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TOUT CE QUE J’AI COMPRIS DE MA VIE DU

Le clair-obscur est la juste distribution des ombres et de la lumière. Problème simple et facile, lorsqu’il n’y a qu’un objet régulier ou qu’un point lumineux; mais 5 problème dont la difficulté s’accroît à mesure que les formes de l’objet sont variées; à mesure que la scène s’étend, que les êtres s’y multiplient, que la lumière y arrive de plusieurs endroits, et que les lumières sont diverses. Ah! mon ami, combien d’ombres et de lumières!

fausses dans une composition un peu compliquée! combien de licences prises! en combien d’endroits la vérité sacrifiée à l’effet!

On appelle un effet de lumière, en peinture, un mélange des ombres et de la lumière, vrai, fort et piquant: 15 moment poétique, qui vous arrête et vous étonne. Chose difficile, sans doute, mais moins peut-être qu’une distribution graduée, qui éclairerait la scène d’une manière diffuse et large, et où la quantité de lumière serait accordée à chaque point de la toile, eu égard à sa véritable expo- 20 sition et à sa véritable distance du corps lumineux : quantité que les objets environnants font varier en cent manières diverses, plus ou moins sensibles, selon les pertes et les emprunts qu’ils occasionnent.

Rien de plus rare que l’unité de lumière dans une 25 composition, surtout chez les paysagistes. Ici, c’est du soleil; là, de la lune; ailleurs, une lampe, un flambeau, ou quelque autre corps enflammé. Vice commun, mais difficile à discerner.

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