DERNIERES CONVENTIONS SANITAIRES INTERNATIONALES
La police sanitaire internationale devait bénéficier de découvertes scientifiques nouvelles relatives à l'étiologie et le mode de transmission des maladies pestilentielles, et allait reposer enfin sur des données précises.
Nous avons vu que dès 1883 Kocn avait découvert le vibrion cholérique ; de nombreux travaux (Kocu et ses élèves, Ssow et Bu en Angleterre) avaient prouvé la transmission directe du choléra d'homme à homme, et indirecte par l'intermédiaire de l’eau ou d'objets souillés.
En 1894 Yersin découvrit à Hong-Kong la bacille de la peste qu'il constata dans le pus de bubons et dans le sol ; il émit l'hypothèse, qui ne fut pas retenue, que les rats et divers parasites pouvaient jouer un rôle dans la transmission de la maladie ; si depuis très longtemps on avait remarqué une émigration et une mortalité insolites des rats précédant certaines épidémies de peste (Avicienne vers l’an 1000, tableau de Poussin au Louvre
La peste des Philistins), fait confirmé aux Indes lors des
dernières épidémies, il fallut attendre les travaux de la lin du xix° siècle (ÜRGATA 1897, SIMOND 1898, Commission anglaise de l'Inde) pour montrer que la peste bubonique est précédée d’une infection murine à forme septicémique et qu’elle est transmise du rat à l’homme par des parasites, principalement par la puce.
La fièvre jaune régnait surtout sur les rives du Golfe du Mexique, aux Antilles et au Brésil ; elle s'était révélée comme un obstacle sérieux à l'occupation de ces régions (Expéditions Françaises, Espagnoles et Anglaises ‘aux Antilles ; Expédition du Mexique ; Travaux Français de percement du canal de Panama). En 1900 une mission Américaine envoyé à Cuba démontra, comme FiNLAY à La Havane l’affirmait depuis 1881 que la maladie était transmise d'homme à homme par un moustique, le stegomyia fasciata, intermédiaire nécessaire qui pouvait en s’attachant aux navires transporter la fièvre jaune à distance où elle s’éteignait d’ailleurs rapidement si fa température ne permettait pas le développement du moustique (Epidémies de St-Nazaire 1843, 1857, 161, 1907). La Commission proposait comme mesure prophylactique d'entreprendre la destruction des stegomyia, mesure qui allait les années suivantes faire disparaître la fièvre jaune en certains points (Cuba, Rio de Janeiro, travaux Américains de percement du canal de Panama). Enfin Nocucui, en 1918, devait découvrir à Guyaquil (Equateur) dans le sang des malades l'agent pathogène : le leptospira icteroïdes.
En partant de ces notions précises il devenait plus
facile de prescrire des mesures prophylactiques efficaces
el simplifiées : ce fut l'œuvre des dernières Conférences
Sanitaires Internationales.
CONFÉRENCE DE Paris (1903)
Une conférence réunit à Paris les délégués de 25 puissances, La Convention du 3 décembre 1903 relative surtout au choléra et à la peste « révise en les complétant les conventions sanitaires internationales antérieures » : elle fut véritablement la première réglementation d’ensemble, le premier code sanitaire international réglant la défense des Etats contre la peste et le choléra.
Elle adopta les décisions des conventions antérieures relatives à la déclaration des épidémies et aux mesures à prendre aux ports d'embarquement pour empêcher la contamination des navires.
Fille régla le régime des navires indemnes, suspects ou infectés de peste ou de choléra. En plus du débarquement et de l'isolement des malades, de l'observation ou la surveillance des suspects, de la désinfection des objets et des paities contaminées du navire, elle preserivit la dératisation du bâtiment infecté ou suspect de peste, le rôle important reconnu aux rats et à leurs parasites dans la transmission de la maladie rendant cette mesure légitime ; elle prescrivit de même aux navires infectés ou suspects de choléra la désinfection de l'eau
de cale, les linges et des effets à usage souillés.
Enfin la Convention proposa la création d'un Office
International d'Hygiène Publique. Cet organisme per
ARR en
inanent de centralisation et de contrôle sanitaire international dont la création fut décidée à Rome le g décembre 1907 fonctionne à Paris depuis 1908 ; il a pour mission d'étudier toutes les maladies contagieuses, principalement les maladies pestilentielles, de réunir tous les renseignements intéressant la santé publique, et de les porter à la connaissance des gouvernements ; ses travaux sont livrés à la publicité par la voie d’un bulletin
mensuel.
CONVENTIONS DE R10 (1904) ET.bE WASHINGTON (1905)
Ces Conventions ratiliées par les Etats Américains s'appliquent principalement à la fièvre jaune et s’inspi-
rent des conventions sanitaires Européennes précédentes.
CONFÉRENCE DE Paris (1911)
Une conférence réunie à Paris aboutit à la convention sanitaire internationale du 17 janvier 1912. Elle confirma les dispositions antérieures relatives à la prophylaxie de la peste et du choléra, et recommanda une déra-
üsation régulière semestrielle des navires de commerce,
Elle constitua le premier code sanitaire international s'appliquant à la fièvre jaune, ordonnant aux navires
suspects :
le débarquement, l’observation ou la surveillance (6
jours au maximum) des passagers :;
PS
l'extermination des moustiques à bord
; le stationnement à 00 mètres des côtes ; et si le bâtiment est infecté le débarquement des malades dans des conditions qui les mettent à l'abri des piqü-
res des moustiques, ainsi que leur isolement.
Entin la convention recommandait à chaque Etat de posséder un outillage et une organisation sanitaires suffisants pour recevoir un navire quel que fut son état
sanitaire,