‹ Sur l'œuvre de Pierre LotiChapitre 5 sur 29 · L'OUED-EL-AÏN · texte numérisé non relu

L'OUED-EL-AÏN

Derrière le décor des granits et des palmes,

S'irise l'infini des grands horizons calmes

Que l'aube avait frangés d'améthyste et d'argent;

Et partout se déroule et, splendide, recule

Le semis de points d'or qui, mobile et changeant,

Couvre le sable rose au fond du crépuscule.

Akabah

Et enfin, la voix des muezzins s'élève une seconde fois, plus belle et d'un plus haut vol de prière, — au moment où nous allons perdre conscience de la vie, étendus dehors, à la brillante étoile, sur le sable éndormeur...

Le Désert.

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AKABAH

,E soir vient; le soleil à l'horizon descend. Vois. Le golfe aux reflets d'émeraude repose; L'ombre endort l'Arabie étrange et grandiose Et le morne rivage où plonge son versant.

Seul, du côté de l'Est, le faîte incandescent Des hauts rochers que la lumière d'or arrose Dresse, brillante encore, sa découpure rose Sur le fond vert du ciel qui va s'obscurcissant.

40 AKABAH

Maintenant, dans l'air calme, entends-tu, fraternelle Et lointaine, monter, puis frémir comme une aile, La voix des muezzins prolongée en clameur ?

Écoute ! elle reprend plus sonore, elle lance

Un chant triste... et, trois fois, son refrain vibre et meurt

Solennel, à travers l'infini du silence.

La Mosquée Bleue

En particulier, tout ce silencieux Haram-ech-Chérif, avec .sa mélancolie et sa magnificence, est bien le lieu de rêve qui n'émeut pas, qui n'attendrit pas, mais qui seulement calme et enchante...

Jérusalem.

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