ETAT DES RECHERCHES
Déjà très anciennement connues et utilisées dans le traitement des accidents antiinflammatoires, la Matricaire (Matricaria chamomilla (L.) et la Camomille (Anthemis nobilis (L.) ont fourni à la médecine populaire la première forme actuellement connue d’un médicament à base d’azulène.
Ce n’est, pourtant, qu’en 1927 que furent entreprises, avec l’Allemand ARNOLD (3), les premières recherches expérimentales, en clinique, relatives à l’activité de ces drogues, recherches qui furent à l’origine de tout une série de travaux auxquels se sont surtout attachés les chercheurs de langue allemande.
En 1933, W. HEUBNER et F. GRABE (42), reprenant les travaux d'ARNOLD, avec d’autres méthodes expérimentales, attribuèrent ‘au chamazulène l’action antiphlogistique des préparations à base de Matricaire.
Ces résultats, confirmés, en 1938, par R. JARETZKI et F. NEUWALD (46), et plus tard. par METELMANN (58), furent controversés par HESS, ALTNER et ZEPPMEISEL (49).
Poursuivant ses travaux, en collaboration avec ALBATH. HEUBNER (41) confirma ses premières conclusions.
À partir de 1941, les synthèses se multiplient avec les travaux de RUZICKA et de ses collaborateurs et de PFAU et PLATTNER, et les essais pharmacologiques des azulènes entrent dans une phase nouvelle.
Ch. POMMER (83) retrouve une action antiinflammatoire «inconstante » chez un vétivazulène obtenu synthétiquement mais l’azulène de base est inactif.
En 1946, WILLSTAEDT et ZETTERBERG (111) isolent de Lactarius deliciosus L. un corps, azulénique, la lactariovioline, active contre le Bacille de Koch.
Enfin, en 1949, H. ARNOLD, F. YUNG et collaborateurs (6 et 48) reconnaissent à plusieurs azulènes synthétiques et trialcoylés, un pouvoir antiphlogistique oo ane à celui du chamazulène.
Différents azulènes ont donc la propriété de favoriser les processus de guérison des lésions inflammatoires: mais leur action antiphlogistique n’est pas liée qu’à la molécule du noyau azulénique, qui, d’après Ch. POMMER, s’est révélée inactive. Elle dépend d’autres facteurs dont les connaissances actuelles sont incapables de rendre compte mais que les travaux, en cours, d'ARNOLD et YUING tendent à préciser,
Il est remarquable que les épreuves pharmacologiques, auxquelles les différents azulènes ont été soumis, ont été extrêmement limitées. En effet, les travaux dont nous avons pu avoir connaissance ne mentionnent que des essais fructueux portant sur leur action antiphlogistique et leur activité antibactérienne, in vitro, vis-à-vis du Bacille de Koch et des tentatives, moins heureuses, de traitements de la lèpre du rat et de lésions (xérophtalmie de la souris et colpokératose de la chatte) provoquées expérimentalement par une nourriture carencée en vitamine A (90a).
Ceci peut s'expliquer par le fait que la production des azulènes purs n’a pas dépassé l’échelle du laboratoire de syntlièse et que ces sukstances sont encore souvent considérées comme des «curiosités » chimiques.