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L’ontogénèse est le développement de l’individu depuis l’apparition de la cellule formatrice de l’œuf jusqu'à l’état adulte, où, même, à cause des changements normaux, qui peuvent survenir au cours de cet état, jusqu’à la mort normale.
L’ontogénèse consiste en une première multiplication de la cellule initiale, puis en groupements, différenciations et nouvelles multiplications cellulaires. Tout cela constitue une série d’épigénèses positives. Ces épigénèses positives peuvent être accompagnées, comme c’est le cas chez les Insectes supérieurs, d’épigénèses négatives, c’est-à-dire de destructions, partielles ou totales, précoces ou tardives, de certains groupes de cellules, groupes dont la présence est, ainsi, transitoire au cours de l’ontogénèse. Ces épigénèses négatives réagissent sur les épigénèses positives, soit en les contrariant et en les retardant, au moins momentanément, soit en les favorisant et en les activant.
La marche d’une ontogénèse, depuis l’état d’ovule jusqu’à l’état adulte, n’est pas le résultat d’une attraction inexplicable, produisant une sorte de gravitation finaliste vers cet état adulte. Au contraire, à tout instant du cours d'une ontogénèse, non seulement l’état histologique et anatomique des organes, mais aussi leur état fonctionnel, y compris l’état des centres nerveux et les actes que ces centres déterminent, sont une résultante inéluctablement déterminée par le milieu et par l’enchaînement de tout ce qui vient de se passer dans la partie écoulée de l’ontogénèse en cours et de tout ce qui s’est passé dans l’ensemble des ontogénèses précédentes, c’est-à-dire dans la phylogénèse.
Retard de l’ontogénèse des derniers métamères
Dans les chaînes formées d'individus trimétamérisés, chaînes qui sont devenues, par perte de l’individualité de leurs éléments, la forme annélidienne ancestrale des Myriapodes et des Insectes, les deux premiers individus formés étaient l’individu antérieur (individu acronien) et l’individu postérieur (individu telsonien). Quant aux individus intermédiaires, ils se formaient les uns à la suite des autres, de telle sorte que les plus jeunes étaient ceux situés le plus en arrière.
Il en est de même dans l’ontogénèse des Myriapodes et des Insectes actuels, et l’âge ontogénique des métamères d’un individu décroît de la même façon. Cela explique pourquoi le développement d’un métamère est, en général, à quelques exceptions près, d'autant plus en retard, qu'il est plus rapproché de l'individu telsonien.
Degré d'avancement de la mélamérisalion au moment de l’éclosion postembryonnaire. — Chez les Vers, chez les Diplopodes (Glomeridae, Julidae) et chez certains Chilopodes (Lithobiidae, Scutigeridae), les premiers métamères se forment, seuls, pendant la période embryonnaire, et l’éclosion, hors des enveloppes de l’œuf, a lieu bien avant l’apparition du nombre définitif des métamères de l’individu adulte.
Cest que, grâce à la grande indépendance que les métamères présentent les uns par rapport aux autres, les métamères antérieurs ont pu prendre une telle avance, dans leur ontogénèse, que leurs organes ont pu devenir fonctionnels et aptes à permettre une vie libre, à un moment où les métamères postérieurs ne sont pas encore formés. Cela rejette l’apparition de ces derniers à la période postembryonnaire.
Au contraire, chez les autres Chilopodes (Geophilidae, Scolopendridae) et chez les Insectes, l’éclosion n’a lieu qu’à une époque où l’apparition du nombre définitif des métamères est terminée.
Mais les derniers de ces métamères n’ont, cependant, pas toujours eu le temps de complèter leur organisation, et ils peuvent être à un état ontogénétique d’autant plus en retard que leur rang est plus éloigné.
La partie de l’évolution ontogénétique qui fait passer l’Insecte de la forme embryonnaire à la forme adulte s’est notablement compliquée au cours de la phylogénèse. Elle présente des modes de développement, remarquables et variés, qui ont, depuis longtemps, attiré l'attention, et que l’on a cherché à classifier.
Toute classification rationnelle devant tendre à être un tableau de l’évolution phylogénétique, et les processus ontogénétiques n'étant qu’une des manifestations de cette évolution, il est évident que la classification de ces processus devrait se superposer, purement et simplement, à la systématique de la Classe. Une telle classification conduirait, il est vrai, à séparer, dans des groupes différents, des processus présentant des ressemblances de convergence plus ou moins accentuées, mais cela ne l’empêcherait pas d’être la seule classification réellement naturelle.
Mais, nous ne connaissons pas encore très exactement la phylogénèse des Insectes, en sorte que la classification et les rapports des groupes systématiques entre eux, ne sont établis que d’une façon approximative. Il y a donc lieu de se contenter, aussi, pour les processus ontogénétiques, d’une classification un peu artificielle, qui n’est superposable que dans une certaine mesure à la classification systématique actuellement adoptée.
Remettant à un travail ultérieur un examen plus détaillé de cette question, nous nous contenterons, ici, d’une classification réduite à sa plus simple expression et ne comprenant que trois catégories : l’amétabolie, l’'hémimétabolie, l’holométabolie.
AMÉTABOLIE
Comme celle du Proinsecte, l’ontogénèse des Insectes inférieurs actuels, c’est-à-dire des Thysanoures et des Orthoptères, présente cette continuité qui caractérise la croissance, par degrés presque insensibles, par différenciations lentement progressives, sans