ACTION DE LA TOXINE SUR DIVERS ANIMAUX
Cobayes. — Les cobayes, animaux plus sensibles au charbon que leslapins, paraissent cependant plus résistants à la substance que j'ai extraite des cultures. Pour tuer le cobaye, j'ai été obligé d'employer de fortes doses qui, dans certains cas, se sont élevées à 100 miligrammes par kilogramme d'animal. Tous les cobayes, auxquels j'ai inoculé une quantité de toxine inférieure à 30 milli-
- grammes par kilogramme de cobaye, ont résisté.
Rats. — J'ai employé des rats blancs, jeunes et adultes, et des rats d’égout, également des jeunes et des adultes. Un certain nombre d'animaux de chaque sorte a été inoculé avec du charbon virulent; tous les rats ainsi traités sont morts du charbon dans des temps qui ont varié entre 40 heures et 18 jours.
Les autres rats reçurent diverses doses de toxine, et il m’a semblé y avoir une certaine analogie entre la sensibilité de ces animaux à la toxine et leur sensibilité à la maladie microbienne.
Pour les petits rats blancs, il suffit de 0,8 à 1 milligramme de toxine pour les tuer, ce qui donne une dose mortelle de 10 milligrammes environ par kilogramme de rat.
Les rats blancs adultes sont beaucoup plus résistants: je ne les ai tués qu’en employant des doses de 20 et même de 40amilligrammes par kilogramme d'animal. Ainsi un rat blanc de 347 grammes est mort 41 jours après l'inoculation de 14 milligrammes de toxine. Le poids du cadavre n’était plus que de 157 grammes.
Les petits rats d’égout sont, le plus souvent, sensibles à 2 milligrammes de toxine, ce qui représente à peu près une dose de 25 milligrammes par kilogramme.
Mais, pour lesrats d’égout adultes, 1l est nécessaire d’atteindre des doses de 30 milligrammes par kilogramme. J'en ai même eu qui n’ont été tués que par des doses de 60 milligrammes.
Chez aucun de ces animaux, je n’ai observé de phénomène de paralysie ou d’incoordination desmouvements-suivant immédiatement l’inoculation de la toxine. La mort survient au bout d’un temps plus ou moins long suivant les doses et les individus, maisil n’y avait pas d’effet rapide et pour ainsi dire instantané sur ces animaux.
Souris. — La souris est très sensible à la toxine; elle meurt x Q . Q ANS “11° à la suite de l’inoculation de doses de 5 à > de milligramme. Pigeons. — Pour tuer les pigeons, il est nécessaire de se ser-
vir de quantités assez considérables de toxine. Ceci est parallèle à la résistance de ces animaux à la maladie microbienne.
Ces oiseaux résistent généralement aux doses inférieures à 150 milligrammes par kilogramme. De même que les autres animaux dont j’ai déjà parlé, ils maigrissent beaucoupaprès l’inoculation, et peuvent ainsi perdre plus de la moitié de leur poids.
Poules. — On sait que les poules sont réfractaires au charbon.
La toxine à une action semblable, car, même en grande quantité, elle a peu d’action sur les poules. Le cas où j’ai obtenu les plus grandes réactions a été le suivant :
Expérience VIT. — Poule de 1,470 grammes.
Recçoit 300 milligrammes de toxine ; son poids pris tous les deux jours a été successivement.
2e jour 1,430 1,420 1,310 1,380 10e jour 1,240 1,240 1.190 1,230 18e jour 1,150 1,080 1,100 1,020 26e jour 930 950 1,010 1,060
34e jour 1,130 1,120 1,200 ete.
NAECR
Grenouilles. Poisssons. Écrevisses. — Les grenouilles, les per: ches, les goujons et les écrevisses sont réfractaires à la toxine comme à la maladie microbienne. J’ai inoculé dans le sac
* lymphatique dorsal des grenouilles, dans le péritoine des perches
et des goujons, dans la cavité du corps des écrevisses, de très grandes quantités de toxine sans qu'aucun de ces animanx ait semblé en être incommodé.
Lapins immunisés. — Les lapins immunisés contre le charbon au moyen de virus atténués paraissent être plus résistants à la toxine que les lapins neufs.
INFLUENCE DE DIVERS AGENTS PHYSIQUES OU CHIMIQUES SUR LA TOXINE DISSOUTE DANS L'EAU
Les travaux faits par divers expérimentateurs sur des produits bactériens similaires ont appris combien sont fragiles la plupart de cescorps. Leur toxicité, le seul caractère que nous possédions jusqu'à présent pour les définir, est souvent détruite ou amoindrie par la lumière, la chaleur, etc. Aussi était-il indiqué de rechercher quelle pouvait être l'influence de ces mêmes agents sur la substance que j'ai préparée.
Action de la chaleur. — La toxine de la bactéridie charbonneuse supporte un chauffage à 100° pendant une heure, ou encore un chauffage à 110° pendant quinze minutes et même un chauffage de 120° pendant cinq minutes sans perdre complètement ses propriétés nocives. Inoculée à des lapins après avoir été ainsi chauffée, elle produit chez ces animaux des réactions analogues à celles que cause la toxine non chauffée. La diminution de poids des animaux inoculés est encore ici un phénomène constant. Cette diminution peut également devenir très grande. Dans la majorité des cas, la température subit aussi des variations. La mort arrive accompagnée des symptômes précédemment décrits. Enfin, que la toxine soit chauflée ou non, elle produit sur les animaux des phénomènes analogues, mais non identiques, en ce sens que les doses nécessaires pour les produire avec la même intensité sont différentes avant et après le chauffage.
+ Expérience VILL. — Lapin 1,920 grammes, température 399,7. Il est inoculé avec 134 milligrammes, c’est-à-dire 70 milligrammes par kilograrmme de toxine chauffée à l’autoclave à 120° pendant 5 minutes.
4er jour matin 40°2 soir 40° 4
2e jour ” matin 40° soir 40° 5 poids 1,750 3e jour matin 40°1 soir 39°9
4e jour matin 40°3 soir 40° 4 poids 1,610 5e jour matin 40° soir 39° 7
6e jour matin 40°2 soir 40°2 poids 1,680 7e jour matin 40° 1
8e jour , matin 40° soir 40° 3 poids 1,560 9e jour matin 396 soir 40° 1
10e jour matin 39° 4 soir 39° 7 poids 1,430 11e jour matin 39° 4 soir 40°3
12e jour matin 38°2 | poids 1,145
Meurt le 12° jour vers midi. ‘
Il n’y a pas de microbes dans le sang. Les ensemencements faits avec du sang, de la pulpe de foie et de rate dans du bouillon et sur gélose n’ont pas donné de cultures. ‘ -
De même qu'avec la toxine non chauffée, les animaux qui résistent à une première inoculation de toxine chauffée présentent des réactions moindres lors d’une deuxième inoculation, à condition que celle-ci soit faite dans les conditions que j'ai indiquées précédemment. Par le même procédé, on peut obtenir l’accoutumance à la toxine, chauffée ou non.
: Toutefois, si les phénomènes produits sont de même nature, il ne m'a pas semblé que le chauffage n’ait aucunement modifié la toxine. Voici un tableau d'expériences faites avec la même toxine qui a servi pour les expériences du tableau If...
TagLEau IT bis.
Même toxine que celle du tableau IF, mais chauffée préalable-
ment pendant 15 minutes à l’autoclave à 110° avant d’être inoculée aux lapins.
* D LAS CrIDOSE TOTALE DURÉE DE LA, SURVIE + en milligr. en milligr.
29 50 4 jours. # #30 49 résiste.
*30, 2 D4 TÉSISLE 30 55 1 jour et demi.
40 52 1 jour.
É 40 : 68 8 jours.
50 76, 11 jours et demi.
50 94 3 jours.
*60 k 97 résiste.
60 106 1 jour.
60 114 3 jours et demi.
#70 102 résiste.
*80 149 résiste.
«90 154 résiste.
*90 158 } résiste.
400 167 12 jours.
110 204 17 jours et demi.
PP
Par la comparaison des tableaux IT et IT his, on constate une diminution de l’activité de la toxine à la suite du chauffage. Tous les lapins inoculés avec une dose de cette toxine chauffée inférieure à 30 milligrammes; c’est-à-dire à 29 milligrammes, par kilogramme d'animal, ont résisté. Au contraire, il y a eu des lapins qui sont morts à Ta suite d’une inoculalion de moins de 50 milligrammes de toxine non chauffée. Sur 8 lapins qui ont reçu plus de 100 milligrammes de toxine non chauffée, un seul a résisté
(tableau 11), tandis que 4 lapins sur 8 ont survécu à une«dose supérieure à 100 milligrammes de toxine chauffée.
Ainsi, la toxine charbonneuse, bien qu’affaiblie par la chaleur, n’est pas complètement détruite par cel agent. Sous ce rapport, elle est intermédiaire entre les toxines telles que le veñin des serpents, la toxine diphtérique, la toxine tétanique, qui sont F complètement détruites par la chaleur et celles qui ne sont pas altérées par le chauffage, tuberculine, toxine cholérique.
D'après ce que l'on sait sur les toxines d’autres microbes et sur les venins des serpents, ces substances perdent toute action nocive par l’action de la lumière au contact de l’air.
Certains corps tels que les hypochlorites alcalins, certains chlorures ont pour effet de diminuer beaucoup l’action des autres toxines connues et des venins. Il était naturel de chercher égalelement quelle pouvait être l’action de ces divers corpsesur la toxine charbonneuse.
Action du chlorure de chaux. — Ayant fait avec du chlorure de chaux une solution à 1/12, je l’étendais au moment de m'en servir de quatre fois son volume d’eau. La liqueur obtenue avait alors le titre de 0!,846 de chlore pour 1,600 c. c.
D'après le tableau III, la dose de 50 milligrammes peut être considérée pour le lapin comme une dose mortelle. Mais il n’en est plus de même si, quinze minutes avant l’inoculation, on mélange cette dose à 2 c. c. de la solution de chlorure de chaux à 1/60. Cette expérience n'a été faite que sur 4 lapins, mais aucun d'eux n’est mort. Toutefois, il y a, dans les 8 jours qui suivent l’inoculation, une baïsse de poids qui, pour l’un d'eux, a atteint 150 grammes.
Voici une de ces expériences :
Expérience IX. — Lapin de 1,880 grammes. :
Reçoit 50 milligrammes de toxine, mélangés 145 minutes auparavant à 2 c. c. d'une solution de chlorure de chaux à 1/60.
L'inoculation est douloureuse.
Les poids ont été successivement les jours suivants :
Aer jour 1,900 1,830 1,790 1,800 1,730 6e jour 1:780 4,710 1,830 1,800 1,880 Ale jour 41,930
Les poids ont continué à augmenter peu à peu.
# $ SUR LA TOXINE CHARBONNEUSE. 33 Action des hypochlorites de soude et de potasse. — Une solution
d’hypochlorite du commerce était étendue de deux fois son volume d’eau, donnant ainsi une liqueur contenant 4 à 5 litres de chlore pour 1,000 c. e. Je mélangeais 2 c. c. de cette solution étendue à une dose mortelle de toxine. Après un quart d’heure de contact in vitro, le tout était inoculé à un lapin. Cette injection est extrêmement douloureuse pour l'animal. Les jours suivants on.a une diminution de poids. Le maximum que j'ai eu a été de 80 grammes.
Action du chlorure d'or. — Le chlorure d’or à 1/100 diminue également l’activité de la toxine.
Alnsi, en mélangeant une dose de loxine égale à 50 milligrammes avec 1! c. c. d’une solution de chlorure d’or à 1/100 on peut injecter au bout d’une demi-heure le mélange à un lapin sans que celui-ci meure. |
Je citerai l'expérience :
Expérience X. — Lapin de 1,680 grammes.
Recoit 50 milligrammes de toxine, mélangés 30 minutes avant l’inocu-
lation à { c. c. d’une solution de chlorure d’or à 1/100. Les poids de ce lapin ont été successivement :
Aerjour 1,750 1,700 1,590 1,680 1,610 6e jour 1,610 1,570 4,610 1,730 1,700 14e jour 4,810 1,780 1,860 etc.
Action du chlorure de platine. — Le chlorure de platine agit sur la toxine moins rapidement que les corps précédents. Mais, si on le mélange avec une dose mortelle de toxine, 3 à 5 heures avant l'inoculation, l’activité de la toxine est beaucoup diminuée et les animaux résistenten général à l’inoculation. Je n’ai perdu qu'un seul lapin sur les six traités de cette façon.
Voici par exemple :
Expérience XT. — Lapin de 1,540 grammes.
50 milligrämmes de toxine sont mélangés à { c. ©. d’une solution de
chlorure de platine à 1/100. 5 heures après le mélange, le tout est inoculé au lapin dont les poids ont été les jours suivants :
fer jour 1,530 1,510 1,460 1,510 1,470 6e jour 1,480 4,410 1,520 1,575 1,510 Aie jour 14,560 , 1,665 1,640 1,680 Action de la solution de Gram. — La solution de Gram a une
action analogue à celle des corps précédents, mais beaucoup : 3
moins marquée. Généralement, en mélangeant une dose mortelle de toxine à 3 c. c. d’une solution de Gram un quart heure avant de l’inoculer à un lapin, celui-ci résiste; néanmoins l'animal maigrit beaucoup.
Par conséquent les hypochlorites alcalins, le chlorure d’or, le chlorure de platine et la solution de Gram produisent sur la toxine charbonneuse les mêmes effets que sur les toxines télanique et diphtérique et sur le venin des serpents. Il y a sous ce rapport la plus grande analogie entre ces divers poisons.
ESSAIS D'IMMUNISATION
D'après ce qu’on a vu, la substance retirée des cultures de charbon dans le milieu de peptone a des propriétés toxiques manifestes. Les différentes espèces animales ont une sensibilité à cette toxine à peu près en rapport avec leur sensibilité particulière à la maladie. De même que d’autres toxines, ce produit est influencé par la chaleur, par les hypochlorites alcalins, montrant ainsi une certaine analogie avec ces autres produits microbiens. Or, on sait qu’en général ies toxines données d’une facon croissante et avec ménagement peuvent donner aux animaux sensibles à la maladie une immunité passagère. De plus, latoxine charbonneuse préparée par MM. Hankin et Wesbrook leur avait donné, dans
certaines conditions, une immuuisation immédiate des animaux :
sur lesquels ils avaient expérimenté, fait qui rapprochaitle mode d'action de leur toxine de celui des antitoxines.
J'ai donc cherché si la subtance que j'avais préparée avait quelque propriété immunisante contre le charbon et de quelle façon il était possible de mettre ce caractère en évidence. Les expériences que j'ai faites à ce sujet ont porté sur des lapins, des” souris et des rats blancs.
J'ai indiqué précédemment comment on pouvait accoutumer peu à peu des lapins à recevoir des doses de toxine, qui primitivement auraient pu être mortelles pour ces animaux. Après avoir choisi des lapins bien portants, je leur donnais une première fois une dose de toxine très faible. Ces lapins étaient pesés très souvent. Dès qu'ils semblaient rétablis de leur première inoculation, une quantité plus considérable de toxine leur était donnée. Puis, ces animaux recevaient une troisième dose quand les effets produits par la seconde avaient cessé. Bref, ils
étaient traités de la façon que j'ai indiquée plus haut à de l’expérience V.
Dans la moitié des cas, une dizaine de jours après l’inoculation de 15 milligrammes de toxine ainsi que le montre l'expérience suivante, On peut inoculer au lapin du charbon virulent sans que l'animal succombe à la maladie. Voici l'expérience :
propos
Expérience XII. — Les quantités de toxine inoculées à chaque lapin sont indiquées en milligrammes dans la colonne « inoculations », la seconde de celles affeetées à chaque animal.
mm om
n {sr LAPIN 2e LAPIN 3e LAPIN 4e LApIiN 5€ LAPIN 60 LADIN A En te pal Re. Cie. Pate + Ge EDR. Mr. Te A — = Inocu- , [Inocu- , |[Inocu-l ,,,, |Inocu- Inocu- Aa Û POIDS lations POIDS lations POIDS lations POIDS lations POIDS lations POIDS Free 1 1870 3 1490 3 4500 3 4510 o 1540 3 4640! 3 3 | 1205 1280 1430 1460 1440 1610 o | 1320 1340 1490 1540 1460 4630 6 » Ô » 6 » 6 » 6 » 6 » 6 71 1200 1220 1420 1500 1350 1590 9 | 1480 1290 1360 4440 1330 1580 11} 1230 1310 4480 1520 1430 1650 131 1360 | 45 1400 | 45 15302115 4610 | 15 1490 | 45 1670 | 45 151 1170 Res 1340 1500 1410 1560 19 # 1040 1 920 1470 1520 4400 1620 23 | 1020 | charbon 1130 charbon Ÿ 4610 | charbon 4640 | charbon À 1530 | charbon Ÿ 4740 Îe harbon Mort en 20 Survit. Survit. Survit. Sur vit. Mort en # 84! heures. 1620 | charbon à 4810 | charbon Ÿ 1740 | charbon 1760 | charbon der Survit. Survit. Mort en 7 Survit.
jours 1/2
Dans cette expérience, le 23° jour, les 6 lapins reçurent chacun 1/3 de €. c. d’une culture de charbon en bouillon âgée de 24 heures. Trois témoins furent inoculés en même temps avec la même quantité de cette culture. Les témoins moururent : le premier en 26 heures, le second en 28 heures; à ce moment le troisième était déjà très maiade, sa température. était de 35°2 et il était mort 33 heures après l'inoculation.
Des 6, lapins de l'expérience XII inoculés, ce jour, le 1er est mort en 20 heures, le 6° est mort en 4 jours, les # autres ont survécu.
Le 348 jour, les 4 lapins survivants furent inoculés de nouveau, chacun avec 1/3 c. c. d'une culture de charbon en bouillon àâgée,de 24 heures. Deux lapins témoins reçurentla même dose. Le premier de ceux-ci mouruten 28 heures, le second en 33 heures. Des lapins de l'expérience, le quatrième mourut 7 jours et demi après cette seconde inoculation, les 3 autres survécurent.
Dans cette expérience, on remarquera que le premier lapin, d’après sa courbe de poids, paraissait être encore sous l'influence nocive de la toxine au moment où il a été inoculé avec du charbon; le sixième lapin, qui n’a pas résisté non plus à cette première
inoculation de charbon, avait montré, d’après les poids, une certaine insensibilité à la toxine; il en est un peu de même du quatrième qui n’a pas résisté à la seconde inoculation. Peut-être est-il nécessaire que les animaux, pour être immunisés contre la maladie microbienne, aient eu une phäse maladive dans la période de préparation. Aussi, dans l'expérience suivante, j'ai varié les doses suivant chaque animal, attendant, pour dote une ncuvelle dose, que l’animal soit en voie de rétablissement. De même, je n'ai inoculé le charbon à un lapin qu'après avoir. trouvé une dose de toxine ayant exercé une certaine action sur. l’animal en expérience, action se manifestant parsune perte de poids de plus de 100 grammes. L'expérience suivante, faite en tenant compte de ces deux remarques, a donné de meilleurs résultats que ceux de l'expérience XII. »
Dans cette expérience XIII, les quantités de toxine inoculées à chaque lapin sont indiquées de la même façont en milligrammes dans la seconde colonne se rapportant à chaque animal.
Exeérience XIII
Aer LAPIN 2e LAPIN 38 LAPIN 4e LAPIN 5e LAPIN 6e LAPIN 70 LAPIN 22 4 | INOCU- INOCU- INOCU- INOCU- à | INOCT- | INOCU- \OCU- & | Pons | nous] PUS Lure À PO À mo] PUS Euros | 00 Lemon, | 200$ Lans À F0 | rtoNS 11176013,5 |181013,7 |184013,7 1186013,7 |[188013,7 |196013,9 |196013,9 311740 1840 1740 1860 1750 1720 | 1990 511620 1800 1730 1790 1770 4780 1970 | 7117406 182018 181016 185017 1184016 18206 1970 |10 911720 1320 1820 1800 1690 1760 1860 4111650 1800 1700 1720 1630 1720 1920125 311580 1860120 1760 1750 1780 1840110 1760 1511610 1730 1840110 1860115 1900110 11680 1630 1711660 1690 1810 1770 1750 1680 1660 1911770 |10 1520 1780 1760 1840 1800120 1740 2111710 1580 1820120 1840130 |AS80/20 11750 1910140 2611830 20 1880 |30 1670 1690 1600 1790 1520! ® 2811780 1740 1759 1650 1660 192035 1500 3111790 1760 1800 1780 1820 1740 1540 32/1840! charbon | 1820 l'oharbon 1870 | charbon | 4 820 | charbon | 1850 130 1660 1540 | Survil. Meurt enf[Survit. Survit.
36 5 Jours. 1870 1780 1910)40 40 — 1840| 1930 charbon 1790 4412020 | charbon — 1940] charbon! 1860] charbonf 1880 | hartm|Survit. 11850 Survit. Meurt en |Survit. Survit. + 38 — 3 jours. 2080! charboif 4900 == = 188 54 [2200 | charbon = — 1910] charbon | 1950! charbon Los : 60 ; “a PARU 1960! charbon | 14|Survit. — = Survit, Survil. Survit. Survit.
ÉTÉ SE à
Dans cette expérience, le charbon a été donné aux animaux à la dose de 1/3 c. c. d’une culture en bouillon âgée de 24 heures. Chaque fois, deux lapins témoins recevaient la même dose. Les 14 témoins sont tous morts entre 20 heures et 38 heures.
Ainsi surles 13 lapins des expériences XII et XIII, 8 seulement ont survécu. Mais, avant de procéder comme dans la dernière expérience, j'avais fait de nombreux essais dont quelques-uns se rapprochaient des conditions de ces deux expériences. Les résultats n’en ont pas été aussi favorables, puisque, su 16 lapins traités avec, de la toxine de diverses façons et inoculés ensuite avec du charbon, j'ai eu :
5. lapins morts entre 15 et 36 heures, c'est-à-dire dans des temps équivalents à ceux des témoins et même quelques-uns dans des temps moindres. Ces lapins avaient reçu en dernier lieu des doses de toxineun peu fortes (40 milligrammes) etils ont été inoculés avec du charbon entre le 2° et Le 6° jour après l’injection de la toxine.
2 lapins morts en 2 jours et demi. L’un avait encore de la diarrhée au moment de l’inoculation du charbon; le second avait reçu 4,5 de toxine le premier jour et 10%" le 8, puis 1/3 ec. c. de culture de charbon le 9° jour.
3 lapins morts en moins de 3 jours. Is avaient reçu tous trois : 12m de toxine le 1® jour, 306 le 6° jour et 508 Je 11° jour, toxine préparée par la première méthode. Ils ont été inoculés avec du charbon : le 1° après 3 jours, le 2° après 5 jours, le 3° après 7 jours.
4 lapin mort en 3 jours et demi. Toxine : 46 le 4° jour, 4 le 6e, 40m#%le 11°. Baisse de poids 90 grammes.
À lapin mort en 5 jours. Toxine 1'° méthode: 5 ## le 14 jour, 20mer Le 6e, 50m le 12° jour. Charbon le 22° jour.
À lapin mort en 9 jours. Toxine : 24 le 4% jour, 5wer le 1e jour, 10m le 12e jour, 155" le 15° jour, 25% le 25° jour. Charbon le 50° jour.
3 lapins ont résisté à la première inoculation de charbon. Ces 3 lapins survivants reçurent de nouveau, chacun 1,35 c. c. d’une culture de charbon de 24 heures, 14 jours après la première inoculation. Deux survécurent.
J'ai fait les autopsies de ces 14 lapins ainsi que de ceux qui ont succombé dans les expériences XII et XIIT; tous ces animaux
étaient bien morts du charhon ; le sang contenait en général peu de microbes; la rate était augmentée de volume, noire, et contenait une assez grande quantité de bactéries. Le sang du cœur de plusieurs de ces animaux a été inoculé à des cobayes; ces cobayes moururent entre 36 et 60 heures. à
Quelques-uns des animaux, qui avaient résisté à l’inoculation d'une seule dose de toxine un peu considérable, furent inoculés avec du charbon dès qu’ils ont semblé remis des conséquences de l'injection de toxine. Ces animaux sont le 70-97 du tableau I, les 24-50, 50-51, 40-69, 60-97 du tableau II. De ces 5 lapins ainsi traités, deux seulement ont survécu : le 30-51 et le 60-97 du tableau IT. Ils n’ont résisté ni l’un ni l’autre à une nouvelle inoculation de charbon faite 20 jours après la première.
J'ai aussi essayé d’immuniser des lapins contre la maladie microbienne avec de très faibles quantités de toxine, variant entre Omer,05 et Omer, 15 pour des lapins dont les poids étaient compris entre 1300 et 1600 grammes. Cette dose était donnée en une seule fois et l’animal était ensuite inoculé avec du charbon. Le charbon était ainsi donné de 2? heures à 12 jours après l'inoculation de la toxine. Je n’ai pu constater dans ces conditions la moindre survie de l'animal.
Le même essai a été tenté avec des souris en leur inoculant de 0°#02 à O"8r04 de toxine, et leur injectant, 6 heures après, 2 gouttes d'une cullure virulente de charbon. Les souris témoins sont mortes en 22 heures, 25 heures, 27 heures, 32 heures. Les souris, préalablement inoculées avec la toxine, sont mortes en 24 heures, 25 heures, 27 heures, 27 heures et demie, 28 heures, 29 heures, 30 heures; la huitième était morte 43 heures. après l'inoculation.
Il ne peut y avoir eu de survie que pour cette dernière souris ; et ici les résultats ont été inférieurs à ce que m'a donné une expérience identique faite en inoculant à des souris, au lieu de ces doses de toxine, 1 c. c. d’une solution d'extrait de viande de Liebig à 5 0/0*.
Voici l'expérience :
1. M. Kurr Muicer (Der Milzbrand der Ratten, in fortschrilte der Medicin 4er juillet 1893) a donné à des rats, au moyen de l’extrait de viande de Liebig, une survie sur les témoins quand il les inoculait avec du charbon.
FAN RTC
Expérience. — 8 souris sont inoculées avec 2 gouttes d'une culture virulente de charbon, 4 heures après avoir reçu chacune 1e. c. d’une solution d'extrait de viande de Liebig à 5 0/0.
Les souris témoins meurent en: 20 heures, 22 heures, 28 heures, 29 heures.
Les souris traitées sont mortes en 24 heures, 31 heures, de 34 à 42 heures, 46 heures, 52 heures: 2 sont mortes entre la 57° et la 67° heure, la dernière meurt après 93 heures.
. Toutes ces souris sont bien mortes du charbon ; un cobaye inoculé avec du sang de cellequi est morte en 93 heures, a succombé au bout de 60 heures.
L'extrait de viande de Liebig, inoculé aux lapins en grande quantité quelque temps avant une dose mortelle de charbon, peut de même leur donner une survie, souvent considérable, sur les lapins témoins.
J'ai encore fait des tentatives d’immunisation au moyen d’inoculations répétées de doses de toxine variant entre Os", 1 et {mer, Tous ces essais ont échoué.
La méthode qui m'a réussi dans quelques cas pour immuniser des animaux avec de la toxine préparée à basse température m'a donné, avec la toxine extraite des cultures faites à 36°, seulement quelques jours de survie (9 jours au plus) des animaux {raités sur les animaux témoins. Peut-être les doses de cette toxine que j'ai employées étaient-elles trop faibles.
De même; avec de la toxine préalablement chauffée à 110°, je ne suis pas arrivé à immuniser complètement un seul lapin contre le charbon.
La conclusion de ces tentatives est qu’il est possible d’immuniser des lapins contre le charbon au moyen de la toxine produite parla bactéridie. Mais, l’immunisation est toujours pénible à obtenir. Elle nécessite l'emploi de doses de toxine convenablement graduées et légèrement variables avec chaque cas particulier: les animaux peu sensibles à la toxine devant en recevoir de plus grandes quantités. On s'arrêtera quand les animaux seront accoutumés à des doses de 20 à 30 milligrammes au moins (toxine 2 méthode, voir tableau If). Les lapins ainsi préparés pourront généralement recevoir sans danger une dose mortelle de charbon à partir du 10° jour suivant la dernière inoculation de toxine. Il y a avantage à augmenter ce délai de 10 jours si la dernière dose de toxine a dépassé 25 à 30 milligrammes.
Essai sur les rats blancs. — Avec de la toxine extraite des cultures à 20°, j'ai tenté de rendre des rats blancs réfractaires au charbon..Les résultats obtenus n’ont pas été aussi favorables qu'avec les lapins.
Voici l'expérience :
Expérience. — 9 rats blancs recoivent chacun :
Le 4er jour O8r,6 de toxine; . Te jour 4 milligramme de toxine; :
12e jour 16,6 de toxine:
18e jour 2mer,5 de toxine:
24e jour 3 milligrammes de toxine;
29e jour 5 —- de toxine; 36e jour 6 — de toxine à 4 rats seulemént (1er lot); 40e jour 8 — de toxine à 4 autres rats (2e lot).
Le 9 rat, inoculé le 36° jour avec du charbon, est mort presque en même temps qu'un rat témoin.
Les 8 rats survivants (1* et 2° lots réunis) reçurent le 50° jour chacun 1/4 c. c. d’une culture de charbon en bouillon âgée de 24 heures. La même quantité fut inoculée à 3 rats blancs témoins.
Les témoins moururent en 45 heures, 48 heures et 69 heures. ,
Les rats du 2° lot sont morts l’un en 42 heures et les 3 autres entre la 50° et la 60° heure.
Du 1° lot, il ne mourut que deux rats: l’un en 68 heures, l’autre en 90 heures.
Le 59° jour, chacun des 2 rats survivants de ce premier lot recut 7 milligrammes de toxine.
Le 70° jour, je leur inoculai 1/4 c. c. d'une culture de charbon, dose qui tua les témoins en 1 jour et démi et 2 jours. Tous deux résistèrent. Ils survécurent égalèement à une troisième inoculation de charbon qui leur fut faite le 81° jour.
Le 88° jour, un des deux survivants reçut de nouveau 7 milligrammes de toxine, puis tous deux furent inoculés le 100° jour avec une dose de charbon qui tua un témoin en 1 jour et demi. Seul le rat qui avait reçu une nouvelle dose de toxine le 88e jour résista, L'autre mourut en 2 jours et demi.
Ve CTP MENT S
Le
PTT ITS UE
ns.
LT tx
% z DIFFÉRENCIATION DE LA TOXINE ET D'AUTRES SUBSTANCES ÉGALEMENT PRÉCIPITABLES PAR LE SULFATE D’AMMONIAQUE
J'ai retiré des cultures de charbon, faites à basse température dans une solution de peptone, une matière dont les effets physiologiques doivent être attribués au développement de la bactéridie dans ce milieu. On n’a pas, en effet, les mêmes résultats en inoculant à des animaux, d’une part la toxine, et d'autre part la solution de peptone avant toute culture.
D’après ce qu’on a vu, les effets dus à cette toxine ont certaines ressemblances avec les phénomènes produits par d’autres toxines. Il y a aussi une certaine analogie avec ceux que donnent certains corps précipitables par le sulfate d’ammoniaque el qu’on désigne sous le nom de propeptones. Ces propeptones sont associées à la peptone dans le produit commercial de ce nom et il est très difficile d'après Kühne de séparer complètement les peptones des propeptones : la précipitation par le sulfate d’ammoniaque à chaud n’est en effet pas complètement suffisante pour éliminer toute trace des propeptones. On pouvait alors se demander si les effets observés lors de l’inoculation de la toxine ne tiendraient pas à de la propeptone non éliminée du milieu de culture, ou encore si la toxine elle-même ne serait pas cette substance faite aux dépens de la peptone par la bactéridie dans le milieu de culture.
Les animaux inoculés soit avec ces propeptones, soit avec la toxine que j'ai préparée ont des oscillations de la température (toujours avec la propeptone et très souvent avec la toxine),'et aussi un abaissement du poids amenant pour des doses convenables la mort de l'animal par cachexie.
Pourles deux substances également, onala possibilité d'accoutumer peu à peu les animaux à en recevoir de grandes doses. Le contact des hypochlorites diminue également l’activité de toutes deux. .
“ Mais ce sont là des m'Onnee communes à beaucoup d’autres corps etilne me semble pas qu’on pourrait conclure de là l’iden-
-tité des propeptones et de cette toxine.
Au contraire, la similitude des phénomènes est loin d’être
parfaite. J'ai déjà montré combien les caractères chimiques sont e F s
différents pour les deux substances. De plus, les propeptones
ont la propriété de rendre incoagulable le sang des animaux auxquels on les injecle en quantité suffisante ; or, je n’ai jamais observé ce fait avec la substance que j'ai préparée.
Pour les lapins, les doses mortelles de ces propeptones sont très notablement supérieures aux doses mortelles de toxine charbonneuse extraite des cultures à basse température.
On peut habituer peu à peu des lapins à recevoir de grandes
quantités de propeptones; aucun des animaux ainsi préparés ne résiste au charbon. ù
En outre, les lapins ayant l’immunité contre la toxine ne:
l'ont pas pour la propeptone:; et inversement, des lapins, accoutumés à des doses de propeptone atteignant 500 milligrammes, manifestent une sensibilité très marquée à des doses de toxine ne dépassant pas 10 milligrammes par kilogramme d'animal.
Cette toxine est parliculière à la bactéridie, elle est due exclusivement à la culture du charbon dans ce milieu. Pour le montrer, j'ai cherché si d’autres microbes pathogènes, se développant bien dans la solution de peptone et dans ces conditions, donnaient de même une substance identique à la toxine charbonneuse. |
Parmi ceux que j'ai essayés, le streptocoque m'a donné une culture suffisante pour que je puisse tenter d’en retirer une toxine.
Par le même procédé que pour les cultures de charbon, on retire:
de ces cultures une substance pulvérulente, toxique pour le lapin à la dose de 40 milligrammes pour le streptocoque dont je me suis servi. Les animaux peuvent également acquérir l’accoutumance à cette nouvelle substance. Dans une expérience faite sur 6 lapins j'ai donné à ceux-ci des doses croissantes de toxine. du streptocoque, en employant les précautions qui m'avaient réussi dans l'expérience XII.
Les animaux étant ainsi préparés, l’un reçut dans une veine de l'oreille 1/10 c. c. d’une culture du streptocoque qui avait servi à ensemencer les ballons de peptone; un lapin témoin reçut de la même façon une quantité identique de la culture de streptocoque. Le témoin mourut en 1 jour et demi, l’autre sur-
vécut. Ce dernier fut inoculé avec du charbon 15 jours plus tard”
et mourut charbonneux en 20 heures.
Des cinq autres lapins accoutumés à la toxine du streptocoque, 2 reçurent chacun 20 milligrammes par kilogramme de toxine
charbonneuse et moururent l'un en 4 jours, l’autre en 1 jours et demi. Les 3 derniers furent inoculés avec du charbon et moururent, l’un avant les 2 lapins témoins, les autres en même temps que les témoins.