CHAPITRE IL
Variations de fréquence des halos suivant la nébulosité, l’heure, la saison et la hauteur du Soleil.
Niro nDE 000
Variation annuelle. — Pour étudier la variation annuelle de la fréquence du halo de 22°, on s’est borné presque toujours à
comparer les nombres de jours où le halo a été vu dans les différents mois. Ce procédé est peu propre à mettre en lumière la variation véritable de la cause du phénomène, car le nombre de jours de halo dans un mois de l’année est fonction de la longueur du jour et du degré de nébulosité. Toutes choses égales d’ailleurs, | les chances de voir un halo sont d’autant plus grandes que le Soleil reste plus longtemps au-dessus de l'horizon et que les nuages inférieurs cachent moins souvent les nuées supérieures où les halos prennent naissance.
Fritsch à Prague (') et Neumayer à Melbourne (?) ont considéré, au lieu du nombre de jours, le nombre d’heures de visibilité. La variation annuelle ainsi obtenue est affectée des mêmes causes d'erreur.
Pour que nos résultats puissent être rapprochés de ceux qui ont été précédemment publiés, je donne ci-dessous le nombre de jours durant lesquels le halo de 22° a été vu à Montsouris, en distinguant trois cas, suivant que ce phénomène était brillant, d’intensilé moyenne, ou enfin peu marqué. Dans ce dernier cas, on peut admettre qu'un observateur peu exercé ne l'aurait pas aperçu.
Brillant,
Brillant moyen
Brillant. ou moyen. ou faible.
JADNTÈTE à 0e 0 ete LM 8 43 64 FENETRE M RTE 10 47 77 MAT NN EME DRCEANE 14 93 113 AND ee es AE RPC ee A 38 122 144 MANS MAS 44 122 155 OT SEE AS MP MERE 44 130 156 ER RIE P SEE no m7 98 ROUTE ERA A Ne M ee 15 109 133 SÉDIÉMDIEN ST ee ete 19 95 118 OPERA EEE 12 92 120 NOVEMDICNEAE ARS EL Qt 5 44 70 DÉCEMPT AURA EN 2 45 69 GTA I EMMRINEE 221 1019 1317
Quel que soit le degré d'intensité auquel on limite la statistique, on trouve un maximum principal en juin, un minimum principal
(!) Meteorolog. Zeitschrift, II. Band, 1867, p. 465-450. (2?) Meteorolog. Zeitschrift, 1901, p. 120.
en décembre ou janvier et un minimum secondaire en juillet.
Pour les halos brillants, 1l y a un maximum secondaire en septembre. Pour les halos brillants où moyens et pour les halos en général, ce maximum est en août. Si l’on ne veut retenir que le trait le plus saillant de ces variations, on notera que d’avril à juin le nombre mensuel de jours de halo se tient fort au-dessus de sa valeur moyenne annuelle. |
Cel accroissement du nombre des halos au printemps paraît être un fait à peu près général sur l'hémisphère Nord. Il ressort des premières observations suivies qui aient été faites, celles de Tycho-Brahé à Uraniaborg, dans le Sund, de 1582 à 1597. On Pa constaté en Angleterre, en Suède, en Bohême, en Allemagne, en Russie, en Sibérie, au Japon, à New-York et sur tout l'océan Atlantique septentrional. Par contre, à Melbourne, dans l’hémisphère austral, c’est en novembre et décembre qu’on observe le plus grand nombre de halos (t).
En ce qui concerne la région parisienne, les nombres mensuels de jours de halo ont été déjà donnés par M. Moureaux (?) d’après 30 années d'observations faites au Pare Saint-Maur. Il a compté le nombre de jours durant lesquels on y avait noté un phénomène de halo quelconque, lunaire ou solaire. Le ciel était observé toutes les heures, sauf entre 1" et 4? du matin. Malgré cela, dans la série du Parc Saint-Maur, le nombre moyen annuel de jours de halo n’est que de 92, tandis qu'à Montsouris on a compté par an en moyenne 109 jours de halo de 22° solaire, entre 730" du malin et 7"30" du soir.
Pour le Pare Saint-Maur, les nombres mensuels de jours de halo, rapportés à 10 années, sont les suivants :
Janv. Févr. Mars. Avril Mai. Juin. Juillet. Août. Sept. Oct Nov. Déc.
DO 0 O0 RO 0 RTL RS 0 7 Don ES 0 43
La courbe représentative est presque identique à celle de Montsouris. Elle présente, comme celle-ci, un minimum principal en hiver et un minimum secondaire en Juillet. On y retrouve même
(!) Voir le Mémoire de MgsserscHmirT, Meteor. Zeitschrift, 1901, p. 10: celui de HELLMANN, Weteor. Zeitschrift, 1893, p. 415, et Leysr, Die Halophanomene in Russland, Moscou, 19035.
(?) Annuaire de la Société météorologique de France, 1909, p. 273.
un troisième minimum en septembre. Seulement le maximum principal y est en mai et non en juin et le maximum d'octobre y surpasse légèrement celui d'août.
Pour reconnaître comment varie réellement dans le cours de année la fréquence du halo de 22°, indépendamment des effets perturbateurs de la nébulosité et de la durée inégale des jours et des mois, j'emploierai la méthode qui m'a déjà servi pour les cirrus dans un travail antérieur (!).
Tout d’abord, examinons de quelle manière la nébulosité influe sur la visibilité du halo.
Si l’on prend le rapport du nombre des halos vus par la nébulosité o au nombre total de nébulosités o et si l’on fait le même calcul pour les autres degrés de nébulosité : 1, 2, ..., 10, on obtient les résultats suivants :
Nébulosité.
RES CR RE EU TEE Ac erté Fréquence apparente du halo, ÉDICENLIÉMES eee creer LOMME RES TO ET TINTIN OR
Les nombres ci-dessus montrent que, vis-à-vis des halos, les nuages inférieurs ne jouent pas simplement le rôle d’écrans, sans quoi la fréquence apparenie des halos diminuerait progressivement de la nébulosité o à la nébulosité 10. Or, nous voyons au contraire que celle fréquence apparente augmente d’abord et ne devient inférieure à ce qu’elle est par ciel clair qu’à partir de la nébulosité 5. On doit donc en conclure que la fréquence vraie du halo croît avec la nébulosité. J’étais déjà arrivé à la même conclusion pour les cirrus. Elle se vérifie aussi, comme on le verra, pour les arcs tangents.
Dans ce qui suit, je distinguerai seulement quatre degrés de nébulosité, correspondant, dans la notation ordinaire, à o, 1-4, 2-8 et {-10.
J'ai formé un premier Tableau du nombre de fois que le halo de 22° a été observé dans chaque mois, à chaque heure d’observation (9", 12", 15" et 18") et par chaque nébulosité.
La méthode consiste à ramener ces nombres d'observations à ce
(!) Variations diurne et annuelle de la fréquence des cirrus à Paris (Annales de l'Observatoire municipal, t. VITT, année 1907, p. 411).
qu'ils auraient été si les mois avaient une durée uniforme de 30 jours et si la fréquence relative des divers degrés de nébulosité restait, à toute heure et dans tous les mois, constante et égale à sa valeur moyenne.
Dans mon travail sur les cirrus, on trouvera tous les éléments de cette réduction, qui s'opère par une simple règle de trois. J’ai formé un second Tableau des nombres ainsi réduits.
Pour étudier la variation annuelle je prends, pour chaque mois et chaque nébulosité, la moyenne des nombres réduits, relatifs à 9", midi et 15", laissant de côté l'observation de 18° qui n’est pas représentée loute l’année.
J'obtiens de cette manière le Tableau suivant :
Nébulosité.
Janvier RER EE cr 42 9 5 n 2 20 HEVMNIel te sn OS 10 7 5 4 26 NEVERS MORE Lie CEE 11 14 3 3 35 TO LS SRE SRE RÉ RNRER ; 18 15 5 10 48 NTI Be Te SERRE 16 9 Gi 6 38 Joint ones F8) nodoee Eat 1Â 9 7 7 97 MATE een Delanes desde ne 5 8 5 3 21 Aotter eT ein aie 5 8 8 5 3 24 SépiembrenserRter RS 0 HODE 9 8 6 5 28 DÉTObRES PEN ERP E ES 15 9 4 6 34 Novembre AL meer door G) ? 4 4 22 Décembre.................... 12 6 6 3 De
Les quatre variations annuelles correspondant aux quatre degrés de nébulosité ont naturellement une amplitude d'autant plus petite que la nébulosité considérée est plus forte, mais leur forme est sensiblement la même. Les faibles discordances qu'elles présentent peuvent être dues à l'insuffisance du nombre des observations.
L’addition des quatre nombres pour chaque mois tend à effacer les erreurs accidentelles dont ils sont individuellement affectés et fournit une variation résultante qu’on peut considérer comme la représentation, à une échelle indéterminée, de la variation annuelle de la cause même des halos.
Sa forme est remarquable (voir fig. 2). Elle se compose de deux ondes à peu près semblables, mais d’amplitudes inégales,
exactement à six mois d'intervalle. La plus grande est à son maximum en avril et l’autre en octobre. Les minima tombent en juillet et en janvier. Deux inflexions secondaires, en mai el en
novembre, sont également séparées par un intervalle de sIX MOIS.
Variation diurne. — Je prends, pour chaque heure et chaque nébulosité, la moyenne des nombres réduits, d’une part pour les 6 mois d'octobre à mars et d'autre part pour les 6 autres mois.
Les résultats sont les suivants : « Semestre d'hiver. Semestre d'été.
Nébulosite. Nébulosité.
A RE Heure. 0. 1-4. 5-8. 9-10. Totaux. 0. 1-4, + 5-8. 9-10. Totaux. Ode 11 6 1 ni 25 12 8 7 6 33 De 11 6 4 30 14 9 5 5 33 DO LR 9 8 6 4 27 10 11 5 6 32 Toner 9 A CG} 19
La variation diurne est, comme on le voit, beaucoup moins marquée que la variation annuelle. Elle présente un maximum à midi dans les deux saisons. En été, la fréquence relative du halo, presque constante de G à 15", diminue rapidement à la fin de
Paprès-midi.
LE ST Rapport DU NOMBRE DES CAS DE HALO DE 22° AU NOMBRE