EPILOGUE
Puisque j^ai lancé un avant-proposau commencement de ce livre Je ne dois pas hésiter à le faire suivre d^un épilogue que j'appelle porte de derrière y parce qu'il doit me servir à me dérober à la fureur de mes nombreux lecteurs^ si ce livre n^a pas tenu ce qu'il promettait ! c'est si bon de trouver une porte de derrière^ quand on a besoin de se sauver I... mais aussi quel joli mot, que le mot épilogue ! Pour le lecteur, il est la fin de sa souffrance ou de son plaisir.
S^il s'est ennuyé, il le lit avec désespoir, avec crispation, il se venge de son ennui en
m SUR LA SCÈNE
s'écriant : a Enfin^ je Tai terminé ce livre, je » Tavais commencé, il a bien fallu Tachever, » mais j'ai cru que je n'irais jamais jus- » qu'au bout!... » Si, au contraire, il a avancé d'une beure la pendule de son oisiveté, le livre a gagné son procès, et l'épilogue devient un cbarmant petit dessert final. C'est une appétissante crème glacée après un bon repas.
Que sera celui-ci? Je l'ignore, mais quoi qu'il arrive, j'ai cru devoir l'écrire pour remercier mes lecteurs d'avoir eu la gracieuseté de me lire jusqu'au bout; tous les romanciers ne sont pas aussi polis, et ceux qui auront eu la force d'avaler ma prose, y gagneront en ce que, pour la première fois de leur vie peut-être, l'auteur les priera d'agréer l'expression de sa reconnaissance pour la patience qu'ils ont bien voulu apporter à la lecture de son ouvrage.
Sur ce, bonsoir; cher lecteur^ je quitte le théâtre, pour revenir au monde bourgeois, un autre théâtre^ où on joue d'autres comédies, et oùFon voit d'autres acteurs, que l'on siffle aussi quelquefois.
En me retrouvant au milieu de ce nouveau monde, je me prends à moins regretter d'avoir écrit ce livre, puisque je suis forcé de convenir que tout ici- bas se renferme dans ces trois mots : Théâtres et Comédienfi.