‹ Supplément de notice, 1899, de M. J.-A. Le BelChapitre 4 sur 5 · CH · texte numérisé non relu

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j’ai obtenu un pouvoir rotatoire tout à fait satisfaisant. La culture sur chlorure étant difficile, j’ai donné [Bull. Soc. Chim. 1899, avril), un procédé de culture sur l’acétate, qui est beaucoup plus facile; j’ai fait de cette manière dans les derniers mois quatre préparations qui toutes ont donné lieu à des cultures faciles et à des pouvoirs rotatoires suffisants. J’expliquerai à la partie isomérie chimique qu’il existe deux isomères et qu’il est nécessaire de faire la séparation de celui qui est toxique pour la moisissure.

Si l’on réalise des bases qui ne diffèrent de la précédente que par le seul fait que deux radicaux sont devenus égaux, la théorie n’exige pas comme dans le cas du carbone que le pouvoir rotatoire disparaisse. L’étude de ces bases avait donc un intérêt particulier, celles que j’ai examinées sont restées inactives. — Sur les sels des bases renfermant plus de 10 atomes de carbone, je n’ai pas pu faire développer des moisissures; les expériences anciennes portaient sur les chlorures; j’ai cherché récemment en vain à entretenir la vie des microbes par l’addition de substances inactives, alcool, glycérine, acide acétique. Je n’ai pas encore essayé les cultures sur l’acétate.

Par les essais de culture, on ne peut donc se rendre compte de l’état de la question dans le haut de la série; nous l’apprendrons par les isoméries chimiques.

Isomérie chimique. — La question de l’existence des isomères chimiques a été soulevée depuis assez longtemps, mais elle émanait plutôt de l’idée que le chlorure d’ammonium est un composé d’addition formé d’ammoniaque et d’acide chlorhydrique AzH’, HCl en sorte que l’on cherchait à établir qu’il y avait formation d’un composé différent suivant la nature du radical introduit en dernier lieu; ainsi on discutait si la réaction AzR^ + R'Cl donnerait un autre produit que kl R*R' + RCl.

J’avais aussi cherché à séparer les isomères à l’état de ohloroplatinates ; j’ignorais alors que dans ces combinaisons, l’isomérie chimique, de même que l’isomérie optique, tend à disparaître; néanmoins j’ai rencontré un exemple, le chloroplatinate de diméthylamine qui présente deux formes cristallines persistant après la dissolution, pourvu qu’on opère aux environs de 10“ qui est la seule température où les deux formes se conservent. Mais sauf cet exemple où la stabilité est très faible, le parallélisme est complet et l’isomérie chimique, de même que l’isomérie optique, n’apparaît pas dans les dérivés du chlorure d’ammonium qui renferment moins de quatre radicaux.

C’est dans les premiers corps de cette série qu’on avait signalé dès l’abord l’isomérie chimique, mais comme on s’adressait à des dérivés de la triméthylamine et de la triéthylamine trop pauvres en carbone, les expériences n’étaient pas

décisives. J’ai récemment rencontré un meilleur exemple dans la base même où j’avais créé l’isomérie optique {loc. cit.). L’iodure, obtenu directement par la réaction de l’iodure de méthyle sur la triamine, avait été traité par le chlorure de plomb pour enlever la majeure partie de l’iode. Or, cette opération ne remplissant pas bien le but, j’ai enlevé l’iode par le chlorure d’argent, mais alors la culture devient impossible. Après des essais divers, le chlorure de plomb m’a permis de séparer un deuxième isomère, qui, lorsqu’on ajoute de l’eau, se précipite à l’état insoluble avec le chlorure de plomb et qui est toxique. Ici, les deux isomères se produisent en même temps, comme il arrive souvent ailleurs; il paraît indifférent que le dernier radical introduit soit le méthyle ou le propyle {loc. cit.).

Dans les derniers termes de la série, M. Wedekind a signalé un autre exemple (les radicaux substitués étant le phényle, le benzyle, l’éthyle et le méthyle) : l’auteur a obtenu, suivant qu’il introduisait en dernier lieu les trois derniers radicaux cités, deux et non trois isomères stéréochimiques. Ces corps sont très stables, et se conservent même dans les sels doubles formés avec le chlorure d’or. Par là il se confirme que les isoméries sont de plus en plus solides à mesure qu’on s’élève dans la série comme je l’avais prévu.

La facilité relative avec laquelle se produisent les isoméries chimiques explique que les recherches se soient portées presque exclusivement de ce côté dans le cours de la dernière année.

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