VOIES D'INJECTION
a) Voie intraveineuse
L'injection de produits liquides, dans la veine caudale de la souris, ne présente guère de difficultés si l'on à, au préalable, chauffé la queue de l'animal dans de l’eau portée à la température de 50° envircn. Après cette opération, les veines paraissent avec davantage de netteté et l’on y introduit facilement une aiguille pour injection hypodermique.
Toutes les injections de solution huileuse d’azulène, que nous avons effectuées par cette voie, ont rapidement été suivies de la mort de l’animal dès le passage des premières fractions du produit. La souris bleuit immédiatement, ses yeux deviennent d’un bleu foncé indiquant que le système circulatoire est encombré d’azulène. L'animal succombe immédiatement par embolie.
Nous avons donc été contraint d'employer la voie intrapéritonéale, qui détermine des actions plus lentes à se développer, mais toujours moins chcquantes.
b) Voie intrapéritonéale
SN
L'administration à la souris de doses toxiques, par voie intrapéritonéale, est suivie d'effets apparents dans les dix minutes qui succèdent à l'instant de l’injection.
Chez quelques animaux, il se manifeste rapidement une gène au niveau du bassin. La marche devient difficile du fait que les pattes postérieures, tendues en arrière, n’assurent plus le soutien de la régien abdominale.
Des signes de fatigue ne tardent pas à paraître. Les sujets, groupés dans une même cage, s’entassent les uns sur les autres, comme pour se réchauffer. Leur pelage s’ébouriffe et une teinte bleutée se développe sur tout le corps, après la première heure d'intoxication.
Repliées sur elles-mêmes, les souris semblent dormir mais ne dorment pas. Elles refusent toute nourriture. Cinq heures plus tard environ, ies parties découvertes du corps (oreilles, museau, pattes) prennent un teint blafard, comme si les animaux étaient gravement anémiés. Les paupières se gonfient et suppurent dans la plupart des cas mortels.
L’intoxication évolue vers la guérison ou vers la mort.
a) Intoxication non mortelle, — La perte d’appétit, accompagnée d’une chute du poids de l'animal, régresse très sensiblement après vingt-quatre ou quarante-huit heures. Peu à peu, les symptômes de l’intoxication s’atténuent et le retour à l’état normal s'effectue en quatre à cinq jours. La courbe pondérale des sujets rejoint un peu plus tard son niveau initial.
5) Intoxication mortelle, — La somnolence persiste. Certains animaux présentent des troubles de l'équilibre, ils roulent sur la surface qui les supporte et, tenus suspendus par la queue, ils sont encore animés d’un mouvement giratoire.
La respiration est progressivement ralentie et la mort survient après une agonie longue, parfois de plusieurs heures, et accompagnée de spasmes de la région thoracique.
L’autopsie, pratiquée régulièrement sur chaque cadavre, permet d'observer :
— une violente congestion du poumon, qui n’est jamais bleu ;
— une fixation de l’azulène dans tout le parenchyme adipeux.
Le cerveau, les poumons, le cœur, la rate, les reins et le foie, broyés séparément en présence d’éther de pétrole, ne cèdent pas d’azulène à ce solvant.
Doses mortelles
Le S-gaïazulène, en solution huileuse à 50 %, administré par la voie intrapéritonéale, à provoqué l’intoxication mortelle de la souris blanche dès la dose de 1,0 gr. par kilo. La mort survient, alors au bout de trois à quatre jours.
La voie d'injection choisie ne permet pas de sacrifier les animaux en des temps inférieurs à douze heures, même en administrant 5 gr. du toxique par kilo d'animal, comme l'indique le tableau n° 14.
RE à DOSES TOXIQUES DU S-GAIAZULENE, EN FONCTION DU TEMPS Injection intrapéritonéale
Quantités injectées Nombre dre Période moyenne par kg. d'animal en expérience de survie en heures 0,725 g. 20 (70) 1,000 g 20 33 à 48 1,250 g 15 28 à 40 1,666 g. 10 21 à 36 2,500 g. 20 18 à 26
Le graphique n° 7 permet de confronter les durées de survie et les doses injectées par kilog d'animal.