OUVRAGES OFFERTS A L’ACADÉMIE
repos et petit silence, diastole ventriculaire, partant systole auriculaire (1) et second bruit.
Ainsi encore, on y place au second temps la dilatation des oreillettes, le second bruit, tandis que, dans l’ordre naturel, ce temps est marqué par la diastole ventriculaire et le second bruit (2).
On y place enfin au troisième temps la réplétion des oreillettes et le silence, lequel silence succéderait à la dilatation des oreillettes, tandis que, dans l’ordre naturel, il succède à la diastole ventriculaire.
Je termine, messieurs, cette trop longue réplique, en faisant le prophète à mon tour. Or, je prédis à la nouvelle théorie, théorie subversive au premier chef, une destinée bien moins magnifique assurément que celle qui lui a été promise par le moderne Calchas, dont il a été question au commencement de ce discours. Je ne sais si, après M. Beau, d’autres auteurs viendront présenter aux académies savantes des recherches en faveur de cette nouvelle théorie. Mais, ce que je ne crains pas d’affirmer, c’est qu’un jour viendra où cette découverte, comme celle de la quadrature du cercle, du mouvement perpétuel, de la pierre philosophale, recevra pour tout accueil un simple et significatif ordre du jour.
Cet oracle est plus sûr que celui de Calchas.
(1) Je dis : et partant la systole auriculaire, pour la raison signalée dans la précédente note. Rappelons aussi que les bruits résultent immédiatement du redressement, de la tension alternatifs des valvules artérielles et des valvules auriculo-ventriculaires, théorie démontrée, que M. Beau a si malheureusement remplacée par celle que nous avons signalée précédemment.
(2) On aura remarqué que, dans l’ordre contre-naturel du tableau comme dans l’ordre naturel, les deux bruits du cœur sont indiqués au premier et au second temps. Mais il y a cette différence que, dans le premier ordre, on attribue le premier bruit à la diastole ventriculaire, qui ne s’opère pas à ce moment, tandis que dans l’ordre naturel on l’attribue à la systole ventriculaire, qui s’opère bien alors, et on attribue, dans l’ordre contrenaturel, le second bruit à la dilatation auriculaire, qui n’a pas lieu à ce moment, tandis que, dans l’ordre naturel, on l’attribue à la diastole ventriculaire, qui s’opère, en effet, alors.
Paris. — Imprimerie de E. Martinet, rue Mignon, 2.