‹ Sur L'Activité Biologique Du S-GaiazulèneChapitre 7 sur 84 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les essences végétales présentent le plus généralement une coloration très faible sinon nulle; cette coloration jaunâtre, ou verdâtre, quelquefois brun pâle, s’accusant légèrement avec le temps, fait place dans certains cas à une intense coloration bleue, quelquefois nuancée de violet ou de .vert, dont l'éclat est manifeste dès l'isolement de l'essence.

Ces essences végétales bleues sont connues depuis le XIV: siècle et il! semble bien que l'essence de camomille (Matricaria chamomilla L.) fut la première décrite, primitivement considérées comme d’exceptionnelles raretés, les essences bleues devaient par la suite se révéler nombreuses (il en existe sans doute plus de 300). Elles peuvent, avec un degré de coloration variable, relever d'espèces végétales les plus diverses.

La nature chimique du ou des constituants bleus devait demeurer inconnue jusqu’au XX° siècle, et ce n’est qu’en 1863 seulement qu’une terminologie fut établie à leur intenticn. Le terme de cœrulène, prévu par GLADSTONE (33), fut abandonné au profit de celui d’azulène, proposé par PIESSE et mentionné pour la première fois dans la littérature scientifique par une brève mention dans la correspondance de l’Académie des Sciences, rédigée en ces termes (85): «M. SEPT. PIESSE adresse de Londres une note sur un produit qu’il à obtenu dans la distillation fractionnaire de l'huile essentielle de camomille, et qu’il désigne sous le nom d’azulène à cause de sa couleur franchement bleue. Il a constaté l’existence de cette essence dans plusieurs autres huiles volatiles, et ne doute pas que ce soit elle qui contribue à leur donner la teinte vert pâle qu’elles offrent quand on vient de les préparer, teinte qui s'efface bientôt par suite de Ja prédominance croissante du ton jaune dû à l’oxygénation des résines. »

Pour que l'étude de la structure des azulènes puisse être abordée avec fruit, il fallait que nos connaissances sur les terpènes soient elles-mêmes plus avancées. Aussi bien les pre-

mières recherches sur l'isolement à l'état pur et la nature intime des azuiénes ne remontent qu'à 1853. Elles se poursuivent sans résultat décisif, mais avec beaucoup d’attention de 1915 [SHERNDAL (951 à 1926 IRUZICKA et Collaborateurs (91)], [HERZENBERG et RUHEMANN (39)]. Elles triomphent avec PLATTNER et PFAU (64), qui décrivent la structure fondamentale (des azulènes naturels en 1936 et cuvrent la voie vers la synthèse d’azulènes nouveaux, non rencontrés dans la nature.

Ainsi une classe nouvelle de corps chimiques s’amplifie peu à peu; sur le modèle naturel dont le secret est découvert, les chimistes élaborent tout un ensemble de substances dont la signification biologique et les propriétés pharmacodynamiques se dévoilent à peine. Certes, les théories de la chimie organique permettaient de prévoir l'existence des azulènes et n’ont eu aucune difficulté à intégrer dans l’ensemble de nos connaissances chimiques la structure si particulière que les travaux de PLATTNER et PFAU mettaient en lumière. Mais il n’en reste pas moins remarquable sur un plan purement philosophique, de considérer combien la chimie organique demeure fille des sciences naturelles, et combien elle peut ranimer son génie et sa fécondité aux sources des modèles que lui offre la vie.

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