‹ Sur la distribution géographique des Chênes dans l'Asie orientaleChapitre 2 sur 2 · M( SKI] M . V · texte numérisé non relu

M( SKI] M . V

canton Lurope jusqu’à la région méditerranéenne. en Améritjn«‘ jn>»jn'aii Costa-Kica, en Asie jusqu'à I'11 iinal;i\«i et le \tmnnii, en Chine, où les Lvpidobaluttus viennent se mêler aux tonnes tropicales. Au nord, il ne parait pas que les espèces de cette section dépassent et mémo atteignent le soixantième degré. Celte immense étendue clans leur dispersion peut s'expliquer par la variété de leurs formes spéciliqn 's.

Les Ct/clobaldHopsis sont plus spéciaux à l'Inde tropicale et à la Malaisie; ils remontent pourtant jusque dans le sud et l'ouest de la Chine, et on en retrouve quelqlies espèces dans le Japon méridional et central.

Les Cyclobiduuw s olïreut la même répartiti ni. de même que les Pasania qui. déplus, ont une de leurs espèces eu Californie, .l’ajouterai, au sujet de ces trois dernières sections, qu’elles ne continuent pas les Lcphhdmlumts dans les régions tropicales, ainsi que le dit M. Drude, dans sa géographie botanique, à propos des Pasania , mais je ferai observer que les quatre sériions se mélangent sur plusieurs points du Japon. de la Chine et de l'Ilininla\a.

Lu sc bornant, comme je le lais aujourd'hui, aux Chênes de la ( dune, et spécialement à ceux qui sont représentés dans l'herbier du Muséum, je remarque qu'on trouve dans ce pas s une trentaine d'espèces, et surtout que toutes les sections s'v trouvent représentées. ce qui est déjà nue particularité importante à noter. Il n’y a d'ailleurs rien à dire des Chênes qui sont spéciaux à la Chine; reux qui lui sont communs avec d'autres pays, le O. IU\c par exemple, ^onl plus intéressants à étudier; aussi c'est celte dernière espèce qui fournira une partie de la matière de celle commtuiiea- I ion.

Le (Junras Hc.r a été longtemps considéré comme caractéristique de la région méditerranéenne, avec une légère extension dans l'ouest de la France. La découverte du Q. linlnnt dans Y Afghanistan, la démonstration de son identité a ver \o(Juetrus Ilc.r , démonstration faite par les botanistes anglais, eu lin la constatation de l'existence de colle dernière espèce sur les collines occidentales du kumaon. existence bien établie par M. J. I). Ilooker. reculèrent jusque dans l’ilimalava la présence du chêne vert. Les recherches des missionnaires français le conduisirent encore plus loin. M. Délava) le trouva croissant communément dans I Vunnan central, et, dès i8Gp. le IL IL David avait r mstaté sa présence dans le Sheii-si; mais, trompé par une apparence» spéciale de l’arbrisseau, il avait cru v voir line espèce particulière et l’avait appelé Q. spin osa.

II ne faudrait pas croire d'ailleurs que le Chêne sert de I \sie orientale ressemble de tous points aux individus de la région méditerranéenne. Les dissemblances sont. au contraire, notables et de nature à égarer le jugement d'un observateur non prévenu.

Lu Chine, le (J. lire a ses feuilles arrondies ou ohovales, rarement lancéolées: les feuilles sont tantôt absolument entières, tantôt plus ou moins

bordées de dents épineuses: elles sont souvent absolument glabres en dessous; il n'est pas rare non plus de les voir couvertes sur leur face inferieure d'un duvet lanagineux, détersile, d une couleur rousse: c’est nue forme très répandue dans l'Ynnnan et leSulclmen.

La forme a feuilles grisâtres ou glabres en dessous, do forme oblongue ou lancéolée avec quelques dentelures au sommet, se rencontre dans toute la Chine et jusqu’au Japon ; je ne doute pas (pie cette forme n'ait reçu le nom de Q. Phyllireoides Asa Gray et qu’elle ne doive être rapportée au Q. Ile,r . comme le suggérait M. Alpli. de Candolle, dans le Prodrome.

En Europe et dans toute la région méditerranéenne, le Q. Ue.v a rarement les feuilles arrondies et glabres en dessous; on en a fait dans ce cas la variété agvifolin. D'ordinaire, les feuilles sont obovales ou lancéolées, diversement dentées ou épineuses sur les bords, mais presque toujours grises, tomenteuses en dessous, jamais rousses, le tomentuin étant formé de rares poils simples, do poils étoilés eu grand nombre et quelquefois de poils peltés, tel (pie Boissier en attribuait exclusivement au O. HtdooU

\insi on peut aujourd’hui dire que le Q. flc.r occupe non sonleinent toute la région méditerranéenne, mais encore toute l'Asie, depuis l’Afghanistan jusqu’au Japon, suivant une ligne occupant en largeur près de dix degrés, entre le 90 e et le 35 e degré de latitude. C’est là un nouveau point de conformité entre la tlore de l'Europe et celle de l’Asie orientale, et ce point est d autant plus caractéristique qu il ue s agit point ici d'herbes ou de. plantes de montagnes qui puissent donner prise à des objections plus ou moins fondées.

J ajouterai maintenant quelques mots sur les points de contact qifon rencontre en Chine entre les diverses sections de Chênes, et ce n’est pas la notion la moins intéressante fournie par l'étude de ces végétaux.

J’ai dit plus liant que l’on trouvait dans la tlore de Chine, descendant jusqu’au 9.6 e degré de latitude nord, dos représentants de la section Lppidnbalamis , appartenant au groupe des 7 /c.r, ou bien à celui des Cerris, t ris que (). Yunnanensis, Q. dentata, etc., ou bien encore à celui des Q. Grijfithiii, qui peuvent être comptés parmi les plus méridionaux de la section* on V rencontre aussi le (). Fnbn, qui représente, par le 96 e degré, aussi exactement que possible, sinon identiquement, notre Q. Pohn\ celui des chênes qui s’élève le plus haut dans le nord, tout au moins en Europe.

G est en pareille société (pie l'on trouve dans le Yuunan. dans le Sutclnien et dans d'autres localités de la Chine occidentale, soit même au •lapon, des tonnes considérées à juste tifrenunnn* tropicales et appartenant aux sections à feuilles persistantes, telles (pu* les Pasania , les Cyclobnhiiiopsis , les Cyclobahnns .

Il est à remarquer que le mélange d’espèces si diverses ne se fait pas dans la plaine, mais bien dans les montagnes, à une hauteur variant entre 1,000 et 3.000 mètres, ce qui explique la présence des Lepidobnlamv*.

mais mm colle des espèces des autres sections plus tropicales : le Q. Drtuvm/i Qévdobahmopsis) et le Q. {flouai végètent et mûrissent leurs fruits à •!,ooo et à 3 ,ooo mètres, au col de Hee clian inen; le Q. spicnta el le (J. clmtocarpa, que le R. P. Larges a rencontres vers 1,800 mètres d’altitude: il faut encore citer le Q. vnnolosn , du Vimnan, espèce de la section /Www, que le P. Delavay signale à une altitude dépassant tî,5oo tnètres.

Que finit-il conclure de ces laits, surtout si 011 les rapproche d’autres concernant la llore herbacée, mais tout à lait de meme ordre, sinon que le climat de l'Asie orientale, et plus particulièrement celui de la Chine occidentale, est un climat mixte, meme à une altitude relativement très élevée, permettant à des végétaux de nature très diverse de croître et de s'\ développer normalement.

C est ainsi qu’on trouve dans les montagnes du Winmail notre (i naj dmlium Leoutoiwdiinn au voisinage d’orchidées épiphytes, telles que les Dendrobium. C'est là que le mélange des plantes alpines ou subalpines de l’Lurope avec les espèees subtropicales de l’Himalava se manifeste avec une intensité particulière, sans que les explications empruntées à l’altitude soient peut-être suffisantes dans beaucoup de cas pour expliquer cette anomalie.

C’est ce <pii me permet de dire aujourd’hui (pie si, pur suite d'im phénomène géologique, il se produisait en ce moment dans la Chine occidentale un gisement de plantes fossilisées, les paléontologistes de l'avenir auraient grand intérêt h rechercher les causes de la présence, dans les mêmes lieux, de beaucoup d’arbres de régions en apparence disparates, les uns empruntés à la végétal ion des climats froids ou tempérés, les autres de provenance plus ou moins nettement tropicale.

Cn résumé, je crois qu’il est admissible qu'il faut chercher l'une des causes probables de ce fait dans une endurance très grande des extrêmes de température chez beaucoup de plantes. Les chênes seraient tout particulièrement dans ce cas, et la présence de notre Q. Hobuv dans le Kiangsi, c’est-à-dire par 2b 0 latitude Nord, n'implique pas plus l’existence d’un climat froid nu tempéré dans cetlc région, que l'existence des Jhistinia et des Cyclobalamnus à ‘i, 5 oo ou .°>,ooo mètres dans les montagnes du \ minan et du Sulchuen n’implique une chaleur tropicale à celle altitude.

Peut-être faudrait-il ajouter que les délimitations des régions botaniques sont établies dans les livres d’une façon trop précise et ne répondent point, dans beaucoup de cas, à la réalité des faits, qu'une connaissance plus approfondie de certaines régions inexplorées nous permellra seule d’apprécier.

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