CHATEAUNEUF-LES-BAINS
Cette petite ville située au fond d’une vallée charmanñnte où coule la Sioule, dans le nord du département du Puy-de-Dôme, est à une altitude de 382 mètres. |
La station comprend 24 sources captées et analysées, émergeant entre 12 et 38° avec un débit total de 540 litres par minute.
LEFORT nous en donne la composition:
Bicarbonate de soude ...:...... __ 2,080 Bicarbonate TERRE AE PEMANRNNE 1,089 Bicarbonate: de lithium ........ 0,035 Protoxydef der fer mem eee 0,057 Bicarbonate de chaux .......... 0,750
AU total 72: 6,759
Elle possède deux établissements balnéaires (grand bain chaud, bain tempéré, bain du petit Rocher, bain de la Rotonde), de nombreuses piscines sur la source et à la chaleur native (douches, buvettes, hnydrothérapie), et cinq établissement d'exportation : Petit Rocher, Saint- Cyr, Pavillon, Adam, Grands Rochers.
Propriétés biophysiologiques. — DASTUGUE a étudié les propriétés biophysiologiques de ces sources.
Le pouvoir zymosthénique: les eaux minérales de Chateauneuf-les-Baïins favorise la ptyaline et les ferments pancréatiques, surtout si l’eau n’est pas vive. L'expérience sur l’homme prouve que le suc gastrique est inhibé par l’action des bicarbonates.
Le pouvoir péroxydasique varie entre 1,1 et 12,5, sauf pour Rotonde (24,2) et Chevarier (18,7)..
Le métabolisme basal augmente chez le pigeon de 34 % avec Chevarier et de 58 % avec Petit Rocher.
Le pouvoir agocytique est favorable en ce qui concerne les hydrates de carbones, indifférent ou nocif (protides), défavorables (lipides).
La croissance des larves de grenouilles est accélérée, mais DAsTUGuE y voit l'influence de Cl?Ca ou de Mn, cette opinion est reprise par Donez qui tend à prouver que c’est bien le manganèse qui est responsable de la croissance.
Quant aux survies d'organes, travaillant avec l’intestin de cobaye, l’oviducte de vipère, DasTUGUE constate une survie augmentée, alors que le cœur de vipère subit un arrêt rapide. D'autre part, Chevarier inhibe l’intoxication chloroformée du cœur d'Hélix Pomatia.
Enfin, il ne trouve pas de pouvoir antianaphylactique chez le cobaye.
Il n'entre pas dans notre dessein de faire jouer un rôle universel au potassium, pourtant l'étude comparative de ces actions biophysiologiques et des actions physiologiques du K dans l'organisme, nous paraît devoir être considérée de plus près.
En effet, si aucun auteur n’a vu (à notre connaissance) les rapports du potassium avec la ptyaline, l’'amylase et la lipase (1) ; si, également, il n’est pas prouvé que le suc gastrique soit inhibé par l'ion K+, il n'existe pas moins que l'augmentation du métabolisme de base sous l'influence du potassium a été constatée par BRUMANN (cité par BOULANGER) et que cette influence a une portée considérable d’après BoEKELMANN dont nous avons énoncé la théorie. ;
Il est reconnu par KaUrFMann, Cosza et BRULL que si le potassium en biologie végétale ne joue pas sur le métabolisme des substances azotées, il a un rôle inhibiteur sur la transformation des glucides en lipides. A ce sujet, nous avons assez insisté sur l'importance du K sur Ja croissance et bien que son action ne soit pas invoquée
(1) Rappelons cependant que les sécrétions digestives sont riches en K.
au sujet des eaux de Chateauneuf-les-Bains par DASTUGUE, il ne nous apparaît pas impossible qu’il y joue un rôle primordial.
De même, CAUJOLLE et FRANCK ont prouvé qu'un taux trop élevé de potassium risque d'arrêter le cœur diastole, opinion défendue également par ZUNZ.
Enfin, les travaux de P. ROLAND et R. VIEILLEFOSSE 1940, nous permettent de nous demander si ce n’est pas le K des eaux de Chateauneuf-les-Bains qui inhibe l'intoxication chloroformique du cœur d’Hélix Pomatia.
En effet, les auteurs disent que l'effet barbiturique de l’ac. cyclo pentenylallylbarbiturique apparaît beaucoup moins net dans son association aux sels de K puis successivement Li; Na; Cs; Rb; Ca; M£g, et ce d'autant que le barbiturique est apportée en solution plus alcaline. Or, BEcKka et TIiFFENEAU avaient déjà montré en 1935 l'influence de l’alcalose qui diminue l'effet narcotique.
Propriétés thérapeutiques. — L'action thérapeutique des eaux de Chateauneuf-les-Bains a fait l’objet d’un mémoire très complet de Jozancyx ; nous allons essayer de voir dans quelle mesure la teneur en K de l’eau peut l'expliquer.
1°) Après avoir caractérisé les eaux minérales carbogazeuses lithinées ferrugineuses surtout bicarbonatées sodiques, émergeant à une température variant entre 28 et 35°, cité la radicactivité de 5 milicuries, 3 à 0,21 et l'abaissement cryoscopique entre 0,20 et 0,33, il nous présente les eaux de Chateauneuf-les-Bains comme essentiellement diurétiques. Or, à peu près tous les sels de K sont démontrés comme ayant des qualités diurétiques, sauf peut-être le sulfate neutre. Le bicarbonate est considéré comme antigoutteux, antiacide, et lithotritique.
L'eau absorbée pendant une cure à Chateauneuf-les- Bains à jeun ne fait que passer par l'estomac et, pénètre vivement le réseau capillaire si développé de l'intestin grêle (expériences d’Arsac et CHAIX Sur d'autres eaux minérales), le K est donc à même de jouer presque immédiatement son rôle dans les échanges aqueux du système lacunaire aux capillaires sanguins, grâce à la pression osmotique, I1 faut tenir compte ici des variations de per-