Sur l'insertion relative des diverses pièces de chaque de chaque verticille floral, et sur son influence sur la régularité des fleurs mémoire présenté à l'Académie des sciences le 20 juin 1831 par m. Adolphe Brongniart
Sur l'Insertion relative des diverses pièces déf} chaque verticille floral, et sur son Influence sur la régularité ou l'irrégularité des Jleurs;
Par M. Adolphe Bhobcniaut.
( Mémoire prtunlo » l'Académit ikt Sdcoccsle ao juin 18J1. )
On considère gêné m le ment une fleur complète comnfc^^^gj^— formée par la succession de plusieurs verticillcs d'organes diflérens, très rapprochés par leurs points d'insertion, mais dont les plus inférieurs enveloppent successivement ceux qui sont placés immédiatement au-dessus. Dans le cas le plus simple et le pins fréquent, ces verticillcs sont au nombre de quatre. Le verticille le plus inférieur et le plus extérieur est formé par les petites feuilles du calice ou les sépales : celui qui est immmëdiateineiit au-dessus est formé par les pétales et constitue In corolle ; le troisième composé par la réunion des élimines a reçu de M. Rœper le nom d'androcéc; enliu le plus intérieur ou le verticille supérieur est formé par la réunion des carpelles et constitue le pistil. Toutes les différences essentielles que présentent les fleurs dans leur symétrie générale dépendent du nombre des pièces de chacun de ces verticillcs, de leur égalité ou de leur inégalité, de leur indépendance ou de leur union plus ou moins intime enlr'elles ; enlin des rapports de position et des adhérenc-s des pièces des divers verlicilles enlr'elles.
On a déjà remarqué aussi que dans beaucoup de fleurs les organes de même native au lieu de former un seul vertUille pouvaient en former deux et même quelquefois un plus grand nombre ; c'est ce qu'on observe fréquemment pour les étamines, plus rarement pour le calice et pour les antres organes.
Mais si l'idée de se représenter la fleur comme une succession de vertacilles rapprochés les uns des autres paraît au premier aspect exprimer avec assez de précision ce qu'on observe dans la nature, un examen plus approfondi montre bientôt que les organes qui consiiiuenl chaque anneau floral, le calice, la corolle, etc., ne sont pas, dans le plus grand nombre des casdu moins, exactement verrieillés, c'est-à-dire placés ton» à la même hauteur autour de l'axe de la fleur.
Cette observation est facile à faire sur le calice de beaucoup de plantes où sur cinq folioles, par exemple, deux sont plus inférieures et en même temps plus extérieures, tandis que les trois autres sont insérées un peu au-dessus et placées intérieurement.
Le» Héliauthcmes, toutes les Caryophyllées à calice polysépale, et beaucoup d'autres plantes, montrent cette disposition d'une manière bien évidente. La manière dont les pétales se recouvrent dans beaucoup de fleurs avant, leur épanouissement, pronve également que ces pièces sont insérées h des hauteurs diverses sur l'axe de la fleur, quoique cette différence dans leur insertion ne soit plus sensible à l 'observation directe.
Il en donc é\ideni que les organes similaires qui «mstitnent chacun des verticllles floraux ne sont pas réellement vorlicillés, du moins dans la plupart des fleurs.
mais sont disposés comme les feuille?, avec lesquelles ces organes ont lani d'anniogiu , à diverses hauteurs sur le rameau raccourci qui constitue l'axe de la fleur. Il est évident également que celle de ces piéres qui est insérée le plus bas sur la tige doit dans le boulon envelopper celle qui est insérée sur un point plus élevé, cl que ce mode d'enveloppement des diverses pièces d'un même anneau de la fleur pourra indiquer l'ordre dans lequel ces organes doivent Être insérés sur l'axe de la fleur, lorsque la différence d'insertion de ces organes ne pourra pas être observée directement. Ce qu'on nomme l'estivation ou la préfloraison, c'csl-à-dirc la disposition des pièces de la fleur dans le bouton, avant son épanouissement, peut donc jeter un grand jour sur l'origine ou l'insertion primitive de chacun de ces organes.
Tontes les fois que ces pièces seront imhriquées, les unes étant placées extérieurement, et les autres successivement plus intérieurement, on pourra en conclure avec beaucoup de probabilité q* ces pièces sont insérées il des hauteurs diverse» sur l'aie de la fleur. Lorsqu'au contraire toutes ces pièce» seront placées dans des positions parfaitement similaires, tantôt leurs bords s'appliqunnt simplement l'on contre l'autre comme les valves d'un fruit, tantôt au contraire l'un des bords couvrant la pièce voisine, tandis que le bord opposé est toujours recouvert par celui de la pièce placée de l'autre côté, on pourra admettre que ces diverses pièces sont réellement verticillées , c'est-à-dire toutes insérées à la même hauteur, leur position parfaitement semblable autour de cet nie leur ayant (ait prendre à toutes des dispositions symétriques da«s le bouton.
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Les préfloraisons qu'on nomme valvaires ou contournées indiquent donc des organes exactement verticillés; les diverses modifications de la préfloraison imbriquée annoncent au contraire des organes alternes, insérés à diverses hauteurs sur l'aie floral. On trouve , par conséquent, dans les pièces de la fleur, les deux dispositions générales qui existent dans le mode d'insertion des feuilles sur les rameaux, la disposition verticillce et la disposition alterne.
En cxamiuanl avec plus d'attention l'insertion ou le mode d'imbrication des pièces du calice ou de la corolle dans les préfloraisons imbriquées, on voit bientôt que dans les fleurs régulières celte disposition varie non seulement d'après le nombre des pièces qui entrent dans la composition de ces organes , mais aussi dans des calices et dans des corolles dont les parties sont en nombre <gal.
Ainsi' lorsque les pièces du calice ou de la corolle sont au nombre de cinq, on^bserve le plus fréquemment que ces pièces sont Jisposées en une spirale qui fait un peu plus d'un tour et demi, de sorte que la sixième pièce, si elle existait, se trouverait placée au-dessus de la première et commencerait le troisième tour de spire, tandis que les pièces qui appartiennent au second tour de spire , c'est-à-dire les deux supérieures ou les plus intérieures, alternent avec celles du premier tour ou avec les trois plus extérieures. (Voyez Pl. vm , fig. i et 4.) C'est la disposition qu'on a nommée en quinconce dans les feuilles et qui constitue la préiloraisou quinconciale.
D'autres fois, également dans les calices ou les corolles à cinq parties, les diverses pièces se recouvrent snc-
eessivemenl depuis lu première qui est tout-à-fait extérieure jusqu'à la cinquième oui est tout-à-fait intérieure et qui est placée contre la première ; ellfs forment ainsi
autour 1 " de l'axe. (Voyl Pl. nir, flg. i , 3.)
Dans les plantes à quatre divisions au calice et à la corolle , tantôt deux des pièces opposées sont externes et les deux qui sont opposées en croix sont internes (corolle des Véroniques , calice des Crucifères , des Thymelées ), lantôt un dus pétales est externe, celui qui lui est opposé est interne et lus deux laléraux sont recouverts par un bord et recouvrent par l'autre (corolle des Crucifères, calice des Véroniques).
La disposilion de ces diverses parties dans le boulon est ordinairement constante dans les mêmes plantes et souvent dans tout une même famille. Il y a cependant des exceptions, surtout dans les pièces de la corolle, et on va en concevoir l'origine si ou remonte au premier lemps du développement de cet organe. J'ai déjà fait remarquer dans un autre Mémoire que la corolle était de tous les organes de la fleur celui qui se développait le pins lard et qui ensuite s'accroissait le plus rapidement. Si on examine le bouton très-jeune dans les plantes à corolle très-grande el en général à fleur très-volumineuse , [elles que le Cobcea , les Solnnées , les Digitales et d'autres personnées, les Bignonia , les Caryophyllées, les Légumineuses, on verra qu'à une époque où le calice est déjà très -grand, où les é ta mines et surtout les anthères sont déjà irès-développées , les pétales ne représentent que des sortes d'écaillés plus courtes que les élamîues (voyez Pl. ix, lig. i, a), el, dans les fleurs
monopéïales, la corolle ne forme qu'une aorte de petit anneau autour de ces derniers organes ; anneau membraneux et dont le bord sinueux indique déjà parfailemenl les lobes de la corolle. ( Voyez Pl. ix , fig. 3. )
Ou voit donc que la corolle étant à celle époque plus courte que les examines, les lobes ou les pétales du peuvent pas encore se recouvrir, et que ce n'est que par snite de leur développement que leurs bords s'atteindront et pourront se recouvrir. Si-leur développement est régulier , ai rien ne vient intervenir leur disposition naturelle, ils se recouvriront dans Tordre de leur insertion, le plus inférieur se trouvant le plus extérieur; mais si leur développement est inégal, ou si les étnmiues les soulèvent irrégulièrement, leur mode d'imbrication pourra être modulé.
Si un des pétales prend un accroissement plus rapide que les autres, il s'appliquera immédiatement sur le sommet des élamines et sera ensuite recouvert par les autres pétales qui se développeront plus lard (i). Il en résulte que fréquemment, dans les Heurs où les pétales
(i)CVtl «Ile marne route qu'on doit , hi (mise , attribuer lei <ariutîoui fréquentes que présente lu préQoraifoo dm» certain» plantée. Ainsi du puni tu à piifloraijoti contournée présentent quelquefois In prffl oraison spirale (Caryophytliei, Polémotlineées) ; des pluules h prêta ptéHorniaon papilionacée ( Rosacées , Géranium ). Pour remonter do la préQoruisoii au mode d'insertion des organes, ÎI faut alors chercher dans chaque esper. Ii- ]:ii.lIh! <1i- pi i'ïJlij u li.Ll.iUul , et foire abatrac-
cn particulier, 1rs jh'Ih!™ m- .-..! limi-haiit ]i.n il':,tinri1 pnr leur pourtour, peuvent, lorsque leurs borda viennent à se rencontrer , se recouvrir
prennent un accroissement inégal, ce soiil les plus grands qui «ont placés en dedans et les plus petits eu dehors. C'est ce qu'où observe dans les Pecsonnées elles Labiées où la lèvre inférieure qui est générale me ut plus grande est iniernc, ci la lèvre supérieure qui est plus courte est externe dans le bouton. Dans le Gesncrï» où la lèvre supérieure est la plus longue, elle est au contraire placée en dedans des autres divisions de la corolle.
On voit par là que la tendauce des pétales a se développer inégalement rompt les rapports naturels qui existaient dans leur mode d'imbrication et ne permet plus de juger de leur ordre d'insertion autour de l'axe : en effet, dans les fleurs irrégulières, si ou voulait déduire l'ordre dans lequel les pétales sont Gxés sur l'axe de la fleur, de la manière dont ils se recouvrent, comme nous l'avons fait pour les fleurs régulières, on trouverait un mode d'insertion qui ne serait plus ni une spirale ni un verticille, qui, en un mot, n'aurait aucune analogie soit avec l'insertion de ces mêmes parties dans des fleurs régulières très-voisines, soit avec l'insertion des feuilles sur les rameaux.
Mai» ce développement inégal des pièces du calice ou de la corolle qui constitue ordinairement l'irrégularité de la fleur n'est-il pas lui-même une suite de l'insertion de ces pièces sur des points du rameau floral qui ne sont pas placés a la même hauteur ou de leur insertion en spirale et non en verticille ?
Qu'on examine les familles de plantes dans lesquelles les pétales sont contournés on disposés comme les valves d'un fruit dans le boulon, et sont par conséquent insé-
rés on «n vérimbli: vcrticille régulier, cl on verra que dans ces familles il n'y a presque aucun exemple de Heure irrégulières, el qu'en outre il n'y a presque jamais de famille ;'i fleurs irrégulières qui s'en rapproche assez pour pouvoir Être considérée comme composée de plantes dérivées du même type devenu irrégulier par l'acuroittement inégal des pièces de chaque verticille flo- „! (,).
Je cite ici dix-sepl familles dont la corolle ei le calice ou l'un de ces deux organes sont disposés soil en préfloraison valvairc, soil en préfloraison contournée ; quatorze ne présenitni jamais que des fleurs parfaitement régulières: ce sont : les Campaiiulacées, les Ttliatniides, les Kricinées, les Rubiacécs, les Apocynécs, les Polcmonïacées, les Convolvulacées, les Caryophy liées, les Primulacécs, les Cistiiiécs, les Mal racées, les Butlneriacces, les Tiliacées, les Passiflores : trois seulement offrent des
(x) Op doit aussi rf marquer que Tes préfloraisons vtdraire et contournée, qu'an peut considérer tomme proicuant il'nn mime mode il'iusertion des parti» de la (leur, se irouveot fréquemment daus lu même famille naturelle. C'ejt ce qu'on remarque en particulier daim les corolles des Rulùacces, et dans celles des Apocynécs et dej Asdcpiadces, qui nul assez d'analogie pour qu'on uuîucles consïdfier comme appartenant au même type lloial.
Il est rira, au contraire, du trou Ter dans la même famille h préfloraisou Talïaire ou contournée mêl.c avec lu préfloraîaon imbriquée. Cependant les Solancus offrent <leui de cet modes de préfloraiion dans leur corolle. Elle est vutrair* dans les J<j(onmn ( les Phyiatàet qoclqno autres geurea, et quiucouciale dans la jilu|iart des autrei -eures.
Les Clémalites dilTcrerit aussi des R en un eu lacées par leur perfloraiaonTalvaire; mais ce genre s'cïoigne par plusieurs caractère! remarquables de la fiiinillc à laquelle ou l'associe. Son calice teirasépalc el ses feuilles opposées sont les plus saillaus.
fleurs irrégnlièrrs et leur mode d'irrégularité est tnut-èfait particulier ; ce sont les Lobeliacées, les Synanihérées et les Aristolochiées. Dans toutes ens piaules l'irrégutarilé de la fleur ne dépend pas le plus souvent du développement inégal des pétales ou des sépales, mais plutôt de la manière dont les pièces du calice ou de la corolle soin dejelées d'un inème côté el unies enlr'elles de ce roté, tandis qu'elles sont profondément séparées du côté opposé ; c'est ce qui produit la languette des Synaiithérées et le tube fendu des Lobelia et des Goodenoviées, enfin le calice dont le limbe est en forme de langue du la plupart des Aristoloches.
Au contraire, sur vingt-neuf autres familles dicotylédones dont les péiales sont disposés dans le boulon en préfloraison imbriquée, on remarque que lantôtlamême famille renferme des plantesà fleurs parfaitement régulières et d'autres à fleurs irrégulières, telles eout les Renonculacées,lesRutacées,lesLégumineuses,lcsGeraniacées,lcs Violacées, lesCrucifères, les Verbe nacecs,! es Valérianées; et tantôt auprès d'une famille à itcur constamment régulière on à peine déviée du type régulier, on en trouve une nuire qui, s'en rapprochant extrêmement par l'ensemble de ses caractères, ne s'en éloigne réellement que par sa déviation constante du type régulier. Ainsi en comparant l'ensemble des Rosacées à l'ensemble des hégumiucuses, on voit que ces dernières ne diffèrent des premières et surtout de quelques-unes de leurs tribus que par le développement inégal des mêmes parties qui entrent dans la composition de la fleur dans l'une el l'autre famille. On peut donc dire qu'une Papilionacée ne dillère «ssenliellement d'une Drupacée que par l'iné-
( io )
gai développement des diverses pièces de chaque veilicUle Uoral.
Le» Fumariacées ne différent aussi des Papaveracées que par leur déviation du type régulier de ces dernières.
Les Resedacées offrent les mûmes relations avec les Capperidces ; les 6a Isa mi nées, les Tropéolées cl les IV largonium avec les Gemmées régulières ; les l'ersoiinées avec les Solanées ; Ira Bignoniacées avec les Jasminécs, et sous le rapport de la Heur les Labiées ne di lièrent des Borraginée» que par leur irrégularité.
Nulle port je ne trouve des rapports aussi intimes entre des familles à fleurs irrégulières et des familles à fleurs régulières dont la préfloraison dérive d'une insertion verticillée; il me parait donc que dans les plante» dont les organes floraux sont réellement verticillés, ce qu'indique leur mode de préfloraison, tous ces organes étant placés d'une manière parfaitement symétrique par rapport à l'axe de la fleur, n'ont aucune tendance à se développer inégalement; il faut alors des causes toutes spéciales et qui ae rencontrent rarement pour déterminer l'irrégularité de la fleur.
Dans les plantes au contraire dont les pières constituantes de la corolle ou du calice sont insérées à des hauteurs diverses surtaxe de la fleur, ce qui détermine l'imbrication de ces parties dans la préfloraison, ces pièces n'étant pas placées dans des circonstances exactement semblables sont sujettes et même disposées à prendre gn accroissement différent, et il y a une tendance marquée vers l'irrégularité, tendance qui se manifeste soit par la disposition qu'ont les fleurs de certaines familles à devenir plus uu moins irrégulicrcs, tandis que le type habi-
lucl de ces famille» e*i régulier, *oil pur l'eiittenre, auprès d'une à Heur régulière, d'une autre i i-i.ll ■ trè*- voisine qu'on peut considérer comme ne différant de li première que par In transformation des fleurs régnlicrcs en Henri ir régulière».
Celte disposition dps organe* des végétaux 4 prendre
tin ■ ; ti- i : lorsqu'ils sont placés i des
hantent* dillërenti's sur l'aie qui les porte est bien manifeste dans les feuilles. Dans une jeune pnnsse d'nne année d'un arbre à feuilles alternes on remorque généralement que le* feuilles inférieures sont les plus petites, les moyennes sont les plus grandes, et les supérieures sont un peu plus petites.
Les jennes rameaux de hûtre montrent celle disposition d'une manière très -distincte et qui indique bien l'analogie entre ces véritables feuilles et les folioles du calice. Ces rameaux portent généralement cinq feuilles étalées en rosette et simulant une sorte de calice k cinq folioles. Les deux feuille* inférieures sont le* plus petites, la troisième est la plus grande et les deux supérieures sont plus petites.
Dans les plantes à feuilles verlicillécs, on remarque au contraire que les feuilles d'un même veriicille présentent toutes un égal développement el sonl parfaitement semblables.
Le mode d'insertion des feuilles sur la tige ayant une influence aussi marquée sur leur graudeur, il est naturel d'attribuer à une cause semblable l'inégal développement des organes floraux, surtout lorsqu'on voit que cette irrégularité est généralement liée à l'Imbrication
des pièces de la fleur, et par conséquent à l'insertion de ces pièces à des hauteurs différentes.
A ces considérations générales, déduites de l'examen d'un grand nombre de fleurs fraîches ou sèches , mais que je suis bien loin de présenter cependant comme des lois sans exception , je crois devoir ajouter quelques faits particuliers qui feront mieux sentir la manière dont je comprends que peut s'opérer le changement d'une fleur régulière en une fleur irrégulière el les modifications qui eu résultent souvent dans la p réfloraison.
Si on compare une fleur régulière de Renoncule ou d'Anémone (Pl. vin , fig. 5 ) à la fleur irrégulicre d'un Delphinium ou d'un Aconit ( Pl. vm , fig. 6) , on verra que dans ces deux cas les sépales ou folioles du calice ont conservé exactement le même mode d'imbrication quinconcialc , mais se sont développés très-inégalement, et c'est sur le second sépale dans l'ordre de la spirale que ce développement s'est porté. (Voyei fig. 6, u° a.) L'inégal développement des sépales n'a donc eu dans ce cas aucune influence sur leur mode de préfloraison.
La même chose s'observe dans les Pclargonixim où les pièces du calice et de la corolle, quoique sensiblement inégales, conservent encore la préfloraison quinconcialc régulière comme dans les vraies Géranium .
Dans ces plantes c'est donc le sépale et le pétale n° a qui occupe la ligne médiane de la fleur et des deux côtés, duquel se groupent symétriquement et par paire les n" i et 3, et 4 et 5,
Si on examine de même comparativement la fleur d'uue valériane ordinaire û fleur régulière, ou même
colle du Fedia cornucopiœ dont la fleur n'est que trèslégèrement irrégulière (Pl. vin , flg. 7)^ el celle du Centrant/tus ruber qui est déjà très-sensiblement irrégulïère(Pl. vin, fig. 8), ou verra que les premières ont les divisions de la corolle disposées en préfloraison quinconeiale ordinaire. En plaçant les fleurs de Ccntranthus dans une position semblable , on verra que leur plus grande division, qui correspond au a" 4 de la spirale , est extérieure , taudis qu'elle est lout-à fait interne dans la prêfloraison quinconeiale.
Toutes les autres parties homologues de la fleur étant dans une positioo parfaitement semblable, on ne peut, je crois, douter que le plus grand développement de cette division a entraîné son changement de position relative.
Celte différence entre des plantes très-voisines, autrefois réunies dans le même genre, est loul-à-fait la même que ceilequi a lieu entre les Rosacées ei les Légumineuses papilionacées : dans les Rosacées la prêfloraison est habituellement quinconeiale et les autres modes d'imbrication qu'on observe quelquefois paraissent n'être qu'accidentels.
Dans les Papilionacées ( Pl. ix, fig. 4) les ailes représentent les deux pétales extérieurs de la préfloraison quinconeiale ou les n" 1 et a de la spirale qui sont devenus à demi recouverts comme dans le Ccntrantkus , le pétale n° 4 étant également devenu extérieur, tandis qu'il est intérieur dans la préfloraison quinconeiale.
lia us ces plantes ce n'est plus, comme dans les Renonculacées irrégulières, le pétale ou le sépale a" a qui occupe la ligue médiane, mais le n* 4> et de* Jeux côtés de
ce pétale tiiojen se groupent par paires les pétales 11° f ela, et 3 et 5.
L'irrégularité des Personnées et des Labiées dépend d'une autre modification dans le développe ment des partics cl dans leur position relative qui a plus d'analogie avec ce que nous avons d'abord indiqué dans le calice des Renan enlacées et dans le calice et la corolle des Gérances.
Dans la Digitale le calice est constamment en préfloraison quinconciale régulière, le sépale n° a est adossé contre l'axe de l'épi et occupe la ligne médiane, et de ces deux côtés sont groupés par paires symétriquement les sépales 4 et 5 et i el 3. Dans l'Autliirrliiniim et dans la plupart des autres genres de Persounées ce sépale n" a, qui est extérieur dans la Digitale, est au contraire interne (voy. Pl. lit, fig. 6); les autres sépales conservent exactement les mêmes positions relatives. Quant à la corolle, elle m'a toujours paru offrir celte dernière disposition, c'esl-a-dire que la division n° a, opposée a l'axe de l'épi et occupant le milieu de la lèvre inférieure, est interne, tandis qu'elle devrait être externe dans la préfloraison quinconciale; les divisions ■ et 'î constituent la lèvre supérieure et ont conservé la posiifon relative qu'elles occupent dans la préfloraison quinconciale régulière ; les divisions 4 et 5 forment les deux divisions latérales de la lèvre inférieure et leur position relative ne diffère de celle qu'elles auraient dans la préflnraison quinconciale régulière que par suite de la pnsition interne de la division n 1 % qui est enveloppée par elles au lieu de les recouvrit-.
Ce mixte de préfloraison qui existe dans les Person-
nées, les Labiées, les Viol et Ira, se retrouve aussi dans quelques (leurs régulières, les Purbnscum, par exemple. On voit que dans toutes ces plantes le sépale et le pétale n° a qui occupent la ligue médiane , et des deux côtés desquels se groupent symétriquement les autres pièces de la fleur, change seul de position par rapport aux autres parties du même organe; c'esl donc lui qui modifie la préfloraison quinconciale, type ordinaire et régulier de ces fleurs, tandis que dans les Légumineuses c'esl le pétale n" f\ qui joue le même r&le.
Si l'observation prouve que dans les fleura à préfloraison quinconciale devenue irrégulière, c'est tantôt la pièce n" t et tantôt la pièce n° 4, soit delà corolle soit du calice, qui forme la pièce impaire et médiane de la fleur, l'examen même des positions respectives de ces diverses pièces dans la préfloraison quinconciale régulière montre que ce sont les deux seules pièces des deux côtés desquelles les quatre autres pièces puissent se développer symétriquement par paire.
Ainsi lorsqu'on considère la pièce n° a [ voy. Pl. vin, fig. 3) comme occupant la partie moyenne de la fleur, on voit immédiatement de ses deux côtés les pièces n" 4 et 5 qui sont symétriquement placées, étant Tune et l'autre complètement intérieures et disposées par conséquent à prendre le même développement. Les deux autres pièces n" i et 3, pins éloignées de la pièce médiane , sont également dans uue position symétrique , puisqu'elles recouvrent toutes deux les pièces voisines ei qu'elles ne diffèrent l'une de l'autre qu'en ce que le n° i recouvre par son bord le u* 3. Elles forment donc comme les pièces n" 4 t' 1 5 U" couple semblable.
•VI y
Si on suppose que In pièce n"4 occupe la ligne médiane, on verra que des dciu fûtes si 1 irouvent insérés des organes disposés similairement et formant ainsi des paires de
média temenl le n" 4> l ps deux pièces les plus exier- ! ornes de la prcfîornison quintoncialc et sont parfaitement symétrie; nés.
Les pièces iJ et 5 sont toutes deux recouvertes par les pièces voisines et ne diffèrent l'une de l'autre que par la manière dont l'une d'elles recouvre l'autre.
Si on prend successivement pour pièce médiane les n°" r, 3 et 5, on verra que les pièces qui sont disposées des deux côtés de chacune d'elles ne peuvent plus former des couples symétriques ; ce sont, dans le premier cas, les pièces 3-4 et 2-5: dans le second cas les pièces i-5 et a-4 ; et dans le troisième a-3 et i-4- Or ces couples de sépales ou de pétales n'ont aucun rapport dans leur mode
susceptibles de prendre facilement le même degré de développement, il résulterait donc de leur inégal développement, non plus une fleur irrcgulièrc formée cependant de deux côtés symétriques comme toutes les fleurs que nous nommons irrégulières, mais une fleur comp) élément irrégulière comme on n'en voit pas dans la nature.
Rapport ,1c la préfloraison avec la régula, ou V irrégularité de la fleur.
VIIEFLOBAISON
RIjaDiuéea ( calice t I corolle J. . . . Régulière.
Ericinees ( corolle) (LpInpaH) . Régulière.
Compaoïkcc'» (corolle; Br Bu licrc.
RuWecjCeloilceOtcorolJeJ... Régulière. '
Lobcli.cfe» el GooJeoo.iée, Irrijulière, fendue.
Composée» ( corolle) Wgdlèr, CL .régulière, fe„d„e.
Ar,.ioLocb.r.es(cal,«) IrrégiiKsr. Lubca jomlv! tl <l*je-
Wsdecolc.
Trfiaccc. (calice) Rignlier.
ArfèpBdïuCcorolle) Rcgubire.