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que j exprime en disant que dans le cotylédon l’accélération est plus grande encore que dans l’hypocotyle.
Si les formations que nous venons d’indiquer persistaient en cet état (fig. 3), il est infiniment probable que l’interprétation relative au développement de l’appareil conducteur serait depuis
longtemps fixée.
Mais cet état subit graduellement une modification profonde qu il faut bien saisir si l’on veut comprendre l’explication que
nous poursuivons.
G. CHAUVEAUD.
sur l’évolution DES FAISCEAUX VASCULAIRES. 709
Pendant que les vaisseaux superposés du cotylédon se différencient, ses premiers vaisseaux alternes entrent en voie de résorption et disparaissent; les autres vaisseaux alternes disparaissent ensuite. Puis, ce sont les vaisseaux intermédiaires qui disparaissent à leur tour.
A mesure que la résorption progresse, les éléments con¬
jonctifs voisins se développent et, peu à peu, ils envahissent la place laissée libre parles vaisseaux disparus.
Il en résulte que la partie médiane du cotylédon devient occupée par une bande de conjonctif et cette bande de conjonctif sépare maintenant l’une de l’autre les deux portions vasculaires superposées (B",
%• 4) qui seules subsistent.
Un observateur non prévenu, survenant à ce
moment, trouvera donc p ig 4 ÿ cta vu if f aris. Coupe transversale de
( lcux groupes vasculaires la base du cotylédon. État encore plus avance Sénai^cf • que fig. 3. Entre les deux groupes de vais-
repaies et il pourra croire iaux superposés B" on voit les traces de qu ils représentent là vaisseaux intermédiaires.
I état primitif. Mais alors,
II ne comprendra pas la signification véritable de ces formations. Pour la comprendre, c’est-à-dire pour faire réellement de
1 ontogénie, on doit s’appliquer à distinguer avec certitude les Premiers vaisseaux qui apparaissent, puis suivre avec soin ces éléments dans leur évolution individuelle et constater enfin leur
disparition si elle se produit. En agissant ainsi, on connaîtra à chaque moment l'àge relatif des éléments en présence.
J insiste sur ce point, parce que cette disparition des a aisseaux
durant la période embryonnaire et post-embryonnaire est un
fait nouveau. Or, c’est la connaissance de ces éléments transitoires qui seule permet de donner aux vaisseaux qui apparaissent ensuite leur place véritable dans l’ordre de formation de l’appareil conducteur.
Cet observateur trouverait par contre les vaisseaux alternes au sommet de l’hvpocotyle, parce que leur résorption n’est pas encore achevée. Mais, comme la résorption et la disparition des vaisseaux primitifs s’effectue dans le reste de la plante de la même manière que dans le cotylédon, avec une lenteur seulement de plus en plus grande à mesure qu'on descend davantage; il suffira qu’il vienne quelques jours plus tard pour trouver au sommet deux groupes vasculaires complètement séparés.
S’il venait beaucoup plus tard, il trouverait cette séparation réalisée dans la plus grande partie de l’hypocotyle.
Enfin, s’il ne survenait qu’à un âge avancé de la plante, alors que la résorption a fait disparaître les vaisseaux primitifs jusque dans la racine, il ne trouverait que des vaisseaux superposés et il pourrait croire alors que ces derniers représentent
partout l’état primitif.
On n’a jamais dit cela de la racine, parce que ses vaisseaux alternes en raison de leur longue durée sont trop longtemps visibles. On ne l’a pas dit non plus de la portion basilaire de 1 hypocotyle, pour la même raison. Mais on l’a dit pour le
cotylédon surtout dont les vaisseaux alternes présentent une durée si éphémère qu’ils ont pu passer inaperçus.
Il est arrivé parfois que l’observateur dont nous parlons, examinant une plante peu âgée ou possédant une faible accélération, a constaté la présence des vaisseaux alternes à la base des cotylédons. Il s’en tire en disant qu’il y a des traces de* vaisseaux de la racine jusqu’à la base des cotylédons, quand la croissance intercalaire* est faible. C’est là une explication contradictoire, parce que si les vaisseaux de la racine ont été portés jusqu’à la base des cotylédons c’est qu’ils ont subi une forte croissance intercalaire, et inacceptable parce que des éléments situés dans le cotylédon ne sauraient appartenu en
même temps à la racine.
En résumé, si cet observateur croit à l'existence primitive de
deux faisceaux cotylédonaires, c’est parce qu’il a étudié en
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général des plantes trop âgées et c’est parce qu’il n’a pas suivi l’évolution vasculaire.
Cette évolution lui aurait montré en effet, que ces deux faisceaux sont les vestiges d’un faisceau unique dont la portion initiale a disparu après avoir été résorbée.
L erreur ainsi commise n’aurait pas évidemment une importance considérable s’il s’agissait simplement d’une description anatomique. Mais il s’agit, ne l'oublions pas, de formuler des
lois générales, en vue d’expliquer la genèse des différentes parties du végétal.
C’est pourquoi vous conviendrez sans doute avec moi qu’on ne peut pas accorder une bien grande valeur aux théories proposées par M. Dangeard, quand on les voit basées sur des observations aussi superficielles.
A propos de cette communication; M. Dangeard présente les observations suivantes :
Entre l’interprétation de M. Chauveaud et la mienne relative a la structure et à l’organisation de la jeune plantule des Phanérogames, il existe une différence fondamentale qui est la
suivante.
M. Chauveaud admet que la structure superposée des faisceaux cotylédonaires et des faisceaux foliaires est le résultat final d’une succession de deux stades, stade alterne et stade
intermédiaire qui se réaliseraient dans l’axe hypocotylé et les
cotylédons.
J estime au contraire, avec beaucoup d’autres anatomistes,
que tous les faisceaux cotylédonaires ou foliaires ont une structure superposée qui dérive de la disparition du bois centripète dans les faisceaux diploxylés des Cycadées et autres plantes primitives ; la disparition du bois centripète et par suite la formahon définitive du faisceau à structure opposée s'étant réalisée,
comme on le sait, tantôt uniquement dans la tige, tantôt dans
* a feuille ou partout à la fois, comme chez les Phanérogames.
Cette dernière interprétation semble confirmée à la fois par °ntogénie et la phylogénie; par l’ontogénie puisque Matte, en
1904 et 1908 1 , constate dans la plantule des Cvcadées le stade primitif centripète, le stade diploxijlé et le stade à structure opposée ; par la phylogénie, puisqu’on admet jusqu'ici que la structure des Diploxylées tire son origine de la structure à bois centripète et à liber périphérique des Lycopodiacées et autres plantes primitives, structure qu’il ne faut pas confondre avec la structure alterne d’une racine.
Ce qui a trompé M. Chauveaud, c’est la présence, déjà signalée par moi en 1888 2 , d’une ou deux trachées d’apparition précoce entre les traces cotylédonaires et qui contiennent par en haut les pôles ligneux de la racine, alors que les traces cotylédonaires, comme les traces foliaires d’ailleurs, se prolongent plus ou moins bas dans l’hypocotyle : il se produit ainsi dans la mise en rapport des deux organes tige et racine, dans le raccord une pénétration réciproque des structures qui peut faire illusion 3 ; c’est aussi l’opinion du professeur Gravis de Liège.
En aucun cas, il ne faut voir, à mon avis, dans la présence de ces trachées, le rappel ancestral d’une structure alterne de la tige et des cotylédons, qui n’a jamais existé, semble-t-il, au cours de l’évolution phylogénétique de ces organes.
On ne pourrait qu’envisager l’espoir de trouver, dans les faisceaux cotylédonaires des Phanérogames des traces de la
structure diploxylée primitive, rappelant celles que décrites dans les plantules des Cycadées, où « les tissus ligneux primaires centripètes de la racine, formant une étoile bi- tri- ou
tétrapolaire, s'insèrent sur
faisceaux cotylé¬
donaires
Mais, rien jusqu’ici, ne permet de s'arrêter sérieusement a cette dernière hypothèse, qui serait également contraire à la manière de voir de M. Chauveaud.
M. Luizet fait la communication suivante :
1. Matte (L), Recherches sur l'appareil lib&ro-ligneux des Cy caducées.
Oaen, 1904 et II. Mémoires de la Société Linnéenne de Normandie, 13 vo ., Caen, 1908.
2. Dangeard (P.-A.) Recherches sur le mode d'union de la tige et de racine. (Le Botaniste, 1» série, et C. R. Ac. Sc., 1888).
3. Il existe en anatomie végétale de nombreux exemples de pénétra 10 de trachées ou de faisceaux entiers dans des organes qui n’en compoi en
pas habituellement.