Sur l'emploi de désinences caractéristiques dans les dénominations des groupes établis pour les classification zoologiques
Dans le « Traité de Zoologie concrète » qu’ils viennent de publier, MM. Delage et Hérouard (1) appellent de nouveau l’attention sur l’utilité d’un remaniement de la nomenclature zoologique. Ces auteurs se plaignent, avec raison, du manque de précision que l’on trouve dans nos vocabulaires taxonomiques. Ce défaut provient de ce que les dénominations employées ne présentent aucun caractère qui permette de reconnaître à quelle catégorie (embranchement, classe, etc.)
(1) Delage, Y. et Hérouard, E., Traité de Zoologie concrète. Leçons professées à la Sorbonne. Paris, S^hleicher, 1896, tome I, page xv.
6 sur l’emploi de désinences caractéristiques
elles s’appliquent. Une véritable confusion résulte de ce que la même désinence sert à désigner, par exemple, pour les uns l’ordre, pour les autres la tribu ou la famille.
Pour remédier à cet état de choses, MM. Delage et Hérouard établissent, pour leur traité, la règle suivante :
La désinence ia
désigne la classe
— iae
— la sous-classe
— ida
— l’ordre
idae
— le sous-ordre
ina
— la tribu
inae
— la famille
ea
— les groupements intercalaires
Nos classifications deviendraient certainement plus simples, plus claires et plus commodes si on adoptait, ainsi, pour les divisions du règne animal, des désinences fixes, et je suis convaincu que les zoologistes y arriveront tôt ou tard.
Il faudra, tout d’abord, se mettre d’accord sur le nombre et la dénomination des divisions à adopter et, plus tard, lorsque nos connaissances sur la phylogénie des animaux seront plus complètes, chercher à définir, au moins approximativement, la nature et l’imporlance des caractères afférents à chacun des groupes.
Une catégorie d’importance intermédiaire entre la classe et l’ordre serait, sans doute, utile dans bien des cas (1).
Entre l’ordre et la famille, tels qu’ils sont compris par les zoologistes, on pourrait placer la tribu (2).
(1) Les botanistes emploient souvent une division à laquelle ils donnent le nom de cohorte. Cette division est précisément placée par eux entre la classe et l’ordre, mais l’ordre semble pris, dans ce cas, comme l’équivalent de la famille.
(2) Ce terme de tribu, qui est ainsi parfois employé pour désigner un groupe d’importance intermédiaire entre l’ordre et la famille, est très souvent employé pour désigner un groupe d’importance inférieure à cette dernière. Cet emploi facultatif du mot tribu, pour désigner un groupe d’importance tantôt supérieur, tantôt inférieur, à la famille est accepté dans les « Regeln fur die wissenschaftliche Benennung der Thiere,