Sur des Hélices bidentées de l'oligocène algérien
La cavité ovarique occupe le milieu fie la hauteur de l'ovaire ; elle a 8 millimètres de hauteur et de diamètre.
Les sépales sont nombreux, verts, obtus, larges de 1 centimètre, mucronés. Les pétales, d’un jaune pur, sont onguiculés, à sommet large de a centimètres, érosulé, obtus, mucroné.
Les étamines, très nombreuses, et les anthères sont d’un blanc jaunâtre.
Le style, long de millimètres sur 3 millimètres de diamètre , est blanc, cylindrique, peu ou point renflé à la base, avec 9 stigmates a'Iongés, pointus, d’un blanc jaunâtre.
En mai 1899, les fruits étaient toujours verts, obconiqnes, longs de 5 centimètres, fortement ombiliqués, sétigères avec quelques aiguillons courts, et paraissaient se flétrir. Ils étaient tons stériles; un seul renfermait, outre les ovules avortés, deux graines paraissant mures, petites, osseuses, arrondies, larges de 2 milimèlres, très étroitement marginées.
La description détaillée qui précède, démontre (pie YOp. mprmcnntha est une espèce absolument différente de YOp. galapagcia , et que c’est bien à tort <pie M. le professeur K. Schumann, de Herlin, considère ces deux plantes comme synonymes (l L
Sur des Hélices birestées üe lolkjocese algérien , par M. Paul Pallary.
L’étude de quelques groupes d llélices dont les conditions d'existence sont aujourd'hui bien connues peut nous donner des indications précieuses sur les conditions physiques de l’époque de formation de certains terrains où l’on trouve des formes analogues à l’état fossile.
Depuis l’an dernier je poursuis, au laboratoire de Paléontologie, sous les bienveillants auspices de MM. Albert Gaudry et Marcellin Houle,l’élude des f'iuiies terrestres et d’eau douce fossiles de l’Algérie. Grâce aux belles séries réunies par le regretté M. Tournouër et par M. LcMcsle, ainsi qu'aux matériaux que M. Philippe Thomas a bien voulu mettre à ma disposition, j'ai pu observer des variations bien curieuses dans certains groupes d’Ilélices. Je me bornerai aujourd’hui à vous entretenir des espèces bid entées.
M. Mares a, le premier, trouvé dans les steppes du Sud Ornnais des Hélices vivantes, dont le périslome est obstrué par une lamelle dentiforme plus ou moins volumineuse. Un peu plus lard. M. Crosse signala dans des dépôts anciens de Constanline trois autres de ces curieuses formes qu il
K. Schumann, Gesamtbeschrcibung der Kakteen (1898), p. 7^7.
comparait, bien à tort d ailleurs, à certaines espèces des Antilles. Enfin , ces temps derniers, MM. Bonrguiguat, Letoumeux, Pechaud et nousmême avons but connaître plusieurs de ces singulières Hélices,
L’étude des lamelles aperturales n’a fait jusqua ce jour l’objet d’aucun travail spécial. Bourguignat est le seul qui ait émis l’hypothèse que ces lamelles ^pourraient bien n etre qu’un cas pathologique résultant de certaines influences climatologiques ou produit par une cause accidentelle jusqu’il présent inconnue d. (Pechaud, Excuvs . malac., p. 85.) Cette opinion a été partagée par moi (1} , et je vais la soutenir encore mie fois.
M. Morelet a décrit en i85i ( Journ . ConchyL, pl. IX, fig. 5 et G), sous le nom de //. senilis, une coquille qu'il croyait appartenir à une espèce vivante. En 180 - 2 , M. Crosse fit connaître, dans des terrains tertiaires de Constantine, les Hcli.v subsenilis, Dumortieviana et Jobaeana, avec quelques autres qu’il est inutile de citer.
Il est certain que si l’on prend des individus isolés de chacune de ces espèces, on trouvera qu’ils offrent des caractères bien tranchés qui suffisent à les distinguer de prime abord. Mais si l’on a une série tant soit peu importante de ces Hélices, on constatera alors avec surprise que l’on a à faire non pas à quatre espèces distinctes, mais bien à une seule et meme espèce quia varié suivant certaines conditions.
Si l’on prend dans une série la forme qui a été décrite par Morelet sous le nom de IL senilis, c’est-à-dire un exemplaire à péristome fort peu épaissi , et que l’on considère cette forme comme un type initial, nous observerons deux dérivations de ce type :
L’une A, dans laquelle la bouche s’encrasse et où la callosité colnmellaire se réduit de plus en plus et finit par disparaître. On arrive ainsi à Y Hélix Dumortieri ;
L’autre B, dans laquelle la bouche s’encrasse et où la callosité cohnnellaire non seulement ne s’oblitère pas, mais où le bord interne du péristome finit par donner naissance à un dcnticnle qui grossit de plus en plus. Cette dérivation conduit à YHcliæ Jobne.
J’ai pu établir ces variations sur un tableau qui figurera dans un mémoire de la Société géologique et qui sera exposé dans la galerie de Paléontologie; on y verra le passage graduel de Lune à l’autre de ces variations jusqu’aux formes extrêmes qui ont été choisies connue types des quatre espères qui nous intéressent.
Comment le type initial, qui est absolument normal, a-t-il pu donner ainsi naissance à des formes si bizarres?
L’étude de la faune actuelle va nous permettre de répondre en partie à cette question, et c’est encore la faune algérienne qui nous fournira cette réponse.
Gomme nous l’avons dit plus haut, on trouve dans le sud du département d’Oran et dans le centre du Maroc des Hélices du groupe des macularia, tellesque Hélix anoterodon, Pecli., Dastuguei, B,, Tigriana, Gervais, dicallistodon, B., alabastra, Pecli., Seignettei, B., Aidac, Pal., dont le péristome est muni d’une lamelle plus ou moins denliforme. Ce groupe de bidentées est spécial à la région des steppes, c'est-à-dire à une région chaude, sablonneuse, à sol plus ou moins chargé de sels alcalins. On n’en trouve pas dans le reste de l’Algérie, les macularia du groupe du lactea ne dépassant pas d’ailleurs le département d’Oran à l’est.
Eli bien, si dans une des stations de ces Hélices on fait provision de coquilles sans s’inquiéter de l’aspect de l’ouverture, on sera tout surpris de voir que les coquilles munies de lamelles sont en minorité, qu’on trouve sur quelques autres des lamelles plus ou moins développées, enfin que beaucoup, la majorité de ces coquilles, ont le labre absolument dépourvu de lamelles (l) . — Il nous semble qu’on peut eu déduire (pie la lamelle est l’exception et quelle se produit à la suite d’une circonstance qui a intlué sur l’organe sécréteur.
Enfin on constatera encore que la lamelle occupe toujours la même place et quelle a la même forme dans la même espèce, d’où l’on peut encore conclure qu’il y a relation entre cette lamelle et un organe correspondant qui serait lésé ou excité par une cause indéterminée.
D'autre part, les denticules s’observent dans presque tous les groupes d'Hélices : Èuparyplia(H . pisana, catocypliia , subdcntata ), Xerophila ( H. mes -
quiniana , Rcboudiana , acompsia .); mais c’est surtout dans les Lcu-
cochroa (2} (L Scmpcri , Boissiert. . .) et les Macularia (pie ces sécrétions sont les plus fréquentes.
Mais si nous constatons la formation de lamelles aperturales dans les formes du sud, nous n’avons pas d’exemple de l’épaississement exagéré du péristome dans cotte région. Mais, par contre, nous en avons un cas très remarquable dans l'espèce littorale que j’ai décrite sous le nom de //. kcbiriana .
Celte espèce, que l’on trouve aux environs d’Oran, habite une falaise de grès en bordure sur le rivage à Ain el Turk; elle est remarquable par l’encrassement considérable de son péristome et son bord columellaire robuste mais non denticulé. On ne voit pas trace de lamelles, mais on constate
(D 11 est alors arrivé ce fait singulier, c'est que la forme normale a été décrite sous un autre nom avec, comme unique caractère différentiel, l'absence de lamelle. (Ex. //. Flattersi Ancey, pour la forme édentnle de VH, Dastuguei, B.).
( 2 ) V 0 i r Philippe Thomas : Sur une forme ancestrale du Leucocfivoa candidissima.
l’existence de sillons, de cannelures qui se prolongent dans l’intérieur, mais sans remonter néanmoins bien profondément, parce que ces sécrétions sont toujours localisées à l’ouverture.
Eli bien, ces cannelures, nous les retrouvons dans les Hélix subsenilis et Dumortievi de Constantine, et si nous tenons compte de cette double circonstance pour évaluer le climat de la région à l’époque oligocène, nous dirons qu’à Constantine le climat était chaud comme dans le sud actuel, soumis aux influences marines comme à Aïn el Turk et que le sol devait être gréseux comme dans les deux localités.
Des conditions d'habitat analogues amènent parfois d’autres variations encore peu étudiées; il faudrait expliquer pourquoi certaines coquilles sont fortement striées et pourquoi certaines melanopsides ont le test costulé alors que les autres restent lisses, bien qu’il n’y ait pas le moindre doute , dans un cas comme dans l’autre, sur l’identité de l’espèce.
Au fond, je crois que le problème est plus facile à résoudre qu’on ne le pense, car presque toutes les variations (secrétions, striation), que l’on observe chez des espèces actuelles (//. Gouini, qui n’est qu’une forme striée du sphœrita, Bavdoensis, Jaijlei..., catocyphia, subdentata ), sont étroitement reliées aux mêmes conditions de climat que je signalais plus haut : climat littoral chaud et terrain sablonneux.
Pour le cas particulier de la striation, il est certain que le sel marin y est pour beaucoup, car presque toutes les espècesà test fortement strié sont au voisinage de la mer.
De cette étude nous tirerons plusieurs enseignements qui, pour ne pas être nouveaux, gagnent à être répétés :
Le premier, c’est qu'il faut réunir des séries considérables pour bien apprécier les variations de l’espèce et qu’un paléontologiste doit par conséquent recueillir tou6 les fossiles qu’il trouve sans tenir compte de leur état de développement.
Le second, c’est que, lorsqu'une espèce donne naissance à des formes bidentées, ces formes ne sont que des aberrations mais non des types d’espèces. Et comme la forme dentée dérive d’une forme normale, il faut, lorsqu’on fait cette constatation, rechercher les formes édentules qui sont les types originels.
Enfin nous pensons que, d’après les conditions de milieu d’espèces analogues, on peut conclure à l’analogie des conditions d'habitat et de climat pour les espèces fossiles.