‹ Sur la catastrophe de l'exroi de Naples Joachim Murat extrait des mémoires du général Colletta ministre de la guerre du royame de Naples, sous le gouvernement constitutionnel traduitChapitre 1 sur 8 · AVIS DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

AVIS DU TRADUCTEUR

Dafs le mois de novembre 182 r , le général Colletta , alors ministre de la guerre du royaume de Naples, publia, sous le modeste titre de Pocchi Fattisk Giacchino Murat (quelques détails sur Joachim Murat), la relation de tout ce qui était arrivé h ce malheureux prince depuis sa défaite à Tolentino , jusqu’au moment où les cachots du Pizzo furent témoins de son supplice et de l’intrépidité de son âme.

Cette narration produisit à Naples autant d’effet, et fut recherchée avec autant d’avidité que l’est en ce moment à Paris

Y Extrait des mémoires de M. le duc de Rovigo sur la catastrophe du ducd En-

GHÏEN. '

Murat était Français. Il l’oublia , il est vrai , dans une circonstance bien grave;, mais le bandeau royal l'avaiît aveuglîé^ et l’on ne pouvait accuser sou cœur ; aussi les Français , toujours généreux j n’avaient pu apprendre ses malheurs sans lui pardonner un moment d’erreur et de dépit. Ils se rappelèrent que Murat avait long-temps combattu les ennemis de la France ; que long-temps il avait partagé la gloire de nos soldats; qu’il fut un de nos plus braves généraux ; que l’Italie , l’Egypte , V Autriche , la Prusse , la Pologne , la Kassie et vingt autres contrées le virent

MJ

alternativement aux premiers rangs de nos vailiaus escadrons., le front toujours ceint de lauriers^ de pareils souvenirs, ne pouvaient s!effacer totalement de leur mémoire. Si Murat fut mort en 1814 avec la couronne des Deux-Siciles sur la tête, son trépas n’aurait été pleuré que par quelques courtisans ; mais Marat fut malheureux,, il expia cruellement sa faute , et le récit de sa fin tragique ne pouvait manquer d’intéresser tous ceux qui l’avaient vu sur le champ de bataille ou sur le trône.

Je pensai donc que la traduction de l’ouvrage du général Colletta serait accueillie en France comme l’avait été l’original dans les Deux-Siciles, et je fis imprimer V Histoire des sîjc derniers mois

JV

de la vie de Murat ; mais la censure exis tait alors; il lui fut ordonné à’ étouffer ce livre sous ses éteignoirs, et la relation du général Colletta ne fut point connue en France.

Aujourd’hui que la publication de l 'Extrait des mémoires du duc de Rovigo vient de rappeler bien des choses qu’il aurait fallu oublier, et reporter la pensée des lecteurs sur des personnages parmi lesquels Murat figure au premier rang , j’ai cru devoir reproduire l’ouvrage du général historien , dont les journaux de l’époque ont vanté la modé- , ration et l’impartialité.

Je ne me suis point proposé de faire du scandale, j’ai voulu seulement fournir quelques matériaux à l’histoire de

l’époque la plus féconde en grands événemens depuis une longue série de siècles. Je regrette que les personnes désignées dans cette brochure n’y jouent pas toutes un rôle honorable ; mais cela ne dépendait ni du général Colletta , ni de son traducteur.

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