CHAPITRE Iir
Comparaison des çégétc^x fossiles des dii^ers terrains.
DaDS le chapitre précédent nous avons fait connoilf e une. * partie des végétaux qu'on a trouvés jusqu'à présent dans' les terrains de sédiihént supérieur; on à vu qu'ils se rapportoient aux genres ExogéniteSjEndogénites, Culmites, Lycopodites, Palmacites, Fucoïdes, Phyllîtes, Poacites, et^ux ordres des Carpolithes et des Anthplitlies j nous avons décrit en outre, neuf espèces de plantes qui nous paroissent appartenir d'une manière certaine à des genres connus , mais qui préseolem : cependant des caractères propres à les distinguer de toutes les* espèces du même genre, et qui semblent indiquer <jue si à cette époque la végétation ne difieroit pas essentiellement de la végétation actuelle, si des plantes analogues génériquement a celles qui croissent maintenant à la surface deTa te^e existoient déjà, cependant les mêmes espèces n'habîtoîent pas la terre à ces deux époques, résultat qui se trouve d'accord avec ceux que fournit l'étude des animaux fossiles.
Ces formations spnt les seules dan^ lesquelles nous ayons pu jusqu'à présent retrouver ces analogies génériques ; on peut aussi regarder comme un de leurs principaux caractères les diverses parties de Palmieçs, troncs, feuilles et fruits, qui y ont été observées dans beaucoup de points, et qu'on n'a pas encore trouvé dans les terrains plUs anciens. ^ Uiious reste actuellement à indiquer les principales ^fférehces entre les végé|,aux de ces^ terrains et ceux des forma-
-. 76 . yioÉf AUX FOSSILES.
• tîpils plus anciennes. Pour établir cette comparaison, nous diviserons (sous^le point de vue seulement des végétaux qu'elles reoferment ) toutes ces formations en deux^groupes prîncipaux : l'un renfermera les terrains désignés par mon père sous le Aom de terrain de sédiment moyen et inférieur, savoir, la
*«^aie, le calcaire du Jura, le calcaire alpin et les terrains qui , le^f soiit subt>rdonnés j l'autre comprfl&dra les^forniations de houilla et d'anthracite. .
' ^^ # r ' Nous sommes obligés de réunir dans la preniière séiie des
^ terrains très-différen^par leur position , parles animaux qu'ils
^renferment A; par 1 époque de leur forlnation^ à cause du peu
é^ * ', ^f ^ ^^ débris v^étauxque nous possédons douces divers terrains
|e&% cause du doute daiïs lequel nous sommes quelquefois
• pour détèitntnec à laquelle de ces'foriitiations' appartiennent les végét^ax fifesiles que nous possédons.
Jusqu'à présent la craie i^t le calcaire du Jura n'ont présenté
aucttn fossile végétal détermioal^Iei Parmi des fossiles de la
^•* • * .oraie efl^^qySs d'Angleterre par MvG. Mantell, il se trouve un
\ » • . \^ fragment de Bois fossilb tout-à-fait indéterminable , c'est le seul
* ^ * débris* végétal de ce terrain que je connoisse. Le calcaire des
• • . ' * environs d'Oxford, que M^ Buckland rapporte à la* formation
« t)#lithique ou de calcaire du Jura, renferme aussi des portions
' *' ^de végétaiux fossiles j le seul échantillon de cette locaUté que
' ; j'ai v#et que je dms à M. Buckland; se rapporte à notre genre
Lycopodite (t)^ la disposition de ses feifilles a beaucoup d'aiia-
(i) Nous lui donnerons le nom dé I^copodites Bucklandi. Sa tige est tripinnée à rameaux alternes. La iige principale et les rameaux du premier ordre np portent passée féuill^Sy les autres présentent des fii|uil)es obtuses ^rhomboïdales » disposées sur quatre rangr, et opposées par paires. Lis latëri^ei parois^nt plus gpmdes e^
logie avec celle des Jjycopodium alpinum éCcomplanatum ,► mais il en diSière extrêmement par le mode de division de sa tige qui est trois foispinnée et non paâdichotome comme cfeller deces espèces; ce mode de division a beaucoup plus de ressemblance avec celui de' la tige du Lycopodium Jlabel^ latuht,
Les seuls végétaux fossiles trouvés dans le calcaire alpin sont des bois dicotylédons charigés en lignites et qui sont abondans dans les couches argileuses de ce terrain.
Nous devons encore indiquer comme appartenant à la période étendue que nous embrassons dans ce paragraphe,
10. Les lignites de Tîle d'Aix près la Rochelle^ dans lesquels M. Fleuriau de Bellevue a trouvé, outre de grandes masses, de bois dicotylédons charbonnés, des Fucoides ou Fucus fossiles. Nous en avons distingué 4 ^ ^ espèces différentes trèscurieuses et bien caractérisées; on y a trouvé aussi quelques feuilles à plusieurs nervures parallèles qui ne sont pas a^sez entières pour que nous puissions espérer de les rapprocher d'aucune plante vivante.
20. Des Fucus fossiles d'espèces différentes de ceux dont nous venons de parler et qui se sont préseptés avec des caractères parfaitement semblables et dans des terrains qui paroi^senf avoir la plus grande analogie entre eux : i^; à Bidache près Bayonne; ifi. aux environ3 de Ventemiglia sur la côte 'occidentale de Gènes; 3o. à Sarzaneprèsle golfe de la Spezia; 4^. à Vernasque près de Gastel-Arquato dans le- Plaisantin ;
placées dam le même plan ; les autres sont plus coj|irtes et appliquées contre h tige , comme dans le Ljrcopodium nlpinum.
S^. au N.O. de Vienne en Autriche : deux ou trois .espèces se
retrouvent daoà ces diverses localités et diffèrent entièrement
des Fucus de File d'Aixet^ncore plus de ceux deMonte-BoIca.
* 3^. Les fossiles trouvés dans les schistes bitutnineux de Mansfeld appartenant au terrain de sédinient inférieur : ces foâ&iles, que nous avons rapportés au genre Lycopodite ef qui forment dans ce genre une section bien caractérisée par leurs feuilles disposées sans régularité^ paroissent s'éloigner beaucoup du genre Lycopode; mais en général les échantillons de ces fossiles sont si peu nets qu'il est difficile de^ se former une opinion exacte sur leur analogie avec les plantes vivantes.
*l'els sont les seuls végétaux fossiles que nous connoissions dans les terrains de sédiment inférieur 5 nous voyons qu'ils ne *,... se rapportent qti'aux trois genres Exogénites,.Fucoïdes et • Lycopodîtes; les genres Endogénites, Culmites, Phyllites, Poacites ,* Paîmacites , Carpolithes et Antholithes que nous avons observés dans les terrains de sédiment supérieur , ne se sont pas présentés dans les premiers de ces terrains, soit que
les végétaux dont ils faisoient partie n existassent pas encore
à cette époque, soit que quelque causese fût opposée h leur cx)nservation. , .
* No lis ferons remarquer qu'à l'exception des Poacites et des Çarpôlithés , aucun de ces genres ne s'est oflfert dans des tergrains plus anciens, ce qui*pourroit nous porter à présumer
qu'ils n'existoient pas antérieurement h l'époque de la for-*mation desJ:erraiQS de sédiment supérieup; au contraire, les genres Calamités, Syringodendron, Sigillari^, Clathraria, Sagejiaria, Stjgniaria, Filicites, Sphqnophyllites , Asterophyllîtes tit les vrais Lycopodifbs. qui se trquvent très-abondamment
Végétaux fossiles. • . '7§
dans des terrains plus anciens^ garoitroient avoir déjà cessé d'exister à l'é{|pque de la Jbrmation dés terrains de sédiment ^ inférieur ,fc puisqu'ils ^pe se représentent dans aucun des terrains plus nouveaux.
Ces genres appartiennent exclusivement aux terrains houil^ liers et aux terrains d'anlhracites ou aux formatons analogues. Parmi ces formations analogues aux terrains houilliers, et qui renferment les mêmes fossiles qu'eoz, nous citerons les mines de ctdyre d'Ekaterimbourg en Russie, qui Sont placées daiis un psammite semfilable à celui qui i:^enferme la houille et qui contiennent aussi d^ Calamités et des Stigmaires semblables^ celles du terrain houillier^ les échantillons très-curiehx de ces • tiges fossiles encore ^tourées de cuivre* carbonate existent; dans la collection de l'Ecole des mines.' : *
Sous le point de vue botanique nous avons aussi dû réunir les terrains d'anthracite et ceux de houille, car les végétaux qu'ils renferment ne paroissent pas présenter deMifférénee bien marquée, du moins on retrouve dans les ptemiers prês^ . que tous les genres qui existent dans les seconds y ainsi Tes Calamités^ les Filîcites, les Asterophyllites,'les Sphenophyl- -^ \\\M et les Poacites sont assez fréquens dans les terrains d'an*thracite , et si nous n'avons pas encore eu occasion d'y observer les autres genres, il est probable qu'on doit l'attribuer à ce que ces terrains sont moins répandus quelles terrains houilliers , qu'ils ne- sont l'objet que de peu d'exploîjtation et que Jes végétaux y sont ep général moins nX)mbreu:(. PAit-être si de nouvelles observations prouvent que les cinq genres que nous venons de nommer y existent seuls, s^â-t-il permît d'admettre que les Syringodendron ^ Tes' Sigillaîres , les* *
80 • . VéoiTAU* FOSSILES.
ÇIatl|raires, les Sagenaîres ^ les Stîgmaires n'ont commencé à exister que postérieurement à la foUfenation de c^terrain, et qu'à cette époque , la végétation he cpnsistoit presque quilen plantes herbacées et ne pr^sentoît aucune des plantes à tiges arbores-centes analogue^ ^x Fougères en arbres, aux grands Lycopodes et aux SMutres plantes auxqu elfes nous avons comparé
^ les divers genres de tiges du terrain houillièr.
« Dans ce dernier terrâki on retrouve au contraire.tpus les genrefMu terrain d'anthracite, et de plus beaucoup de fossiles qu'on n'a pas encore observés dans ceux-^ij ce sont tous les
, différens genres qui^orment notre seconde classe, e/Cc^pté les Culmites, plusieurs espèces de Lycopodites et quelques graines fossiles. ' x
Si nous ctierchons diaprés ces fossiles à nous former une i^^e.dugënre de végétation qui existoit à cette époque, si ce n'est sur toute la surface de la terre, du moins dans les parties qui ont produit lés terrains de hanille, nous verrons d'aptes les divers rapprochemelis que nous avons cherché à
^ établir dans le prçmiei^ chapitre de ce mémoire, que presque
* tous les végétaux du terrain houillièr paroissent appartenir a la grande division des plantes mônocotylédones^ et qllk la
* plupart feroient partie des monocotylédonescrjrptogames; ainsi
• ^ nous y voyons les Lycopodes représentés par les Lycopodites • et les Sagenaîres, les Fougères par les Filicitetf^ et les espacés
arborescentes de cette famille par. les Sigillaires et les Ciatraires, les Marsilîacée§ par les SphenophyMites, M lesEqttsetacées par les Calamités.
. lies quatre familles de ce grdupe actuellement conbues^ existoient donc'déjà, quoique sous des fermes ftssez difiefén-
VièGéTAUX FOSSILES. 8l
tes; toutes paroissoient senfermer à cette époque des espèces arborescentes dont il ne nous reste plus d'exemple que parmi les Fougères.
La présence des monocotylédonës phanérogames sembleroit aussi prouvée par Fanalogie des Stigmaires avec quelques plantes de la famille des Aroïdes , et par celle des Poacites avec les feuilles de la plupart des plantes monocotylédonet j enfin le genre SyringodencihN)n, que nous n'avons pu rapprocher d'aucune plante connue, doit aussi appartenir ^ux végé* taux monocotylédons sans que nous puissions dire si on doit le ranger parmi les monocotylédonës cryptogames ou phanérogames; maîsy s^\ns\ qup nnn.Q avons r.herfhé aie prouver, aucun de ces fossiles ne peut avoir fait partie des plantes de la famille des Palmiers ; ce fait est d'autant plus important à bien établir que la plupart des auteurs indiquent les tiges de la formation houillièretîonmie appartenant à des plantes de cette famille, tandis qu'il nous paroît prouvé qu'aucun des fossiles que nous connoissons jusqu'à présent dans ce terrain ne peut provenir de ces végétaux.
Nous ne trouvons comme exemple probable de plantes dicotylédones que les Asterophyllites, qui, quoique différentes de toutes les plantes connues, ont assez d'analogie avec quelques Rubiacées pour nous faire présumer que ces plantes dévoient appartenir à une famille dicotylédone.
Les graines peu nombreuses jusqu'à présent qu'on a trouvées dans ce terrain sont une preuve de pltis de l'existence des plantes phanérogames; mais celles que nous avons vues sont trop difficiles à déterminer pour que nous osions chercher à * les rapprocher des plantes vivantes. Pânni les plantes de ce
a II
82 VéG^éTAUX FOSSILES.
terrain dont nous connoissons les tiges ou les feuilles / les •8ti§piai)res et leë AsterophylUtes sont les seules qui ; paraissant appartenir ^ des plantes ^phenérogames , pourroient lès avoir produites; mais nous n'avons pu tronaver aucune analogie entre ces graines et celles des végétant dont les deujc genres que nous venons de nommer semblent se rap- ^rocher. . •
En comparant le nombre des e^ces de chacun de ces groupes avec celui des espèces acVuellement existantes , on observera que les végétaux acotylédons (i) qui forment maintenant environ j^ huitième partie des plantes connues y n^auroient
pas CMSté à celte 4poque, du imoine il n'on reste aucune
trace. Les monocoiylédones cryptogames qui composent \ « peme la trentième partie des espèces actuellement existantes
<i) Nous adoptons dans cette contpanôion les divisions établies par MM. de Cah* dolle et Rob. Browo; ainsi nous ne donnons le nom A* Acotylédones qu'aux cryp* togames célluleuses renfermant les algues , les champignons , les lichens , les hëpathiques et les mousses. Sous le nom de Monocotylédonet crypiogames nous comprenons, ainsi que ces auteurs, les fougères , les lycopodiacëes, les marsiliacëes , Ie4ih{uisetacées et les characëes. Les nombres que nous ayons indiqués sont tirés des ouvrages de MRf . de Humboldt , Rob. Brown et de CandoIIe sur la géographie botanique ,- et de notes manuscrites que ce dernier a eu la bonté de nous communiquer/ qui donnent, pour le rapport numérique et approximatif des principaux groupes de plantc^s sur )fr surface actuelle de la terre , les nombres suivans :
Acotylédbnes. .. •• . « « 6000
Monocotylédone/ cryptogames. • • • ••••••.• i5oo
'■ , phanérogames 7000
, . Dicotylédones « 325oo
^ ^ * ToTàL des^antes connues , environ 4^0^
VéJ&lÊTAUX FOSSILES. 83
dévoient former alors glus des neuf dixièmes des plantes qui nous sont parvenues^ et les monocotylédones [^anérogames en formoient à peine la trentième partie ^ tftidis qu elles composent maintenant près de la sixième partie de la végétation. Enfin les plantes dicotylédones qui font presque les trois quarts des plantes vivantes n'entroient que pour un vingtième environ dans la végétation <^ cette époque.
On voit combien cette Végétation est différente dé celle des terrains plus récents et surtout de celle qui couyre acti^pl-^ lement la surface de la teiTe. Doit-on conclure de là que la terre à. cette époque reculée ne présentoit pas d'autres végétaux
que coi^x qao oe» ioPFoino goaform eaty ou- que ces plantes
n'apparteooîent qu à certaines localités qui ont donné nais* sance avJt terrains de houille, comme on voit encore les tourbières présenter une végétation très -particulière et beaucoup moiûs variée que celle du reste de la surfabe de la terre j c'est ce que nous ne chercherons pas à discuter, Tune et Tautre opinion a déjà été défendue par d^s naturalistes célèbres sans . qu'on puisse cependant décider entre
elles deux. * ^
La seule chose que nous ferons remarquer, c'est que Fopi- < nion de quelques auteurs qui pensent que ces végétaux peuvent avoir été transportés de climats éloignés dans les lieux où ils sont actuellement déposés , paroît contraire à tous les faits observés jusqu'à ce jour et n'avoir pour elle aucune raison bien fondée.
' En effet, la disposition des végétaui^. fossiles dans leç mines de houille, la conservation parfaite de feuilles extrêmement minces, telles que celles des fougères de notre section des
YiaiTJLVx fossiles.
Odontopteris y rintégrité de ces frondes souvent très*grandes y et plus que tout cela la présence dans beaucoup de ces mines dé troncs V0ftîcàux traversant les diverses couches de roches qui les renferment (i)^ s'opposent à ce qu'on puisse admettre cette opinion.
On doit observer en outre que cette supposition ne rend
pas plus facile à expliquer la différempe entre les végétaux de
ces terrains et ceux qui habitent actuellement nos climats , car il
*e](|ste presque autant de différence entre les fossiles delà for-
matioi^ houillière et les plantes de lazoneéquinoxiale qu'entre
ces fossiles et les plantes des régions tempérées; et en supposant qu'ils ont élS transportée des régions équatoriales. en Europe, il n'en faudroit pas moins admettre que les végétaux qui croissoient autrefois sur la terre différoient ^écifiquement et quelquefois génériquement de ceux qui l'habitent actuellement.
Il nous paroît donc bien prouvé qu'à une époque dont on ne peutj)as fixer l'éloignement, l'Europe^ si ce n'est en tota» lité , du mt)ins dans beaucoup de points , étoit couverte de ^ Végétaux entièrement différens de ceux qui croissent mainte* • nanf sur la terre et^que. ces végétaux se représentoient avec de 'légères différences SQjécifîques seulement sur plusieurs au-^ très points du globe ; c'est ce dont on ne sauroit douter pour ^ l'Amérique septentrionale dont j'ai vu uù nombre assez considérable d'empreintes de plantes du terrain houillier^ et quelques échantillons des mines de houille de l'Inde, et même
(i) Voyez le Mëmoire de mon përe sur les tiges verticales du terrain hoaillier , Annales des Mine* ,' «Tril i8at.
VÉGIÊTAUX FOSSILES. 85
de celles du port Jackson à la Nouvelle HoUapde , paroissent encore confirmer cette curieuse analogie entre les végétaux de tous les terrains houilliecs , quelle que soit leur distance sur la surface de la terre , ce qui sembleroit indiquer h cette époque sur tout le globe, une uniformité de végétation qui n'existe plus maintenant ou du moins qui nfi se trouve" que parmi les plantes des familles les plus simples , telles que les algues y les champignons, le$ lichens, les mousses, etc., dont les genres et même souvent les espèces se retrouvent sur des points très-néloignés , daAs les deux hémisphères et sous des latitudes très^fférentes.
Un Ab<^ £ahsi Iba ping rftmarfpiQMfts qui ré&iilteroit de cette
comparaison des v^étaux des difierens terrains, c'est que des plantes, telles que les fougères, les lycopodesqni existoient dès les premières époques de la végétation et qui croissent encore sur la terre , ne se sont pas retrouvées dans les terrains plus nouveaux, tek que les terrains de sédifnent supérieur dont les fossiles ont pourtant la plus grande analogie avec les plantes actuellement existantes. Cette absenoeides fougères dans les terrains nouveaux nous a semblé un fait si extraor-i dinaire que nous avons cherché à l'expliquer par les observatioQ^ suivantes. ,,
Tous les terrains de sédiment supérieur se sont formés sous la mer ou sous les eaux douces, ce qui a fait distinguer parmi ces terrains des formations marines et des formations d'eau douce. En examinant Içs plantes fossiles de chacune de "ces formations^ on voit que les unes ont dû croître dans le nlili^u même dans lequel le terrain s,'est déposé : tels sont 4ans les formations . marines les plantes de la famille des Atgue|, et
MP
86 Yé&iTAUX FOSSILES.
dans la formatign d'eau douce les graines de Qbara, les tiges
de Nymphéa^ les feuilles de. Potamogetoo, les Poacites qui
paroissent avoir une grande analogie aveo beaucoup de feuil*
les de plates aquatiques,' telles que les Oraminées , les Spar-
^ ganium ^ les Typha , les Cyperacées , etc.
D'autres fossiles proviennent évidemment de végétaux qui .
ont crû hors de l'eau ^ ces végétaux ont été par conséquent
transportés des lieux où ils croi^oient dans le liquide où se
déposoit le terrain qui les renferme, et peuvent se trouver
également dans les formations marines et dans les formations
d'eau douce. C'est ce qu'on observe en effet pour les Exogé-
nites, les Endogénites, Jes Phyllites^ les Flabellites et les Car- polithes : tous ces fossiles sont conmiuiis zxjisl terrains marins
et aux terrains d'eau douce.
Pour qu'un 'végétal puisse se' rencontrer à Fétat fossile dans une des formations du terrain de sédiment sopérieur, il faut donc ou qu'il croisse dans la mer oudans les ^ux douces, ou bien qu'il soit susceptible d'y être facilement porté parles vents ou les courans. lies fougères ne remplissent ni Tune ni l'autre de ces conditions, aucune n'habite la mer ni les eaux douces, et la sit*ucture de leur fronde continue dans toutes ses jpartîes, sans articulations, souvent même persistai^fe sur la souche qui la porte, rend difficile la séparation de leurs ^ parties et^leur «transport dans les lieux où elles auroient pu être déposées et passer à Tétaj; fosssile. ^ ,
Les mêmes causes se sont opposées au^ transports des mgusses, des lycopodes dont toutes leâ parties sont également continues, à celui des feuilles ^mplexicaules , des fleurs, etc., qui adhèrent aussi fortement à la tige qui les supporte. Aussi
VÉGÉTAtrX FOSSILES* 87
ces fossiles sont-ils très-rares pu même n'existent-ils pas du tout dans ces formations* ^
Les causes que nous venops d'exposer et qui ont pu s'opposer à la conservation des fougères, des lycopodes et de quelques autres végétaux dans les terrains de sédiment supérieur, moyen ^ et inférieur, n'ont pas eu la même influerîce 9ur leur dépôt dans les terrains de houille; tout semme en eflfet prouver que ces derniers, quoique entièrement composés de végétaux terrestres , ont été déposés dans le lieu même où ces végétaux croissoîent; la présence d'arbres encore dans leur portion verticale en est la preuve la plus évidente. Si
on Adm^f- rottA npîmon, tniitoe loe plontoe qui habitoient 1 endroit qui a donné naissance au dépôt houillier ont dû s'y trouver renfermées, quelle que fût Fadhérence de leurs parties entre elles et celle de leur tige au ;sol sur lequel elles crois* soient.
Cette différence dans le mode de' formation dbs terrams bouilliers et des terrains plus nouveaux nous paroît donc -* donner une explication assez satisfaisante de l'absence de certains végétaux dans ces derniers. Onpourroit pourtant objecter que quelques dépôts de lignite, tel que celui de Lîblar « près de Cologne^ paroissent fofmés dans, des circonstances assez semblables à celles qui ont présidé à la formation 'des terrains de houille , et pourroient renfernîèr les mêmes végétaux que ces terrains; mais les seules plantes fossiles trouvées jusqu'à présent dans cet endroit, quoique appartenant à dés troncs et à des fruits de palmiers, sont dans un tel état de décompositioQ, qu'il est probable que toutes les parties plus délicates , telles que les feuilles^ les fleurs^ etc. , obt été détruites ;
Jt •
88 VéoéTAUX FOSSILES.
on ne peut donc pas regarder l'absence des fougères dans ces terrains comme une objection suffisante contre lliypothèse que nous avons avancée (i).
(i) Darant Timpression des dernières feuilles de ce Mémoire nous^yons reçu
le second cahier de Touyrage de M. Sternberg ; n'ayant pas pti profiter dans
notre travail des observations intéressantes que cet ouvrage renferme , nous
« croyons utile d'en donner ici une courte aualyse , pour établir au moins la syne^
nymie entre les nouveaux genres que M. Sternberg a établis et ceux que nous t avons indiqués dans ce mémoire.
M. Sternberg a distingué sous le nom de Bhytidolepis le genre que nous avons
nommé SigiUaria, et qu'il avoit d'abord laissé réuni à son genre Lcpidodendran*
Son genre Flabellaria est le même que celui auquel nous avions conservé le nom
de Palmacites donne par M. Schlotheim.
g| ^ Ses genres K^chlotheimia ec AJUluusna luiiucni. uvu^ l^vatc jtstc¥V£/frfriiitca , et
' m ^ j'avoue que le caractère sur lequel M. '^Sternberg fonde leur distinction , et que
j'ai cherché à vérifier sur plusieurs échantillons bien conservés , ne me paroit pas encore suffisant pour faire admettre cette distinction^ déplus, le nom de SMo» . theirnia étant déjà appliqué à un'I^enre de mousses , nous ne croyons pas qu'on « puisse le donner à d'autres végétaux. Le genre Rotularia est le même que celui
que nous avo|is nommé Sphenophjrllites, Le genre Nœggerathia nous semble parfaitement caractérisé par ses feuillet I pinnées k folioles traversées par des nervures simples et parallèles. f
M. Sternberg ne rapproche ce fossile d'aucune plante vivante, ; ne seroit«>il pas «• * ^ analogue à quelques Zcunia ou à quelques Palmiers à feuilles pinnées , 'tels que
«^ \ts Caryota f quoique essentiellement différent du Carjrota ureds, La localité de
^ ^ ce fossile n'est pas connue d'une manière exacte ; cependant M. Sternberg présume,
^ ^ d'après la nature de la roche qui le renferme , qu'il provient du terrain houillier.
W ^ 'M. Sy^rnberg a décrit et figuré dans ce cahier quelques Fongèm qu'il a rap-
"" portées aux genres Osnnmda, Aspfenium et Pieris; il néus parott très-difficile
^ d'adopter ces divisions génériques , les espèces fossiles ne présentant aucun des
caractères propres à recbnnottre les genres de cette famille , et une étude parti-
<3lilière de ces plantes nous ayant prouvé qu'à l'exception de quelques genres on
j^ m^ ne ponvoitpas recofinoUre les genres d'après la forme de la fronde. Nous doutons
même si deux des espèces qu'il a figurées appartiennent réellement à la famille des Fougères. Ainsi nous ne connoissons aucune plante de cette /amille ddnt les h^ ^ ^ ^ •^' pinnules présentent nrois nervures parallèles et irrégulièrement Avisées comme
YÛGÛtkVX rossiLBs.
celles de YAspîemum difforme de M. Stemberg. Ce caractère rapproche beaucoup plus ce fossile des feuilles du Cùfnptonia asplenifoUa, La plante dont ce naturaliste a donne la figure , tab. XXIY , fig. 2 , et qu'il regarde comme un Pteris, nous paroit être la même quaicelle que nous ^yons figurée dans la seconde édition if la Description glUogique dis Environs de Paris , sous le nom de ^Phjlliffis obietina, et qui diffère .essentielliement de toutes les PougërA par ^s feuilles Insérées tout autour de la tige et articulées par leur base sui^ cette tige.
Cette observation est important^ien ce qu'elle^ pour objet de faire voir que
de sédiment supOTeur.
irfib