintroduction dans le fourneau.
MM. Hasson et Pézieur, de Lyon, fabriquent, sous le nom de papier-toile^ un produit qui remplace la toile cirée et convient parfaitement à la confection des cartouches qui doivent être imperméables à l'humidité. G*6st un tissu de chanvre ou de coton renfermant un à quatre fils par centimètre carré ; sur chaque côté de ce canevas sont coDées, avec de Tamidon ou de la farine, des feuilles d'un papier mince, mais solide, enduites, à l'extérieur, d'une couleur à l'huile. Donc, en d'autres termes, deux feuilles de papier entre lesquelles est interposé un tissu fort large, mais suffisant pour leur donner une grande solidité, tel est le papief toile. Cet ensemble est léger, flexible, durable et imperméable à l'humidité ; son prix, de moitié moindre qne celui de la toile cirée d'emballage, varie de 30 à 60 centimes le mètre carré, suivant la solidité du tissu interposé et le nombre des couches de couleur à Fhuile dont ks surfaces extérieures sont revêtues.
M. Copeland a présenté, à la dernière exposition de Londres (1862), des cartouches imperméables à l'eau, destinées aux roches humides ou aquifëres: Ces cartouches, ■nnies de fusées de sûreté, sont formées d'une enlàappes de gutta-percha , offrant, à leur base, un de résistance. Elles portent, à leur partie supé- ^ un tampon élastique qui, se trouvant interposé la poudre et le bourre, non seulement augmente Tmtasité de l'action , mais encore protège la substance oplQ8Ê?e ccmtre les efiêts destructifs du bourrage et contre finflammation prématurée qui est due quelquefois à Tin*
98 CHAPITRE n. — m* section.
troduction trop brusque de la première pelotte d'argile dans le fourneau. Le filet de poudre de fétoupille est aussi renfermé dans un tube en gutta-percha.
Étoupilles de Bickford ou fusées de sûreté.
Depuis la publication de la première partie de cet ouvrage, de nombreuses expériences ont été faites, dans presque tous les pays de mines, sur les étoupilles de Bickford. Mais les résultats quelles ont donnés et les appréciations dont elles ont été l'objet ont offert, selon les localités, des divergences remarquables.
En Belgique, si ces étoupilles sont dun usage général dans la province de Liège, elles sont loin de jouir de la même estime au Couchant de Mons, oii les mineurs les regardent comme la cause d*une certaine catégorie d'accidents : par exemple , les longs feux, suivis 4'explosions au moment où les ouvriers recherchent la cause du retard ou sont occupés à décharger le fourneau. Ils leur reprochent de se plier dans les trous et d'engendrer ainsi les ratées. Et ils se bornent à les employer dans les roches humides ou noyées.
En Angleterre , on en fait un usage exclusif dans les mines métalliques de Cornwall,du pays de Galles, du Derbyschire , où Ton a constaté que le nombre des accidents dérivant de l'explosion trop prompte des coups de mine se trouve réduite à 90 7o, pendant que l'économie s'élève à 20 7o , comparativement à l'emploi de Tépinglette. Dans les mines de houille, l'ancien procédé subsiste encore généralement.
En France , où l'expérience semble avoir donné les mêmes résultats, quant aux accidents, on pense que Téconomie de poudre est de 40 %
TIR À LA POCORE. 99
Les essais comparatifs qui ont eu lieu dans les divers districts de la Prusse ont fourni des résultats peu concor-. dants quant aux roches sèches. Car dans les roches humides ou aquifères , la supériorité est restée aux étoupilles de sûreté. En général , les mineurs allemands n ont |as trouvé qu'elles offrissent le moindre avantage sous le npport économique. Dans les mines de Mansfeld, elles entraînent au contraire un excès de dépense de 0.28 à 0.42 fr. par kilogr. de poudre employée. Le même fait se iq^uit à Siegen, à Olpe et dans la plupart des districts rhénans , westphaliens et silésiens, à l'exception toutefois des houillères de Dûren et des mines de plomb de Wohlfartes à Rescheid, oii les nouveaux porte-feu ont été reconnus comme décidément avantageux dans les roches sèches ou humides.
Mais sous le rapport de la sûreté, il y a unanimité dans tous les districts. Et en effet, depuis remploi de M fusées, la statistique prussienne ne constate , pour le Invailde plus de cent milleouvriers mineurs, qu'un nombre fi)rt restreint d'accidents par explosions intempestives , lavoir : deux pendant les années 1851 , 52 , 53 et 54 ; un en 1855 et /rois en 1856.
En Autriche, les étoupilles de sûreté étaient d'abord de provenance anglaise ; puis on en a fabriqué à Jennbach (Tyrol) , à Windchacht près de Schemnitz (Hongrie) et à Tienne, chez MM. Winkler, qui pour le tir sous leau les recouvrent d'une couche de poix. Gomme en Prusse, les iiisoltats ont été fort divergents : dans les mines domaniales de la Haute-Hongrie , on a constaté par des essais comparatifs que, provenant d'une bonne fabrication, elles placent l'ouvrier dans des conditions de sécurité presque absolue et qu'elles permettent de réaliser une notable économie de poudre. Il en a été de même dans les mines
100 CHAPITRE. 11. — III* SBCnOX.
méUlliques d'Autriche « dans les salines du Tyrol et du les exploitations limitrophes de la Bavière.
Au contraire, dans les mines de Traibram en Bohâmi les résultats ont été déSsivorables au nouveau portf^-fei On y a reconnu, il est vrai, qu il préserve les ouvriers é danger des explosions intempestives, pendant le bourrage mais la déflagration de la cartouehe subissant asseï soo vent un retard considérable, ce retard qui peut durer di minutes, est une autre cause de danger pour Touvrier toujours disposé, comme on sait, à se rapprocher di fourneau sans avoir la certitude que le feu soit éteint. El outre, sur 1609 coups de mine, 26 ont raté et 434 om éclaté sans produire Tefiet utile qu'on était en droil d'attendre, tandis que, par l'emploi des fétus, il n'y aei aucune mine ratée et 392 coups seulement sont mal partis. Enfin, la dépense annuelle aurait été majcwée de plus de 9000 francs.
En Saxe, les deux procédés ont été mis en prësenee dans le percement successif de deux tronçons d^une méfloo galerie, auquel on a consacré des temps égaux. Les étoupilles ont fait preuve d'un surplus d'effet utile di 00 ''/o. On a fait dans ce travail une observation tsstf remarquable : c'est que Teifet du tir est complet lorsque l'étoupille est disposée de manière à atteindre le foad de la cartouche et que l'extrémité supérieure est au ras de l'orifice du trou.
Dans la partie hanovrienne du Hartz,^ les essais ont démontré que la sûreté des ouvriers et l'économie de poudre ne résultent pas toujours de l'emploi des nouvelles fusées ; car c'est à ces dernières que l'on a attribué des dépenses de 22000 et de 36000 fr. pour les deux districts de Glausthal et de Zellerfeld, outre un travail pltts< cooiîdérable réclamé du mineur, qui avec Tétouj^lle n» peut
TIB A lA POUDRE. 101
ouner qae deux trous, taudis que, dans l6 méuie temps, ipinglette lui permet d en bourrer trois. Enfin, dans ces MStlités , des plaintes fort vives se sont élevées contre la itiation de Tatmosphère des excavations par les fumées tufléabondes que dégage Tinflammation des fusées. Les expériences faites en Russie ont assez bien concordé avec celles de Przibram. Les ingénieurs ont reconnu rumocence des étoupilies pendant le bourrage; mais ils ont bomné que la lenteur de la combustion dans les boute-feu fane certaine longueur rend cet avantage fort problématifae, k cause de l'incertitude de Touvrier, incapable, si la oonbustion vient à cesser, de connaître le moment précis obeet accident a eu lieu. Ils n*ont pas observé, d'ailleurs, ^ela dépense fût moindre que par femploî des fétus ou des roseaux.
Observations sur Vemploi des fusées de sûreté.
Les résultats si disparates, rapportés ci-dessus, semblent trouver leur explication dans la diversité des points de TDS tous lesquels les ingénieurs ont envisagé la question ; ans la différence des localités, des gisements et des lidiitodes. Quant aux divergences d'opinion sur le côté économique, il n'est possible de s'en rendre compte que pir Fignorance du mineur sur la quantité de poudre qu'il (kât mettre dans la cartouche pour produire un effet donné; incapable de garder des limites convenables , il Bède à une tendance naturelle qui le porte à exagérer les bies ; dès lors on ne peut plus comparer les éléments principaux de la question.
Mais une chose étonnante, c'est que la généralité des ii^;émeors allemands se refusent à reconnaître aucun avantage économique à l'emploi des nouvelles fusées et se
102 CHAPITRE II. — m* SECTION.
trouvent, sur ce point, en opposition flagrante avec les Français et les Anglais. II est à supposer que les essais faits en Allemagne n*ont pas été généralement entrepris dans le but de faire ressortir l'extension de la sphère d'action ou l'augmentation de l'efTet utile des coups de mine tirés avec Tétoupille de Bickford. Cependant on a vu que les ingénieurs saxons ont vérifié un excédant d'effet utile de 10 pour cent en faveur du nouveau procédé.
Est-il possible, d'ailleurs, que la suppression du canal d'embrasement, que le rôle de l'étoupille cbarbonnée comme obstacle à la déperdition des gaz élastiques, que la transmission de la flamme au centre de la cartouche, oii elle engendre une déflagration simultanée, que la suppression de la dépense de poudre appliquée à la préparation des roseaux et des fétus , est-il possible que toutes ces améliorations ne soient suivies d'aucun avantage?
Les fusées de Bickford sont géréralement l'objet des critiques suivantes :
On ne peut pas les visiter pour s'assurer de leur bonne fabrication, sans laquelle la combustion est parfois si rapide que le mineur n'a pas le temps de se mettre à l'abri. A cela l'on peut répondre que la fabrication s'améliore tous les jours.
Dans le tir des trous peu profonds, le feu mis directement à l'étoupille de la meilleure qualité se transmet trop promptement h la cartouche. Si Ton communique le feu par l'intermédiaire d'un morceau d'amadou ou d'une mèche soufrée, il arrive, quoique bien rarement, que la mèche où l'amadou brûle entièrement sans enflammer l'étoupille , ou bien carbonise celle-ci longtemps avant d'atteindre la cartouche , d'oii résultent des retards de dix et quelquefois vingt minutes fort dangerereux pour les mineurs»
eomme on Fa vu plus haut. Mais ce danger existe toujours, quel que soit le procédé de mise à feu.
Dans le fonçage des puits , lorsque le mineur vient de mettre le feu à la mèche, si le vase d'extraction ne s*élève pis immédiatement, les mineurs ne peuvent ni éteindre, ni arracher Tétoupille.
Les étoupilles produisent des gaz nuisibles aux organes & la respiration ; mais ces gaz se dissipent facilement et o*(mt d'inconvénients réels que dans les mines où un dé&ut de ventilation rend Tair stagnant.
M. Pape, bergmeister, à Zellerfcld (Harlz hanovrien), idresse encore aux étoupilles le reproche suivant: (i)
II regarde comme fort difficile de serrer suffisamment les derniers décimètres du bourrage d'un trou foré dans des roches dures et compactes, sans l'intervention de Fépinglette qui sert de guide au bourroir; en sorte que souvent, la bourre n'offrant pas une résistance en rapport svecles effets de la poudre, la mine fait canon. Ce fait, dit-il , s'est produit dans des circonstances identiques à d'autres dans lesquelles le bourrage avec l'épinglette avait eu un plein succès.
Uaobsen'é que, pour le bourrage des trous horizontaux 00 faiblement inclinés, il faut, avec les étoupilles, deux lK)mmes, et un seul avec les épingleltes.
Le manque de rigidité des premières ne permet pas de ieorrer plus de deux trous pendant qu'on en bourre trois arec les secondes.
Enfin, par le nouveau système, le bourrage simultané de plusieurs trous voisins office des inconvénients. Il est d^k arrivé que l'extrémité d'une étoupille saillante au ddiors de Torifice d'un fourneau a été coupée et enlevée
(1) Bergwerksfreund, Bd. XVIl, n* 11.
104 CHAPITRE IL — m* SECTION.
par les éclats de la roche du coup le premier parti , quoique cet orifice eut été soigneusement recouvert d'argile.
Cependant il est peu de personnes qui contestent aux fusées de Bickford les avantages dune sûreté à peu près absolue dans les manipulations relatives au tir à la poudre.
L'utilité des fusées est incontestable pour les trous profonds , dans lesquels la projection du fétu embrasé ne saurait atteindre la cartouche.
Dans les roches aquifères» le bourrage et la mise à feu deviennent faciles et moins dangereux que par l'emploi de l'épinglette. Le tir sous l'eau est désormais praticable. Ainsi nous possédons le moyen le plus convenable pour agir au fond des puisards , foncer les puits à travers les stratifications plus ou moins aquifères, etc.
Fusées de sûreté imperméables à Veau.
Dans le but d'appliquer les mèches de sûreté aux roches pénétrées d eau » M. Davey , associé de H. Bickford, les trempe dans une matière qui les protège contre l'influence de l'humidité. Voici comment s'efièctue l'opération : On verse la substance hydrofuge dans un vase, en forme d'entonnoir, ayant à sa partie inférieure une section un peu plus grande que celle de l'étoupillle. Cette substance, composée d'une partie de poix-résine, d'une de poix de Bourgogne et de quatre de gutta-percha, est^ préparée dans une chaudière chauffée à la vapeur. Un^^ partie de cette vapeur est dérivée à l'aide d'un tuyau poo^rentretenir la chaleur dans le vase-entonnoir. L'étoupill^ ^ dégagée , au moyen d'une manivelle , d'un cylindre 8iA.^r lequel elle a été bobinée, passe à travers Tentonnoiri o^
elle reçoit Fenduit ; au sortir du vase, elle se rend sur une poulie plongée dans un bain d'eau froide et vient s'enrouler sur un tambour de grand diamètre (i).
On a fait récemment, aux fusées de M. Bickford, une modification qui consiste à changer la nature de Tenveloppe c'est-à-dire à renfermer le filet de poudre dans un tube de plomb, d'étain ou d'un alliage métallique mou et à revôtir extérieurement d'un fil grossier. La société de Wadebridge qui fabrique ces nouvelles fusées (patent metallic fuzes) les a fait connaître, à la dernière exposition de Londres.
Nécessairement plus coûteuses que celles de Bickford, elles possèdent une rigidité qui les empoche de s'entasser dans le trou, d'être écrasées ou coupées par le bourroir; elles n'exposent donc pas les mineurs aux accidents que l'on attribue aux explosions tardives. Les membres de l'association des mineurs du Cornwall et du Devon ont parlé favorablement de cette nouvelle invention; mais comme elle n'a pas encore subi l'épreuve d'une asse^ longue expérience, on ne peut guère se prononcer actuel* lement en entière connaissance de cause.
Nouvelles fusées de sûreté.
Le prix élevé des étoupilles de Bickford et la lenteur avec laquelle elles transmettent l'embrasement ont engagé MM. Gomez et William Mils (2) à rechercher les moyens d'en fabriquer d'une nouvelle espèce, moins coûteuses et plus sûres.
La masse explosive se compose d'un mélange de chlo-
(i) ArmaDgaud, Oénie industriel Décembre 1853, page 327. (!) Rcpertor^ of patent inventions. Vpl. 38, p. W7,
106 CHAPITRE n. — Ilf SECTION.
rate de potasse en poudre fine et de ferro-cyanare de plomb (i). On délaye ces deux substances dans de Tesprit de vin, de façon à obtenir une bouillie claire, qu*on étend, à Taide d*un pinceau, sur d'étroites bandes de papier ; puis on enveloppe celles-ci d*un fourreau ou étui fibreux, enduit de poix-résine, qui les préserve de l'humidité. Les bandes de papier ont une largeur de 2.8 millmètres. Il suflSt de 0.13 grammes du mélange explosif pour fabriquer une fusée de 0.30 m. de longueur.
Les nouvelles étoupilles prennent feu même quand elles sont légèrement humides. Et quand elles le sont entièrement, il suffit de les sécher pour qu'elles reprennent toutes leurs propriétés.
Le mélange de chlorate de potasse et de cyanure de fer plombique, qui peut aussi être employé comme poudre à tirer, ne détonne que s'il est placé entre des surfaces dures ou soumis à une forte percussion. Lorsque la masse explosive qui compose les étoupilles est embrasée à lune de ses extrémités, la combustion se propage avec une rapidité extraordinaire. Le feu ne se communique jamais à l'enveloppe, mais seulement à la poudre ; et celle-ci ne brûlera que sous forme d'une masse, sans quoi la rapidité de l'explosion la disperse; mais réunie en une cartouche et renfermée dans le fourneau, elle s'enflamme infailliblement. Quand l'éloupille ne provoque pas une explosion instantanée, c est que, défectueuse dans l'une de ses parties ou n'ayant pas été convenablement disposée, elle s'est éteinte ; et le mineur peut, sans danger, revenir sur le coup et remplacer la mauvaise fusée par une autre.
(i) Le ferro-cyanure de plomb s'obtient par la précipitation d'une solution d'azotate de plomb et d'une solution équivalente* de ferrocyanate de potasse. Les ferro-cyanures d'étain, de zinc, etc., peuvent être substitués à celui de plomb, mais ce dernier est préférable.
TIR A LA POUDMS. 107
Emploi des actions électriques et voUdiques pour la mise à feu des coups de mine.
Les procédés exposés jusqu'à cette heure pour la mise à feu des coups de mine ne laissent pas que de renfermer de grands dangers pour la vie des ouvriers. Il n'y a aucun moyen de se prémunir contre les suites d'une explosion prématurée ou tardive; le coup, peut partir avant que le mineur ait eu le temps de se mettre en sûreté ; dans le fonçage des puits, le signal n'est pas toujours suivi de l'ascension immédiate du cable; dans Thumidité, le coup peut manquer, d'où une perte de travail ; le tir sous l'eau présente de grandes difficultés et peu de chances de réussite; enfin, Fembrasement simultané de plusieurs coups de mine est impraticable et les moyens proposés à cet effet n'atteignent pas le but, si l'on en croit les expériences d'un grand nombre de praticiens.
Mais les actions d*électricité, statique ou dynamique, qu'il est possible de produire dans la cartouche elle-même, fournissent les moyens d'écarter la plupart des inconvénients inséparables de toute espèce de fusée. Tout danger disparait. Les étincelles provenant du bourrage ne peuvent atteindre la poudre renfermée dans un espace isolé et complètement fermé (ce qui, pour le dire en passant, exercé en outre une grande influence sur l'énergie de <Ie rexplosion ) ; dans le fonçage des puits, on ne met le feu que quand les mineurs ont été élevés à une grande hauteur au dessus du fourneau , de sorte que leur sul'été est indépendante de la marche si lenle des manèges, que Ton emploie souvent pendant les cent premiers mètres de fonçage ; aucun accident ne peut retarder, ni avancer l'explosion , attendu que le feu se dénote directelaent dans la cartouche , sans aucun intermédiaire, et au
moment voulu, ainsi It certitude de la mise à fea ne dépend plus de la fabrication plus ou moins imparfaite d'une fusée ; enfin Tinflammation simultanée de plusieurs trous, condition si importante dans certaines circonstances, devient simple et pratique, pourvu que Ion s'astreigne aux précautions voulues.
L'emploi de Télectricité semble favorable à la rapidité du travail; car la charge de poudre n'est jamais en rapport exact avec la résistance, presque toujours au contraire elle est exagérée; alors Taction disloeante superflue se porte sur les roches voisines. La fissuration des parties extrêmes, situées à la circonférence de la sphère d'action, n*est qu*ébauchée par le premier coup de mine, puis subitement complétée par le concours des fourneaux les plus rapprochés ; de manière que quelques mines simultanées et bien disposées peuvent suffire à rabattage d*un massif qui aurait exigé un bien plus grand nombre de coups isolés. En d*autres termes, la simultanéité des coups de mine augmente leffet de chacun d'eux, en ce sens qu'il permet d'élargir, dans une certaine mesure , la distance qui dépasse les fourneaux destinés à détacher une masse de roches.
On peut considérer cette méthode comme éminemment applicable aux rochers qui se déchirent bien , principalement aux schistes houillers.
L'idée de mettre à contribution l'électricité pour l'embrasement des coups de mine est due à Franklin. Les premiers essais datent du milieu du siècle passé. De gigantesques travaux avaient été exécutés par cette méthode , lorsque les mineurs songèrent à l'utiliser. Malheureusement, jusqu'à cette heure, les frais se sont trouvés hors de proportion avec les résultats obtenus, même dans les cas où l'on avait à faire partir une grande
TIR A LA PODDRS. 109
9uaxidtë de coups simultanés. Aussi les Dombreuses applications du tirage électrique ont-elles eu, pour objet, des mines de fortes dimensions» plutôt que des séries de petites opérations, souvent répétées, comme en réclament les travaux souterrains.
X^ans les essais tentés jusqu*à présent , le mineur a mis ^ c^onlribution presque tous les moyens que fournissent l^es théories de la physique. Il s*est servi des machines ^l^^ctriques, simples ou accompagnées de la bouteille de L^ï^fde ; des courants voltaïques résultant d'un circuit ; ^^^ courants d*inductions dérivant d*un courant principal ^>^* d'un aimant énergique, c'est-à-dire des appareils d'incluftctioQ électro-magnétique.
Ces divers moyens ont tous déterminé l'explosion des I>oudres faciles à enflammer. Chacun d'eux peut être ^ir^2 ployé dans certaines limites, mais aucun n'est assez I>^v:*&ctionné pour qu'on doive lui accorder la préférence ^^^v les autres. Cette question, objet d'études suivies en ^a^since, en Autriche et en Angleterre, où chaque jour on >3[X<3difie et simplifie les appareils, trouvera probablement ^^^>< solution satisfesante. En attendant, voici quelques ^^«nples remarquables de la mise en pratique de divers I>x*océdés:
^ploi de Vélectricité statique dans les carrières 'impériales d'En^elberg, de Brunn et de Fischau.
Ces carrières sont situées à deux lieues de Neustadt, ^^is une chaîne de montagne de calcaire coquiller qui *^^rne, à l'ouest, la vallée du chemin de fer de Vienne au
EUe» fournissent les pierres à chaux, les
^^oçnonsjes pierres de laillo et les marbres rouges» bré- ^lù£)rm£s et au^ires^ qui seneiit à la construotio&de l'école
110 CHAPITRE 11, — III* SBGTION.
miUuire d6 NeusUdt. On y fiât usage de rélectrieité statique pour mettre le feu aux mines. L'appareO est r^i^MT^isentë par les figures 17 et 18 de la Planche IV.
Une petite capsule en bois, surmontée d^une baguette rsi à moitié remplie d un mélange fulminant composé, par pattiee essaies, de chlorate de potasse et de sulfure d*antiafeoiM pulTérisés ; ce mélange est préservé de la di^ersioa par une petite pelotte de coton non filé. LTorifice de la <n|i$ale e$t fermé par un bouchon fixe à rextréaité dit la hijpieile. Sur les deux cAtés of^M^és les pins bises ^ ome b^pieue* dont la longueur est ea rapport ame ta pffcetwidear du ln>u de mine« soat ] atODK !o«2fir^3ales destinées à loger di» fi^ < M isù». ST^i soat tttin:eûas ea pcaw et tsQ£és j f^ enittû ie c^ jaoae* de eoô«!fAfiae <c appiiiç&e à càttai. Uexsreiaitè liSsmr as £$ aiv:^ Mittfcr^ Cio^a cap$;M. Ci^ acr^ iir iicnt çi» i» v&mx tcù::» rbtfL&su «a concact.aiL 4 iuc 3IQSV Tstcnf eues x:ie ÙLne àf caxîf f ^oaiaHiir iff iicni i afcîcrv esc^ eiàs ùi âsomae svEgnae çDf 3jgmnftlff ifieccruçitf i« ianics en amaoc à x»-
rar*:7TTi^ ffTiîimfgy? u iii!ssi:> iif Tirin:» m. Inirwi « SBL iffsinHy X » rsiiisr sec £s^ ^jinnasana ii 'râesrr^itr
.âsSh zirsesia smr T-^-iL-i^rs xamin ni âamam &k x:TcaïiiissrT :ïâItf--2. -^ori; ù i. iU i $>^ 3L Ca :
iTKnipaî^ '«lus.
irausET ^ imoiEs — 31
naire — dans les trous de mine, sans cartouche; on plonge la capsule dans la charge ; puis on recouvre celle*ci d'un mince lit de sciures de bois* d'herbes sèches, etc., afin de prévenir le contact et le mélange de la poudre et du sable de la bourre: alors on verse le sable lentement et en le remuant avec une baguette pour que les grains se juxtaposent et occupent le moins d'espace possible.
Si l'on n a qu'un seul fourneau à tirer, on attache un des deux fils d'amorce au conducteur qui communique avec la machine électrique et l'autre, à un autre conducteur, lo^ng de quelques mètres, que l'on maintient sous une pierre ; le sol complète le circuit.
La mise à feu simultanée de plusieurs fourneaux n'exige pas d'autre disposition, si ce n'est qu'il faut les relier entre eux par les extrémités des fils d'amorce de telle sorte que le second fil du premier fourneau soit continué par le premier fil du second, le second fil de celui-ci par le premier du troisième fourneau et ainsi de suite jusqu'à '^ dernière mine, dont le second fil est mis en communication avec le sol (fig. 19.)
lia machine électrique se compose de deux plateaux
cir^culaires en verre tournant entre quatre bagues, dont les
pointes soutirent le fluide, que l'on reçoit dans un accu-
'^ulateur construit sur le modèle des bouteilles de Leyde
^^ muni d'une armature extérieure. La boule d'un con-
^^eteur, mobile sur un axe et commandée par un levier à
^aîn, s'écarte pu se rapproche à volonté de l'accumulateur.
^ ^^lui-ci communique avec l'un des fils , le support des
à ^ussins avec l'autre fil. Une loge revêtue de tôle a. été
^ ménagée dans le voisinage immédiat des plateaux, afin de
\ pouvoir les y assécher, en cas de besoin, au moyen de la
m chaleur d'une petite lampe à esprit de vin.
^ Cet appareil comporte un petit volume, se transporte
112 CHAPITRE n. — ni* SECTION.
aisément etron peut Finstaller sur un pliant. H est renfmné dans un petit pavillon situé, à peu près, à égale distance des trois carrières en exploitation. Les extrémités des fils qui correspondent à ces carrières peuvent être mises en communication, à volonté et instantanément, avec Tintérieur de la bouteille de Leyde, pendant que Textérieur communique avec une large et longue plaque de zinc, premier anneau du circuit dont la terre forme le complément. Cette plaque, placée verticalement au devant du pavillon, pénètre dans le sol à une profondeur d'environ cinq mètres. La moitié des fils conducteurs sont supprimés en vertu de cette disposition qui simplifie beaucoup la manœuvre de la mise fc feu.
Celui qui écrit ces lignes a vu fréquemment allumer plus de dix coups de mine à la fois, situés à plus de 980 mètres de la machine.
Dans ces travaux, qui soqt très vastes, on s*est servi de Télectricité statique pendant près de deux ans, sans avoir à déplorer la mort d*un seul homme. Le feu était mis, à un signal donné , pendant le repas des ouvriers ; il se transmettait simultanément à tous les fourneaux de mine ; l'action s'est toujours produite, dans toutes les saisons de l'année et quelles que fussent les conditions atmosphériques.
Emploiy dans une carrière de Mœdling, de Vélectricité développée par le frottement.
La carrière de Hundskogel est située à Mœdling, dans la même chaîne de montagnes que les précédentes, mais beaucoup plus près de Vienne.
Dans cette exploitation, la mise à feu a, pour objet, des mines de 52 millimètres de diamètre, d'une profondeur moyenne de 1.90 m., avec charges de 0.56 kil.
La botte d*amorc6 consiste en une cartouche ou enveloppe cylindrique en fort carton, remplie de la composition incendiaire de chlorate de potasse et d'antimoine sulfuré ; lea fila métalliques pénètrent dans cette enveloppe par dniz de ses côtés opposés et se rapprochent suffisamment pour que Tétincelle électrique puisse enflammer le ■élange. On descend la charge au fond du trou ; puis on dépose Famorce au moyen d une baguette, à laquelle elle idhère fiûblement et que Ion retire après avoir projeté qoelgoes pincées de poudre. Alors on dame solidement mie bourre d'argile, pendant que deux ouvriers maintien- Mtles deux fils sur les parois opposées. Les fourneaux tinai préparés, on relie les fils entre eux, avec le terrain et avec la machine électrique.
A cette machine est adjoint un condenseur, qui fournit des étincelles de 52 à 78 millimètres de longueur, plus 91e suffisantes pour mettre le feu à un grand nombre de ainea. Tout l'appareil est contenu dans une caisse en Ms, très facile à déplacer, dont la hauteur est de 0.03 m. et 11 base, un carré de 0.32 m. de côté.
(Xforvations des ingénieurs autrichiens sur Vélectricité statique.
Des communications sur les diverses circonstances de ■ rembrasement des mines par Télectricité ont été adressées m à TAcadémie impériale des sciences de Vienne par M. i TooEhner, major du génie autrichien (i). ^ D'après l'opinion de cet officier, qui a fait sur ce sujet des études approfondies, les batteries voltaiques sont
(I) Sitsuungsbericht der maifiematisch-naturtoissenschaftliche CUusêderKjeUerl. Académie der Wissenschaftenzu Wien. Bd. XXI, 8eiC0e6.
moins propres que les machines électriques à la mise fc feu des coups de mine. Car Ténergie d'action dépendant» chez les premières, de la qualité et de la section des con* ducteurs employés, la production de grands effets exige des batteries colossales et coûteuses, accompagnées de conducteurs de dimensions extraordinaires ; tandis que Faction exclusivementmécaniquedes machines électriques, entièrement indépendante des conducteurs, n'éprouve plus aucune résistance de la part de ces derniers, qui, dès Ion, peuvent être des fils d'une faible section et de métaux pei coûteux.
Les observations de M. Von Ebner sont basées surdei expériences de longues durées qui ont eu lieu à Bnick, i Olmutz, à Krems et à Vienne, avec vingt appareils divers, construits sur le principe des machines ordinaires. Des résulte que l'action électrique peut se faire sentir ktoiii distance ; qu'elle peut embraser, k plus de 11 kilomètres, 50 fourneaux, placés sur une ligne de 190 mètres; que le feu s'est communiqué, sous l'eau, à des distances de 758 el même 948 mètres, à 36 charges, qui ont éclaté à des profondeurs variant de 1.25 à 1.90 m.
Les appareils électriques actuellement en usage, sont tellement minces et légers qu'un homme peut très-aisément en porter un sur son. dos, comme un havre-siCp attaché avec des bretelles. Ils sont efficaces avec certitude et difficiles à endommager. Ils ressemblent à la macluo0 ci-dessus décrite. Leurs plateaux sont en verre ou, mieOt en caoutchouc vulcanisé, qui se charge moins dliumidité; leurs frottoirs sont enduits de l'amalgame d'étain, desiflfl et de mercure, ordinairement appliqué aux maohinesélePtriques ; le condenseur, également en caoutchouc vuleinisé, est renfermé dans une petite boite au dessous de l'appareil. L'ensemble est disposé dans une caisse impe^
/néable à l'humidité, afin qu'on puisse s'en servir en plein air et même pendant la pluie.
Plus récemment, on a adopté, pour garantir les divers organes de ces machines contre les intempéries atmosphériques , une enveloppe en cuir et une toiture en tôle qu'il n'est pas nécessaire d'enlever quand on opère , les fils conducteurs pouvant être attachés à des boutons qui font saillie hors de l'enveloppe.
Les conducteurs sont des fils de cuivre, d'un millimètre de diamètre seulement, nus et polis, ou revêtus, suivant les circonstances , d'une couche de gutta-percha.
La bonté de ces appareils est attestée par la longueur des étincelles ; il suffit, en effet, d'un petit nombre de révolutions des plateaux pour faire des étincelles de 27 millimètres, preuve certaine que l'embrasement peut porter sisément à plusieurs centaines de mètres.
Machine électrique de Bornhardiy de Braunschweig. .
Les machines destinées au tir des mines ont un léger
défaut qui consiste en ce que les dépôts formés • par
Tamalgame dont on recouvre les coussins de friction doi-
wat être fréquemment enlevés, pour que l'électricité se
développe régulièrement, opération qu'on ne peut faire
sans ouvrir la caisse, même au sein d'une atmosphère
liDmide«.Ge défaut est peu sensible dans la pratique des
mines, puisqu'il est loisible, en tout temps, de transporter
fappareil au jour. dans une pièce chaude et sèche pour
nettoyer les frottoirs. GependantM. Bornhardt est parvenu
i supprimer cet inconvénient au moyen d'une préparation
spéciale du plateau en caoutchouc, préparation dont il
^sffde le secret.
Emploi de VélectricUé galvanique pour la mise à feu des coups de mine dans le département de VArdèche.
En 1851, MM. Dumas et Gastel ont fait une application pratique du galvanisme au foncage d*un puits destiné k recouper une couche de minerai de fer dans la concession * des mines du Lac, près de Prives, Ârdëche (i).
Malgré les précautions prises pour obstruer les orifices
des sources qui se déversaient dans l'excavation etF^ctioa
incessante d une machine à vapeur d*épuisement, on ne
pouvait parvenir à dominer les eaux ; aussi les travaux de
percement, exécutés au milieu d'une pluie incessante, fort
incommode pour les ouvriers, n'avançaient qu*avec lenteur,
retardés comme ils Tétaient par la difficulté de la mise ï
feu, opération que souvent on devait répéter quatre ou
cinq fois pour un même fourneau de mine, lorsque Teau,
en s*élevant, atteignait la mèche soufrée ou Tamadou. En
outre, de nombreuses chances d'accidents dérivaient de cet
état de choses, en ce que le feu pouvait couver pendant
quelque temps au milieu de la poudre humide, et le coup
partir quand les ouvriers retournaient au point d'attaque.
Ces graves inconvénients décidèrent l'administration ï
recourir à l'électricité dynamique pour la mise à feu.
Le porte-feu consiste en fils de cuivre rouge, de 0.75 mm. de diamètre, logés dans de petites gorges creusées sur les deux côtés opposés d'une baguette méplate de 0.010 m. de largeur et 0.005 d'épaisseur. Les extrémités de ces fils, dépouillés de leur gatne de gutta-percha, sont reliées par un fil de fer très-fin, qui, sous l'influence d'un fiûble courant, s'échaufie, rougit et communique le feu à la
(1) Annales des mines, 5« série, tome II, page 190.
diirge. Ce fil est assez résistant pour ne pas rompre
quand on le plonge dans la poudre ; mais son diamètre
doit être assez petit pour opposer au passage du courant
on obstacle qui provoque rincandescence. Les fils sont
tordus au dessus de la baguette, à laquelle on donne une
longueur de 0.80 m. On introduit ce porte-feu dans le
fourneau après y avoir versé les deux tiers de la charge,
(ois on coule ce qui reste de celle-ci et Ton exécute sur le
tout un bourrage soigné.
Qoant à la nature du conducteur employé, c'est tantôt
ne corde résultant de la torsion de trois fils de cuivre, de