RARAHU
Que ma tombe soit humble et voisine du ciel Les vierges de Papeëte, en lente théorie, Y viendront déplorer mon destin sans appel ;
Et pour bercer encor mon âme endolorie, J'écouterai monter, le soir, sur l'Archipel, Leurs himénés d'amour en langue maorie.
Pêcheurs d'Islande
L'œil saisissait à peine ce qui devait être la mer... cela prenait l'aspect d'une sorte de miroir tremblant... On voyait clair, en ayant cependant conscience de la nuit, et toutes ces pâleurs des choses n'étaient d'aucune nuance
pouvant être nommée...
Pêcheur d'Islande.
haque soir les Pêcheurs regardaient, tout pensifs, Sur le miroir tremblant des mers hyperborées, Un blême et froid linceul de brumes éplorées Ensevelir l'Islande et ses mornes récifs.
Au loin, les fiords, les caps, les hauts pics convulsifs N'étaient plus qu'un contour d'ombres décolorées... Puis le vague infini des profondeurs dorées S'étendait seul, le long de leurs vaisseaux massifs.
Autour d'eux, étouffant l'écho sourd de son râle,
L'immensité prenait l'étrange reflet pâle
Des ciels mourants du Pôle et des étés sans nuit;
Cependant que, vers l'Ouest, sur la vague endormie, Lugubre et plein d'horreur le Soleil de Minuit, Comme un spectre voilé, contemplait l'accalmie.
Pêcheurs d'Islande
Minuit sonné à la cloche du croiseur... A la lumière sans fin du jour... ils restaient là, assis, songeant au pays, aux absents, à mille choses, dans un
rêve...
Pêcheur d'Islande.
es uns, à regarder le ciel changeant du Nord Et l'horizon livide au fond des mers funèbres, Sentaient la terreur vague étreindre leurs vertèbres Sous le reflet spectral de ce grand soleil mort.
D'autres tournaient les yeux vers un point, loin du bord, Où, parmi des écueils inconnus ou célèbres, Ils avaient vu, dans l'ombre épaisse des ténèbres, Sombrer la morne Islande avec son dernier fiord.
Et le cercle enchante' des sinistres féeries Tenait ceux-ci tremblants, pâles de rêveries, Penchés devant l'abîme et pleins d'anxiété.
Mais un voile obscurci retombait sur ces zones, Et rien ne troublait plus l'inerte immensité Que le soir éternel baignait de lueurs jaunes.
Table
K»Q3>jX05»re»g>»&pp&^>ayafrs»^^
^^K^^v^'^iK^K^I^^