I. TRIBU DES VESPIENS
Sur le Genre learla#
Les Iearies, dont on ne connaissait il y a peu d'années qu’un très-petit nombre d’espèces, forment maintenant un genre nombreux qui tend à le devenir chaque jour plus. Ces inseetes sont pour la partie tropieale de l’ancien continent et pour l’Australie, ce que sont les Polybia pour cette même région du Nouveau Continent, et il est probable que le nombre de leurs especes dépassera celui des Polvbies, lorsqu’on connaîtra mieux les hyménoptères de ces contrées. L’explication du fait que les Iearies ont été longtemps à peine connues, tandis qu’ou connaissait déjà un grand nombre de Polybies, se trouve sans doute dans la petitesse des sociétés que forment les premières, toujours très-inférieures à celles de la plupart des Polybies. Il est donc naturel que leurs individus bien moins nombreux ne soient pas tombés en aussi grande abondance sous la main des collecteurs.
Depuis que le nombre connu des Iearies s’est considérablement accru, leur distinction offre de grandes difficultés, car on remarque dans ee genre la même variété de formes graduées, et parallèles que chez les Polybies, mais avec cette différence que le pétiole de l’abdomen subit des transformations moins sensibles et qu'il ne varie que peu dans sa longueur. On y trouve donc moins de caractères définissables que chez les Polybies. Les couleurs sont tout aussi sujettes avarier chez les Iearies que chez ces dernières; le noir, le ferrugineux, le jaune, se substituant constamment l'un à l’autre
*) Proceed. of the Linn. Soc. of London 1857 — 1859.
chez les individus d’une même espèceLa couleur n’est donc qu’un guide trompeur dans la caractéristique des espèces et il faudra un jour réduire bon nombre de celles-ci, lorsque les collections posséderont des séries assez considérables pour permettre d’apprécier les limites de variation de chacune de ces guêpes, comme je l’ai fait pour une partie des Polistes du Nouveau-Continent.
Les formes, qui seules devraient servir de base à la fixation des espèces, varient elles-mêmes dans certaines limites, et leurs différences d’espèce à espèce peuvent bien être saisies à l’oeil, mais non se définir d’une manière suffisant ment précise.
On éprouve une véritable difficulté aussi à arranger les représentants du genre dans un ordre systématique satisfaisant, aucun caractère n’étant assez tranché pour permettre d’y établir des sections bien nettes. 11 ne reste donc plus, comme dernière ressource, qu’à distinguer les types principaux et à en rapprocher ensuite d’après leurs ressemblances les types moins bien caractérisés.
Les caractères qui m'ont paru le plus utiles pour la subdivision du genre, résident surtout dans le pétiole et dans le 2e segment de l’abdomen.
Le pétiole est :
1°. tantôt aplati et un peu eampanulé en arrière (/. o p aie h ta , /. plebeja ).
2°. tantôt grêle et conique, s’évasant légèrement en arrière (/. bionilala, /. grcgalis ).
3°. tantôt filiforme à sa base, puis renflé en une sorte de bouton à l’extrémité, rappelant un peu les Diseoelius ou certains Zelluis (/. cincia, L /erruginea ).
Le 2me segment abdominal offre aussi plusieurs formes appréciables:
1°. Court, large et déprimé, en forme de grelot. Cette forme s’allie à la première du pétiole (/. opulenla ).
2°. Aussi long que large, en forme de clochette ou de poire tronquée. (/. Cabeli.')
3°. Plus long que large, cylindrique. Cette forme se combine avec la 3e forme du pétiole.
On trouve du reste toutes les variétés qui font le passage de l’une à l'autre.
La terminaison du 2e segment doit également être notée.
*) Voyez ce que. j’ai dit à ce sujet dans ma note sur les Folistes américains (Annales de la Soc. Kntomol. de Fr. 1857 p. 309). Ces remarques peuvent parfaitement s’appliquer aux Icaries.
En supposant que son bord postérieur soit formé par une troncature dirigée de haut en bas, il peut être tronqué:
1°. Verticalement à Taxe de l'abdomen, ce qui donne au bord supérieur du segment, vu de profil, une longueur égale à l'inférieur.
2°. D'avant en arrière, ce qui rend la face supérieure plus courte que l’inférieure.
3°. D'arrière en avant, ce qui donne lieu à la conséquence contraire.
Enfin on peut encore distinguer la forme de la partie de l'abdomen qui fait suite au pétiole et qui est tantôt piriforme, tantôt plutôt en cloche, parceque les segments 3—6 sont comme rentrés dans le 2e qui les déborde fortement sur les côtés. Ces quatre formes se combinent plus ou moins avee les trois variations du pétiole, mais on trouve toujours des termes transitoires qui échappent à la règle.
En suivant ces combinaisons j'arrive aux groupes suivants, qui sont basés sur les formes et non sur la longueur du pétiole ou du 2e segment abdominal, chaque forme se reproduisant avec un allongement variable.
Je ne puis malheureusement classer ici que les espèces actuellement sous mes yeux, ou celles que je connais parfaitement, étant obligé d’omettre les autres, crainte de quelque erreur.
I. Faciès des Polybies (de mes divisions a et l). Deuxième segment de l'abdomen large, court et aplati; plus large que long. Pétiole aplati ou eupuliforme au bout. Tête aplatie et large. — /. maculivenlris?
a) Pétiole très élargi, 2e segment très élargi, en forme de cnilleron au bout. Le 3e segment de l'abdomen à peine rentré dans le 2e. — I. Auslralis.
b) Pétiole moins élargi; 2e segment très large et très court, tronqué obliquement d'avant en arrière, en forme de grelot; le 3e segment rentré dans son bord, ne se continuant pas régulièrement avee lui. — 7. opulenla. — 7. speciosa.
c) Pétiole plus grêle; 2e segment tronqué presque verticalement. — 7. lugnbris.
IL Pétiole campanule ou linéaire; le 2e segment de l’abdomen tronqué à peu près verticalement ou d'arrière en avant.
a) Pétiole très court, élargi en euillerou; deuxième segment court; abdomen en grelot, tronqué verticalement. — 7, socialislica .
b) Pétiole moins élargi, abdomen assez régulièrement
piriforme; 2e segment tronqué d'arrière en avant. — /. Cabeti. — I. fîaeopicla.
e) Pétiole plus grêle, souvent conique; abdomen moins piriformc, tronqué dans la même manière; le cubitale très allongée. — I. ph lansterica . — L va riegata.
d) Pétiole assez court conico-linéaire. — I. flavopicla . — /. copiaria.
e) Pétiole presque linéaire, long. La le cubitale très allongée. — I. bioculata . — /. socialis,
III. Jcaria proprie dicta . Deuxième segment de l'abdomen plus long que large, en forme de cloche cylindrique; tronqué d'arrière en avant (ou verticalement). Le 3e segment fortement rentré dans le 2c. Tête ramassée, pas plus large que le thorax. Pétiole terminé par un renflement noueux.
a) Pétiole peu renflé au bout (presque comme dans la section IL b.) mais le 2e segment conformé comme eliez les autres insectes de la division Me (Etudes sur la Famille des Vespides II.) et tronqué verticalement. (Terme transitoire.) /. g reparia, — /. rcvolutionalis .
b) Pétiole très court, subsessile, infundibuliforme; 2e segment abdominal comme ei- dessus, tronqué obliquement. — /. plebeja .
c) Pétiole très court, mais nodiforme. — /. pomicolor.
d) Pétiole plus long, terminé par un noeud; 2e segment tronqué obliquement. I. marginala. — cincta . — nobilis. — capensis. — Plus long: /. aristocratica . — ferruginca . — gutlatipennis. Cette dernière section surtout rappelle la forme des Zetlius de ma Ire Division. (Etude sur la Famille des Vespides.)
Description des Espèces nouvelles ou peu connues.