‹ Sur la puissance et le grossissement de la loupe et du microscopeChapitre 4 sur 5 · X. — Loupe n° 3 Objet n · texte numérisé non relu

X. — Loupe n° 3 Objet n

D Limites de p

Résultats des expériences précédentes. — Avant d’examiner les résultats qui précèdent, il est bon de remarquer que, malgré les précautions prises pour les mesures de p, les valeurs de p' ne peuvent pas avoir une grande précision : l’objet se trouvant près du foyer, une très faible variation de p entraîne une grande variation de p’.

Malgré ce défaut, il est évident qu’on ne peut considérer l’image comme étant au punctum proximum; cette condition n’est jamais réalisée. On ne peut admettre davantage qu’elle se forme dans les conditions les plus avantageuses pour l’œil, car nous montrerons plus loin qu’elle devrait alors se trouver soit au punctum proximum, soit au punctum remotum, suivant que le centre optique de l’œil se trouve en deçà ou au delà du second foyer de la loupe. On voit au contraire que, dans tous les cas, l’image peut se déplacer dans des limites assez larges sans cesser d’ètre visible, et qu’elle se forme toujours dans une position intermédiaire, qui n’est pas absolument fixe dans les mêmes conditions.

Ces limites varient avec la distance focale de la loupe, la nature de l’objet, la position de l’œil. Elles se resserrent quand on remplace un objet facile à observer (division en millimètres) par un autre objet plus fin et plus petit ; elles s’écartent d’autant plus que la loupe est plus convergente. Enfin les deux points limites paraissent s’éloigner

tous deux de la loupe, lorsque l’œil s’en éloigne lui-même, mais ce résultat n’est pas parfaitement net.

Avec les loupes les plus convergentes, les limites de p’ semblent dépasser un peu celles qu’on attribue d’ordinaire à la vision distincte. Mais rien ne prouve que ces limites de vision distincte soient absolument fixes ; il me semble au contraire qu’elles doivent varier avec les conditions : nature de l’objet, intensité de l’éclairement, etc. Pour m’en assurer, j’ai cherché à déterminer le punctum proximum dans les conditions mêmes de l’expérience. Pour cela, j’applique l’œil derrière le porte-lentille, dépourvu de loupe, et je fais mouvoir sur la règle l’écran divisé en millimètres (objet n° 1), éclairé comme dans les expériences précédentes. Les distances peuvent ainsi être mesurées à partir du même point que dans ces expériences.

Punctum proximum

Œil n° 1 Œil n° 2 Œil n° 3 10,25 6,2 5

Ces distances ont été mesurées en des jours différents et celles de la dernière ligne assez longtemps après les autres. Elles sont données à partir du porte-lentille, pour les rendre comparables aux valeurs de p' calculées plus haut. Pour avoir les vraies distances, comptées à partir du centre optique de l’œil, il faut ajouter environ 1,5 cent.

On voit donc que la distance minimum de vision distincte, au moins dans le cas qui nous occupe, est notablement inférieure à celle qu’on admet généralement.

Position des images dans le microscope. — Il semble évident que les résultats obtenus avec la loupe doivent s’appliquer aussi bien au microscope. Néanmoins j’ai cherché à m’en assurer directement. Pour cela j’ai d’abord installé sur ma règle divisée, à 15 centim. l’un de l’autre, un objectif n° 0 de Verick et la loupe n° 1, qui n’est autre chose que le verre de l’œil d’un oculaire n° 2 du même microscope. J’avais donc le microscope complet, sauf la lentille de champ. Mais l’appareil optique ainsi constitué s’est trouvé trop convergent. En

effet, pour donner à l’image réelle observée par la loupe le déplacement maximum compatible avec la visibilité, il suffit de déplacer l’objet devant l’objectif de 0,01 cent., quantité notablement inférieure aux erreurs d’expérience.

J’ai donc constitué ensuite un système analogue à un microscope, mais moins convergent que le premier. J’ai pris comme objectif la lentille n« 2 (f = 4,57), déjà utilisée plus haut, et comme oculaire encore la lentille n° 1, placée à 15 cent.de l’objectif. En déplaçant l’objet devant l’objectif, j’ai trouvé les positions suivantes (moyenne de 3 expériences).

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