PRÉFACE
On s’est partout , jusqu’ici, donné bien de la peine, et l’on a mis toujours beaucoup de temps ^onv façonner les militaires et leur enseigner maintes choses de pur luxe et de vaine parade , fort inutiles ou embarrassantes en présence de l’ennemi , et , nulle part, on n’a jamais rien fait pour les mettre en état de veiller à leur conservation , de soigner leurs blessures et celles de leurs camarades, et même de venir au secours d’un adversaire désarmé et soutirant. Cependant, les chirurgiens sont loin de pouvoir suffire, dans tous les cas , aux soins importaos et nombreux que reclament les braves , et nous voyons, au contraire, que les administrations sanitaires et les employés de tous genres qu’elle? ont crées , ne cessent de se plaindre
et de gémir sur la difficulté de panser convenablement le grand nombre de blessés , après une affaire générale , sur les retards considérables apportés à leur pansement, sur la pénurie et le défaut absolu des objets nécessaires à ces opérations , et sur i impossibilité où l’on se trouve , si souvent , de se procurer ces objets tant désirés et indispensables. C est à remplir une lacune aussi étrange qu’impardonnable, qui existe
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bijsü évidemment dans le service sanitaire des armées, que je destine ce petit nombre de pages , en les soumettant aux hommes de L’art et aux militaires de tous rangs et de toutes armes, et en les recommandant, par eux, àr tous les Gouvernemens.
Je crois pouvoir , d’autant mieux , offrir ce faible travail aux méditations des administrations des hôpitaux civils et militaires , et à L’examen approfondi des experts et des intéressés , que je m’occupe depuis nombre d’années de ce sujet important , que je l’ai soumis au creuset de l’expérience , dans une pratique particulière aussi longue qu’étendue et à la tête d’un hôpital , et que je me suis assuré , par des essais avec des infirmiers et des élèves sage-femmes , que mes préceptes pouvaient être facilement saisis et mis bien vite à exécution.
Je puis donc espérer que ces mémoires , surtout le premier , qui ne tend à rien moins qu’à bouleverser complètement le mode actuel de pansement dans les armées, et à le confier, pour ainsi dire, à tous les hommes de guerre , seront envisagés avec toute l’attention que réclame une proposition aussi inattendue et aussi grave. Rien ne doit paraître indifférent ou impossible en pareille matière, et tous les militaires sont trop particulièrement intéressés au perfectionnement de leurs institutions sanitaires , pour qu’ils ne cherchent pas à apprendre , au plutôt , ce qu’il peut y avoir de bon et d’exécutable dans mon singulier projet de réforme. Ils s’empresserout donc d’en référer au jugement des personnes capables de prononcer ; et , moi-même , je me joins à eux pour demander instara-